Égypte antique, Égypte ancienne
Actuellement : 585 entrées avec 136 illustrations • Dernière modification : Mardi 7 Septembre 2010
T
28 entrées trouvées.
De Table d'offrandes à Typhon
- Imprimer cette entréeTable d'offrandes.
-
Arts • Nom commun.Monument essentiel du culte funéraire de tout défunt, disposé le plus souvent au pied de la stèle fausse-porte par où, remontant du caveau dans lequel il avait été inhumé, il était susceptible de venir recueillir les vivres qu'amis et membres de la famille, à dates régulières, venaient y déposer.ΕAu cours de l'histoire égyptienne, les tables d'offrandes, de formes et de formats différents, furent réalisées dans divers matériaux : en bois, pour les plus anciennes, en métal aussi parfois, mais surtout en pierre.
Il est pratiquement certain que dans les tombeaux primitifs, ce n'était qu'une simple natte sur laquelle avait été déposé un pain qui figurait les repas pour la survie du défunt dans l'au-delà.
Avec le temps, l'évolution des moeurs et des croyances religieuses, cette natte, dont les Égyptiens s'étaient probablement rendu compte qu'elle se détériorait, fut remplacée, aux toutes premières dynasties pharaoniques, par un plateau circulaire.
Comme il est quasiment acquis que, dès l'origine de ce rituel, le repas funéraire comportait une aspersion d'eau lustrale soit sur le plateau, soit sur les aliments ; comme, d'autre part, l'offrande de boisson prenait vraisemblablement la forme d'une libation dont on aspergeait les aliments solides, tout ce liquide devait abondamment se déverser de toutes parts et ainsi éclabousser les alentours.
De sorte que très vite, le plateau circulaire fut remplacé par un bloc plus ou moins rectangulaire — la table d'offrandes proprement dite — disposant d'un léger rebord pour contenir les liquides et d'une rigole munie d'un « bec » en saillie débouchant sur un des côtés, de manière à en permettre leur écoulement.
Au Nouvel Empire, les modèles se diversifient et la table d'offrandes prend souvent place directement au pied des statues.
— R. L.
Remonter
- Imprimer cette entréeTalatat.
-
Architecture • Nom commun.Nom féminin, considéré comme invariable (des talatat) par certains égyptologues, vu son origine arabe, qui désigne un bloc parallélépipédique de grès ou de calcaire employé pour la construction de certains édifices de l’époque amarnienne (XVIIIe dynastie, au milieu du XIVe siècle av. J.-C.), tant à Thèbes que dans la capitale Akhetaton créée ex-nihilo par Aménophis IV-Akhénaton, en Moyenne Égypte. Parfois orthographié talatate.ΕDe dimensions nettement inférieures aux pierres traditionnellement utilisées auparavant, chaque bloc, mesurant une coudée de longueur, soit 52 centimètres, une demi-coudée de largeur (26 centimètres) et 22 centimètres de hauteur, peut, grâce aussi à son poids d'environ 55 kilogrammes, être transporté par un seul homme : c'est ce que nous apprennent des scènes gravées sur les murs de certains temples dédiés à Aton.
La talatat s'obtenant à partir d'une forme relativement standard (à parfois quelques centimètres près) extraite essentiellement des carrières du Gebel Silsileh, il est plus que probable qu'une production en série s'organisa, augmentant ainsi le débit et accroissant d'autant la vitesse à laquelle furent érigés ces monuments atoniens.
Les égyptologues ont aussi pu déterminer, grâce à un texte gravé sur un mur de temple dont un passage fait précisément allusion à ce type de blocs, qu'en égyptien classique, talatat se disait « djebat iner » et qu'évidemment, le déterminatif hiéroglyphique qui terminait l'ensemble représentait un bloc de pierre rectangulaire.
Difficile à connaître, l'étymologie de ce mot inventé par des habitants de Karnak au XIXe siècle ; mais il semblerait néanmoins qu'il ait été forgé sur le chiffre 3 : les ouvriers de Karnak s'étaient en effet rendu compte que trois niveaux superposés de ces blocs étaient nécessaires pour constituer une assise du parement du IXème pylône. En effet, les talatat faisaient office de pierres de remploi pour certains des pylônes du temple, notamment les deuxième, neuvième et dixième. En outre, le 3 octobre 1898, vers 9 heures du matin, un tremblement de terre avait jeté bas onze des colonnes de la salle hypostyle de ce même temple, dont les fondations semblaient avoir été affaiblies à la suite du changement de niveau de la nappe phréatique depuis la création du premier barrage d'Assouan : là encore sont apparues des talatat par milliers, fondement de la base de ces colonnes.
Certains philologues pensent donc que là réside l'origine du mot. D'autres, sur base du fait qu'une talatat mesure trois palmes de large, préfèrent croire que le terme provient de l'utilisation d'une unité de mesure traditionnelle fondée sur la distance existant entre les extrémités du pouce et de l'auriculaire d'une main écartée : trois mains correspondent en fait à la longueur d'un de ces blocs.
Quoiqu'il en soit de l'étymologie, ce sont des milliers et des milliers de blocs ainsi gravés et peints (avec une préférence pour l'ocre rouge et le bleu) que l'on a mis au jour et qui font actuellement l'objet d'études spécifiques.
- Aménophis IV et les pierres du soleil — Akhénaton retrouvé, R. Vergnieux & M. Gondran, Paris, Arthaud, 1997.
→ Planche :
— R. L.
Remonter
- Imprimer cette entréeTaousert, Taousret, Taouseret.
-
Histoire • Nom propre.Reine ayant prit le pouvoir comme dernier pharaon de la XIXe dynastie.ΕIl n'y a actuellement aucune certitude sur la naissance de Taousert — dont le nom n'est autre que « la Puissante »—. Elle est certes grande épouse royale de Séthy II, avec son nom dans un cartouche, mais ses parents ne sont pas clairement identifiables. On ne sait même pas si Séthy-Merenptah est un de ses fils. Tout au plus, Champollion nous livre un état des lieux sur les connaissances de son époque :
« Siphtha ne porte donc le titre de roi qu'en sa qualité d'époux de la reine régnante, ce qui avait eu lieu pour les deux maris de la reine Amersé [Hatshepsout]. Ce fait diminue, un peu, l'odieux de l'usurpation du tombeau de la reine Taoser et de son mari Siphtha par leur cinquième ou sixième successeur qui ne devait point, en effet, avoir pour eux le respect dû à des ancêtres [...] »
L'arrivée de Taousert au pouvoir est cerclée de mystères et de suppositions dont il est parfois difficile de se défaire. Tout d'abord, il y a un personnage important, Bay, que l'on connaît depuis le règne de Séthy II, dont la mort est encore une énigme. Il est représenté, par exemple, adorant les cartouches de Siptah dans le temple d'Amada et apparaît jusqu'à l'an 4 du règne de ce roi. On a retrouvé dans sa tombe, étonnamment creusée dans la Vallée des Rois, des étiquettes de jarres attestant de propriétés de vignes qu'il détenait dans le Delta.
Aussi son rôle important et ses richesses ont-elles dues attiser quelques convoitises.
Un ostracon hiératique a éclairci quelque peu la situation : deux fragments de cet éclat de calcaire ont été rapprochés il y a peu de temps, et ont permis la lecture d'un texte jusqu'à là incompréhensible : « L'an 5, troisième mois de Chemou, jour 27. [...] Le pharaon a tué le grand ennemi Bay. [...] ». À la première lecture, il semble que Siptah décide de tuer Bay. On n'a pourtant aucune indication sur les raisons de ce meurtre.
Certains, tel Pierre Grandet, proposent que le clan ennemi de Siptah — celui de Taousert — aurait fait tuer Bay, qui devenait trop gênant, et aurait fait annoncé que ce serait Siptah lui-même qui l'aurait fait assassiner. Car en effet, la notion de « grand ennemi » dans les textes égyptiens désignent bien une personne hostile à l'État et au pouvoir en place.
D'autres proposent que Siptah a bel et bien tué Bay, qui, du fait de son pouvoir grandissant, était susceptible de prendre le trône. Cela paraît pourtant peu probable, puisqu'en ces périodes de tensions, Siptah aurait pu lui-même en faire un successeur.
Si l'on étudie de près le papyrus Harris, le dénommé Iarsou, un Khary — bien que le lieu exact soit encore discuté, c'est en tout cas un habitant du couloir syro-palestinien — pourrait être Bay lui-même. Ici encore est peut-être fait un jeu de mots dont raffole les Égyptiens : Iarsou, ou Irsou, prendrait sa racine sur la construction « faire de quelqu'un quelque chose », et sous entendrait « celui qui 'est fait (de) lui-même ». En allant encore plus loin dans l'interprétation, le « sw » de Irsou évoquerait « celui qui s'est fait roi ». Certains suggèrent donc que Bay est Irsou, et donc le personnage principal de la fin de la XIXe dynastie. Cependant il n'existe aucun document, aucune source. Il est possible que Iarsou fut un chef ennemi entre les règnes de Séthy II et Siptah.
Taousert est la dernière représentante de la famille de la XIXe dynastie, et va régner environ deux années.
Il est intéressant de noter que, avec Hatshepsout, ce sont les deux seules reines à avoir bénéficié d'une tombe dans la Vallée des Rois, puisqu'ayant entièrement revêtu la fonction de roi. On pense que sa tombe a été commencée non pas sous Siptah, mais déjà sous le règne de Séthy II (peut-être à partir de l'an 2). Dans la première phase de la construction de la tombe, la reine est représentée à la suite d'un roi : les cartouches sont ceux de Siptah, mais ont remplacé ceux de Séthy II. On trouve également dans cette tombe les cartouches de Sethnakht, qui va ouvrir la XXe dynastie.
La décoration de l'hypogée comporte en partie le Livre des portes dans la chambre funéraire, et pour le reste le Livre des morts et les scènes de la cérémonie de l'Ouverture de la bouche. Un couloir intérieur relie la chambre funéraire de Taousert de celle de Sethnakht. Une grande partie des décors n'a pas pu être peinte, faute de temps. Quant à la salle du sarcophage, la décoration constituée du Livre de la terre est particulièrement splendide.
Un temple, peut-être resté à l'état de fondation, a été débuté sur la rive Ouest de Thèbes pour Taousert. Situé entre le Ramesseum et le temple de millions d'années de Merenptah, il est constitué pour l'essentiel de briques crues.
D'autres monuments sont attestés, essentiellement au Nord de Thèbes et dans le Delta : à Tentyr (Pi-Ramsès), Abydos, Memphis, Hermopolis, Héliopolis — pour l'essentiel des cartouches gravés et une statue en grès silicifié où elle est nommée « l'Amie d'Hathor, dame de la Montagne rouge » — et à Bubastis — des vases en or et en argent au nom d'une prêtresse de Bastet. D'autres objets ont été découverts ans le Sinaï, notamment des objets de dévotion pour la reine Taousert et son époux Séthy II.
- L'exécution du chancelier Bay, P. Grandet, in BIFAO, n° 100, p. 339-345. Le Caire, 2000.
- The complete Valley of the King, N. Reeves & R. H. Wilkinson, p. 157-158. Le Caire, 1996, 2002, 2005.
Remonter
- Imprimer cette entréeTasa.
-
Géographie • Nom propre.Le site archéologique au Nord de la zone définie comme étant celle de la culture du Badari. Néanmoins, le site localisé en Moyenne-Égypte semble davantage influencé par les cultures du Nord de la Vallée du Nil, le Merimdé et le Fayoum. ΕOn y a découvert des vestiges d'agriculture, de chasse et de cueillette, ainsi qu'une nécropole aux caractéristiques badariennes. Le matériel qui y fut découvert laisse supposer à certains égyptologues la présence d'une culture propre, la culture « tasienne », bien que d'autres spécialistes n'y voient qu'une branche de la culture badarienne. Le site de Deir el-Tasa fut sans doute l'un des grands centres de l'Égypte vers 5000 av. J.-C., livrant des céramiques aux motifs géométriques, reflétant une culture badarienne déjà avancée.
Remonter
- Imprimer cette entréeTebtynis, Tebtunis, Tepten, Tebtouni, Tebtoun, Tebteban, Toubyouni.
-
Géographie • Nom propre.Site archéologique situé au sud du Fayoum, fondé vers 1800 av. J.-C.. Son nom grec actuel est dérivé du nom antique Tepten, dénommée
aujourd'hui en arabe Tell Oumm el Breighat.ΕLe premier village de grande importance à Tebtynis est attesté sous la XIIe dynastie, vers 1800 av. J.-C., et perdurera jusqu'aux alentours du XIIe siècle ap. J.-C.. Peu à peu abandonné et recouvert par le sable, le village est reconstruit six kilomètres plus au Nord et habité pendant les XIIe et XIIIe siècle ap. J.-C..
Les fouilles archéologiques débutent en 1899, sous l'égide de savants anglais alors à la recherche de papyri. Laissé ensuite aux habitants de l'oasis, le site connaît un regain d'intérêt dans les années trente avec une mission italienne qui s'installe pour six ans. La mission extrait alors du sable un grand temple dédié au dieu crocodile, précédé d'un dromos dallé, ainsi que quelques maisons d'époque romaine et deux églises coptes, dont les fresques sont aujourd'hui exposées au Musée Copte.
Le site a bénéficié d'une conservation exceptionnelle permettant l'étude de l'architecture, de l'urbanisme et des textes.
En 1988, une mission franco-italienne — dépêchée par l'IFAO et l'Université de Milan et dirigée par Claudio Gallazzi — entreprend des fouilles systématiques concluantes. Sur les 40 000m2 dégagés, on découvre des quartiers entiers et des édifices d'époques ptolémaïque et romaine : poste de police du désert, rues et ruelles, caves, bains publics romains (les plus anciens d'Égypte), greniers.
En dehors des premières fouilles clandestines et dévastatrices, un tiers des ruines a été rasé entre 1940 et 1970, tandis que le reste des vestiges a été très endommagé.
Depuis 2005, les équipes ont dégagé sur 300 m au Nord-Est du temple une zone d'époque ptolémaïque (aux alentours du VIIe siècle ap. J.-C.) un quartier comportant des maisons avec cours, une boulangerie comportant des fours à pains (appelé « restaurant » par les égyptologues) et un rempart du VIIe siècle ap. J.-C..
Le site de Tebtynis a livré une très grande quantité de matériel archéologique, sans doute due à son occupation tardive : mobilier, mais aussi outils, parures, vaisselle ou encore, de manière plus exceptionnelle, du mobilier décoré, des objets d'ébénisterie complexe (incrustation d'émaux), un moule de balles en calcaire et deux grandes fenêtres de bois, daté du Ier siècle ap. J.-C., avec système de fermeture et volets.
La mission franco-italienne a également mis au jour une chapelle dévouée au culte d'Isis-Thermouthis et un enclos des eremophulakes (police du désert).
Depuis le début des fouilles vers 1899, les archéologues, égyptologues et épigraphes ont bénéficié d'un très grand corpus de textes de Tebtynis : ostraca, textes hiéroglyphiques, démotiques et grecs sur papyrus, stèles, etc.. De nombreux papyri ont été découverts à l'intérieur des momies de crocodiles de la nécropole de Tebtynis — en tout état de cause, des ex-votos — dont notamment les archives de Menches, secrétaire du village à la fin du IIe siècle av. J.-C..
- Fouilles à Tebtynis en 1988, G. Hadji-Minaglou, in BIFAO, n° 89, Le Caire, 1989.
- Tebtynis I — La reprise des fouilles et le quartier de la chapelle d'isis-Thermouthis, C. Gallazzi, IFAO, Le Caire,
2000.
- Tebtynis II — Le temple de Soknebtynis et son dromos, V. Rondot, FIFAO 50, Le Caire, 2004.
- Tebtynis III — Vessels' notations from Tebtynis, N. Litinas, IFAO, Le Caire, 2008.
- Tebtynis IV — Les habitations à l'Est du temple De Soknebtynis, G. Hadji-Minaglou, IFAO, Le Caire, 2007.
- La mise en œuvre de la brique à Tebtynis, G. Hadji-Minaglou, IFAO, Le Caire, 2006.
- Une tablette scolaire mathématique de Tebtynis, J.-L. Fournet & C. Gallazzi, IFAO, Le Caire, 1996.
- Tebtynis, Fouilles et description du site par l'IFAO, à voir en ligne : Voir le site.
- Visite du site de Tebtynis, avec Claudio GALLAZZI, Corine, nombreuses photos, plan et visite guidée : Voir le
site.
- Images of the Tebtunis Papyri, The Bancrott Library/University of California, Berkeley à voir en ligne : Voir le site.
Remonter
- Imprimer cette entréeTekenou, Tékénou.
-
Mythologie • Nom propre.Représentation énigmatique apparue semble-t-il au Moyen Empire — la première représentation se trouve dans la tombe thébaine d'Antefaker — dont on sait encore bien peu de choses. Les représentations les plus détaillées présentent un traineau sur lequel repose un sac d'où seule émerge une tête humaine.ΕAu premier abord, ce serait un corps humain enveloppé dans une peau animale ou un sac, emmené dans le convoi funéraire avec la momie et les canopes. Certains spécialistes en déduisent que le tekenou contiendrait tout ce qui n'a pas été momifié ou placé dans les canopes.
Si tel est le cas, la représentation du tekenou expliquerait la présence dans la tombe de Toutankhamon d'une cache où se trouvaient des objets et des déchets ayant servit à l'embaumement du souverain. Pourtant, les sceptiques objecteront que jamais on n'a retrouvé de sac ou de peau susceptible de contenir ces déchets.
Des égyptologues — dont Herman Kees — ont suggéré que ce tekenou était un « leurre » afin que les attaques des ennemis se focalisent sur l'artifice spécieux plutôt que sur la momie.
D'autres pensent que le tekenou prend la position fœtal des corps de l'époque prédynastique.
Les souverains du Royaume tout proche de Kerma et de la Nubie se faisaient quant à eux inhumer dans une peau animale, censée régénérer le corps du défunt par incubation dans cette gaine protectrice temporaire. D'ailleurs, les quelques textes accompagnant les représentations rapprochent les tekenou de la « Ville de la Peau Animale », un Lac de Khépri et un Lac de Heqet, exprimant parallèlement l'idée de nouvelle jeunesse, de naissance et de renaissance du défunt.
- Aux sources de l'Égypte ancienne, J.-C. Golvin et P. Martinez, CD-ROM.
Remonter
- Imprimer cette entréeTemps, Mesure du temps.
-
Société • Nom commun.Bien que les Égyptiens aient utilisé des journées de 24 heures, ils les divisaient en douze heures de jour suivi de douze heures de nuit, commençant de l'aube du premier jour à l'aube du second. De ce fait en fonction des saisons, la durée était variable. Des prêtres délégués au calcul de l'heure, entre autre à l'aide de cadrans solaires ou de clepsydre, détermine les heures auxquelles doivent être réalisés les offices et la liturgie du temple.ΕDes prêtres étaient également attitrés en tant qu'astronomes à l'observation du ciel nocturne. Aussi relevaient-ils jour après jour la position des étoiles qu'ils consignaient dans des tables, et par l'étonnante régularité des étoiles, étaient en mesure de déterminer l'heure pendant la nuit. À l'aide d'une simple équerre et d'un fil à plomb, les astronomes se réfèrent au jour présent, consulte la table de position des étoiles adéquate, et vise l'étoile concernée pour en déduire l'heure.
Remonter
- Imprimer cette entréeTextes des sarcophages.
-
Mythologie • Nom commun.Textes apparus au Moyen Empire sous les XIe et XIIe dynasties, se présentant comme des « manuels » destinés à indiquer au défunt les formules nécessaires au voyage dans l'Au-delà (la douat) : permettre les transformations, éviter la faim et la soif, se préserver des dangers, etc.. À l'origine réservés uniquement aux Pharaons au même titre que les Textes des pyramides — plus de 1100 formules des textes des sarcophages en sont inspirées —, leur utilisation se généralise à ceux des particuliers à partir de la Première Période Intermédiaire. Les textes des sarcophages servirent par la suite de base au Livre des Morts et aux autres textes funéraires servant de guides de l'au-delà (Amdouat, notamment) du Nouvel Empire.
- Les textes des sarcophages égyptiens du Moyen Empire, P. Barguet , Éditions du Cerf, Paris, 1986.
- Un hymne à la vie, essai d'analyse du chapitre 80 des textes des sarcophages, S. Bickel, n°1, Hommages à Jean Leclant, IFAO, Le Caire, 1994.
- The Egyptian coffin texts, A. De Buck, Oriental institute publications, University of Chicago press, Chicago, 1935-1961.
- The ancient egyptian coffin texts, R. O. Faulkner, n°1, Aris & Phillips, Warminster, 1973.
- The ancient egyptian coffin texts, R. O. Faulkner, n°2, Aris & Phillips, Warminster, 1977.
- The ancient egyptian coffin texts, R. O. Faulkner, n°3, Aris & Phillips, Warminster, 1978.
- Index of the spells on egyptian Middle Kingdom coffins and related documents, L. H. Lesko, B.C. Scribe publications, Berkeley, 1979.
Remonter
- Imprimer cette entréeTextes majeurs dans les tombes de la Vallée des Rois.
-
Mythologie • Nom commun.Les murs des tombes de la nécropole royale sont décorés de textes destinés directement à l'usage de Pharaon dans sa vie éternelle. On en décompte sept majeurs, utilisés entièrement ou de manière partielle dans les hypogées.ΕOn trouve notamment les Litanies de Rê, dès la XVIIIe dynastie, adorant le dieu solaire sous ses 75 formes, ainsi que l'amdouat, qui décrit « Ce qu'il y a dans la Douat », ce qu'il y a dans l'au-delà, également appelé Livre de la Chambre Secrète. Les seules versions complètes de ce livre se trouvent dans les tombes de Thoutmosis III et Aménophis II. D'autres livres originaux ou dérivés les uns des autres décorent les murs des hypogées : le Livre des Portes, à la fin de la XVIIIe dynastie ; le Livre des Morts, dont le nom exact est préférablement Livre pour Sortir au Jour ; le Livre des Cavernes, plus tardif (XXe dynastie), dérivé de l'Amdouat ou du Livre des Portes ; le Livre du Ciel, dont les épisodes les plus connus sont Le Livre de la Vache du Ciel, Le livre du Jour et le Livre de la Nuit ; le Livre de la Terre, qui décrit en quatre parties le voyage nocturne du soleil.
→ Planche :
Remonter
- Imprimer cette entréeThéogamie.
-
Mythologie • Nom commun.Pratique mythologique dans laquelle le dieu dynastique s'unit à la reine pour donner naissance à un enfant d'essence divine. Dans le cas de l'accession contestée au trône d'un souverain, la théogamie permet de légitimer sa place. Si la théogamie de Ramsès II racontée sur les murs du temple de Louxor n'a rien de litigieux, celle d'Hatshepsout vient légitimer sa place sur le trône, ne serait-ce qu'en tant que femme-pharaon et nourrice de Thoutmosis III. Hatshepsout naît de la rencontre d'Amon et d'Ahmès.
→ Planche :
Remonter
- Imprimer cette entréeThéophanie.
-
Mythologie • Nom commun.Terme issu du grec théo-, « dieu », et phan, « apparition » désignant l'apparition, la manifestation, la révélation d'un dieu aux hommes.
Remonter
- Imprimer cette entréeThéophore.
-
Égyptologie • Adjectif.Qui porte le nom d'un dieu. Exemple : Une représentation théophore.
Remonter
- Imprimer cette entréeThérianthropie.
-
Mythologie • Nom commun.Capacité d'un être humain à se transformer entièrement ou partiellement en animal. Les dieux de la mythologie égyptienne sont pour la plupart issus d'une thérianthropie.
Remonter
- Imprimer cette entréeThot, Djehouty.
-
Mythologie • Nom propre.Dieu ibiocéphale ou cynocéphale, parfois anthropomorphe à tête d'ibis. Thot apparaît très tôt dans la mythologie égyptienne.ΕLe nom grec de Thot est issu de l'ancien égyptien Djehouti (Dhwty). Ce nom reste encore mystérieux et intraduisible. Probablement originaire du Delta, ce dieu lunaire par excellence, portant le croissant de lune au sommet du crâne, est à Khemenou (chef-lieu du XVe nome de Haute-Égypte), l'Hermopolis Magna des grecs, le dieu tutélaire et sera assimilé par les grecs à Hermès. La cité connut une période faste, puis une période néfaste, avant de recouvrer une seconde dynamique sous les Ptolémées.
Figuré sous la forme d'un homme à tête d'ibis, d'un ibis, ou d'un babouin, le dieu est un messager des dieux, mais aussi un savant qui offre aux hommes l'écriture, les mdw nDr (c'est-à-dire les hiéroglyphes), la parole, les mathématiques et d'autres sciences. Il est le dieu protecteur des scribes, et le générateur de tout ce que créé les prêtres des temples. Il est l'équilibre, celui qui participe sous la forme d'un cynocéphale à la pesée du cœur ; il est le pondérateur qui sait faire pencher justement la balance.
Thot connaît l'astronomie, calcule la position des étoiles. Dans l'établissement du contrôle du temps, Thot joue un rôle important. Tout comme chaque mois du calendrier égyptien porte le hiéroglyphe de la lune, il est celui qui établit la régularité des périodes en tant que dieu lunaire avec le dieu Khonsou de Thèbes. C'est ainsi qu'il représente le premier mois du calendrier égyptien.
Dans ces représentations, il est parfois assimilé par syncrétisme à Aâh (Iâh), un autre dieu lunaire. Comme beaucoup d'autres dieux, Thot est en relation avec les cycles, le renouvellement et la renaissance, puisque son symbole lunaire croît et décroît à intervalles réguliers. « Seigneur de l'écriture et de la parole », Thot est associé à la déesse Seshat (ou Safekh), déesses des écrits, des livres, vénérée dès la IVe dynastie à Memphis.
Thot participe à la sauvegarde du dieu solaire en rapportant son œil, que certains auteurs disent égaré en Nubie. C'est lui qui donne à Rê la capacité de « parler juste » « parler avec justesse » ; il est la « langue d'Atoum ». Il repousse certains ennemis, et aide Horus à également recouvrer son œ arraché par Seth : « il enlève l'œil d'Horus à ses ennemis ». Thot veille à l'intégralité et à l'équilibre Maât/Isefet : Horus doit posséder ses deux yeux. Il établit aussi la répartition des terres entre Horus et son oncle Seth pour faire justice.
Thot consigne, dans l'épisode de la psychostasie, le résultat de la pesée, et le verdict d'Osiris et des dieux du jugement. Il veille à la vérité et à l'application de la justice.
Dans le Livre de la Vache du Ciel, Thot est choisit par Rê alors proche du trépas pour devenir son vizir.
Dans la nécropole du Tuna el-Gebel, on a découvert des milliers de momies d'ibis et de babouins, placées dans un long couloir percé de niches. La nécropole comporte encore la tombe très intéressante de Pétosiris, datée du IVe siècle av. J.-C., l'un des grands prêtres de Thot, connu pour avoir réformé quelque peu la religion. La véritable cité antique d'Hermopolis Magna est aujourd'hui en place de Kom el-Ashmuneïm, à huit kilomètres de Tuna el-Gebel ; il reste peu de choses à y voir — quelques colonnes ainsi que deux statues imposantes mais très abimées de Thot en babouin.
→ Planche :
→ Voir aussi : Aâh, Iâh.
Remonter
- Imprimer cette entréeThoutmosis Ier.
-
Histoire • Nom propre.Troisième pharaon de la XVIIIe dynastie, qui régna aux environs de 1504 av. J.-C. à 1492 av. J.-C., né probablement de Séniseneb et d'un père dénommé Ahmes Sapaïr.ΕBien qu'il ne soit pas le successeur direct d'Aménophis Ier, dont le fils légitime Amenemhat décède, Thoutmosis Ier fait partie de l'entourage du roi, comme en témoigne sa présence aux côtés d'Ahmes-Nefertari, l'épouse royale veuve d'Amosis (Ahmes), qui le fit sans doute accéder au trône. Une stèle que le vice-roi de Kouch fit ériger dans le Ouadi Halfa, près de Bouhen, confirmerait d'ailleurs cette hypothèse puisque la reine Ahmes-Nefertari apparaît aux côtés de la grande épouse royale Ahmes. S'il n'a pas usurpé le pouvoir, c'est peut-être grâce à son union avec la reine Ahmes — fille de famille royale — qu'il a atteint le trône d'Égypte. Des « faire-parts » envoyés au vice-roi de Nubie, Touri, attestent de sa prise de pouvoir comme roi le 21e jour du troisième mois de le saison peret.
Thoutmosis Ier intervient de manière décisive dans les constructions du complexe de Karnak. Il termine la chapelle d'albâtre dont la construction avait débuté sous le règne de son prédecesseur Amenhotep (Aménophis) Ier. Il entoure le centre originel du temple d'Amon d'un mur d'enceinte composé sur les deux flancs d'une rangée de colonnes, toutes flanquées de colosses osiriaques à l'image du souverain. Le sanctuaire est également étendu avec les IVe et Ve pylônes flanqués de deux obélisques sur l'axe Est/Ouest du temple. Son architecte Ineni fit enfin ériger entre ces deux pylônes une salle hypostyle, remaniée par la suite par Hatchepsout. Il ordonne également des constructions au Nord de Karnak, dans l'ancienne capitale Memphis, à Abydos, à Ermant aini qu'à Éléphantine, à El-Hibeh, et en Nubie.
Thoutmosis Ier avait épousé avant son couronnement Ahmes. Il offrit à son épouse deux filles : Hatshepsout, qui aurait été rapprochée selon ses dires des affaires publiques dès l'an 2 de son règne, et sa sœur Neferoubity. De l'union avec sa seconde épouse Moutnofret (Moutneferet), il aura un fils qui deviendra Thoutmosis II, et peut-être trois autres fils morts avant leur père : Amenmès (Amenmosé), Ouadjmosé (Ouadjmès) (?) et Ramosé (?).
- Histoire de l'Égypte ancienne, N. Grimal, Paris, 2006.
→ Voir aussi : Thoutmosis Ier, Campagnes de Thoutmosis Ier. Thoutmosis Ier, Tombe de Thoutmosis Ier.
Remonter
- Imprimer cette entréeThoutmosis Ier, Campagnes de Thoutmosis Ier.
-
Histoire • Nom propre.Campagnes menées par le pharaon Djehoutymes Khamire (Thoutmosis Ier).ΕOn connait plusieurs des expéditions militaires menées par Thoutmosis Ier grâce à des sources très détaillées, dont notamment les autobiographies d'Ahmes fils d'Abana (le « Chef des Marins », l'Amiral) — gravée dans sa tombe à l'El-Kab — et d'Ahmes Pennekhbet, ainsi que la stèle de Tombos. Après avoir maîtrisé la Nubie, Thoutmosis Ier étend son protectorat sur la Syrie du Nord, dans la région à l'Ouest de l'Oronte, et rencontre vraisemblablement pour la première fois le royaume du Mitanni.
Dès l'an 2 de son règne, il débute une expédition vers le Sud, et franchit la quatrième cataracte. À Kourgos, il établit la nouvelle limite méridionale de l'Égypte. Ce coup de force affaiblit la civilisation du Sud, la civilisation de Kerma. L'autobiographie d'Ahmes Fils d'Abana, gravée sur les murs de sa tombe, rapporte que Thoutmosis Ier fit pendre le cadavre du chef ennemi déchu à la proue du navire royal qui revenait en Égypte, de telle sorte que les ennemis et les Égyptiens eux-mêmes pouvaient constater la force et la fureur du pharaon.
La propagande du roi thoutmoside va se prolonger avec la deuxième campagne nubienne, en l'an 3 de son règne. Deux stèles, dont l'une à Tombos à hauteur de la troisième cataracte et l'autre gravée dans le rocher à Hager-el-Meroua, à Kénissa, témoignent de la fougue de Thoutmosis Ier : il atteint cette cité de Kénissa, en amont de la quatrième cataracte, et anéantit définitivement le royaume de Kerma.
Après la Nubie, Thoutmosis Ier prend le contrôle d'une grande partie du Levant, et notamment la Syrie du Nord, dans la région à l'Ouest de l'Oronte, où il rencontre vraisemblablement pour la première fois le royaume du Mitanni.
C'est ensuite vers l'Asie qu'il progresse, jusqu'à Naharina, dans le Retenou, au Nord de la Phénicie. Il chasse l'éléphant dans la région de Niya et en tue — nous disent les sources égyptiennes — un très grand nombre.
Ces prises de contrôle sur les pays étrangers vont permettre à l'Égypte de se développer économiquement, grâce à une stratégie d'expéditions minières et commerciales. Thoutmosis Ier instaure un modèle politique au Proche-Orient pendant toute la XVIIIe dynastie, jusqu'à l'arrivée d'un peuple qui lui tiendra tête : les Hittites.
- Histoire de l'Égypte ancienne, N. Grimal, Paris, 2006.
- Les pharaons du Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.) : Une pensée stratégique, P. Grandet, Éditions du Rocher, 2008.
→ Voir aussi : Thoutmosis Ier.
Remonter
- Imprimer cette entréeThoutmosis Ier, Tombe de Thoutmosis Ier.
-
Histoire • Nom propre.D'après un disciple de Manéthon, Thoutmosis Ier aurait régné douze ans et neuf mois. Il a sans doute « inauguré » la Vallée des Rois en s'y faisant inhumer. Son hypogée est l'une des tombes KV 20 ou KV 38. Ineni son architecte, pu se venter de cette première tombe dans la Vallée des Rois : « Personne n'a rien vu, personne n'a rien entendu. », disent les textes. En réalité, on pense que Thoutmosis III aurait retiré la momie qui se trouvait dans le tombeau KV 20 qui avait été agrandie par Hatshepsout, découverte en 1799 et fouillé en
1903 par Howard Carter, et l'aurait replacée dans la tombe KV 38, découverte en mars 1899 par Victor Loret. Était-ce pour éloigner la momie de Thoutmosis Ier de celle d'Hatshepsout ?ΕEn juin 2007, on apprenait que la momie de Thoutmosis Ier conservée au Musée du Caire n'était pas celle du roi ! Zahi Hawass, directeur des Antiquités Égyptiennes en Égypte, s'est empressé de confirmer la « découverte ». L'analyse A.D.N. aurait permit la comparaison avec l'A.D.N. de la reine Hatshepsout, sa fille, dont on aurait également retrouvé (!) la momie dans les réserves du Musée,
et de confirmer ou infirmer l'identité de la reine. La momie appartenant à un homme de quarante ans, donc beaucoup plus jeune, n'avait pas été placée dans la position « royale » habituelle. De surcroît, la découverte des résidus d'une flèche démontre que l'homme a été tué, alors que Thoutmosis Ier est mort de vieillesse.
→ Voir aussi : Thoutmosis Ier.
Remonter
- Imprimer cette entréeThoutmosis III.
-
Histoire • Nom propre.Cinquième pharaon de la XVIIIe dynastie, qui régna aux environs de 1471 av. J.-C. à 1458 av. J.-C., né de la « grande épouse royale » Isis (Aset, descendante de Thoutmosis Ier) et du roi prédecesseur Thoutmosis II.ΕAprès la mort de son père Thoutmosis II, Thoutmosis III reçoit le trône d’Égypte en héritage. En raison de son jeune âge, il ne peut cependant pas régner de manière effective sur le pays. Hatshepsout, sa belle-mère et tante, va alors assurer la tutelle du jeune roi. Mais ses ambitions sont bien plus grandes, et elle écarte peu à peu Thoutmosis III du trône, pour y prendre sa place. Devenu adolescent, Thoutmosis III commence à intervenir dans les affaires du pays et devient corégent du pouvoir avec Hatshepsout. Le 10e jour du deuxième mois de la saison peret, durant la 22e année de son règne et à la mort d'Hatshepsout, Thoutmosis III devient seul souverain de l'Égypte.
Il se proclame dès lors fils d'Amon. En témoigne le « Texte de la jeunesse » de Thoutmosis III : « Il a décrété que je [Thoutmosis III] sois sur son trône quand j'étais encore un oisillon dans son nid. » Une manière de rappeler que la présence d'Hatshepsout n'a pas changé la donne, et que le jeune roi a toujours été le souverain légitime des Deux Terres.
Thoutmosis III s'avère être un roi particulièrement redoutable, cherchant à faire prospérer l'Égypte en soumettant les pays ennemis, et en leur faisant payer des tribus. Il fait établir des annales sur les murs des sanctuaires de Karnak, célébrant ses campagnes militaires. Le Musée du Louvre conserve aujourd'hui une partie de ces annales, soit quelques dix-huit blocs fragmentaires de grès, pour un total de cinq mètres de long, sur 4,77 mètres de haut, pour une profondeur de 20 cm. Le texte qui y est gravé dénombre six campagnes militaires menées en Palestine et en Syrie par Thoutmosis III vers 1450 av. J.-C.. Ces annales royales décrivent chaque expédition datée par l'année du règne du roi, ainsi que la liste des pays et contrées soumis, et le butin offert au grand temple d'Amon-Rê (animaux domestiques, bétail, mais aussi servants et servantes). Au total, les annales recensent 14 campagnes en Asie, menées de l'an 22 à l'an 42 du règne de Thoutmosis III. S'ajoutent les récits de ses exploits dans les autobiographies des militaires Amenemheb et Tjanouny, les stèles du Gebel Barkal, d'Ermant et la « stèle poétique ».
C'est à Karnak, dans le grand temple d'Amon-Rê d'Ipet-Sout que Thoutmosis III fait édifier des monuments remarquables par leur architecture et leur décoration. Sous ses ordres, l'échanson royal et chef des travaux du roi, Minmes, ainsi que le premier héraut Iamounedjeh supervisent les travaux. Il fait édifier la « Salle des Fêtes », l'akh menou, qui accueille les célébrations de la fête-sed pour la régénération des pouvoirs du roi. Le premier lac sacré est creusé, tandis qu'un sixième pylône retraçant la prise de Meggido, et un septième pylône représentant le roi vainqueur des Asiatiques sont ajoutés au complexe de Karnak. Et devant ce VIIe pylône sont érigés deux obélisques de granit rose, et les deux piliers « héraldiques » où sont représentés le « lys » et le papyrus symboles du Double-Pays.
Ailleurs en Égypte il laisse son empreinte : il continue la construction du temple de Satet (Satis) sur l'île d'Éléphantine, fait ériger un temple d'un nouveau style à Deir el-Bahari, surélevé, et situé entre celui de Mentouhotep et de sa belle-mère Hatshepsout. Il ne reste hélas aujourd'hui de ce temple que des ruines. D'autres édifices prennent place dans le Delta, à Héliopolis et à Medinet Habou, en Haute-Égypte à Assiout, Dendérah, Edfou, Esna, Kom Ombo et Tôd, tandis que dans le Sud du Pays, en Nubie, il commande l'édification ou la restauration des temples de Dedoum et Horus, ainsi que celui de Khnoum à Koumma, érigé par Thoutmosis Ier. Il agrandit le temple de Montou à Ermant et continue la décoration du temple rupestre de Pakhet à Béni Hassan.
Le règne de Thoutmosis III est aussi marqué par un style artistique et architectural élégant. À Karnak, il fait décorer l'akh menou de riches décorations florales et arboricoles. Ce « jardin botanique » recense la richesse de la flore de son époque en Égypte, en Syrie et ailleurs. Cette profusion de plantes et d'oiseaux exalte la grandeur du dieu de toutes choses : Amon.
- Histoire de l'Égypte ancienne, N. Grimal, Paris, 2006.
- Les pharaons du Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.) : Une pensée stratégique, P. Grandet, Éditions du Rocher, 2008.
→ Voir aussi : Thoutmosis III, Campagnes de Thoutmosis III.
Remonter
- Imprimer cette entréeThoutmosis III, Campagnes de Thoutmosis III.
-
Histoire • Nom propre.Campagnes menées par le pharaon Djehoutymes Neferkheperou (Thoutmosis III) de l'an 22 à l'an 67 de son règne.ΕAu regard de l'activité politique et militaire de l'Égypte pendant le Nouvel Empire, il apparaît que la soif de conquête et donc d'offensives armées constitua le point de départ de nombre des campagnes menées par Thoutmosis III. Toutefois derrière les apparences se cache la volonté profonde de dominer des pays voisins en vue d'assurer un approvisionnement continuel et sécurisé de produits et matières premières dont l'Égypte ne dispose pas ou peu.
Certaines campagnes ont bien entendu été menées dans le seul but de repousser les ennemis, et d'autres dans le but d'étendre les frontières des Deux Terres. Pour autant, ce sont des voies commerciales ouvertes par les prédécesseurs, tels Thoutmosis Ier, qu'il fallait défendre pour assurer les transferts de biens. À l'étude des documents qui nous sont parvenus, il ne fait nul doute que ces expéditions et cette diplomatie entretenaient également le culte du roi, la propagande de sa puissance, ainsi que celle de sa force à maintenir les ennemis sous un joug parfois relatif. Parmi les campagnes les plus significatives du Nouvel Empire, la plupart ont été menées par Thoutmosis III, ce qui lui vaudra plus tard les épithètes de pharaon conquérant ou roi belliqueux.
En l'an 22 de son règne, la tante et belle-mère de Thoutmosis III, Hatshepsout, disparaît. Thoutmosis III est maintenant seul sur le trône d'Égypte et débute déjà à la fin du quatrième mois de la saison peret de cette même année sa première campagne, qui l'inscrira définitivement comme un grand roi, victorieux et puissant. Plus de vingts ans après, la stèle du Gebel el-Barkal vantera encore les faits. L'armée du roi, partie de Memphis, franchit les frontières de l'Égypte à Tjaou pour anéantir une insurrection dans le Retenou, une région proche de la Mer Morte. Dix jours plus tard, l'armée se trouve à Gaza, et le onzième jour atteint Yehem, où Thoutmosis III convoque un conseil de guerre. Deux stratégies sont alors possibles : la première consiste à emprunter le chemin le plus court et le plus dangereux, en traversant le défilé d'Arouna ; la seconde, plus sûre, envisage un passage par le Nord, via Ziftah, mais sera plus longue. Thoutmosis opte alors pour le chemin le plus court et rejoint en quatre jours la cité de Megiddo, surprenant l'ennemi qui l'attendait à l'issue de l'autre route. Le lendemain, l'armée égyptienne débute la bataille contre l'ennemi, retranché dans la cité fortifiée de Megiddo. Pourtant, ceux-ci fuient et se replient, et seuls 340 ennemis sont faits prisonniers et 83 tués. Les Égyptiens pillent les soldats morts, et ne prennent pas la ville tant qu'ils le peuvent : commence alors un siège de sept mois, avant que la cité ne se soumette définitivement. Cette attaque menée par Thoutmosis III entraînera la soumission et le rattachement de 300 princes de la région, et l'envoi systématique de tributs à l'Égypte : des denrées alimentaires (vin, huile, bovins et ovins de Palestine et de Syrie, blé de Phénicie), des métaux (or d'Afrique, étain et cuivre de Phénicie), des matières précieuses (ébène et ivoire d'Afrique, lapis-lazuli d'Assyrie, encens et myrrhe du pays de Pount, argent, cuivre et pierres précieuses ou semi-précieuses de Palestine et de Syrie), et objets divers (chars, armes, bateaux, etc.).
En l'an 24 de son règne, Thoutmosis III remonte vers Naharina, pour une seconde campagne, essentiellement basée sur un besoin de reconnaissance et de prestige, contre Oullaza et Ardata.
En l'an 25, la troisième campagne a pour vocation la surveillance des terres conquises. Suite à cette expédition au Proche Orient, il fait graver le fameux « jardin botanique » à côté de l'akh-menou à Karnak.
En l'an 30 de son règne, la sixième campagne prévoit la soumission du prince de Qadesh : la cité est prise et les terres sont dévastées. Thoutmosis III revient en Égypte avec les fils des princes syriens, dans le but de les former au pouvoir pharaonique et de les renvoyer en diplomates dans leur pays pour diriger. La culture égyptienne peut ainsi se répandre, et bien plus tard ce mode de fonctionnement sera encore utilisé comme modèle.
La septième campagne renforce le contrôle de la côte syrienne.
La huitième campagne vers Naharina — quelque part dans le Liban actuel —, en l'an 33 du règne de Thoutmosis III marquera le contrôle total du Retenou. Les Annales de Thoutmosis III sont hélas très fragmentaires sur les événements qui se sont produits entre la première et la huitième campagne. L'armée retourna chaque année en Syro-Palestine, pour soumettre 359 peuples et régions. Les divisions de l'armée sont désormais stratégiquement dépêchées en Palestine pour asseoir le contrôle de la région. Cette huitième campagne sera la pierre angulaire du règne de Thoutmosis III : le roi et ses armées traversent un fleuve (l'Euphrate ou le Litanni) et s'oppose directement, dans la région d'Alep, au Royaume du Mitanni. Les Égyptiens repoussent l'ennemi vers le Nord, et le roi se prend à chasser l'éléphant à Niya et en tue cent vingt, avant de rentrer en Égypte. Pour anecdote, on sait qu'il manqua de trépasser pendant l'une des chasses à l'éléphant, et qu'il dut sa vie sauve à la prompte réaction de son entourage.
La neuvième campagne est destinée à inspecter les terres conquises.
On ne sait pas où Thoutmosis III s'arrêta dans sa progression vers le Nord. En l'an 35, les princes de Naharina se révolteront une fois de plus.
La dix-septième campagne de l'an 67 marque la dernière expédition militaire du roi, désormais âgé. Les troupes égyptiennes anéantissent dans la cité de Qadesh une rébellion organisée par une coalition du roi du Mittani, des princes de Qadesh et de Tounip. Le Proche-Orient est désormais sous contrôle égyptien, et marque l'apogée de l'empire égyptien.
L'aura qui entoure Thoutmosis III survivra longtemps, et Pinnedjem fera d'ailleurs couronner sous la XXIe dynastie son fils sous le nom de Menkheperrê, et sa fille Maâtkarê.
- Thoutmosis III et la corégence avec Hatchepsout, F. Maruéjol, Éditions Pygmalion, 2007.
- Les mémoires de Thoutmosis III, C. Lalouette, Éditions Calmann-Lévy, 1997.
- L'Akh-Menou de Thoutmosis III à Karnak. Étude Architecturale, 2 vol., Carlotti, Éditions Erc/Adpf, 2006.
- Les textes des tombes de Thoutmosis III et d'Aménophis II, Mémoires publiés par les membres de l'Institut Français d'Archéologie Orientale du Caire, p. Bucher, Éditions Imprimerie de l'IFAO, 1932.
→ Voir aussi : Thoutmosis III.
Remonter
- Imprimer cette entréeTjeni, Couronne-tjeni.
-
Égyptologie • Nom commun.Couronne portée par les dieux funéraires Tatenen, Ptah (et par extension Ptah-Tatenen) ainsi que Sokar. Deux cornes de bélier horizontales viennent soutenir deux simples plumes d'autruches placées symétriquement.
Remonter
- Imprimer cette entréeTombeau, Mise au tombeau.
-
Société • Nom commun.Le sarcophage ou cercueil du défunt contenant la momie est descendu au sein de la tombe, très souvent — mais pas systématiquement — dans la dernière salle, au plus profond de l'hypogée.ΕEn fonction de l'importance et du poids du sarcophage, on utilise des cordes et des rondins pour l'acheminer jusqu'à la cuve, ou bien, s'il est plus modeste, simplement porté à bras d'hommes sur une structure de bois. Lorsque l'on pense aux cuves de pierres des tombes royales de la Vallée des Rois, on est subjugué par l'énergie qu'il a fallut déployer pour descendre une telle pièce monolithique à plusieurs mètres sous terre, dans une chaleur étouffante.
Remonter
- Imprimer cette entréeTore.
-
Architecture • Nom commun.Moulure pleine cylindrique placée sur les arêtes des édifices, par exemple aux angles des pylônes. Parfois appelée boudin.
Remonter
- Imprimer cette entréeTouri.
-
Histoire • Nom propre.Vice-roi de Nubie nommé par Amenhotep (Aménophis) Ier, et toujours en activité durant le règne de Thoutmosis Ier. Il reçu des « faire-parts » envoyés par Thoutmosis Ier attestant de la prise de pouvoir du roi le 21e jour du troisième mois de le saison peret.
Remonter
- Imprimer cette entréeToutankhamon, Tombe de Toutankhamon dans la Vallée des Rois.
-
Égyptologie • Nom propre.
→ Planche :
Remonter
- Imprimer cette entréeTranslittération.
-
Écriture • Nom commun.Système de notation permettant la prononciation phonétique supposée des hiéroglyphes.ΕIl nous est impossible aujourd'hui de connaître et de restituer la manière dont se prononçaient la langue hiéroglyphique. Aussi lorsque la clé de déchiffrement des hiéroglyphiques fut mise au jour par Jean-François Champollion, un système international de transcription sonore fut adopté : la translittération. Derrière cette appellation se cache le simple fait d'attribuer aux signes hiéroglyphiques des sons pour pouvoir les prononcer, puis pour pouvoir traduire les textes. Aussi n'existe-t-il pas de traduction sans translittération, étape indispensable dans la compréhension auditive et grammaticale des phrases.
Remonter
- Imprimer cette entréeTransports en Égypte antique.
-
Société • Nom commun.ΕL'Égypte est un pays où la surface terrestre est importante. Le Nil n'est qu'une infime partie de la terre des Pharaons. Les transports se font sur voie terrestre à l'aide de chariots, tirés le plus souvent par des ânes.
Le cheval et le char arriveront tardivement. Formés de bois et de divers éléments végétaux, on leur donne des propriétés de rapidité et de légèreté, et même de solidité !
Les voyages sont parfois longs, et dans le désert les Égyptiens craignent l'attaque des convois de caravanes par les bandits et pillards, mais également les tempêtes de sable, et les animaux du désert, comme les scorpions et les vipères, sur le territoire de Seth.
Le Nil est toujours le centre de la vie quotidienne égyptienne. C'est un moyen de transport efficace. Le dieu-Nil Hâpi transporte fidèles, animaux et marchandises. Les bateaux sont de multiples natures : les simple pêcheurs du Nil utilisent de frêles embarcations faites de roseaux ou de joncs agglomérés ensemble. Maniables et rapides, elles n'en restent pas moins exposées aux attaques d'hippopotames et de crocodiles et peuvent rapidement se retournées.
On trouve également des barques de bois et des « felouques », ainsi que des bateaux de tailles plus imposantes. Les voiles sont faites de lin. Les planches sont attachées ensemble grâce à des cordes. Le meilleur exemple reste celui de la barque solaire de Khéops, retrouvée enterrée près de sa pyramide. Ces embarcations sont incroyablement hydrodynamiques et témoignent d'une réelle qualité de production des menuisiers et charpentiers égyptiens.
Le bateau reste l'un des meilleurs moyens de transport, là où le Nil large de deux kilomètres ne peut être enjambé par un pont.
Sur mer, il semble que certains inconvénients du bateau égyptien soient palliés par de bons navigateurs.
Le bateau, ou plutôt la barque, est également dans la mythologie égyptienne comme dans la vie quotidienne un symbole fort : le soir, Atoum, le soleil couchant, s'en va sur une barque qui toute la nuit traversera le fleuve souterrain jusqu'à renaître le lendemain matin sous la forme de Khépri, le soleil levant.
On transporte également sur les bateaux les momies pour leur dernier voyage, mais aussi la statue sacrée du Dieu afin qu'il rejoigne par le Nil la déesse et qu'ils procréent ensemble.
Le bateau militaire à proprement parler n'existe pas : c'est en fait un bateau renforcé, auquel on peut adjoindre un éperon. Très souvent, on y place des archers.
Certaines représentations nous montrent également des égyptiens sur des barques de papyrus utilisant un bâton de jet pour chasser les oiseaux des marais, assistés d'un chat. La scène bucolique, voire nostalgique, semble pourtant empreinte de métaphores profondes, encore en cours d'étude par les égyptologues.
Remonter
- Imprimer cette entréeTriade.
-
Mythologie • Nom commun.Dans la mythologie égyptienne, la triade peut désigner deux types de « groupement » de trois divinités.ΕCe peut être d'une part, une triade « familiale » rattachée à un temple, qui unit par les diverses cosmogonies un dieu père, une déesse mère, et un enfant : c'est le cas à Karnak de la triade Amon-Mout-Khonsou, à Edfou avec la triade d'Horus-Hathor-Harsomthous, etc.. Notons qu'à ce propos les cosmogonies et le rôle des dieux et déesses ont évolué avec le temps pour légitimer la présence de certains dieux ou leur donner une importance grandissante.
D'autre part, le second modèle de triade que nous connaissions est celui qui rassemble les trois grandes divinités dynastiques : Amon, le dieu thébain, Rê-Horakhty, celui d'Héliopolis, et Ptah, le démiurge de Memphis. Sous le règne de Ramsès II, ce modèle de triade connaîtra son apogée avec l'ensemble de constructions qui leur sont dédiées en Nubie.
Remonter
- Imprimer cette entréeTyphon.
-
Mythologie • Nom propre.Dieu grec démoniaque assimilé au dieu égyptien Seth. Évoluant dans le monde du Chaos, il est comme Seth un détracteur de l'équilibre en place.
Remonter
Remonter
en haut de la page
• Copyright © 2008-2009 Montoumès. Tous droits réservés.