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Séthy Ier, Campagnes de Séthy Ier

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De Ramesside, Généralités de l'art ramesside à Royal, Ensemble royal

Imprimer cette entréeRamesside, Généralités de l'art ramesside.
Histoire de l'Art • Adjectif.L'abandon de l'art amarnien à la fin du règne d'Akhénaton laisse encore percevoir des réminiscences du passé. Au Nouvel Empire, plusieurs traits caractéristiques et détails subjectifs ou profonds persistent. ΕSous le règne de Ramsès Ier, si l'on revient à un certain « classicisme », on constate que les corps des personnages sont toujours plus allongés qu'avant la période amarnienne ; ils sont figés et sans mouvement, mais laissent transparaître une certaine action. L'œil dans les représentations picturales part depuis la naissance du nez ; la glande lacrymale, typique de cette période, forme une pointe à l'origine de l'œil. Dans le cou, le sillon apparut sous le règne d'Akhénaton est préservé. De même, le pagne, au lieu de décrire une légère pente, tombe toujours bas sous le nombril et remonte haut dans le creux du dos. Le premier grand personnage de l'art ramesside, Séthy Ier, va faire évoluer l'art : dans la peinture, on découvre un jeu de transparence — pour les pagnes par exemple — obtenu en utilisant une couleur plus claire ; la perruque des personnages devient enveloppante et recouvre les oreilles ; les bijoux sont plus larges, plus déployés, et plus riches. La poitrine des femmes est légère et la taille très étriquée, faisant ressortir des épaules larges. Le style devient quelque peu massif dans les formes. Dans l'architecture, Séthy Ier va marquer de son empreinte un grand nombre de constructions et de rénovations. C'est le cas de son temple de millions d'années à Gournah, de la construction de son temple et de la rénovation de l'Osireion à Abydos, de l'embellissement du temple d'Héliopolis (notamment avec l'obélisque aujourd'hui à Rome), et des édifications et décorations dans le domaine d'Amon à Karnak. Le relief est plus creusé qu'aux époques précédentes, et accroche davantage la lumière ; étrangement, le relief dans le creux est utilisé aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du temple : certains suggèrent que cet emploi reflète une adoration au dieu solaire, et que les reliefs dans le creux à l'intérieur du temple sont symboliquement éclairés par celui-ci. Dans les représentations de Séthy Ier, les deux bandeaux qui partent de derrière le khepresh retombent dans le dos, alors qu'ils flottaient au vent sous Akhénaton. La posture est figée et rigide, mais Séthy Ier s'incline devant les dieux : ceci marque le changement dans la relation entre le roi et les dieux. À ce propos, on notera que si Séthy Ier se tenait droit, il serait de fait représenté plus grand que les dieux ! Le règne de Ramsès II va marquer l'art ramesside. Ce règne très long va introduire un style maniéré, « baroque » et des réalisations colossales, dans des types d'œuvres d'une grande variété. Dans la peinture, les corps sont longs et presque difformes. Dans toutes les représentations, les lèvres sont charnues et le nez busqué ; le pectoral est musclé et sec, stylisé et schématique. Le pli palpébral est clairement marqué. Le regard est pensif, le sourire à la fois enjoué et énigmatique. Pour les statues les plus grandes, les yeux regardent vers le bas, comme pour ajouter de la grandeur à l'effigie du roi. Les sources statuaires sont nombreuses : plus de 500 statues connues, originales ou usurpées, dont 100 toujours entières. La décoration des monuments va essentiellement suivre celle de Séthy Ier, en y joignant le récit d'une bataille aussi célèbre que Ramsès II lui-même : la bataille de Qadesh. Ce récit, plus épique qu'historique, est représenté dans le détail, dans un souci de saisir l'instant de la bataille, avec un certain sentimentalisme sous-jacent. Il y a un réel besoin de représenter un moment présent et de le situer dans le temps, de le rattacher à une chronologie. Le relief dans le creux se généralise, notamment parce qu'il accroche bien mieux la lumière, et renvoie au culte solaire à son paroxysme. Ramsès II se représente divinisé, aux côtés des dieux. De cette période vont naître beaucoup d'œuvres de particuliers, bien qu'elles soient difficiles à replacer dans le temps. Merenptah, qui monte tardivement sur le trône — à environ 60 ans — va essentiellement usurper des monuments et statues. Dans la statuaire, la commissure des lèvres charnues rentre dans le gras des joues. Un pli supplémentaire apparaît au dessus de l'œil sur la paupière. L'une des œuvres majeures de son règne est sans aucun doute, par son attrait historique et culturel, la « stèle d'Israël », ou apparaît pour la première fois en Égypte la mention du nom de ce peuple. La période du règne de Séthy II à celui de Taousert nous est bien trop peu connue pour en faire ressortir des traits caractéristiques, autres que ceux déjà évoqués sous les règnes de Séthy Ier et Ramsès II. Ramsès III, le dernier des « grands » Ramsès, va s'inspirer, voire copier, le style de Ramsès II, jusqu'au plan du temple de Médinet Habou, quasiment identique au Ramesseum. On y trouve toujours le nez busqué, l'œil penché vers l'avant, mais aussi la représentation dans les bas reliefs de membres allongés — les doigts, par exemples. Enfin, les règnes de Ramsès IV à XI vont marquer un déclin, ne livrant dans l'art que quelques reliefs, dont le style est toujours celui des premiers Ramsès. Remonter
Imprimer cette entréeRamsès Ier.
Histoire • Nom propre.Premier pharaon de la XIXe dynastie, ayant régné approximativement de 1295 à 1294 av. J.-C..ΕSous le règne d'Horemheb, un vizir à la destinée royale agit pour le compte du souverain. Ce personnage qui porte les très nombreux titres d'officier d'infanterie, officier de cavalerie, scribe royal, prêtre, envoyé du roi dans les pays étrangers, général, responsable des prêtres de tous les dieux, juge, prêtre de Maât et Jry-Pˁt, se nomme Paramessou, et deviendra Ramsès Ier. Ce vizir fort important a sans doute été choisi par Horemheb parce qu'il avait déjà une descendance, dont un fils (le futur Séthy Ier) et un petit fils (le futur Ramsès II, fils de Séthy Ier). On suppose du fait de ses fonctions que Ramsès Ier était déjà âgé lorsqu'il est monté sur le trône, ce qui justifierait également son court règne de deux ans et quelques mois. Si Manéthon, qui le nomme Ménophrès (déformation de Menphetyrê), lui prête un an et quatre mois de règne, quatre sources archéologiques certaines mentionnent trois fois l'an I du règne de Ramsès Ier ainsi qu'une fois l'an II (deuxième mois de peret, le 20e jour). Certains suggèrent que Paramessou, le futur Ramsès Ier, était déjà en exercice dans l'une de ces fonctions sous Akhénaton, et aurait été une personne de haut rang parmi les dignitaires de la cour d'Horemheb. Originaire du Delta, sa famille voue un culte fort au dieu Seth : son fils prendra le trône sous le nom de Séthy Ier, tandis que sa femme sera reine sous le nom de Satrê. Pendant son règne succinct, Ramsès Ier fait construire et rénover quelques monuments à Karnak, à Abydos, à Memphis et à Tanis. Très peu de représentations et de statues nous sont parvenues. Certaines d'entre elles sont des usurpations de statues d'Horemheb, où les cartouches ont été remplacés par les siens. Un socle de statue portant le nom Ramessou est conservé au Louvre, tandis qu'un autre fragment est inscrit des noms de Ramsès Ier et de Séthy Ier, son fils successeur. La tombe de Ramsès Ier dans la Vallée des Rois (KV 16), découverte le 10 octobre 1817 par Giovanni Battista Belzoni, est probablement inachevée, et c'est l'antichambre qui a servi de chambre funéraire, faute de temps pour l'achever. On y trouve un « résumé » de ce qu'on trouve dans la tombe du prédécesseur Horemheb et du Livre des portes, dans une décoration somme toute classique, à fond bleu. Les couleurs sont particulièrement bien conservées, et la cuve du sarcophage en quartzite est toujours en place. Bien que ce décor marque un retour au « classicisme », on y décèle des réminiscences de la période amarnienne, telle que la position du pagne, sous le nombril et remontant dans le dos. La momie de Ramsès Ier est à ce jour introuvable, même s'il semble qu'une momie autrefois dans un musée Nord-américain, ait été rendue à l'Égypte récemment. Remonter
Imprimer cette entréeRamsès II, Campagnes de Ramsès II.
Histoire • Nom propre.Campagnes menées par Ousermaâtrê Setepenrê Ramsès II.ΕIl faut attendre l'an 4 de Ramsès II pour connaître une nouvelle campagne dans le couloir syro-palestinien. Lors de cette campagne, qui nous est connue par des stèles in situ, Ramsès II est parti au moins jusqu'à Byblos, comme l'atteste la stèle de l'an 4 de Ramsès II, portant la mention du quatrième mois de Chemou. D'autres inscriptions au Nahr el-Kelb (ou Nahr el-Kalb, « la rivière du chien » — une vallée qui se jette dans la mer Méditerranée), au Nord de l'actuelle Beyrouth, sont gravées sur des stèles (dix-sept d'époques différentes, dont trois du règne de Ramsès II) à même la roche. Lors de ce déplacement, Ramsès II choisit, à l'instar de son père Séthy Ier qui était passé par la plaine de la Beqaa (Oupé, en égyptien), de longer la mer, ceci pour la simple raison que la plaine de la Beqaa était déjà occupée par les Hittites. Les campagnes de Ramsès II ont été nombreuses, mais s'il en est une qui reste dans les mémoires, c'est la bataille de Qadesh, et le conflit qui opposa les Hittites aux Égyptiens. Ramsès II part donc en campagne vers Qadesh en l'an 5 de son règne. Ce récit joue un rôle profond dans la propagande du pharaon, à tel point que la bataille se retrouve dans de très nombreux monuments et papyri : dans le temple de Louxor, sur la face Nord du pylône, où la bataille est décomposée en quatre tableaux — le premier décrivant le camp de l'armée égyptienne, le second décrivant la bataille, le troisième constituant ce qu'on appelle le « poème » et occupant le mur droit et deux tiers du mur gauche, et le dernier dénommé « bulletin » par les égyptologues. À Karnak, la bataille occupe le mur extérieur Sud de la salle hypostyle et le mur qui longe les cours entre les VIIIe et Xe pylônes. Dans le Ramesseum, la bataille de Qadesh couvre le premier pylône (la face intérieure du temple) et le second pylône, également sur la face intérieure. À Abou Simbel, on la retrouve sur le mur Nord de la première salle. Enfin à Abydos, elle décore les deux tiers du mur extérieur du temple, aujourd'hui visible sur environ un mètre de haut. Il existe également pour le « poème » quatre papyri y faisant allusion. Le plus complet mentionne l'an 9 ainsi que le nom de Pentaour, un probable copiste ayant vécu sous le règne de Merenptah — successeur de Ramsès II. Il est possible que Pentaour ait déjà copié une autre copie datée de l'an 9. Ce poème, trois fois plus long que le « bulletin », détaille le cheminement effectué par Ramsès II, la bataille, les forces ennemies, la paix égypto-hittite et le retour des troupes égyptiennes en Égypte. Le « bulletin », trois fois plus court que le « poème », parle d'événements plus précis, dont la ruse de deux bédouins chassou (ou chasou) pour tromper Ramsès II, la prise de deux Hittites capturés par Ramsès II qui leur fait avouer où se situe le camp ennemi, l'organisation du camp égyptien, et les reproches fait par Ramsès II aux officiers — et à leur incompétence — qui ne connaissaient pas l'emplacement des camps ennemis. Le neuvième jour du deuxième mois de Chemou, l'an 5 de Ramsès II, les Égyptiens partent du Delta, passe par Megiddo et prennent la direction de Qadesh. Il traverse la « vallée des pins », ou « vallée des conifères », qui est très probablement la plaine de la Beqaa. Pourquoi ont-ils choisi et ont-ils pu pénétrer dans la plaine, alors que celle-ci était connue pour être occupée par les Hittites ? Il n'est pas impossible qu'à cette période, Mouwatalli II (Muwatalli) ait volontairement retiré ses troupes pour laisser avancer l'armée égyptienne avec l'objectif stratégique de les prendre en étau dans cette zone fermée par les montagnes. Toujours est-il que Ramsès II parvient à « crête au sud de Qadech », au Sud des collines de Qadesh (un site aujourd'hui identifié comme la colline de Qammet el-Hermel) au neuvième jour, troisième mois de Chemou, à Silè, à 600 kilomètres de la forteresse de Tcharou (Tjarou), où il s'arrête avec sa division d'Amon. Les textes précisent qu'il franchit un gué sur l'Oronte, puis qu'il continue jusqu'au Nord-Ouest de Qadesh. Entre ces deux mouvements de divisions se produit l'épisode des bédouins chassou : ceux-ci vont faire croire à Ramsès II qu'ils souhaitent s'allier à lui, et témoignent au roi que Mouwatalli II est très loin de Qadesh, probablement à Alep. À l'interprétation de cet épisode, on peut se demander — si l'objectif était la prise de Qadesh comme l'on dit de nombreux historiens et égyptologues — pourquoi Ramsès II a contourner la cité en se dirigeant vers le Nord-Ouest, et non pas en progressant vers la ville. Il est plus vraisemblable que le but avéré de Ramsès II était de continuer au Nord-Ouest de Qadesh, puis de redescendre dans l'Amourrou pour prendre la ville de Byblos par le Nord, et non pas pour prendre Qadesh, qui apparaît alors comme un épisode malheureux et fortuit de la progression de l'armée égyptienne, ayant mit fin à son but premier ! Un indice irréfutable de cet objectif est sans doute la progression des quatre divisions armées : celle d'Amon, où se trouve Ramsès II, celles de Rê, Ptah et Seth ; chacune devait comporter environ 20 000 soldats, plus la garde royale et des chardanes — environ 5000 hommes, des mercenaires sans doute capturés précédemment par Séthy Ier, reconnaissables à leur casque à cornes. Pour des raisons de logistique certaines et de progression dans ces terres torturées par les reliefs, les quatre divisions progressent séparément, à plusieurs kilomètres d'intervalle et à un rythme de 20-25 kilomètres par jour. Or la division d'Amon avec Ramsès II, se dirige déjà vers l'Ouest, et non pas vers Qadesh. Ramsès II installe donc son camp au Nord-Ouest de Qadesh, sitôt rejoint par la division de Rê. Ce camp est facilement identifiable dans les reliefs : il se présente sous une forme rectangulaire entourée de boucliers, au centre de laquelle se trouve la tente royale ; un personnage tient en respect un lion — ce qui fait toujours hésiter les égyptologues sur la présence d'un vrai lion, ou d'un lion symbolisant la force ; ceci étant, le fait qu'un personnage le tienne en respect prouve sans doute que ce soit un vrai lion. Mouwatalli II est quant à lui caché derrière Qadesh, à l'Est, avec une armée de 30 000 à 35 000 hommes, et plus de 2 500 chars. Les textes nous disent qu'ils étaient « aussi nombreux que des sauterelles ». Il est à première vue impossible de cacher toute cette armée sans faire de bruit, risquant d'alerter les armées égyptiennes ; cependant, des égyptologues, tels que Pierre Grandet, précise qu'en ces lieux un fort vent d'Ouest en Est aurait très bien pu masquer le bruit des fantassins et des chevaux, et que la cité de Qadesh, un tell de 500 mètres de longueur pour 30 mètres de haut pouvait cacher les Hittites. La division de Rê, au Sud de Qadesh, surprise par les Hittites, est totalement défaite, « tandis qu'ils marchaient, sans les avoir repérés et sans être préparés au combat ». La charrerie hittite remonte alors par le Nord de Qadesh pour attaquer la division de Ramsès, désormais isolée. Ce choix stratégique de Mouwatalli II n'est pas forcément le meilleur choix, puisque Ramsès II avait pris le soin de poster à l'entrée Ouest du camp une garnison de Na'arin (Néarins) — dont l'identité réelle est encore contestée, et dont on sait uniquement qu'ils formaient une troupe d'élites. Ils capturent deux Hittites qui avouent l'emplacement de Mouwatalli II et de ses troupes. Les officiers de Ramsès II seront alors réprimander par le roi. Le vizir de Ramsès II part alors chercher la division de Ptah plus au Sud, et les Hittites battent en retraite, tentant de traverser le « fleuve » et se noyant (à ce sujet, beaucoup ont pensé à l'Oronte, mais il est bien plus probablement que ce fut le lac d'Homs). L'une des scènes présentent de manière humoristique un personnage important, le prince d'Alep, tenu la tête en bas pour le faire dégorger. Le reste de l'armée de Mouwatalli II, notamment les fantassins, restèrent sur l'autre rive. Comme on le voit sur le pylône du temple de Louxor à l'extrême gauche, Mouwatalli repart sur son char, se retournant pour voir le champ de bataille et les pertes. Le lendemain, la deuxième bataille se termine sur un status quo, alors que Mouwatalli propose un traité de paix. Les très nombreuses pertes dans les deux camps ne permettent alors plus à Ramsès II de refuser cet accord, bien qu'il fasse de cet proposition de paix une soumission de la part des Hittites : « Pour ce qui est du pays d'Égypte et du pays hittite, ceux sont tes serviteurs ; ils sont à tes pieds : c'est ton père, le divin Rê, qui te les a donnés. » La stratégie de Mouwatalli II était en apparence intelligente et stratégiquement bien pensée, mais l'organisation des manœuvres a échoué. C'est une victoire en demi teinte pour Ramsès II qui perd la Beqaa, et ne prendra pas l'Amourrou. Dans toutes les scènes de la bataille de Qadesh de Ramsès II, l'étendard en haut de la cité de Qadesh n'est pas percé d'une flèche, nous indiquant que la cité n'a pas été prise. Mouwatalli destitue le prince Benteshina de l'Amourrou, et le remplace par Chapili. Il créé peu à peu un front contre les Égyptiens. Mais Adad-Nirari Ier reprend la région de Hanilgalbat, le cœur du royaume du Mitanni, contrôlant ainsi la zone située entre le Tigre et l'Euphrate, que Mouwatalli avait sos contrôle. D'autres campagnes sont attestées en l'an 8 et 10 du règne de Ramsès II. Elles opposent encore Ramsès II et Mouwatalli II, semble-t-il dans l'objectif de contrôler la plaine de l'Amourrou. Ramsès II atteint les villes d'Iqarta, de Dapour — où est érigée une statue de Ramsès II — et de Tounip. Cependant, il persiste un doute sur sur la réalité ou le mythe des deux batailles d'Iqarta et de Dapour. Concernant les campagnes de l'an 8 et 10, les reliefs du Ramesseum, des temples de Louxor et de Karnak nous présentent dix-huit fils de Ramsès II ayant prit part à la bataille. À la mort de Mouwatalli II en l'an 10 du règne de Ramsès II, Hattoussilli III monte sur le trône, à la place de l'héritier légitime Moursil II, marquant la fin du conflit égypto-hittite. Benteshina, évincé par Mouwatalli II après la bataille de la Qadesh et remplacé par Chapili, reprend l'Amourrou sous le nouveau règne d'Hattoussilli. À partir de l'an 10 de Ramsès II, il n'y a plus de campagnes de Ramsès II connues vers le Nord. Ramsès à profiter des difficultés que rencontrait les Hittites pour reprendre le contrôle de l'Amourrou et du Nord. Un document daté de l'an 21 de son règne scelle un traité de paix entre les Hittites et les Égyptiens, présentant l'intérêt d'avoir été rédigé par les deux parties, d'une part sur deux tablettes en cunéiforme, aujourd'hui exposées au Musée d'Istanbul, et d'autre part sur une stèle en hiéroglyphe situeé non loin des représentations des campagnes de l'an 8 et 10 et de la bataille de Qadesh à Karnak. La paix est également marquée par l'union de Ramsès II avec l'une des filles d'Hattoussilli III en l'an 34 du règne de Ramsès, dénommée [Iry]Maâtneferourê. Deux autres campagnes, en dehors du couloir syro-palestinien, sont mentionnées : la première a lieu en l'an 1, sans date exacte connue, pour mater une rébellion en Nubie ; la seconde la même année, mentionnée à l'extérieur du temple de Louxor, contre le pays de Tchehenou (Tjehenou), au Nord-Ouest de l'Égypte, où se trouvent les Libyens. La date de cette dernière nous est également inconnue. Les reliefs nous disent que la ville de Shatouna a été prise, bien qu'on ne sache pas à l'heure actuelle où elle se situe. Selon les représentations, il s'agit d'une zone fortement boisée, où l'on trouve même des ours !
  • La bataille de Qadesh du règne de Ramsès II oppose toujours certains spécialistes, qui, à force de joutes verbales par ouvrages interposés, a constitué un corpus littéraire et documentaire vaste. En voici un léger aperçu :
  • La guerre de Ramsès II contre les Hittites. Der Hettiterkrieg Ramses'II, J. Sturm traduit par C. Vandersleyen. Réédition dans la collection Connaissance de l'Égypte ancienne, 6, Éditions Safran, 1996.
  • Ramsès le Grand, C. Desroches-Noblecourt. Grand Palais, RMN, Paris, 1976.
  • The Battle of Qadesh, R. O. Faulkner. MDAIK, 16, 1958.
  • The Kadesh Inscriptions of Ramesses II, Sir A. H. Gardiner. Oxford, 1960.
  • La bataille de Qadesh — Récits et images, C. Obsomer. À voir en ligne sur le site de l'Université catholique de Louvrain : Voir le site

Voir aussi : Ramsès II, Corégence de Ramsès II et Séthy Ier. Ramsès II, Corégence de Ramsès II et Séthy Ier.

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Ramsès II, Chronologie du règne de Ramsès II
Stèle de calcaire présentant Ramsès II enfant, assis. Musée du Louvre, n° inv. N 522. H. : 18 cm. ; L. : 13 cm. ; Pr. : 3,80 cm.

Histoire • Nom propre.Ramsès II monte sur le trône à la suite de son père Séthy Ier. Bien qu'on ne sache pas à quel âge il monte sur le trône, il existe quelques indices approximatifs et réfutés : premièrement, Ramsès II était en âge d'accompagner son père lors des batailles, mais les reliefs qui en attestent ont peut-être était retouché ; deuxièmement, dans le temple de Beit el-Ouali, il est représenté comme ayant mené des batailles avec deux de ces fils en l'an 2 de son règne, mais la scène est probablement plus symbolique qu'historique, et si l'on sait qu'il a deux enfants, on ne connaît pas leur âge — pourquoi pas des nourrissons ? — ; enfin, on sait qu'il a au moins deux enfants, et qu'il est donc pubère lorsqu'il monte sur le trône. ΕLa stèle de Kouban, datée de l'an 3 de son règne, mentionne qu'à 10 ans il occupait le rôle de Chef de l'armée. Cette fonction était-elle effective — un grade de l'armée — ou symbolique ? Cependant, cette mention pourrait être rapprochée d'un évènement historique : la montée sur le trône de son arrière-grand-père Ramsès Ier. C'est une idée qu'on peut supposer vraie, même si on ne dispose d'aucune preuve. En additionnant les règnes de Ramsès Ier (deux ans) et Séthy Ier (dix ans), on peut supposer que Ramsès II avait environ 23-25 ans lorsqu'il monta sur le trône. La seule certitude que nous ayons est la participation de Ramsès II à des campagnes militaires dès l'an 4 de son règne, qui suppose qu'il était déjà suffisamment âgé pour prendre part aux batailles et assurer un commandement militaire effectif. Les sources antiques nous donnent quelques dates permettant le calcul de son âge et de la durée de son règne : Manéthon propose 66 ans et 2 mois de règne ; un papyrus du règne de Ramsès IV mentionne l'an 67 de Ramsès II ; un troisième document comptable trouvé au Ramesseum mentionne l'an 67, premier mois d'Akhet, 18e jour d'un roi indeterminé, puis l'an 1 [Celui de Merenptah], second mois d'Akhet, 19e jour. Ce qui laisse entrevoir la montée sur le trône de Ramsès II au troisième mois de Chemou, 27e jour (une date fixée par une fête-anniversaire de son règne), ainsi qu'une mort — sans doute naturelle — aux environs de sa 80e année. Les éléments de datation du règne de Ramsès II à partir des cartouches, utilisés à bon escient, permettent une datation relative mais aisée : on sait d'abord que la mention « setep-en-rê » (« élu-de-Rê », « choisit-par-Rê »)dans ses cartouches n'apparaît qu'à partir de l'an 2 de son règne. Ensuite, son nom va se transformer en passant de « Ra-mes-s » avec le hiéroglyphique du verrou « s » en « Ra-mes-s » avec les doubles hiéroglyphes du linge plié (également « s »), pour enfin devenir à partir de l'an 21 de son règne « Ra-mes-s-sw » (« Ramessou »), terminé par le hiéroglyphe du jonc « sw », insigne royal que l'on retrouve dans le titre de « Nsw-bity » (« Celui du jonc et de l'abeille »). La datation exacte des règnes des pharaons apparaît de prime abord difficile : si les rois du Moyen Empire « calquaient » leurs années de règne sur les années civiles, les souverains du Nouvel Empire datent leur règne à partir de la fin du règne précédent, d'une manière glissante. Mais on sait que sous le règne de Ramsès II, le calendrier civil coïncide quasiment avec le calendrier naturel, puisque Ramsès est intronisé peu avant la crue du Nil. En l'an 4 de son règne, Ramsès entreprend des campagnes en Asie. En l'an 5 a lieu la célèbre bataille de Qadesh. En l'an 8 et 10, les campagnes militaires se dirigent vers le Nord. Il n'y a ensuite plus aucune campagne avant l'an 21, date à laquelle le nom de « Ramesses » devient « Ramessessou ». À l'issue de l'an 21 est déclaré le traité de paix entre les Hittites et les Égyptiens. La première fête-sed de Ramsès II a lieu en l'an 30 de son règne (il en connaîtra treize autres, et une quatorzième annoncée). Il se marie diplomatiquement à la princesse Hittite [Hiry] Maâtherneferourê en l'an 34, puis célèbre un second mariage en l'an 42. La fin du règne de Ramsès II à compter de l'an 21 nous est très mal connue, l'essentiel de ses constructions datant également d'avant l'an 21. Remonter
Imprimer cette entréeRamsès II, Constructions de Ramsès II.
Histoire • Nom propre.Un règne de soixante-sept ans a permis a Ramsès II d'établir tout le long du ruban fertile créé par le Nil des temples, des plus modestes aux plus grandioses, des temples rupestres à l'agrandissement des complexes de Karnak et Louxor.ΕLa première originalité dans les constructions résident dans l'élaboration d'un programme architectural dense en Nubie, ce que les prédécesseurs de Ramsès II n'avaient jamais réalisé. À Beit el-Ouali, il fait ériger un petit temple. Ce temple en hémispéos, aujourd'hui déplacé sur l'île de New Kalabsha, à une quinzaine de kilomètres au Sud d'Assouan, est constitué d'un sanctuaire précédé d'un vestibule à deux colonnes. Deux piliers forment la porte d'entrée du vestibule, séparant le tout en trois accès. Au devant, une cour à ciel ouvert est bordée sur le mur Nord de scènes de guerre contre les Libyens (Asiatiques), et au Sud par des scènes de guerre contre les Nubiens. Notez à ce propos que les représentations sont symboliquement réalisées sur les murs qui représentent les frontières septentrionale et méridionale de l'Égypte. L'iconographie du massacre des ennemis se poursuit sur les retours des murs intérieurs du vestibule. La cour était fermée par un pylône en brique crue et une porte au montants, seuil et linteau de pierre. Trois autres temples établis en Nubie sont à mettre en relation : celui de Gerf Hussein est consacré essentiellement à Ptah ; celui de Derr, le seul temple de Ramsès II en Nubie construit sur la rive Est du Nil, est dédié à Rê ; enfin, le temple de Ouadi es-Seboua (« la Vallée des Lions », en arabe) est le lieu du culte d'Amon. Si l'on y ajoute Ramsès II en tant que roi et fils divin, on retrouve exactement la triade dynastique ramesside aux côtés du pharaon : ce sont les quatre protagonistes que l'on retrouve dans le sanctuaire d'Abou Simbel : Ptah, Amon, Ramsès II et Rê-Horakhty. Allons plus loin en observant la statue de Ptah à Abou Simbel : celle-ci est quasiment toujours dans une obscurité ou semi-obscurité, ne laissant au jour qu'une triade réelle, celle d'Amon, le grand dieu thébain, Rê-Horakhty, le dieu solaire par excellence, et Ramsès II, le roi, mais aussi l'Horus sur terre. Un dernier temple, Aksha (ou Amara), est situé en Nubie soudanaise, au Nord de Soleb. Si le constat du grand nombre de temples en Nubie sous le règne de Ramsès II est simple à faire, il reste à se demander pourquoi. Selon l'égyptologue C. Vandersleyen, cette profusion serait la conséquence de crues précédentes trop insuffisantes. Il appuie son discours à l'aide des seize petites statues qui prennent place devant le temple d'Abou Simbel : elles mesurent seize coudées de haut, ce qui, selon les dires d'Hérodote, serait la hauteur idéale des crues du Nil pour assurer la subsistance du pays. En édifiant des temples à la frontière méridionale de l'Égypte, Ramsès II voulait donc garantir l'arrivée depuis le Sud de crues bienfaisantes. Abou Simbel fait partie des sites incontournables des voyages en Égypte : les mots manquent pour décrire ces temples aux proportions démesurées, dans un site exceptionnel. Le temple principal, qui s'ouvre par un pylône auquel sont adossés quatre colosses assis s'enfonce dans la roche, se poursuivant avec une première salle hypostyle qui tient lieu de première cour, suivie d'une antichambre, d'un vestibule et d'un sanctuaire où se trouvent les quatre statues de Ptah, Amon, Ramsès II et Rê-Horakhty. Derr, au Sud d'Amada et Ouadi es-Seboua, est un petit temple en hémispéos avec cour à ciel ouvert au devant, aujourd'hui détruite. Un pylône permettait l'entrée sur cette cour, ou salle hypostyle pour moitié à ciel ouvert, à six piliers de section carrée, et quatre autres où s'adossent des colosses osiriaques en pagne de Ramsès II, servant de portique. Une seconde salle hypostyle, à six piliers de section carrée, mène à deux chambres à l'Est et à l'Ouest, et à un sanctuaire où subsistent des vestiges de quatre statues — très probablement les mêmes qu'à Abou Simbel : Ptah, Amon, Ramsès II divinisé et Rê-Horakhty. La majeure partie du temple de Derr est consacré au jubilé royal et au couronnement de Ramsès II. Sur le mur Est de la seconde salle hypostyle, Ramsès II est représenté sous l'arbre-ished, sur les feuilles duquel sera gravé son nom ; à gauche devant lui se tient le patron des scribes, Thot, tandis qu'à droite l'attendent Ptah et Sekhmet. Ouadi es-Seboua (Wadi es Seboua, Wadi es Sebua) est également un temple en hémispéos. La superstructure externe est très bien conservée. Devant se trouvent des sphinx à tête humaine et à tête de faucon, représentant les quatre Horus de Nubie : l'Horus de Miam, l'Horus de Meha, l'Horus de Bouhen et l'Horus de Baki. Devant le pylône sont érigées des statues de Ramsès II, représenté en porte-enseigne. Sur le pylône, Ramsès II massacre les ennemis sous le regard d'Amon. Une première cour à ciel ouvert est décorée de colosses osiriaques en sphinx, au style nubien très marqué : le visage est plat, plus large que profond, l'ensemble semble massif et stylisé. Une salle hypostyle continue jusqu'au sanctuaire où se trouvait une triade (Amon, Ramsès II et Rê-Horakhty). Une représentation de Saint Pierre a été peinte au fond à la place de ces statues par les Coptes. Notons qu'on peut voir dans ce temple de Ouadi es-Seboua des représentations de Ramsès II faisant des offrandes à lui-même ! Comme les autres temples nubiens de Ramsès II, le temple de Gerf-Hussein a été déplacé et remonté sur l'île de New Kalabsha. Autre temple en hémispéos, il est aujourd'hui très délabré. Dans la salle hypostyle se tenaient sur deux côtés des colosses osiriaques en pagne, dont le seul restant apparaît trapu ; contrairement aux autres colosses osiriaques connus, il n'a pas les bras croisés. Les deux autres côtés de la salle hypostyle étaient supportés par des colonnes à chapiteaux papyriformes ouverts. On peut y voir Ramsès II faisant offrandes à plusieurs dieux, et notamment Ptah et Ptah-Tatenen. La graphie du nom « Ramesses » laisse penser que le temple a été construit avant l'an 21 du règne de Ramsès II. On connaît par ailleurs quelques autres constructions de Ramsès II à Assouan (temple de Satet — Satis — sur l'île d'Éléphantine) et au Gebel Silsileh. À Thèbes, Ramsès II fait ériger son temple de millions d'années, qu'on nomme aujourd'hui par habitude Ramesseum, sonstruit sur l'emplacement d'une nécropole du Moyen Empire et de la Deuxième période intermédiaire. Sa construction débute avec la prise de pouvoir de Ramsès, et s'achève avant l'an 20. Y sont dépeintes les campagnes de l'an 8 et 10 sur le pylône pour la face extérieure, et la bataille de Qadesh sur la face intérieure. Le premier pylône est suivi d'une cour, puis d'un second pylône et d'une seconde cour à deux rangs de piliers où sont adossés des colosses osiriaques. Il y avait probablement des colosses à l'avant et à l'arrière des cours, bien que seuls ceux de la deuxième cour sont encore en place. À ce propos, les colosses de la seconde cour sont en linceul, tandis que les chapiteaux des colonnes sont papyriformes fermés ; a contrario, ceux de la première cour sont en pagne, avec des colonnes à chapiteaux papyriformes ouverts. Au Sud-Ouest se trouve un palais à vocation rituelle et non résidentielle. Le roi pouvait apparaître devant la première cour, notamment lors de la « Belle Fête de la Vallée ». Rappelons que les temples dits « funéraires » ont autant servi du vivant du roi qu'après sa mort. Vient ensuite une salle hypostyle, où sont représentées des campagnes militaires, dont le siège de Dapour en l'an 8, sur le mur Sud-Ouest. Enfin, le sanctuaire, le saint des saints, est entouré de chapelles. On peut admirer de très belles scènes du couronnement royal, notamment le dieu Atoum qui inscrit le nom du roi sur les feuilles de l'arbre-ished, tandis que le roi fait face à la déesse Seshat. Il est plus loin accompagné par Atoum et Montou, le dieu thébain du Moyen Empire. Il est enfin coiffé de la couronne-atef par Amon, Mout et Ptah. Sur l'autre rive du Nil, à Louxor, il fait ajouter une cour à ciel ouvert composée de deux rangées de colonnes, ainsi qu'une seconde cour en avant du pylône. Pour rappel, le temple était auparavant constitué de la partie la plus profonde que nous voyons de nos jours, depuis la colonnade d'Amenhotep III décoré par Horemheb et Toutankhamon, jusqu'au sanctuaire. Dans la cour à colonnade du temple de Louxor se trouve une chapelle réalisée sous le règne d'Hatshepsout pour la partie centrale, étendue par Ramsès II : l'ensemble ne porte que les cartouches de Ramsès II, mais les reliefs de chapelle rouge de Karnak témoignent de sa construction sous le règne de la reine-pharaon ; le style est tout à propos typique de la XVIIIe dynastie et le texte hiéroglyphique sur les colonnes porte une mention au féminin (« aimée d'Amon ») au-dessous des cartouches de Ramsès II, ne laissant aucun doute sur l'usurpation. Sur les murs, on trouve les représentations des fils et filles de Ramsès II, en procession, ainsi que des représentations des bœufs gras menés par des prêtres. L'un des reliefs présente Amonherkhepeshef face au temple de Louxor. Sur les colonnes de la partie Sud-Est de la colonnade sont figurés des oiseaux-rekhyt, mais pas sur les colonnes au Nord-Ouest, indiquant l'utilisation de cette partie de la cour à des fins processionnelles, notamment lors des grandes fêtes : de ce côté devaient entrer les prêtres. Le temple de Ramsès II à Louxor est à proprement parlé dédidé au culte de la fonction royale. À Abydos, hormis le fait que Ramsès II termine la décoration du temple de son père Séthy Ier, il commande la construction d'un temple tout proche. Bien que le premier pylône ait disparu, le plan était proche de celui du temple de Séthy Ier : un premier pylône, une première cour, un second pylône, où étaient adossés des colosses osiriaques, et une seconde cour. Du portique, on accède à une première salle hypostyle à huit piliers, desservant deux petites pièces, puis une seconde salle hypostyle à huit piliers. La décoration est constituée pour l'extérieur du récit de la bataille de Qadesh, et pour l'intérieur de scènes de procession, d'extraits de textes religieux (Litanies de Rê), ou encore d'idéologie royale (les neuf arcs du Nord et les neuf arcs du Sud soumis à l'Égypte). Dans la première cour se trouvait aussi un balcon d'apparition. Ramsès II entreprit d'autres constructions dont on a aujourd'hui des vestiges à Memphis, à Mit Rahina, à Héliopolis (les vestiges ont été il y a peu mis au jour) ou encore à Tanis (puisque la capitale Pi-Ramsès avait été déplacée à Tanis sous Psousennès Ier). Remonter
Imprimer cette entréeRamsès II, Corégence de Ramsès II et Séthy Ier.
Histoire • Nom propre.Dans la succession de Séthy Ier par Ramsès II se pose une première question, dont quelques égyptologues ont fait une conviction : y'a-t-il eu corégence entre Séthy Ier et Ramsès II ? Pendant les onze ans de règne de Séthy Ier, Ramsès II a-t-il pu régner aux côtés de son père ?ΕLa réponse est assurément non, puisque la notion de corégence est tout à fait contradictoire avec la conception égyptienne de la royauté, le seul exemple connu étant celui d'Hatshepsout, dont les cartouches et représentations ont été martelés pour rétablir un ordre unique et linéaire de succession des rois. Le document majeur qui a suscité ce doute est la grande « inscription dédicatoire » d'Abydos, sous le portique du temple de Séthy Ier : l'inscription commence pour partie sur le mur à gauche de l'entrée de la salle hypostyle, et court sur quasiment tout le mur à droite de cette même entrée. Elle mentionne l'an 1 du règne de Ramsès II, puisque la décoration de ce mur date du règne de Ramsès II, bien que le bâtiment ait été édifié par Séthy Ier. Le texte dit : « Je suis issu de Rê, bien qu'élevé par Men-Maât-Rê [Séthy Ier] comme vous le dites. [...] J'ai reçu le pays quand j'étais dans l'œuf. Les hauts fonctionnaires se prosternaient devant moi lorsque je fut intronisé comme fils aîné et noble (Jry-pˁt) sur le trône de Geb. Je faisais un rapport sur l'État du Double-Pays en tant que Chef de l'infanterie et de la cavalerie. Mon père est apparu à la foule. Je n'étais encore qu'un enfant entre ses bras. » Suit la phrase sujette à polémique entre certains égyptologues : « Couronnez-le comme un roi pour que je voie sa perfection [son incarnation] de mon vivant. [...] Il fit appeler les chambellans pour qu'ils établissent les couronnes sur mon front. Placer lui l'uraeus sur la tête, dit-il à mon sujet pendant qu'il était sur terre. Il dirigera ce pays, il prendra soin de ses frontières et se préoccupera du peuple. » Cette phrase en apparence anodine laisse transparaître un possible couronnement de Ramsès II sous le règne de Séthy Ier, d'une manière concrète : un roi régnant couronne un second roi. Cette interprétation se base sur une lecture littérale du texte, en faisant abstraction du contexte spatio-temporel. C'est pour cela qu'il faut plutôt voir dans ce texte et cette scène une légitimation du pouvoir : Ramsès II fait graver dans la pierre la légitimité de son règne, puisque voulu par son père Séthy Ier de son vivant. Notons également que l'action dépeinte se passe sous le règne de Séthy Ier, mais n'est pas accompagnée d'une date précisant que l'événement a réellement eu lieu. C'est un thème déjà connu, donc purement idéologique, apparut sous le règne d'Hatshepsout à la XVIIIe dynastie : à Deir el-Bahari, Hatshepsout est présentée par son père Thoutmosis II aux ancêtres, ainsi établie légitimement sur le trône du Double-Pays : « Tandis que tous les courtisans se prosternaient dans le palais, cette mienne fille Hatshepsout — vivante soit-elle ! —, je la mets à ma place sur mon trône. C'est elle qui assurément s'assiéra sur le siège des merveilles. Elle donnera des ordres au peuple en toute place du palais royal et vous dirigera [...]. » D'autres éléments vont à l'encontre de cette théorie de la corégence. Dans ce même temple d'Abydos, Ramsès II est représenté dans des parties réalisées par Séthy Ier. La scène de la table d'Abydos présente Séthy Ier, à taille humaine, et Ramsès II devant lui, représenté plus petit et tenant dans les mains un papyrus qui correspond au relief attenant : la liste des rois, la « Table d'Abydos ». Mais Ramsès II n'est alors jamais représenté comme pharaon, mais comme prince et fils royal. Il ne porte ni l'uraeus ni l'une des couronnes royales ; son nom n'apparaît pas dans un cartouche. On nous dit qu'il est « engendré par Men-Maât-Rê. Le fils royal aîné et noble (Jry-pˁt). ». Plus au fond du temple d'Abydos, vers l'Osireion, se trouvent d'autres reliefs, non plus réalisés par Séthy Ier mais par Ramsès II lui-même. Ici les noms de Ramsès II apparaissent dans des cartouches. Le roi est représenté accompagné d'un autre personnage portant la mèche tressée de l'enfance, et qui n'est autre qu'Amonherkhepeshef, l'un des fils de Ramsès II. La différence avec la liste des rois reposent sur l'utilisation d'un relief creusé : Séthy Ier à Abydos n'a fait réaliser à Abydos que du relief levé ; il serait donc étrange que Séthy Ier décide à la fin de son règne, s'il avait hypothétiquement couronné de son vivant son fils Ramsès II, de faire réaliser du relief creusé et non plus levé. Autre argument, appuyé par l'égyptologue C. Vandersleyen : l'analyse stylistique des réalisations du règne de Ramsès II nous montre qu'il utilise au tout début de son règne la même technique que son père, le relief levé, et qu'il n'aurait donc pas décidé de réaliser un relief creusé à Abydos lors du passage du pouvoir. Ce relief a par conséquent été réalisé après l'an 2 du règne de Ramsès II, a posteriori, après la mort de son père. On connaît aussi deux stèles, dont une au Musée de Chicago, de provenance inconnue, nous présentant Séthy Ier, pharaon, suivi de son fils Ramsès, qui porte la mèche de l'enfance et qui est représenté plus petit ; la seconde au Musée de Bruxelles. À Abydos sont représentées d'autres scènes réalisées sous le règne de Ramsès II : Ramsès II offre la Maât à Osiris, suivi d'Isis et, pour compléter la triade, de Séthy Ier — pour compléter la triade, on devrait trouver Horus à la place de Séthy Ier, mais celui-ci tiens le rôle d'héritier d'Horus sur terre. De l'autre côté de la porte d'entrée du temple, toujours réalisé sous le règne de Ramsès II, un relief présente Ramsès II conduit par Horus, accompagné par Khnoum, vers Rê-Horakhty qui lui tend un sceptre-heka et le flagellum-nekhakha — autrement dit les insignes de la royauté. La thématique est tout à fait liée à ce qui est dit dans la grande inscription sur l'autre mur ; Ramsès II reçoit des dieux les insignes du pouvoir. D'un côté Séthy Ier couronne son fils, de l'autre ce sont les dieux. Autant d'arguments pour écarter la théorie d'une corégence entre Séthy Ier et Ramsès II. Malgré tout, d'autres — dont l'égyptologue C. Desroches-Noblecourt — voient encore, par exemple dans le temple de Beit el-Ouali (Beit el Wali), une évocation manifeste de la corégence, où Ramsès II apparaît en roi sous le règne de Séthy Ier. L'interprétation semble très hasardeuse. Ce petit temple rupestre, précédé d'une petite cour à ciel ouvert est construit en hémispéos, en Nubie, à quarante kilomètres au Sud de l'actuelle Assouan. Dans la cour se trouvent sur le mur Nord une scène contre les Libyens et sur le mur Sud une autre contre les Nubiens. Mais dans les cartouches de Ramsès II n'apparaît pas la mention de « setep-en-rê », ce qui signifie que l'inscription date d'avant l'an 2 du règne de Ramsès II, et que le temple date du tout début du règne. Dans l'iconographie, Ramsès II est sur un char, terrassant des ennemis Nubiens, et suivi par deux fils royaux, qui portent une mèche droite — et non pas tressée — qui indique uniquement qu'ils sont fils du roi, et non pas forcément enfants. Ceux sont ici Amonherkhepeshef, le fils aîné de Ramsès II né de Nefertari, et Khaemouaset, fils d'Isisneferet. On a également un autre relief où Ramsès II est allaité par la déesse Isis et par Anouket, scène qui montre l'essence divine du roi, mais qui pourrait aussi être interprétée comme un signe de son jeune âge. Pour C. Desroches-Noblecourt, les campagnes lybiennes et nubiennes mentionnées dans ce temple pourraient être les campagnes de l'an 5 et de l'an 8 de Séthy Ier, ce qui supposerait une corégence d'au moins deux ans et demi, et qui expliquerait aussi la représentation de Ramsès II comme pharaon dans ce temple. Ce qui est absolument impossible, puisqu'une stèle rupestre d'Assouan, qui date de l'an 3 de Ramsès II, atteste que Ramsès II, en l'an 9 de Séthy Ier, est toujours fils royal. Autrement dit, si Ramsès II était pharaon en même temps que Séthy Ier, on ne l'aurait plus mentionné comme fils royal à partir de l'an 8 de Séthy Ier.

Voir aussi : Ramsès II, Campagnes de Ramsès II.

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Ramsès II, Généalogie ramesside, les enfants
Bloc de calcaire figurant l'un des fils de Ramsès II : Khaemouaset

Histoire • Nom propre.Tenter d'élaborer une liste des filles et fils de Ramsès II apparaît comme un véritable défi de l'égyptologie, tant ils furent nombreux. De fait il est difficile d'établir un compte précis, et l'on accorde au grand Ramsès II une centaine d'enfants, dont la moitié de princes. ΕPour dénombrer les enfants du roi, nous disposons aujourd'hui d'un matériel archéologique hétéroclite : statues, représentations des processions d'enfants (dans le temple de Louxor, au Ramesseum, à Abou Simbel et à Tanis), scènes militaires impliquant les fils (à Louxor, les princes rapportant des prisonniers à l'issue de la bataille de Qadesh ; à Beit el-Ouali, Amonherkhepeshef et Khaemouaset figurant avec trois autres princes non identifiés ; à Karnak et Abou Simbel, douze enfants déjà nés en l'an 5 du règne de Ramsès II et 18 enfants en l'an 10). La première fille de Ramsès II, Bentanat, est une fille d'Isisneferet. Apparaissant dans de nombreux reliefs, elle a été, simultanément avec sa mère Isisneferet, Grande Épouse royale de Ramsès II. Elle est aussi représentée sur une statue de Merenptah, peut-être usurpée à Ramsès II. Merytamon (Meritamon), est une fille de Nefertari. L'une de ces statues a été découverte à Akhmîm à l'emplacement d'un temple de Ramsès II ; elle y est toujours conservée. Une seconde, l'une des plus célèbre du Musée du Caire, est réalisée dans un calcaire blanc peint, lui valant le surnom de « reine blanche ». Sur les onze premières filles de Ramsès II, seules sept d'entre-elles ont une mère aujourd'hui identifiée. Sur les seize premiers fils de Ramsès II, seuls sept d'entre-eux ont une mère identifiée. Amonherkhepshef, le fils aîné de Ramsès II, aurait vécu jusqu'an l'an 39 du règne de son père. Il porte le titre d'Jry-pˁt, que l'on considère à l'époque ramesside comme un réel titre de fils héritier. Ce titre sera d'ailleurs relayé à Ramessou en l'an 50, puis à Paraherouenemef et Khaemouaset après l'an 55. Amonherkhepshef est figuré dans le temple de Séthy Ier à Abydos, où il porte la mèche de l'enfance, qui indique ici son rôle de prêtre-sem. Khaemouaset est le quatrième fils de Ramsès II, né d'Isisneferet, est le seul à avoir bénéficié d'un culte ultérieur : il apparaît dans un conte ptolémaïque sous les traits d'un savant cultivé, grand prêtre de Ptah. Comme l'atteste les stèles du Gebel Silsileh, c'est lui qui annonce les six premières fêtes-sed de son père. Il effectue aussi de nombreuses restaurations : à Saqqarah, à Abousir (temple solaire, pyramide de Niouserrê, pyramide d'Ounas et pyramide d'Ouserkaf), développement ou agrandissement du Sérapéum de Saqqarah (où a été découverte sa présumée momie). Ces restaurations accompagnent très probablement le développement du culte des ancêtres (tout comme la Liste d'Abydos ou le Canon royal de Turin). Le taureau Apis, l'image vivante du dieu Ptah, est à la charge du grand prêtre de Ptah, fonction occupée par Khaemouaset, qui a sans doute connu de son vivant deux taureaux Apis. Les musées renferment également deux oushebtis de Khaemouaset, un masque en or — étrangement ressemblant à celui du trésor d'Agamemnon —, des amulettes et une statue porte-enseigne au British Museum, où il porte la coiffe nubienne. Avec Nefertari, Ramsès II aura également comme fils Méryrê et Méryatoum, et les filles Nefertari II, Nebattaouy et Henouttaouy. Isisneferet donnera naissance à une seconde Isisneferet. Des mères — épouses ? — inconnues donneront naissance, entre autres, à Montouherkhepeshef, Nebenkharou, Méryamon, Amon[ou Seth]emouia, Séthy, Setepenrê, Horherouenemef, Amenhotep et Itamon pour les garçons ; Ouerenro, Nedjemmout et Pypouy pour les filles.

Voir aussi : Ramsès II, Généalogie ramesside, les épouses royales.

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Histoire • Nom propre.Le long règne de Ramsès II, ses nombreuses épouses et innombrables enfants, et ses monumentales constructions ont fait de Ramsès II un pharaon dont le nom résonne encore comme celui du plus glorieux des souverains de l'Égypte antique. Et pourtant, les connaissances sur les épouses et enfants de Ramsès II restent encore très lacunaires.ΕRamsès II aurait eu plus de cent enfants, dont environ la moitié de garçons. Sur cette cinquantaine, on ne connaît la mère que de sept d'entre-eux. Mouttouya, ou Touya, la mère de Ramsès II et épouse de Séthy Ier, n'est attestée dans les représentations que sous le règne de Ramsès II. Elle apparaît à côté du pied droit du colosse aujourd'hui brisé de Ramsès II à Abou Simbel, mais également sur une stèle du Musée de Vienne, face à Rê-Horakhty, derrière son fils faisant offrande. On suppose qu'il y eut très probablement dans le Ramesseum — le temple de millions d'années de Ramsès II — une chapelle, située au Nord, et décorée de chapiteaux hathoriques, dédiée à la reine-mère. À ce propos, Diodore de Sicile nous décrit la statue de Mouttouya qui se tenait — dans des proportions moindres — à côté de celle du colosse de Ramsès II devant le pylône du Ramesseum. On a par ailleurs retrouvé dans sa tombe de la Vallée des Reines (QV80) un bouchon de vase canope témoignant de sa présence sous le règne de Séthy Ier. Enfin, une statue en granodiorite de Mouttouya où son nom est mentionné est conservée au Musée du Vatican. Sous la jambe gauche est gravée une représentation féminine, accompagnée du nom d'Henoutmirê : celle-ci est attestée par une statue de Ramsès II au Musée d'Alexandrie et une seconde à Hermopolis. Beaucoup d'égyptologues pensent qu'Henoutmirê serait la fille de Mouttouya, et donc la sœur de Ramsès II. A contrario, C. Vandersleyen propose qu'elle soit une fille de Ramsès II, qu'il épousera. Ramsès II a au moins une sœur connue, nommée Tia, dont les parents sont [R]ouya et Raïa, représentés sur un bloc de Médinet Habou daté du règne de Ramsès II. Tia est mariée à Tia (!), responsable du trésor d'Amon. Au Musée de Chicago est conservé un autre bloc, où Séthy Ier et son fils Ramsès II sont face à Tia — l'époux de la sœur de Ramsès — ainsi que le père de Tia, Amenhouasou (Amenwasu). La tombe de Tia et Tia a été retrouvée à Saqqarah, non loin de celle d'Horemheb, au Sud-Est. Elle est composée d'une superstructure imitant un petit temple et comporte un puits funéraire. Parmi les six épouses connues de Ramsès II, quatre d'entre-elles sont ses filles (Henoutmirê, Bentanat, Merytamon et Henouttaouy), et les deux autres sont parmi les plus célèbres : Isisneferet (Isisnefret, Isisnofret) et Nefertari (Nefertiri, Nofretari). On dispose de peu de sources concernant Isisneferet : deux stèles majeures se trouvent pour l'une au Gebel Silsileh, et pour l'autre à Assouan ; une toute petite statuette en granodiorite portant le cartouche d'Isisneferet est exposée au Musée de Bruxelles ; un autre fragment avec Mention de Khaemouaset est inscrit d'un hymne à la reine au dos. La stèle d'Assouan est gravée dans le granite ; elle figure Ramsès II en compagnie de Khaemouaset, faisant offrande à Ptah et Nefertoum, et suivis d'Isisneferet et Bentanat ; au bas sont inscrits les noms de Ramessou et Merenptah. Ramsès II aura très probablement avec Isisneferet une fille, nommée Bentanat et une seconde, Isisneferet II. Parmi les fils, il y a un certain Ramsès, deuxième fils de Ramsès II, Khaemouaset, quatrième enfant du roi, et Merenptah, le treizième enfant et successeur de Ramsès II. La tombe d'Isisneferet n'a pas encore été identifiée à ce jour. Venons-en à la seconde Grande Épouse royale, Nefertari, dont on a en tête l'image du temple à Abou Simbel, que certains ont trop vite attribué à un amour démesuré pour la reine. Ce temple s'inscrit en réalité dans une propagande idéologique où l'épouse joue certes un rôle important, mais qui dessert avant tout le roi. En réalité, ce petit édifice rupestre n'a rien d'innovant : Amenhotep III a fait construire bien avant à Toleb son propre temple, adjoint à une quinzaine de kilomètres à celui de la reine Tiy. Il existe donc déjà à Toleb un culte visant à la divinisation du roi. À Sedenga (Adana — dont le nom pourrait venir de Hout-Tiy, « la demeure, la maison de Tiy »), le temple est déjà doté comme à Abou Simbel des mêmes chapiteaux hathoriques. Au Gebel Silsileh, Nefertari est représentée face à Taouret (Thouéris), Thot-Seigneur-des-huit et Nout. Cette stèle fait écho à celle indiquée supra qui concernait Isisneferet. La tombe de Nefertari nous est parvenu dans un état de conservation surprenant. L'hypogée QV66 est décoré à de nombreux endroits des cartouches de la reine, Meret-Mout-Nefertari, mais pas de ceux de son fameux époux — ni même de ses représentations ! On y a découvert quelques oushebtis (aujourd'hui au Musée de Boston), des bracelets, divers autres objets, ainsi qu'un mystérieux bouton de coffre en lapis-lazuli, qui porte le cartouche d'Aÿ. Certains ont voulu faire un rapprochement un peu facile entre Nefertari et Aÿ, en occultant les possibles remploi de matériel funéraire : un puits tout proche comportait d'ailleurs deux autres boutons similaires. À Abou Simbel, dans le temple de Nefertari, les personnages mesurent six coudées (environ 8,50 mètres), ce qui, pour certains, correspondrait à la bonne hauteur des crues du Nil. Les deux temples ne sont pas parallèles et semble indiquer un culte nilotique. Ce petit temple est composé pour l'essentiel d'une salle à colonnes à chapiteaux hathoriques (comme c'est le cas des personnages féminins), puis d'une seconde salle plus petite ouvrant sur trois annexes. Au fond du temple est représentée la déesse Hathor sous les traits d'une vache poussant Ramsès II. Dans ce petit temple ne sont représentés que les enfants de Nefertari, ce qui n'est pas le cas du grand temple de Ramsès II, où l'on trouve autant les enfants de Nefertari que ceux d'Isisneferet. Nefertari est représentée bien plus fréquemment que les autres épouses royales : elle apparaît même sur la face Ouest du second pylône du Ramesseum. Attestée dès l'an 3 de Ramsès II, elle figure déjà à cette date sur le pylône de Louxor. Elle disparaît de la documentation en l'an 21, avec une lettre en cunéiforme, datée, envoyée par ses soins (elle est désignée dans le texte par Naptera) à Puduhepa, grande reine du pays du Hatti, épouse de Mouwatalli III. Par ailleurs, on constate à l'étude des documents que Nefertari n'apparaît plus dans les représentations et sur les monuments lorsque Ramsès change son nom de Ramesses en Ramessou, avec le signe hiéroglyphique du jonc. Dans la première cour du temple de Louxor, plusieurs statues de Ramsès II, probablement usurpées à Amenhotep III, portent les cartouches de Ramessou, mais aussi des figurations des fils et filles du roi. Sur certaines sont gravées simultanément les cartouches de Ramsès II et une représentation de la reine Nefertari, tandis que sur d'autres ne figurent pas la Grande Épouse royale, mais d'autres membres de la famille royale. Il est possible que Nefertari ait été mise davantage en avant vis-à-vis d'Isisneferet du fait qu'elle fût la mère du fils aîné de Ramsès II, Amonherkhepeshef. Notons qu'une théorie, sans preuve évidente, fait d'Isisneferet une épouse royale au Nord de l'Égypte — avec une possible tombe à Saqqarah — et Nefertari celle du Sud. C'est à Tanis, sur la branche tanitique du Nil, qu'on a retrouvé les vestiges de l'antique Pi-Ramsès : de fait, une statue partielle — jusqu'au nombril — gravée des cartouches de Ramsès II présente une représentation féminine, très endommagée, mais dont la colonne de hiéroglyphes apposée précise le nom : Maâtneferourê, épouse de Ramsès II, mais aussi fille d'Hattousilli III. À Abou Simbel, la stèle du mariage raconte l'arrivée de Maâtneferourê en Égypte, accompagnée d'une partie de l'armée hittite, en l'an 34 du règne de Ramsès II. Sur la partie supérieure du document, Ramsès II coiffé de la couronne-tjeni et suivi de Seth fait face à Ptah-Tatenen. En dehors de la représentation du kiosque où les trois protagonistes prennent place est gravée la représentation du roi Hattousilli III, précédé de sa fille Maâtneferourê. Y sont également décrit les cadeaux offerts de part et d'autres.

Voir aussi : Ramsès II, Généalogie ramesside, les enfants.

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Imprimer cette entréeRamsès II, Momie de Ramsès II.
Histoire • Nom propre.Ramsès II meurt à un âge déjà très avancé pour l'Histoire pharaonique : si l'on considère qu'il monte sur le trône à environ vingt-cinq ans, et qu'il règne effectivement soixante-dix années, Ramsès II a sans aucun doute succombé aux environs de sa quatre-vingt-dixième année. Il a donc eu la difficile tâche de faire inhumer plusieurs de ses fils — et sans doute fille —, ainsi que sa Grande Épouse Royale Nefertari. ΕInhumée dans la Vallée des Rois dans la tombe aujourd'hui dénommée KV7, sa momie a été plus tard déplacée, tandis que la tombe a été gravement endommagée par les inondations du ouadi. Il ne nous reste quasiment rien de la décoration de la tombe — autant dire rien ! — et le trésor qui devait s'y trouver a disparu déjà, pense-t-on, durant l'Antiquité. Les pillages successifs ont révélé qu'une partie du mobilier funéraire a été réutilisé par Psousennès Ier à la XXIe dynastie (notons que c'est aussi à cette date que la capitale Pi-Ramsès est transférée à Tanis). On trouve aujourd'hui du matériel archéologique, apparu déjà entre 1871-1878 sur les marchés d'antiquités du Caire, dans tous les musées du monde : oushebtis, canopes, vases, stèles, statues, etc.. La momie de Ramsès II, mesurant 1,72 mètres, est aujourd'hui conservée au Musée du Caire, dans la « salle des momies royales ». Elle n'a pas été découverte dans sa tombe, mais dans la « cachette royale » de Deir el-Bahari, la tombe DB320, où elle a été déplacée par les prêtres de la XXIe dynastie, à nouveau enveloppée dans des bandelettes et ré-étiquetée. Pour anecdote, une tension des muscles post-mortem a relevé le bras de la momie de Ramsès II lors de son débandelettage moderne, exéuté le 1er juin 1886 à la demande du Pacha d'Égypte, suscitant l'effroi immédiat de l'assistance venue prendre part, comme c'était la mode, au retrait des bandelettes de l'illustre roi. Ou comment abreuver le mythe de la malédiction des momies égyptiennes... Dans les années 1970, la momie commença à montrer des signes d'une attaque à l'air moderne par un champignon spongieux. Elle fut d'abord expédiée à Paris pour une étude approfondie du mal qui la rongeait au Musée de l'Homme à Paris en 1976-1977, révélant avant tout le fait que Ramsès était plutôt blanc, « leucoderme de type méditerranéen, proche de celui des Amazighes africains » [C. Desroches Noblecourt, Ramsès II]. N'en déplaise aux afro-centristes qui voient en Ramsès un grand pharaon noir : le nez est busqué mais fin à l'arête droite, les maxillaires ne laissent pas transparaître de très négroïdes, tout comme la bouche, grande, n'est pas marquée de lèvres charnues. Avant de repartir en Égypte, le 9 mai 1977, la momie de Ramsès II subit pendant douze heures et quarante minutes une irradiation détruisant le champignon et protégeant la dépouille de futures attaques de même type. Les cheveux semblent avec beaucoup de probabilité avoir été roux. Certains spécialistes supposent que la présence de grains de sable dans la chevelure est la preuve d'une préparation de la momie dans le Nord de l'Égypte. La dentition est incomplète. On constate entre autres l'absence des incisives et canines maxillaires, ainsi qu'une alvéolyse généralisée. L'analyse de la momie de Ramsès II a mis au jour une maladie inflammatoire chronique atteignant surtout le bassin et la colonne vertébrale, la spondylarthrite ankylosante, touchant à la fois le rachis et les articulations sacro-iliaques. Cette maladie s'accompagne bien souvent d'une autre affection, du type syndrome oculo-urétro-synovial, ou encore d'une maladie intestinale ou d'un rhumatisme psoriasique. La principale conséquence est une inclinaison du torse vers l'avant, et une apparence légèrement bossue, visible sur la momie. La momie est fracturée en de nombreux endroits — peut-être pour la faire rentrer dans le sarcophage : rachis et première phalange des pieds. La momie a subit une émasculation complète. Assurément son grand âge a aussi laisser apparaître les signes de sa vieillesse : troubles vasculaires et articulaires, problèmes dentaires. Ramsès II reçoit tous les hommages d'un grand homme d'état à son arrivée à Paris et à son retour en Égypte, célébrant la grandeur du pharaon... et par la même occasion, concrétisant son désir d'éternité.
  • La momie de cet illustre pharaon ne pouvait laisser qu'un héritage bibliographique vaste et dense, parfois sujet à polémique, mais toujours intéressant. En voici une étroite sélection :
  • La momie de Ramsès II — Contribution scientifique à l'égyptologie., L. Balout, C. Roubet & C. Desroches-Noblecourt. Éditions Recherche sur les Civilisations, Paris, 1985.
  • Ramsès II, C. Desroches-Noblecourt. Éditions Pygmalion & Flammarion, 1997 & 2007.
  • L'empire des Ramsès, C. Lalouette. Éditions Champs - Flammarion, 1995.
  • Ramsès II, souverain des souverains, B. Menu. Éditions Découvertes Gallimard, 1998.
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Ramsès II, Quelques hauts fonctionnaires et particuliers du règne de Ramsès II
Stèle de calcaire présentant un vizir — probablement Paser — devant le dieu Ptah. Musée du Louvre, n° inv. N 522. H. : 18 cm. ; L. : 13 cm. ; Pr. : 3,80 cm.

Histoire • Nom propre.On compte sur la rive Ouest de Thèbes plus de soixante-dix tombes datées du règne de Ramsès II, parmi les quatre cents que compte la nécropole ! D'autres tombes de particuliers du règne de Ramsès II sont visibles en Égypte, notamment à Saqqarah. Ce matériel archéologique sans équivoque, bien évidemment dû à la durée du règne de Ramsès II, nous présente quelques personnages incontournables de l'époque ramesside.ΕLe contemporain de Ramsès II le plus attesté par les documents est le vizir Paser (Pazer), qui exerça sa fonction pendant une trentaine d'années. Il a d'ailleurs sans doute déjà servi sous le règne de Séthy Ier. On le présente souvent comme successeur du vizir Nebamon (vizir du Nord), alors qu'il fut en réalité vizir du Sud et Maire de Thèbes. Il est figuré dans le temple de Beit el-Ouali avec son fils Amenemopet (Imenemipet), vice-roi de Koush, dont il occupe la fonction depuis l'an 2 du règne de Ramsès II. Paser a également un second fils, Kay (ou Khay), qui deviendra vizir du Sud et scribe du commandement des armées. Les égyptologues ont découvert dans le Nord du pays des bijoux à son nom, conservés au Louvre, et ramené par Mariette du Serapeum. La tombe de Paser est située à Cheikh Abd el-Gournah, portant le numéro TT106. Son plan en « T » est constitué d'une salle à piliers qui mène à un couloir terminé par une statue du couple défunt au fond. On sait que Paser a participé en l'an 19 de Ramsès II à l'inhumation d'un taureau Apis aux côtés du roi et de son fils Khaemouaset, Grand Prêtre de Ptah. Il est aussi figuré sur une stèle cintrée avec sa robe de vizir, faisant offrande à Thot, ainsi que sous la forme d'une statue naophore, découverte dans la cour de la cachette à Karnak, portant également la robe indiquant sa fonction et le collier-bat. De l'an 16 à l'an 42 du règne de Ramsès II, Parahotep (Rahotep) exerce la fonction de vizir du Nord et de Gouverneur de la Ville, depuis la région de Sedment, près du Fayoum. Un fragment de stèle le présente sur trois registres, adorant d'abord Nefertoum et Sekhmet, puis Rê, Maât et Méhyt, et enfin Heryshef et Méryt. Il est chaque fois accompagné de trois personnages (prêtre, chef des archers, etc.). On a retrouvé dans sa tombe, composée de huit chambres, des vases canopes. Fils du Grand Prêtre d'Osiris, To, et de son épouse Maianouy, Parahotep aura un fils nommé Pahemnetjer (Pahemneter), qui deviendra Grand Intendant des ateliers de Ptah. Un second Parahotep apparaît dans la documentation, flabellifère, Grand Prêtre de Rê, Grand Prêtre de Ptah et Vizir du Nord : il hérite semble-t-il de la fonction de son arrière-grand-père, du même nom, transmise par son père Pahemnetjer. Amenemonet occupera les fonctions de Chef de l'Armée, Intendant des travaux des monuments de Sa Majesté, etc.. Son fils, Ounnefer, sera premier prophète d'Amon et d'Isis, et Chef du Harem d'Amon. Au Sud est attesté un certain Ney, un Thoutmosis (dont on ne peut vérifier les dates), et un Hatiyai. Il y a peut-être deux Hatiyai, dont l'un est mentionné dans le temple du Sphinx du Nouvel Empire à Guizeh. L'un des deux est Chef des Armées et Chef des Travaux, fils du Général Ourihiya (Urihiya). S'il en existe un second, tel qu'attesté par un linteau de tombe conservé au Musée du Caire (N° inv. temporaire 28.5.25.1), il était général. — De toute évidence, la fonction sacerdotale est très représentée dans la documentation, ne serait-ce que par le prestige qu'apportaient ces fonctions, et la volonté de leur possesseur d'en faire l'étalage sur les stèles et dédicaces de tous types. Bakenkhonsou (Bekenkhons) va succéder à Romeroi (Romeroy) à la place de Grand Prêtre d'Amon. Connu par la tombe TT106, Nebnetcherou (Nebnetjerou, Nebneterou) Tenry, Chef des prophètes d'Amon, apparaît dans la tombe de son fils Paser, le vizir sous Séthy Ier. Nebouenenef (Nebwenenef) est Grand Prêtre d'Amon sous le règne de Ramsès II. Sa tombe est la TT157. Il épouse Takhat, Chef du Harem d'Amon et Chanteuse d'Isis. Il est représenté en flabellifère du roi devant Ramsès II et Nefertari devant la fenêtre du palais. Ounnefer (Ounenefer, Wennefer) et Rama(ray) (TT283) occupent également la fonction de Grand Prêtre d'Amon. — Parmi les prêtres de Ptah, on connaît déjà Khaemouaset, fils de Ramsès II, mais aussi Pahemnetjer et Parahotep, qui occupe également des postes dans l'armée. Houy apparaît lors des funérailles de l'an 16 du taureau Apis, célébrées par Khaemouaset et Ramsès II. Didia, le plus âgé des fils de Pahemnetjer, est le frère du Vizir Parahotep le jeune ; les sources en font mention en l'an 35 du règne de Ramsès II. Neferrenpet (Neferenpet), Grand Prêtre de Ptah en l'an 60 du règne de Ramsès II est très probablement le même Neferrenpet qui assure la charge de Vizir du Sud en l'an 50. Hori, fils du prince Khaemouaset, devient Grand Prêtre de Ptah vers l'an 65-66 du règne de Ramsès II, et continuera d'officier sous le règne de son oncle Merenptah. — Amenemopet et Meryatoum sont Grands Prêtres de Rê. Le second exerce sa fonction à Héliopolis, comme Fils du Roi en son corps, Fils de Ramsès et Nefertari. Une dédicace dans le Sinaï semble attester de sa visite durant la seconde décade du règne de Ramsès II. Il officia pendant une vingtaine d'années. Sa tombe ne nous est pas connu, mais étant donnée son importance, il fut probablement inhumé dans la Vallée des Reines ou dans la tombe KV5 de la Vallée des Rois. — À la charge de Vice-roi de Nubie est connu un certain Iouni, qui commence sa carrière sous Séthy Ier, mais aussi Hekanakht, exerçant probablement entre les années 8 à 24 du règne de Ramsès II. Houy avait également la charge de Maire de Tjarou (Pi-Ramsès), et de messager du Hatti. Setaou, dont la tombe TT289 a livré un fragment de sarcophage aujourd'hui au British Museum, occupe la fonction de vice-roi de Nubie au milieu du règne de Ramsès II. Né de An, chanteuse d'Amon, il épouse Neferetmout, chanteuse de Nekhbet. À la fin du règne de Ramsès II apparaît dans les sources un second Paser (que l'on nomme conventionnellement Paser II), fils du Premier des prophètes de Min et de Isis Minmose. Il a laissé des statues et des inscriptions à Abou Simbel, et fut responsable des réparations structurelles des dommages qu'a connu le grand temple suite à un tremblement de terre. L'une de ces statues retrouvées à Abou Simbel, aujourd'hui au British Museum sous le n° inv. EA 1376, le montre habillé d'un long pagne blanc et coiffé d'une perruque retombant légèrement sur les épaules, agenouillé, présentant un vase décoré d'une colonne de hiéroglyphes, surmonté d'une tête de bélier. — Nebrê est scribe du Roi, « aimé de lui », Commandant des troupes et Surintendant des pays étrangers. Il nous est connu par la forteresse de Zawiyet Oum el-Rakham. Nakhtmin, fils de Pennesouttaouy, est Chef Lieutenant de la charrerie. Panhesi (Panéhésy), connu par une stèle de Zawiyet Oum el-Rakham, est scribe royal et Grand Chef des Armées. Ramsesnakht, qui a dédié une stèle à son père Nasha, était général. Saroy était scribe royal de la table d'Offrande du Seigneur des Deux Terres, Gardien des documents royaux en Sa présence, Gardien de la maison du Seigneur du Double Pays, Compteur du bétail des terres d'Amon, Messager royal du pays des collines (?). Sa tombe TT223 figure aussi Amenhotep, également appelé Houy (Huy), qui portait le titre de scribe de la table d'Offrande du Seigneur des Deux Terres dans le domaine d'Amon. Sebekhetep (Sebekhotep , Sobekhotep) fut Grand Général. Ourihiya, Grand Général, scribe royal, Grand Administrateur, épousa Djama et Touy(a), chanteuses d'Amon. Il eut trois fils : Pehefemnoufer, scribe et prêtre-lecteur, qui a épousé sa sœur Satnehes ; Nebnehehiabsou, prêtre-lecteur qui épousa Tanodjemet et eut comme fils Nebenhesou, le futur Surintendant du Harem, et Thottayefnakht ; Youpa, Grand Administrateur du Pays des Deux Terres, Superviseur des greniers, Administrateur du Ramesseum du domaine d'Amon, marié à Nouhety, avec qui il aura Hatiay, devenu Chef des Travaux et Chef des Armées. — La forte activité du temple de millions d'années de Ramsès II à Thèbes, le Ramesseum, est entre-autre dépeint par le grand nombre de hauts fonctionnaires du temple : Amenemonet, Chef administrateur du Ramesseum ; Hati, Scribe du Temple du domaine d'Onouris et Administrateur du temple de Ramsès-Meryamon ; Hormose, Gardien du trésor du Ramesseum ; Khnoumemheb, Surintendant du Trésor du Ramesseum dans l'État d'Amon ; Penrê, Surintendant des travaux du Ramesseum dans le domaine d'Amon et Chef des Armées ; Ptahemouia, Trésorier du Ramesseum à Memphis, Noble, Porteur des Seaux ; Youpa, Administrateur du Ramesseum dans le domaine d'Amon, Grand Administrateur du Seigneur du Double-Pays, Superviseur des Greniers ; etc..
  • Une grande partie des noms cités ici se réfèrent à un catalogue des épouses, fils, filles et courtisans de Ramsès II établi par Anneke Bart :
  • Ramesses II, A. Bart. À voir en ligne : voir le site
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Imprimer cette entréeRamsès II, Tombe de Ramsès II dans la Vallée des Rois.
Histoire • Nom propre.La tombe KV 7 de Ramsès II dans la Vallée des Rois est presque située en face de la tombe KV 55 qu'on a désormais attribuée avec certitude aux enfants de Ramsès II. Son plan non rectiligne est davantage proche des tombes de la XVIIIe dynastie, avec un coude juste après l'antichambre. Néanmoins, ce décrochage est très probablement dû à la mauvaise qualité de la roche.ΕLa tombe de Ramsès II se trouve dans le ouadi principal de la Vallée des Rois, non loin de l'entrée du site. La tombe atteint 168,05 mètres de long, pour une hauteur maximale de 5,82 mètres. La tombe a énormément souffert des dégâts des eaux et des ruissellements, ainsi que des coulées de boues qui en résultent, probablement à dix reprises depuis la période greco-romaine, comme en témoignent les strates de débris dans la tombe. On y trouve encore des vestiges des Litanies de Rê dans le corridor, qui est suivi d'un puits profond, d'une antichambre avec chambre annexe, débouchant sur une chambre complétée de salles annexes. La chambre funéraire et ses chambres annexes sont décorées du Livre des Portes. On y a retrouvé des fragments d'albâtre et de calcite provenant du sarcophage — souvenons-nous que celui de Séthy Ier, d'une rare finesse, est réalisé dans l'albâtre, est conservé au Salt Museum de Londres. La XVIIIe dynastie est en effet caractérisé par des sarcophages royaux en albâtre plutôt que de quartzite. Il est essentiellement décoré du Livre des Portes. Le Livre de la Vache céleste décore une chambre latérale — tout comme dans la tombe de Séthy Ier —, tandis que l'Amdouat couvre le second corridor, le puits, la chambre funériare et quatre des chambres attenantes. Le Rituel de l'Ouverture de la Bouche est placé dans les troisième et quatrième corridors. Les cartouches qu'on peut voir dans la tombe sont toujours ceux de Ramesses, et non de Ramessou, confirmant l'achèvement de la décoration de l'hypogée avant l'an 20 de Ramsès II, et le creusement débuté avant l'an 1, puisque le setep-en-rê n'y figure pas. Le « trésor », le matériel funéraire et la momie ne s'y trouvaient pas. Il faut attendre 1913-1914 pour que la tombe subisse une première fouille, dirigée par Harry Burton, lui-même sous la houlette de Theodore M. Davis. D'autres fouilles ont lieu en 1938, Charles Maystre commençant par un relevé épigraphique avant d'engager des travaux. La guerre interrompt les fouilles, qui reprennent quarante ans plus tard en 1978 à l'initiative du Brooklyn Museum. En 1979, le Theban Mapping Project réalise des relevés épigraphiques. En 1993, puis en 2002, l'égyptologue français C. Leblanc — connu pour ses travaux au Ramesseum — entreprend des travaux de conservation, puis des missions d'excavation et d'épigraphie. Remonter
Imprimer cette entréeRas el-Soba.
Géographie • Nom propre.Temple découvert en 1936, alors que le sable recouvrait encore ce secteur d'Alexandrie. ΕLes édifices consistent en une volée de marches menant à une cour à quatre piliers de marbre blanc de style ionique. Au centre de cette cour, un pied de marbre est le seul vestige qui persiste d'une statue sur un socle de marbre. À l'arrière de la cour se trouvent trois statues de marbre d'Isis, Harpocrate et Hermanubis — un dieu revêtant les caractéristiques de l'Hermès des Grecs et de l'Anubis des Égyptiens. Ces vestiges sont aujourd'hui au musée gréco-romain d'Alexandrie. Deux statues d'Osiris sous la forme d'un vase canope ainsi qu'un petit autel ont également été découverts sur ce site. D'autres constructions plus anciennes ont laissé quelques traces derrière le temple, appartenant peut-être aux prêtres. Le temple en lui-même a apparemment été érigé par un homme nommé Isidore, et dédié à Isis en remerciement d'une guérison suite à un accident au cour duquel son pied avait été blessé. En 1988, le temple a été déplacé dans le cimetière latin, en centre-ville, face à la station de police de Bab el-Sharqi sur la rue Horreya. Ce nouveau site se trouve sur un sol surélevé, donnant l'impression traditionnelle que l'on peut avoir en approchant un temple romain, toujours édifié sur une colline ou une plate-forme. Remonter
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L'une des figurations de Rê, dans la chapelle qui lui est dédiée au sein du temple de Séthy Ier à Abydos.

Mythologie • Nom propre.Le soleil est l'astre par excellence, en sa forme de dieu solaire Rê. Le démiurge d'Héliopolis — l'antique Iounou — attribue ses fonctions à d'autres dieux pour leurs dispenser de nouveaux attributs, en tant qu'Amon-Rê, Atoum-Rê ou Khnoum-Rê.ΕLe dieu solaire Rê voyage pendant douze heures pour éclairer de sa chaleur bienfaisante et de sa clarté la terre des hommes, utilisant une barque nommée mandjet (mandjyt), jusqu'à ce que le soir vienne. Puis il navigue encore douze autres heures sous terre sur une autre barque, où il affronte des esprits malfaisants et des démons de tous genres. Dans son voyage nocturne, Rê traverse le monde d'en-bas sur l'océan primordial Noun. À son approche, les défunts l'honorent et l'exaltent d'allégresse, car tout comme Osiris, il garantit la renaissance, la régénération végétale. Mais pendant la nuit, la barque de Rê va subir les assauts répétés du serpent géant Apophis (Apep), qui tente de la faire chavirer et d'anéantir les dieux qui s'y trouvent. Mais le grand dieu solaire réapparaît chaque matin à l'horizon après avoir vaincu le serpent maléfique. On ne sait pas combien de dieux prennent place dans la barque solaire nocturne (Mesekhet), et certains restent parfois difficilement identifiables. Mais de manière générale, l'embarcation comporte au côté de Rê le dieu lunaire Thot, scribe et héraut du dieu solaire, Horus le faucon, Seth, le dieu du désert, Maât, la déesse de la justice et de l'équilibre, fille de Rê, Isis, la magicienne, Heqa, le dieu magicien, Hou le verbe, et Sia, la connaissance. La nuit, Nout avale Rê, qui renaît chaque matin lorsqu'elle enfante. Du fait de sa nature même, le dieu solaire revêt plusieurs apparences. Dans les formes que le dieu peut prendre, celles qui correspondent aux moments de la journée sont importantes : le matin, Rê est le dieu à tête de scarabée Khépri (il y a ici un habile glissement de sens entre Kheprer « scarabée » en égyptien, et le signe utilisé pour écrire le mot « kheper », qui signifie « se créer », « se former » : l'homophonie rattache l'insecte à la notion de création). L'allusion est faite par les anciens Égyptiens au « scarabée-bousier » qui pousse une boule d'excréments et de boue — assimilée au soleil — et y dépose ses œufs, d'où écloront les jeunes scarabées — symboles de la renaissance. Khépri se lève chaque matin au même endroit, de manière immuable, jeune et frais. Plus tard dans l'après-midi, Rê devient le disque solaire rayonnant tout puissant : il est alors Rê-Horakhty (« Rê-Horus-dans-l'Horizon »). Une fois le soleil « couché » sur la terre des hommes, il part pour son voyage nocturne dans la douat, d'abord sous la forme de Iouf, un personnage à tête de bélier, incarnation de l'union entre le ba de Rê et celui d'Osiris. Le dieu Rê sous sa forme de faucon porte sur la tête le disque solaire qui l'identifie, ainsi que le cobra sur son front qui crache du feu et détruit les ennemis. Enfin on trouve dans le « Livre de la Vache du Ciel » la description du dieu : « Or Sa Majesté [Rê] — puisse-t-il être vivant, prospère et en bonne santé — vieillissait ; ses os étaient d'argent, / ses membres d'or, / ses cheveux en lapis-lazuli véritable. » — Traduction de C. Lalouette, « Textes sacrés et textes profanes de l'Égypte Ancienne », Tome 2, Éditions Gallimard, 1989. Les cycles immuables du soleil, qui disparaît et réapparaît chaque matin, sont étroitement liés à l'idée que se fait l'ancien Égyptien de la vie éternelle. Lorsqu'il arrivera au terme de sa vie, il triomphera pendant la nuit de ses ennemis sous sa forme d'Osiris-Rê et renaîtra éternellement. Rê renaissant chaque matin devient le jeune veau, fils de Nout, assimilée à la vache Hathor en tant que vache céleste. C'est ici la notion d'éternité cyclique, d'éternel recommencement, qui importe ; l'éternité ḥḥ (heh ou neheh). On ajoutera que les différentes graphies modernes du nom du dieu solaire ne sont que le résultat de traduction différentes des mêmes hiéroglyphes : Rê, Ré, Ra, Râ, etc.. Remonter
Imprimer cette entréeRê, Culte de Rê.
Mythologie • Nom propre.Le nom de Rê est mentionné semble-t-il pour la première fois sous la IIe dynastie, puis à l'époque de Djéser (IIIe dynastie) où le culte connaît un développement important, et atteint son apogée avec les rois de la IVe et Ve dynastie (Djedef-Rê, Khâef-Rê — Khéphren —, Menkaou-Rê — Mykérinos —) sous tout l'Ancien Empire. À la suite de Djedef-Rê, le roi Khâef-Rê incorpore dans sa titulature le nom de « Fils de Rê » (sˁ rˁ), ce qui rapproche le pharaon du dieu cosmique Rê, créateur et régénérant. C'est également lui qui fait construire et sculpter le sphinx de Guizeh, incarnation de Rê-Horakhty.ΕC'est à Héliopolis (« la cité du soleil » en grec, et Iounou dans l'Antiquité égyptienne), que le culte solaire est le plus rendu. On ne sait pas si le culte de Rê est directement lié à ce lieu, mais il y fusionne très vite avec le dieu Atoum. Dieu démiurge, le dieu solaire se serait créé par lui-même dans un bouton de fleur de lotus flottant à la surface du Noun. Il aurait par la suite créé (en tant que « Père des Dieux » — itf netjerou) les principes de Shou — la chaleur — et Tefnout — l'humidité — comme divinités, qui eux-mêmes enfantent Geb le dieu-terre et Nout la voûte céleste. Rê vient ensuite se poser sur le premier tertre primordial sous la forme d'un héron — ou d'une aigrette — nommé benou (« celui qui se lève », une sorte de phœnix égyptien), puis s'envole en dispensant sa lumière sur le monde. Dans ce mythe héliopolitain de la création naîtront ensuite les quatre dieux Osiris, Seth, Isis et Nephtys. Sous la Ve dynastie, le roi Nyouserrê fait construire un temple solaire à Abou Gorab. Au centre se dresse un prototype d'obélisque massif, sans doute calqué sur celui qui aurait existé à Héliopolis, le ben-ben. À proximité directe du désert, le temple est bâti sur une protubérance rocheuse, et ceinturé de terrasses de briques. Une cour ouverte qui recevait les rayons solaires juste devant l'obélisque comportait également un autel. À Abou Simbel, le grand temple de Ramsès II est aussi en partie dédié à Rê. L'une des preuves formelles est celle de l'alignement avec l'axe du soleil, qui, deux fois par an, faisait pénétrer le soleil jusqu'au plus profond du temple, en passant par la porte principale surmontée de la statue du dieu solaire. À son lever matinal le soleil éclairait alors les quatre statues situées dans le « saint des saints » : Ptah, Amon-Rê, Ramsès II et Rê-Horakhty. À Karnak, Aménophis III fait édifié un scarabée géant près du lac sacré, rappel du dieu Khépri, le soleil du matin. Sur la stèle qui se trouve au-dessous apparaît la mention du disque solaire, itn, aton. Durant les milliers d'années où le dieu est adoré, certaines périodes sont plus mouvementées. Aussi au Nouvel Empire, les terres d'Amon comptabilisaient six fois celles du dieu solaire ! Mais devant cette constatation, on fit en sorte que les dieux purent emprunter les propriétés de Rê, et ainsi devenir Amon-Rê, Khnoum-Rê et Montou-Rê. Sous la XVIIIe dynastie, Aménophis III raffermit la pensée pour le dieu solaire en appelant son palais « la maison de Neb-Maât-Rê est le disque resplendissant », face à la puissance du culte d'Amon — on y décèle d'ailleurs déjà la montée du culte du disque sous sa forme d'itn. Son successeur Aménophis IV, qui prit par la suite le nom d'Akhenaton, choisit d'adorer le soleil dans sa forme la plus simple — le disque solaire dispensant ses rayons bienfaiteurs —, Aton. Mais son successeur Toutankhaton rétablit par la suite le culte d'Amon — probablement sous l'influence du puissant clergé d'Amon — et repris le nom de Toutankhamon. Remonter
Imprimer cette entréeRê, Légende de l'œil de Rê.
Mythologie • Nom propre.Légende mythologique racontant comment le dieu solaire Rê, agacé par la rébellion des dieux et des hommes, envoya son œil sous la forme de Sekhmet pour les ramener à l'ordre.ΕL'autorité du dieu solaire s'était amoindrie. Une rébellion avait éclaté sur terre parmi les dieux qui voulait prendre le trône du tout puissant dieu Rê, et parmi les hommes contre la toute puissance des dieux. Rê décide d'anéantir cette rébellion et, sur les conseils d'autres divinités (l'ogdoade qui lui est associée - Heh, Hehet, Kekou, Kekout, Noun, Nounet, Amon et Amonet - ainsi que Chou, Tefnout, Geb et Nout), envoie sur terre « l'œil divin », la déesse Hathor, sous la forme dévastatrice et féroce de Sekhmet. La fureur de Sekhmet se déchaîne sur les hommes avec violence, et rien ne semble pouvoir l'arrêter. En tant qu'œil flamboyant divin, Sekhmet peut porter le nom de nsr.t (neseret), c'est à dire « la flamme ». En repentir et pour apaiser « la puissante », Rê prépare une boisson composée d'herbes, de jus de grenade (à la couleur rouge) et de bière. Sekhmet trompée par la couleur du breuvage confond la boisson avec le sang des hommes, s'enivre et s'apaise. Le sort des hommes est sauvé. Remonter
Imprimer cette entréeRê, Livres funéraires et culte de Rê.
Mythologie • Nom propre.On retrouve le dieu Rê dans plusieurs textes funéraires, où il joue un rôle important.ΕRê est au centre du « Livre de la Vache du Ciel » (« The Book of the Divine Cow » en anglais), puisqu'il y est question de la vie terrestre du dieu lorsqu'il était roi des dieux et des hommes, ainsi que de sa vieillesse et de son passage définitif au ciel. La version la plus ancienne des « Litanies de Rê » est visible dans la tombe de Thoutmosis III (KV 34), et se retrouve bien plus tard dans la tombe de Séthy Ier (KV 17), puis dans celle de son fils Ramsès II (KV 7) et des successeurs Merenptah (KV 8), Séthy II (KV 15), Ramsès III (KV 11), Ramsès IV (KV 2) et Ramsès IX (KV 6). Une version est également visible au Ramesseum (Thèbes Ouest). L'invocation du dieu sous 74 ou 75 formes différentes est suivie par la représentation de chacune d'elles. Dans l'hypogée royal de Séthy Ier, le texte des « Litanies de Rê » est le premier texte visible à l'entrée de la tombe. On trouve pour la première fois la représentation tripartite du soleil : un disque solaire sur lequel repose l'image du scarabée Khépri et celle du dieu anthropomorphe à tête de bélier Atoum. Remonter
Imprimer cette entréeRegalia.
Histoire • Nom commun.Du latin médiéval regalis. Insignes du pouvoir royal, tels que les sceptres et couronnes. Remonter
Imprimer cette entréeRekhyt, Oiseau-Rekhyt.
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Rekhyt, Oiseau-Rekhyt
Oiseau-Rekhyt en adoration devant les cartouches de Ramsès II dans la grande salle hypostyle du temple d'Amon à Karnak.

Mythologie • Nom propre.Oiseau doté de bras se prosternant le plus souvent devant les cartouches royaux. Les oiseaux-rekhyt sont l'incarnation du peuple adorant le souverain. Remonter
Imprimer cette entréeRelations égypto-hittites et égypto-mitaniennes de Thoutmosis Ier à Séthy Ier.
Histoire • Nom commun.De la XVIIIe à la XIXe dynastie, l'Égypte va connaître des périodes de conflits entrecoupées de périodes de paix, essentiellement garanties par des mariages diplomatiques et une défense réciproque.ΕÀ partir de 1500 av. J.-C., depuis le règne de Thoutmosis Ier, le Nord de l'Égypte est en guerre contre les Mitanni ; la paix égypto-mitanienne n'est effective que vers 1415 sous le règne de Thoutmosis IV, lorsque celui-ci épouse de manière diplomatique la fille d'Artatama Ier. Par la suite, Amenhotep III épouse également plusieurs princesses mitanniennes : Giloukhepa, fille de Shoutarna II, ainsi que Tadouhepa, fille de Toushratta (lui-même fils de Shoutarna II), dont certains supposent qu'elle fût peut-être la Kiya du règne d'Akhénaton. Pendant environ quatre-vingt dix ans, l'Égypte vit dans une paix toute particulière — comme en témoignent ces nombreux mariages diplomatiques — qui s'achèvera vers 1325 av. J.-C. avec un nouveau conflit contre les Hittites. Le frère aîné de Giloukhepa — parmi ses trois frères — dénommé Atarshoumara est assassiné par Toushratta, tandis que Shoutarna III part en exil auprès des Hittites. Toushratta monte sur le trône en l'an 30 du règne d'Amenhotep III, son époux, à la mort de son père. À l'Ouest de la Syrie, dans le Hatti, Souppilouliouma accède au trône. Décrit dans les Lettres d'Amarna, son fils est envoyé en Égypte pour devenir l'époux d'une reine ayant régné après Akhénaton. Toutefois, la tablette KUB 19 rapporte que ce prince dénommé Zannanza meurt assassiné : « Les hommes d'Égypte ont tué Zannanza et ont rapporté ceci : Zannanza est mort ! Et lorsque mon père entendit la nouvelle du meurtre de Zannanza, il commença à se lamenter au sujet de Zannanza et s'adressa aux dieux: Je n'ai rien fait de mal, les hommes d'Égypte ont fait cela contre moi, et ils ont de plus attaqué la frontière de mon pays. » — Extrait de la tablette KUB 19, d'après M. Gabolde. M. Gabolde suppose à ce propos que Zannanza pourrait être le Semenkarê, époux de Merytaton ; P. Grandet propose a contrario qu'Ankhsenaton (Ankhsenamon) fut l'épouse de Semenkarê. Souppilouliouma profite de la situation confuse — peut-être aux alentours de l'an 13 d'Akhénaton — pour attaquer le Mitanni par le Nord-Est, en commençant par la capitale mitannienne présumée, Washshoukanni. Il s'empare de la zone syrienne, enclavant le Mitanni par l'Est, tandis que les Assyriens attaqueront par l'Ouest. Akhénaton n'intervient pas, et peu à peu l'empire hittite s'étend : cette absence transformera la paix égypto-mitannienne en conflit égypto-hittite. Le Hatti contrôle alors toute la région de l'actuelle Syrie (Souppilouliouma prend les villes d'Alep et de Niya — ville la plus au Nord atteinte par Thoutmosis III, ainsi que de Qadesh), auparavant dominée par le Mitanni, tandis qu'Azirou, prince d'Amourrou, s'allie aux Hittites pour dominer la région de Beth Shean. Si l'on considère les reliefs présentant des personnages prisonniers dans la tombe d'Horemheb à Saqqarah — général sous Toutankhamon —, on peut penser que des batailles ont déjà eu lieu contre les Hittites sous le règne de Toutankhamon. Toutefois, C. Vandersleyen suggère que ces populations auraient plutôt été rencontrées dans l'Est du Delta. On ne connaît d'ailleurs aucune représentation de campagnes militaires sous le règne d'Horemheb. Sous le règne de Séthy Ier, les batailles sont documentées par des archives hittites, par cinq stèles situées dans le couloir syro-palestinien, et par les reliefs du temple de Karnak — on y trouve les noms des cités, des peuples et des États conquis ou soumis à l'Égypte.
  • Les pharaons du Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.) : Une pensée stratégique, P. Grandet, Éditions du Rocher, 2008.
  • La campagne asiatique de l'an 1 de Séthy Ier représentée sur le mur extérieur nord de la salle hypostyle du temple d'Amon à Karnak, A. Degrève, in Revue d'Égyptologie, n°57, Peeters, Paris, 2006.
  • Histoire de l'Égypte ancienne, N. Grimal, Paris, 2006.

Voir aussi : Séthy Ier, Campagnes de Séthy Ier.

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Mythologie • Nom commun.Littéralement, le nom. Le nom est une composante indispensable de l'être. Il permet à l'être d'exister, tout comme chaque chose devient réelle dès qu'on l'écrit ou prononce son nom. Le nom garantie l'existence du défunt après sa mort, inscrit sur les stèles dédicatoires, les murs de la tombe ou encore le cercueil ou le sarcophage. Remonter
Imprimer cette entréeRepentir.
Égyptologie • Nom commun.Terme utilisé par convention pour désigner les scènes ou textes hiéroglyphiques ayant subi une correction afin de modifier la taille ou la position d'un personnage, d'ajouter ou de retirer des éléments, etc.. Les exemples dans l'art égyptien sont nombreux, et créent parfois des représentations aux détails surprenants voire surréalistes. Remonter
Imprimer cette entréeRessoneb, Resoneb, Reseneb.
Histoire • Nom propre.Fils d'Ankhou, qui était vizir sous le roi Ouserkarê Khendjer, à la XIIIe dynastie. Remonter
Imprimer cette entréeRive Ouest, Topographie de la rive ouest de Thèbes.
Géographie • Nom commun.La rive Ouest du Nil à Thèbes est un vaste ensemble de sites et monuments qui atteignent leur apogée au Nouvel Empire.ΕEn regardant depuis la rive Est vers la rive Ouest, on peut situer au fond à flanc de falaises : — à l'extrême gauche dans les falaises, la Vallée des Reines, où étaient situées les tombes des épouses royales, mais aussi des princes. — à droite de la Vallée des Reines, le village des artisans de la tombe, autrefois « Set Maât her Imenty Ouaset » (La Place de Vérité à l'Ouest de Thèbes) et aujourd'hui Deir el-Médineh. — les temples de Montouhotep et celui de la reine-pharaon Hatshepsout à Deir el-Bahari, surmonté au loin par la cime thébaine, et avec juste derrière la Vallée des Rois. Et dans les plaines entre les falaises et le Nil sont établis les temples « funéraires », les « château de millions d'années » des pharaons, qui devaient communiquer avec la tombe royale, et qui prendront pour quelques uns à certaines époques des rôles administratifs ou défensifs : — à l'extrême gauche, le grand temple de Ramsès III — de nos jours Médinet Habou, — le temple d'Ay et Horemheb, — les temples de Thoutmosis I, Thoutmosis II, et Aménophis fils d'Hapou, — les « colosses de Memnon », devant le grand temple d'Aménophis III (l'amenophium), — les temples de Merenptah, Taousert, Thoutmosis IV, — le « Ramesseum », le temple de Ramsès II, — les temples de Siptah et Thoutmosis III, — et à l'extrême droite, le temple de Sethy Ier à Gournah Même si les temples étaient tous considérés comme des « Châteaux de Millions d'Années », ils portaient des noms complémentaires, tels que « le magnifique parmi les magnifiques » (djeser djeserou) pour le temple d'Hatshepsout ou « Unis avec l'Éternité » pour celui de Ramsès III. La Vallée des Rois comptabilisent depuis peu soixante trois tombes (la dernière tombe a été ouverte début février 2006, aucune autre tombe n'ayant été découverte depuis celle de Toutankhamon en 1922). Dans la Vallée des Rois se trouvent les 59 tombeaux des rois du Nouvel Empire depuis Thoutmosis Ier jusqu'à ceux de la XXe dynastie, ainsi que quelques tombes de hauts fonctionnaires et princes (notamment la KV5 des fils de Ramsès II). Dans la Vallée des Singes (vallée de l'Ouest) se trouvent quatre tombeaux, dont ceux d'Aménophis III et Ay. Remonter
Imprimer cette entréeRoyal, Ensemble royal.
Société • Nom commun.Groupe de sarcophages gigognes réservé au souverain.ΕLa découverte de la tombe inviolée de Toutankhamon a laissé entrevoir le mode d'inhumation et l'agencement d'une tombe royale du Nouvel Empire. Cependant, contrairement à ce que beaucoup pense, le matériel funéraire présent dans la tombe de Toutankhamon était si dense qu'il est possible que d'autres grands rois, tels Amenhotep III, Ramsès II ou Séthy Ier, n'aient pas bénéficié d'un trésor plus important, mais égal ; notons aussi que la tombe de Toutankhamon comporte a priori du matériel usurpé. Au sein de la salle du sarcophage se trouvent quatre « chapelles » gigognes, de bois doré, renfermant en leur sein la cuve de quartzite monolithique. Sous le couvercle, un premier sarcophage du pharaon osiriforme de bois recouvert de feuilles d'or et d'une marqueterie de verre et de pierres semi-précieuses englobe un second sarcophage anthropomorphe de bois doré couvert de guirlandes de fleurs et de bandes de lin. En dessous de celui-ci, un incroyable troisième sarcophage réalisé dans un bloc d'or massif de 110,4 kilos protège la dépouille du roi, recouverte d'or et de bijoux, et portant le célèbre masque funéraire, au nemes de lapis-lazuli et d'or, au cobra Ouadjet et au vautour Nekhbet ornant le front (lapis-lazuli, turquoise, cornaline et or), et à la barbe postiche. Le mobilier funéraire de la tombe de Toutankhamon semblait comme entassé dans la tombe, peut-être placé à la hâte ; il est difficile de savoir si tel fut le cas pour les autres hypogées. Remonter
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