Une entrée au hasard :
Temps, Mesure du temps

Actuellement : 585 entrées avec 136 illustrations • Dernière modification : Mardi 7 Septembre 2010

P

51 entrées trouvées.

De Pagne à Pyramidion

Imprimer cette entréePagne.
Société • Nom commun.Vêtement dont la longueur varie, constitué de lin, tissé, parfois blanchi. Ceinturé au niveau des hanches, selon la qualité de réalisation, le pagne est le vêtement par excellence de l'Égyptien, du plus humble au plus riche, du tissage grossier au lin blanc le plus fin. Les représentations nous montrent une évolution au fil du temps, d'une part de la qualité du pagne et de sa forme, et d'autre part de la manière de le porter. Remonter
Imprimer cette entréePagne-Chendjit, Chendjit.
Égyptologie • Nom commun.Pagne de tissu lisse ou plissé porté par le roi. Les deux extrémités sont arrondies et viennent s'entrecroiser sur le devant ; une autre pièce de tissu vient recouvrir l'ensemble. Remonter
Imprimer cette entréePaléolithique.
Histoire • Nom commun.Période préhistorique d'environ 2 000 000 av. J.-C. jusqu'à 13 000 av. J.-C..

Voir aussi : Acheuléen. Altérien et Awarien. Levalloisien. Oldowayen. Silsilien, Sébilien, Lakeitien et Natoufien .

Remonter
Imprimer cette entréePaléopathologie.
Sciences • Nom commun.Science de la médecine étudiant les maladies des civilisations du passé. Remonter
Imprimer cette entréePalimpseste.
Écriture • Nom commun.Du latin palimpsestus issu du grec palimpsestos (palin, nouveau et psao, gratter, râcler). Papyrus ou parchemin dont le premier usage a été effacé afin d'y apposer un nouvel écrit.ΕLa production de papyrus en tant que support d'écriture était onéreuse, et les scribes pouvaient de fait effacer des textes pour réutiliser ce support. Remonter
Imprimer cette entréePalmiforme.
Égyptologie • Adjectif.Se dit des chapiteaux de colonnes adoptant une forme de bouquet de palmes, de feuilles de palmiers. Remonter
Imprimer cette entréePan Graves.
Égyptologie • Nom commun.Style de tombe spécifique à la culture nubienne, qui serait associé selon les textes égyptiens aux medjayou (plus tard appelés bedja), des nomades du désert oriental, par oppositions aux nubiens-nehesy vivant dans la vallée du Nil.ΕLes pan graves sont des tombes circulaires peu profondes qui contiennent souvent des poteries rouges black-top ou des poteries incisées de motifs réalisés à l'aide d'un « peigne ». Certaines de ces tombes renferment des bijoux réalisés avec des coquilles d'escargots, ou encore des coquillages, témoignant des échanges avec la Mer Rouge. Le défunt y est enterré recroquevillé sur le côté droit, orienté la tête au Nord, et regardant à l'Ouest, ou orienté sur un axe Est-Ouest et tournant la tête vers le sud. Le corps est conservé dans une fourrure ou un cuir animal, mais également parfois dans du lin d'Égypte. Ces constructions sont réstreintes à la zone se situant entre la 3e cataracte et la Moyenne-Égypte, et à une période approximative allant de 2000 à 1600 av. J.-C.. Les égyptologues distinguent à l'âge de bronze trois cultures : celle des pan graves, celle du groupe C (C-Culture), et celle de Kerma. Remonter
Imprimer cette entréePanthée.
Cliquez pour agrandir l'image\

Panthée
Deux panthées : scarabée à tête de bélier portant la plume de Shou (ou Maât) et bélier à quatre têtes et deux paires d'ailes. Temple ptolémaïque d'Hathor à Deir el-Médineh.

Mythologie • Nom propre.Se dit de la figuration d'un dieu revêtant les caractéristiques d'autres divinités. Signifiant littéralement « tous les dieux », le panthée devient fréquent à partir de la Basse Époque et se généralise durant les périodes grecque et romaine. L'une de ces représentations extraordinaires est par exemple celle du dieu Amon avec quatre têtes de bélier et la couronne-atef d'Osiris. Remonter
Imprimer cette entréePapyriforme.
Égyptologie • Adjectif.Se dit des chapiteaux de colonnes adoptant une forme de bosquet de papyrus. Remonter
Imprimer cette entréePapyrus Ebers.
Égyptologie • Nom propre.Papyrus traitant d'ophtalmologie, des troubles du système digestif, des pathologies de la tête et de la peau, et de maladies spécifiques telle l'ˁ3ˁ (aAa), que certains ont identifiés comme une sorte de S.I.D.A. antique, mais qui a probablement plutôt était un trouble du conduit urinaire. Il contient également une compilation de travaux tardifs de prescriptions et quelques sept cents « recettes » pharmaceutiques. Trois textes sont destinés à la protection du médecin lui-même qui doit intervenir dans un climat religieusement dangereux (des forces négatives se trouvent dans le corps du malade). Remonter
Imprimer cette entréePapyrus gynécologique de Kahoun.
Égyptologie • Nom propre.Papyrus recensant une maladie alors inconnue « qui dévore les tissus », que nous appelerions de nos jours cancer. Il traite aussi et surtout de gynécologie. Conservé à l'University College London, il a été découvert par Flinders Petrie en 1889. Le papyrus très fragmentaire date du règne d'Amenemhat III, vers 1825 av. J.-C.. Remonter
Imprimer cette entréePardalide.
Égyptologie • Nom commun.Terme désignant la peau de léopard, parfois constellée d'étoiles remplaçant les taches de l'animal, portée par certains prêtres pour indiquer leur fonction sacerdotale. Remonter
Imprimer cette entréeParèdre.
Mythologie • Nom commun.Divinité servant de contrepartie du sexe opposé à un dieu ou une déesse, par exemple Amon et Amonet. Cet aspect est très important dans la civilisation égyptienne, basée sur la dualité des concepts, des choses et des êtres. Ne pas confondre avec l'épouse du dieu. Remonter
Imprimer cette entréeParêherounemef.
Histoire • Nom propre.Prince de la XIXe dynastie, aux environs de 1279-1213 av. J.-C., troisième fils de Ramsès II et de son épouse royale Néfertari (Nofretari). Pareherounemef porta les titres de « Chef des Armées du Roi », « Chef des Braves » et « Chef des Chars de Sa Majesté ». Il aurait pris part à des actions à Edom et Moab.ΕIl est d'abord représenté sur la façade du temple de la reine Néfertari à Abou Simbel, aux côtés de son frère Amonherkhepeshef, au pied des colosses du roi Ramsès II encadrant la porte d'entrée. Il fait aussi partie des représentations de la procession de princes du Ramesseum, le « Temple de Millions d'Années de Ramsès II », aux côtés de ses dix autres frères : Amonherkhepeshef, Ramsès, Khaemouaset, Montouherkhepshef, Nebenkharou, Meryamon, Amenemouia, Séthy, Setepenrê et Meryrê l'ainé. On le retrouve également sur les murs des temples de Memphis vers la fin de la dynastie ptolémaïque (règne de Cléopatre VII), marié à une certaine Taimhotep, morte avant lui. Il est aussi représenté, reflet du prestige et de la gloire de son père, à Karnak, Louxor, Derr et Ouadi es-Seboua. Si le nombre d'enfants et la durée de règne de Ramsès II sont deux faits impressionants, il en découle le fait que les onze princes du bas-reliefs du Ramesseum sont tous morts avant le célèbre monarque. Une statue de Parêherounemef se trouvant dans la collection Burrell du Glasgow Museums and Art Galleries a fait l'objet d'une publication sous le titre A Statue of Prehirwenmef, Son of Ramesses II par J. K. Thomson en 1987, dans le Journal of Egyptian archaelogy (vol. 73, pp. 220-224). La statue debout de quartzite comporte deux titres de Parêherounemef.
  • Who's who in Ancient Egypt, M. Rice, Éditions Routledge, Royaume-Univ, 1999.
  • A Statue of Prehirwenmef, Son of Ramesses II, J. K. Thomson, Journal of Egyptian archaeology, vol. 73, pp. 220-224, Royaume-Uni, 1987.
Remonter
Imprimer cette entréeParonomase, Paronomasie.
Littérature • Nom commun.Utilisation de termes dont la graphie ou la prononciation est si approchante qu'elle apporte un double-sens, une connotation ou un quiproquo. La célèbre formule « Qui vole un œuf, vole un bœuf » est une paronomase. Les Égyptiens en ont usé dans leurs textes, expliquant ainsi certaines origines mythologiques ou certaines légendes, se rapportant à des mots proches phonétiquement dans la langue des Pharaons, mais au sens très différent. C'est le cas du glissement de sens entre kheper et kheprer. Remonter
Imprimer cette entréePélerinage, Pélerinage médical.
Société • Nom commun.Durant la Basse Époque, des malades se rendaient dans les temples dédiés aux dieux guérisseurs, tels que celui d'Hathor à Dendéra, celui d'Hatschepsout sur la rive Ouest de louxor, ou encore ceux des guérisseurs divinisés Amenhotep fils de Hapou et Imhotep. À cette même époque, durant la période ptolémaïque, l'étude de l'anatomie est à son zénith à Alexandrie. La cité est alors un haut lieu de rassemblement, ou des médecins du monde antique se rendent pour acquérir de nouvelles connaissances en anatomie. Actuellement sur les vestiges du temple de Kom Ombo, certains murs ont subit l'abrasion faites par les mains de pèlerins d'époque tardive, qui pensaient trouver ici un remède à leur maladie. Remonter
Imprimer cette entréePeret.
Sciences • Nom commun.L'une des trois saisons du calendrier nilotique.

Voir aussi : Calendrier.

Remonter
Imprimer cette entréePériptère.
Architecture • Nom commun.Construction entourée d'une rangée unique de colonnes. Cette configuration forme un péristyle. ΕCe type de construction, bien qu'ayant existé dans l'Égypte pharaonique, était surtout répandu dans l'architecture grecque. Remonter
Imprimer cette entréePérisclédides.
Société • Nom commun.Anneaux utilisés dès la plus haute Antiquité, portés aux chevilles par les danseuses et tintant entre eux. Remonter
Imprimer cette entréePéristyle.
Architecture • Adjectif.Portique de colonnes entourant une cour. Remonter
Imprimer cette entréePharaon.
Histoire • Nom commun.Monarque tout puissant à la tête de l'Égypte, chef de l'État, du clergé et des armées.ΕCelui qu'on dénomme « pharaon » à partir du Nouvel Empire est le seul intermédiaire entre le monde des dieux et celui des hommes, issu par essence du monde divin. Il est à la tête d'une hiérarchie pyramidale et contrôle la religion, la politique et l'économie des Deux Terres. Le pharaon est le garant de l'ordre cosmique établi et se doit de faire régner la Maât — en assurant la prospérité et le développement en Égypte, et en soumettant les ennemis, ou en s'en faisant des alliés — et de satisfaire les dieux. Le mot « pharaon », issu du grec « pharaó », lui-même décliné de l'ancien égyptien « per-aa » (pr-ˁ3), c'est-à-dire « la grande maison », « la grande demeure », résonne dans la tête de chacun comme l'image parfaite de l'Égypte. Aux origines, « pr-ˁˁ » désigne l'endroit où réside le roi, le palais royal, et ne sera que plus tard, au Nouvel Empire, utilisé par extension par les Égyptiens pour désigner leur souverain, celui qui réside dans « la grande maison ». On trouve là le même processus d'analogie utilisé lorsqu'on parle de l'Élysée pour désigner le président français. Sous le règne d'Aménophis IV Akhenaton, le mot pharaon s'attache désormais au roi régnant. Ippolito Rosellini et Emmanuel de Rougé, dans les années 1800-1850, proposent de voir une analogie entre « pr-ˁ3 » et le mot «  » qui s'y niche. Si l'analogie est simple, aucun indice, aucune preuve ne nous sont parvenus pour corroborer cette hypothèse. Le pharaon est tout d'abord à la tête du clergé, et officie en tant que premier des prêtres, et en tant que successeur sur le trône du dieu faucon Horus, fils légitime d'Osiris. Sa filiation divine le place en tant que père de tous les hommes, tandis que son épouse royale en devient la mère. Tous deux sont alors assimilés à Amon et Mout. Il est ensuite le chef des armées, et commande les batailles et guerres qui doivent être menées. Il s'attache à la propagande de ses victoires, et se met en avant. Il est enfin le premier homme politique du pays, qui prend les décisions et peut déléguer son pouvoir aux vizirs.
  • Les pharaons du Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.) : Une pensée stratégique, P. Grandet, Éditions du Rocher, 2008.
Remonter
Imprimer cette entréePhilae, Île de Philae.
Cliquez pour agrandir l'image\

Philae, Île de Philae
L'île moderne d'Agilkia, vue depuis les petites embarcations à moteur qui sillonnent le Nil.

Géographie • Nom propre.Véritable curiosité, mais aussi joyau de l'Égypte pharaonique, le temple de Philae est aujourd'hui considéré comme le plus « romantique » de toute l'Égypte. L'île qu'on surnomme la « perle de l'Égypte » fend les flots du Nil de sa forme d'oiselle et accueille le visiteur moderne de toute sa splendeur depuis son promontoire rocheux, alors que l'Histoire moderne aurait pu la faire disparaître à jamais sous les eaux. ΕL'île tient son nom de l'égyptien Pireq (Pi—Rek), et du copte qui en dérive, Pilak ou Billaq, qui signifie « l'île du coin » (sans doute par allusion à sa position dans un « recoin » d'une baie sur la rive orientale) ou encore selon les traductions « l'île de la fin » (la « fin » de la Nubie, la frontière Égypte/Nubie) ou « l'île de l'extrémité » (l'extrémité sud de la cataracte, la frontière méridionale sous les Ptolémées puis les romains.). Le temple égyptien représente dans la conception égyptienne la terre primordiale, la butte émergée du noun — le chaos liquide à l'origine du monde. La plupart des temples comportaient d'ailleurs un mur d'enceinte ondoyant comme les vagues, fait de briques de terre. Et à Philae plus qu'ailleurs en Égypte, cette idéologie prend tout son sens, puisqu'à défaut d'un mur d'enceinte ondulé, le complexe est construit sur un îlot granitique au milieu du fleuve. Bien que le territoire nubien et cette partie extrême de l'Égypte avaient été quelque peu délaissés à la fin de la dynastie des Ramsès, vers 1000 av. J.-C., les Grecs, puis les Romains et les Macédoniens renoueront avec ce territoire et y feront construire un grand nombre de temples et édifices. Basée sur les anciennes fondations des temples pharaoniques, c'est avec l'essor du culte d'Isis que les Grecs vont faire de l'île un grand centre. Ils respectent pour l'essentiel les canons architecturaux et décoratif de l'Égypte pharaonique, en y ajoutant des chapiteaux surchargés et un style bien à eux, reconnaissable entre tous. Cette période marque aussi l'implantation des grands ensembles religieux, dont fait partie Philae, avec également Dendérah, Edfou et Esna. Durant plus de six siècles, de la Basse Époque à la domination romaine, les rois font ériger des monuments, et transforme maintes fois la configuration de l'île. Un sanctuaire dédié à Amon est construit sous le règne du roi koushite Taharqa durant la XXVe dynastie. Sous la XXVIe dynastie, kiosque portant une mention de la déesse Isis est commandé par Psammétique II, tandis que le premier temple d'Isis est édifié sous le règne d'Amasis. Ce temple basé sur un promontoire rocheux à l'Ouest de l'île se décompose en trois salles successives, dont la porte prenait probablement place à l'emplacement du second pylône toujours visible aujourd'hui. La XXXe dynastie (règne de Nectanébo Ier, vers 380-362 av. J.-C.) voit la construction, au Sud-Ouest, d'un monument à colonnes, et au Nord, d'un portail qui sera par la suite incorporé au premier pylône du grand temple isiaque. Les principales constructions débutent pendant la période grecque, tandis que les romains achèvent un certain nombre d'entre elles. Néanmoins, l'empereur Auguste fait bâtir un portique à colonnes sur le grand parvis ainsi qu'un petit temple à Hathor, tandis que Trajan (98-197 ap. J.-C.) fait ériger le célèbre « kiosque » de la rive orientale, et qu'Hadrien et Marc—Aurèle font construire une porte monumentale au Nord-Est. À partir de l'époque ptolémaïque, le culte du couple d'Isis et Osiris s'étend vers le sud. Face à Philae, l'île de Bigeh, plus grande que sa sœur, accueillerait la dépouille d'Osiris, enseveli après qu'Isis eut recomposé le corps démembré de son époux. La magicienne se serait transformée en oiselle pour recueillir les membres disséminés à travers l'Égypte (seule la jambe gauche de l'époux défunt restait sur Bigeh), puis se serait à nouveau transformée en oiselle pour s'accoupler au défunt dépourvu du phallus avalé par le poisson oxyrhinque. Bigeh est donc un haut lieu saint où selon la légende, le fils divin Horus serait né pour venger son père et règner sur les Deux Terres. Bigeh fut acceptée comme sépulture d'Osiris aux dernières heures de l'histoire pharaonique, là où un emblématique acacia — ou tamaris — se mit à pousser à côté du tombeau. L'effigie d'Isis quitte tous les dix jours son temple sur Philae pour rejoindre le territoire du dieu défunt Osiris, où seuls pouvaient pénétrer les prêtres qui perpétraient une offrande lait. Par ailleurs, ceux-ci versent chaque jour des libations sur les 365 tables qui encerclent le tombeau osiriaque. Le culte d'Isis connaît un essor grandissant, notamment à la Basse Époque et jusqu'au début du VIe siècle ap. J.-C., et malgré le christianisme devenu religion officielle de l'empire en 380 ap. J.-C. et la fermeture des temples égyptiens ordonnée par Théodose en 426 ap. J.-C.. L'île de Philae, domaine de la grande déesse, devient le lieu de pélerinage par excellence, pour les pélerins du Nord comme pour ceux du Sud. La déesse incarne l'épouse fidéle, la mère universelle, la femme puissante, ainsi que la magicienne qui fait renaître son époux, et règne ainsi à jamais sur la vie et la mort par les cycles de renaissance. Dernier refuge de la foi égyptienne, les croyants de l'ancienne religion y demeurent alors que la quasi-totalité de l'Égypte est christianisée, ceci jusqu'à la fermeture totale et l'interdiction du culte d'Isis par Justinien en 551 ap. J.-C.. Le temple comporte la dernière inscription connue en démotique datant de 452 ap. J.-C., mais également les derniers textes hiéroglyphiques datés du 24 août 394 ap. J.-C., émanant d'Akhom, deuxième prophète d'Isis, rappelant les derniers « résistants » religieux à la Mère Divine Isis. Ici s'éteint la civilisation pharaonique, après que les Blemmiyes, dernière peuplade nubienne installée sur les lieux, quittèrent définitivement les lieux. Par la suite, des églises chrétiennes prendront place à l'intérieur du sanctuaire. Les chrétiens martèleront une partie des bas-reliefs, et graveront des croix à de nombreux endroits. Philae est mentionnée dans les textes de nombreux auteurs classiques grecs et romains, dont Strabon, Diodore, Sénéque ou Pline l'Ancien. Le pluriel même du nom de ce site, en grec comme en latin, dénote l'appellation de deux îles, dont l'une est plus petite que l'autre. Les deux îles formaient à la fois un centre religieux, culturel, artistique et un passage commercial, carrefour stratégique aux portes de la Nubie, permettant le transit de biens et la diffusion de la religion, de l'écriture et de l'art, notamment entre Meroë et Memphis. Sur l'île de Philae, un temple dédié aux divinités méroïtiques accueillait la chapelle du dieu faucon à tête d'homme, Mandoulis, et un second temple pour le dieu Arensouphis. Tandis que la première cataracte toute proche, située en aval du temple, empêchait le transport maritime, les marchandises étaient débarquées sur Philae, puis ré-embarquées plus tard. Proche également d'Assouan, situé à sept-huit kilomètres, et des carrières de granit, Philae accueillait les mineurs, carriers et ouvriers de tous horizons. Remonter
Imprimer cette entréePhilae, Île de Philae et grand temple d'Isis.
Cliquez pour agrandir l'image\

Philae, Île de Philae et grand temple d'Isis
Le pylône d'entrée du grand temple d'Isis.

Géographie • Nom propre.On accède aujourd'hui à l'île en la contournant par l'Ouest, et en accostant au Sud. Le pavillon de Nectanébo Ier accueille les pélerins venant sur l'île : ces colonnes à chapiteaux composites sont surmontées de figures hathoriques, et entrecoupées de murs aux frises d'uraei. Un kiosque dédié au dieu nubien Arsénouphis (Arensnouphis) prend place juste derrière. Sur la droite ont été aménagées des banquettes de pierre pour bénéficier du «  son et lumières » proposé sur l'île.ΕLe parvis du temple est souligné à l'Est et à l'Ouest par deux portiques à colonnes. Celui de l'Ouest, dont il manque aujourd'hui une colonne, en comportait trente deux, dont les chapiteaux composites, tous différents, sont remarquablement travaillés. Deux statues stylisées de lions, restaurées, siègent à l'entrée du temple. Le majestueux et massif pylône de l'entrée du temple accueille le visiteur du haut de ses 18 mètres. Le pylône orienté vers la Nubie sera achevé par les derniers Ptolémées, dont Ptolémée XIII, père de Cléopâtre. Le môle gauche est décoré, pour le registre supérieur, de scènes d'offrandes à quatre divinités faites par le roi portant la couronne de Basse-Égypte. Sur le registre inférieur, le roi se tient prêt à massacrer, à l'aide d'une massue brandie au dessus de sa tête, des captifs qu'il tient par les cheveux. La décoration reste conventionnelle, avec face au roi la déesse Isis et le dieu Sopdou, d'une taille bien inférieure. Une porte surmontée d'une corniche au disque solaire donne accès le temple. La deuxième partie, la plus intéressante, malheureusement masquée en partie par la porte de Ptolémée II, met en scène Ptolémée XII massacrant des ennemis devant la déesse des lieux, Isis, son fils Horus et la déesse Hathor. Passé le pylône, une large cour s'ouvre, avec sur la gauche le mammisi, sur la droite une colonnade de sept colonnes, et en face, un second pylône. Le mammisi est particulièrement remarquable, et très bien conservé. On y retrouve un plan simple et linéaire : d'abord une colonnade qui fait le tour de l'édifice ; ensuite à l'entrée, deux rangées de six colonnes plus larges formant un vestibule, qui ouvre sur une enfilade de trois salles. Les scènes décrivent la naissance, l'enfance et l'éducation du dieu faucon Horus, naît d'Isis, qualifiée ici de « mère des mères », « Souveraine de la Maison de la Naissance » (le nom égyptien du « mammisi »), qui a pour rôle de « nourrir son fils Horus de son lait ». Les colonnes extérieures du mammisi sont agrémentées, entre les linteaux et les chapiteaux, de figures hathoriques, surmontées elle-même de naos ou de sistres stylisés. Les murs extérieurs sont gravés de scènes d'offrandes et de musique (joueuses de lyre ou de tambourins, scène des sept Hathor et du roi sur le symbole du sema taouy, etc.), la discipline artistique de la déesse Hathor. Le pylône devant le temple d'Isis adopte un axe excentré par rapport au premier pylône, sans doute à cause du relief et de la forme de l'île elle-même. Il présente Ptolémée XII faisant offrande à Horus et Hathor. Au dessous prend place une stèle de Ptolémée VI, incorporée dans le môle de droite. Cette stèle de très grandes dimensions relate le don du roi à Isis du Dodecaschène, c'est-à-dire la région de douze schènes, qui s'étendait jusqu'au ouadi Allaki, où se trouvait l'or. De part et d'autre de la première salle se dressent deux groupes de cinq colonnes (au total six sur les extérieurs, et quatre sur l'intérieur). Cette salle hypostyle débouche sur le sanctuaire, décomposé en une crypte et douze salles, les plus anciennes de l'île de Philae. Les représentations intérieures s'avèrent exceptionnelles et riches. La salle qui renfermait autrefois l'effigie de la déesse est décorée d'une scène (mur Ouest) où Isis protège de ces deux ailes déployées son époux Osiris Ounnefer, dans sa forme momiforme traditionnelle, et tenant de ses deux mains le sceptre-ouas. Face à eux, Ptolémée en habits d'apparat et portant la double-couronne offre la barque à tête d'Oryx, la barque de Sokar. Sur le mur qui fait face à l'Est, le roi offre l'œil-oudjat à Horus lui-même, symbole d'intégrité et de force retrouvée. On y trouve aussi, entre autre, une scène d'offrandes des sistres à Hathor et Isis. Sur ce même mur, le visage de la déesse Isis allaitant Horus devant Arsinoë et Ptolémée II a été fortement endommagé, creusé sur une trentaine de centimètres de diamètre, et environ cinq centimètres de profondeur. D'aucuns diront que les chrétiens qui avait transformé le temple en église avait décidé que seule la Vierge pouvait être représentée allaitante. Deux salles de petites dimensions situées sur les terrasses — inaccessibles au public — sont dédiées aux mystères de la résurrection d'Osiris. Accessibles depuis un passage couvert érigé sous ordre de l'empereur Hadrien (dont elle garde le nom de « Porte d'Hadrien »), elles expliquent avec détails que l'île toute proche de Bigeh (la « Butte Sainte ») n'est accessible qu'aux prêtres ; le territoire en deuil du dieu défunt n'accepte ni chants, ni danses, ni musique, de même que la rive gauche de Philae. La pêche et la chasse en sont également proscrites. C'est aussi dans la première partie du temple d'Isis que l'on trouve, à l'Est, un autel de pierre, faisant face à un renfoncement creusé dans le mur du temple par les chrétiens, et décoré de motifs coptes : deux colonnes de part et d'autre supportant une voûte à chevrons décorées de motifs floraux, et enserrant une croix à quatre branches identiques. À l'extérieur, à l'extrémité Nord/Ouest du temple, se trouve le temple d'Horus sous sa forme d'Harendotés, « Horus vengeur de son père », qui servi de mammisi. Les gargouilles à l'extérieur du temple ont également la forme léonine d'autres temples du Nouvel Empire et d'époque ptolémaïque. La colonnade Est du parvis commencent, comme évoqué plus haut, par un temple dédié à Arsenouphis, mais accueille également une chapelle pour un autre dieu nubien, Mandoulis, et se termine par un petit temple à Imhotep. Avec ses quatorze colonnes, le kiosque de Trajan situé à l'Est du premier pylône s'ouvre avec une petite terrasse sur le Nil. L'édifice, qui servit de débarcadère et de reposoir pour la barque sacrée, est sans doute l'un des monuments les plus connus d'Égypte. La décoration n'est pas achevée, mais les chapiteaux des colonnes et les scènes qui le sont sont élégants et riches, voire, de l'avis de certains, surchargés. Les seules parois décorées à l'intérieur mettent en scène une offrande de Trajan à Osiris et Isis pour l'une, et à Horus et Isis pour la seconde. En allant vers le nord de l'île, un petit temple dédié à Hathor, débuté sous le règne de Ptolémée VI et complété sous celui d'Auguste, est en réalité dédié au culte de l'Isis de Philae incarnée sous la forme de la déesse vache. On y exalte ici les réjouissances, l'Amour et la Beauté d'Hathor, tandis que des scènes de musique viennent décorées certains des murs. Bien que le temple soit partiel — il ne reste que le vestibule et une partie de la cour à portique — les représentations sont de bonne facture et dépeignent notamment le rôle du dieu nain Bès et de ses avatars jouant de la harpe et du tambourin. L'axe du temple est étrange, puisqu'il ne suit aucune logique : sur un axe Est/Ouest, il débouche d'un côté sur le Nil, et de l'autre sur le mur d'enceinte extérieur du temple d'Isis ! Ce temple porte une forte valeur symbolique. On y chante la joie des retrouvailles entre la déesse et le Démiurge. Cette déesse que l'on surnomme « la Lointaine » avait fuit en Nubie, où elle devint une dangereuse carnassière. Pendant une année, personne ne su la faire revenir. Alors le dieu Thot, sage et savant, partie diplomatiquement négocier le retour de la déesse auprès de son père. Ses histoires surent charmer la Lointaine qui accepta de revenir accompagnée de Thot. Devenue la personnification de l'inondation, la Lointaine rapporte depuis les crues du Nil chaque année, pour satisfaire et réjouir le pays et les hommes. Cette même tradition du petit temple d'Hathor était célébrée à Abou Simbel, au delà de la première cataracte, le jour de l'an, au retour de l'inondation, lorsque l'étoile Sothis réapparaissait. Au Nord de l'île de Philae subsistent de nombreux vestiges d'époque tardive. Tout d'abord un temple, ou chapelle dévolue à Auguste, puis une porte romaine, plutôt bien conservée, qui autrefois comportait trois arches, et n'en compte plus que deux. Les structures voûtées telles que celles-ci étaient alors rares, voire quasi—inexistantes en Égypte. Cette porte érigée sous Dioclétien accueillait les visiteurs débarqués sur le quai romain en contrebas. Une chapelle se trouvait également aux abords de cette porte, mais seuls des arasements persistent. Un mur d'enceinte cerclait toute la partie Nord, et se prolongeait avec la colonnade du parvis sur le flanc Ouest de l'île. La construction d'un premier barrage achevé en 1902 avait entraîné l'inondation de Philae. De fait, le temple conserve dans la pierre une ligne horizontale délimitant une zone noire montrant l'ancien niveau des eaux avant le déplacement du temple. À cette mutilation s'est ajoutée celle des très nombreux peuples qui y sont passés. Les coptes ont gravé des croix un peu partout, y ont installé un autel et un « tabernacle » ; les grecs y ont laissés graffitis et textes dans la pierre ; et même les expéditions telles que celle de Napoléon ont meurtri à jamais le grès de Philae pour y laisser les traces de leur passage. Sur l'un des murs du porche d'entrée du temple est inscrit : « L'an 6 de la République, le 13 Messidor, Une armée française commandée par Bonaparte est descendue à Alexandrie. Ayant mis vingt jours après les Mammelouks en fuite aux pyramides, Desaix commandant la première division les a poursuivi au delà des cataractes où il est arrivé le 13 ventose de l'An 7. » Si l'on en croit les gravures de la « Description de l'Égypte » ordonnée par Bonaparte, les scientifique de l'expédition pouvaient autrefois contempler une incroyable polychromie dans la grande salle hypostyle du temple d'Isis à Philae, celle—ci ayant progressivement et inexorablement disparue. Remonter
Imprimer cette entréePhilae, Sauvetage de Philae.
Cliquez pour agrandir l'image\

Philae, Sauvetage de Philae
Les immersions successives ont laissé une trace noire sur les murs des constructions de Philae (ici le mammisi).

Histoire • Nom propre.L'île de Philae que l'on peut contempler aujourd'hui se nomme en réalité Agilkia (ou Aguilkia). Le véritable domaine d'Isis sur l'île de Philae s'était retrouvé englouti pour moitié sous les eaux du Nil suite à la construction d'un premier barrage, destiné à supprimer la dépendance des Égyptiens modernes à la crue du Nil. On visitait alors le temple en barque ! La construction d'un second barrage (celui du lac Nasser), aurait conduit à l'engloutissement totale de l'île et du temple.ΕSous l'impulsion et la tutelle de l'UNESCO, à l'aide de fonds du gouvernement égyptien, et d'une très forte participation de pays européens et des États-Unis, le démontage de l'île se présenta comme la meilleure solution, avec un coût « pharaonique » de trente millions de dollars. De 1972 à 1980, le complexe est isolé des eaux déjà présentes à l'aide d'un muret, et démonté pierre par pierre — environ 40 000 blocs de grès —, puis remonté sur l'île d'Agilkia, 300 mètres plus au nord, et 13 mètres plus haut. Le seul transport des pierres dure deux années, de 1974 à 1976. Face à cette île d'Agilkia se trouve justement l'évocation du domaine de Bigeh, ici matérialisé par l'îlot de Saliba. L'implantation de la « nouvelle » Philae fut inaugurée le 10 mars 1980. Remonter
Imprimer cette entréePhilae, Visite de l'île de Philae de nos jours.
Cliquez pour agrandir l'image\

Philae, Visite de l'île de Philae de nos jours
L'arrivée aux abords de l'île de Philae est toujours fascinant !

Voyage • Nom propre.On rejoint l'île à l'aide de petites embarcations à moteur (transportant environ une vingtaine de personnes), pendant environ 10 à 15 minutes. Un « son et lumières », mis en scène par le français André Castelot, et conté par Suzanne Flon, raconte l'histoire d'Isis et d'Osiris. Remonter
Imprimer cette entréePhilologie.
Sciences • Nom commun.Science étudiant les langues et leur évolution dans l'Histoire à partir de documents écrits. Remonter
Imprimer cette entréePhonogramme.
Écriture • Nom commun.En écriture hiéroglyphique, signes hiéroglyphiques exprimant des sons. Ils sont classés en trois familles distinctes.ΕLes unilitères : dans cette famille de signes, chaque signe équivaut à une consonne. Ainsi le signe « bouche » se translittère r. Les bilitères : cette seconde famille d'environ 80 signes rassemble les hiéroglyphes qui équivalent chacun à deux consonnes. Le vase haut se translittère ainsi : ḥs (à l'aide d'un « h » aspiré dans le cas présent). Les trilitères : la cinquantaine de signes de cette catégorie utilise un signe pour exprimer trois consonnes. L'exemple le plus fréquent est celui qu'on retrouve dans les noms de reines Nefertiti et Nefertari : c'est une trachée artère d'animal surmontant un cœur et utilisant la translittération nfr (notion positive de beauté, de bonté, etc.). Il arrive que des phonogrammes soient parfois considérés par certains égyptologues comme des quadrilitères. Remonter
Imprimer cette entréePi-Ramsès, Per-Ramses.
Géographie • Nom propre.La cité d'Avaris, qui existait depuis la XVIIe dynastie, devient Pi-Ramsès à la XIXe dynastie. Cette ville se situe sur la branche pélusiaque du Nil, la branche la plus à l'Est dans le Delta. Aujourd'hui Qantir, Pi-Ramsès a été dépouillée à la fin du Nouvel Empire, sous les XXI et XXIIe dynasties, ne laissant que peu de vestiges : un grand nombre des monuments établis à Pi-Ramsès sous les XIXe et XXe dynasties ont été transportés à Tanis, la capitale des XXI et XXIIe dynasties, suite à un transfert probablement du à l'assèchement de la branche pélusiaque. C'est pour cette raison que Tanis fut longtemps considérée à tort comme l'ancienne Pi-Ramsès. ΕLa zone hyksôs au Sud-Ouest longeait alors la branche pélusiaque du Nil. La nouvelle cité, dont les premières traces datent de la XVIIIe dynastie, sous le règne d'Horemheb, se trouve au Nord-Ouest de cette zone. Pi-Ramsès se développe ensuite pendant toute la XIXe dynastie, et plus particulièrement sous le règne de Ramsès II où elle prend son nom originel : Pi-Ramsès, Per-Ramsès, « la ville, la demeure de Ramsès ». À cette période se trouve au Nord-Ouest, du côté du Nil (« les Eaux de Rê »), un temple dédié à Amon, qui est relié par une allée à un temple de Rê au Sud-Est, probablement proche des « Eaux d'Avaris » (?) et du Lac de la Résidence (?). Au Nord se trouvent une salle des fêtes, un temple dédié à Ptah et Outo, un retranchement militaire, ainsi qu'une partie des habitations de la ville. À l'Ouest sont édifiées les résidences des princes et officiels de haut-rang, jouxtant à l'Ouest un camp militaire et à l'Est le palais royal. Au Sud se trouvent des ateliers, des fabriques de faïences, des magasins, des habitations, un quatrième emplacement militaire, mais aussi un petit temple dédié à Astarté, dont l'axe débouche sur le flanc Sud-Ouest du temple de Rê. Les constructions du Sud sont ceinturées par un canal artificiel débouchant sur un petit port et sur le Lac de la Résidence. Au delà de cette limite se trouve l'ancienne Avaris avec le temple de Seth et un petit site daté de la XIIe dynastie. Remonter
Imprimer cette entréePiédroit.
Architecture • Nom commun.Montant vertical de porte sur lequel repose un linteau ou un arc. Remonter
Imprimer cette entréePilier dorsal.
Arts • Nom commun.Support vertical, parfois inscrit, sur lequel le dos du corps humain s'appuie dans les sculptures égyptiennes. La verticalité et la rigidité de la ligne s'en trouvent renforcées. Remonter
Imprimer cette entréePleureuses.
Société • Nom commun.Femmes professionnelles chargées de pleurer le départ du défunt et sa mise au tombeau. Véritable guilde, les bras levés au ciel et la poitrine dénudée, les pleureuses sacrifiaient à un rituel où elles se couvraient de poussière ou de boue, et s'habiller pauvrement. Remonter
Imprimer cette entréePoids.
Sciences • Nom commun.Les poids sont mesurés en deben, divisé en dix kités. La valeur du deben varie à l'Ancien Empire en fonction du poids pesé : le deben pèse 13,6 grammes lorsque l'on pèse de l'or, et 27,3 grammes lorsqu'on mesure du cuivre. Au Nouvel Empire, le deben adopte un poids fixe de 91 grammes. Remonter
Imprimer cette entréePolychromie.
Arts • Nom commun.Littéralement, qui a plusieurs couleurs. Même si le temps et les dégradations naturelles et humaines ont dégradé les vestiges égyptiens, ont sait que les temples, tombes et bien d'autres édifices étaient polychromes dans leur décoration. Remonter
Imprimer cette entréePolythéisme.
Mythologie • Nom commun.Croyance en plusieurs dieux, par opposition au monothéisme. Remonter
Imprimer cette entréePortes du Ciel.
Cliquez pour agrandir l'image\

Portes du Ciel
Horus et Thot s'apprêtent à ouvrir les portes du ciel, toujours scellées par deux verrous horizontaux. Notez le hiéroglyphe du ciel étoilé sur les parties supérieures.

Égyptologie • Nom commun.Terme utilisé par les anciens Égyptiens pour désigner les deux portes du naos qui contenait la statue de la divinité au sein du temple. Symbole très fort du passage vers l'autre monde dans la pensée égyptienne, il s'agit d'un point de contact où les deux univers peuvent interagir. Les « Portes du Ciel » désignent également par extension d'autres lieux de la mythologie égyptienne. C'est au chapitre 161 du Livre des Morts (« Livre pour sortir au jour », « Sortir pendant le jour ») qu'on retrouve l'ouverture du ciel.
  • Les portes du Ciel — Visions du monde dans l'Égypte ancienne, Collectif. Catalogue d'exposition. Paris, 2009.
  • La terre, la vie, l'au-delà... Le monde au temps des pharaons, Collectif. Numéro Hors-Série de la revue Beaux-Arts. Paris, mai 2009.
  • Égypte — Les portes du Ciel, Collectif. Numéro Hors-Série n° 16 de la revue Dossiers d'archéologie. Paris, mars 2009.
Remonter
Imprimer cette entréePostiche, Barbe postiche.
Égyptologie • Nom commun.Barbe factice portée au menton par le roi, mais aussi par les dieux et notamment Osiris. Remonter
Imprimer cette entréePrémices de l'Histoire égyptienne antique.
Histoire • Nom commun.La civilisation égyptienne antique, bâtie autour du Nil et de ses bienfaits, fertile ruban verdoyant, a parcouru plus de cinq mille ans d'histoire, des périodes les plus reculées (périodes pré-dynastiques) jusqu'à tardivement sous l'occupation grecque et romaine. Aussi la richesse qualitative et quantitative des œuvres apportent à qui sait les lire des réponses aux fonctionnements de la vie, aux systèmes sociaux, aux mouvements de pensées et à la croyance mythologique, aux traditions et us d'une civilisation aux abords bien mystérieux.ΕLa particularité géographique et topographique de l'Égypte telle que nous la connaissons va jouer un rôle prépondérant dans la naissance de la civilisation égyptienne. Des groupements de peuples, poussés par les changements de climat ayant asséchés certains lacs et certaines rivières (au Paléothique Moyen, le désert avait déjà été abandonné avant d'être à nouveau occupé au début de l'Holocène. Nombre de graffitis et peintures rupestres, représentant notamment la faune d'alors, sont aujourd'hui visibles sur les site de Air, Ennedi, Gebel Uweinat, Hoggar, Tadrart Acacus, Tassili-n-Ajjer et Tibesti ), se dirigent vers une source intarissable d'eau : le Nil. Le long couloir fertile et vert qui traverse le territoire d'Assouan à la Méditerrannée forme une terre propice à l'établissement des populations. Les premiers hommes sur cette terre avaient trouvé l'un des espaces les plus vivables d'Afrique : pendant les périodes de crue, ils sont chasseurs et s'abritent sur les plateaux ; pendant la décrue, ils redescendent dans la Vallée, profitent de la pêche, et récoltent les plantes poussées sur le limon fertile, pour se nourrir mais aussi pour créer refuge, outils et vêtements. La naissance de la civilisation égyptienne réside d'un croisement de cultures venues de l'Ouest (s'installant dans les latitudes méridionales) et de l'Est (s'établissant dans le Delta et le Fayoum). De fortes similitudes culturelles entre les peuples indigènes de la Vallée du Nil et les peuples issues du désert et immigrants sont à signalées, témoignant des communications et voyages de la période : des coquillages localisées dans des sépultures du Sahara provenant de la Mer Rouge, l'utilisation réciproque par toutes ces peuplades des plumes et coquilles d'œuf d'autruche, la fabrication de pointes de flèches bifaciales à base concave, etc. Remonter
Imprimer cette entréePremière période intermédiaire.
Histoire • Nom commun.Période de troubles débutant vers 2150 av. J.-C. à la fin de l'Ancien Empire et s'achevant vers 2022 av. J.-C. (début du Moyen Empire).ΕÀ la fin de la VIe dynastie, l'Ancien Empire est vacillant, affaibli par un déclin progressif de l'autorité du souverain : les gouverneurs des nomes ont étendu leurs pouvoirs en cumulant titres religieux et titres civils, transmis de manière héréditaire. Les circonstances réelles de la chute de l'Ancien Empire nous sont encore mal connues, mais il semble que l'éclatement du pouvoir dirigeant au bénéfice des nomarques marque une scission dans l'administration du pays, notamment par la fin de la centralisation du pouvoir. Les ressources du trésor du royaume s'appauvrissent et un modèle de régime féodal s'instaure. Même si certains s'allient pour étendre leur influence, chacun des nomes devient peu à peu rival, en quête de reconnaissance et de pouvoir, et engouffre l'Égypte dans une période de troubles de plus d'un siècle et demi, de la fin de la VIe dynastie jusqu'à la reprise du pouvoir et la réunification de l'Égypte par une dynastie thébaine. Il semble qu'à la fin de la VIe dynastie, Nitocris (Neith-iqeret) devient la première femme-pharaon de l'Égypte, régnant peut-être pendant dix années. Face à cette dispersion des pouvoirs, l'Égypte ne peut plus faire face aux attaques extérieures : les Bédouins du pays de Canaan investissent le Delta et prennent le contrôle. À ces évènements semble correspondre un important changement climatique, marqué par l'assèchement de l'Égypte et la famine qui en découle, qui va bouleverser la propagande royale : le roi n'a pas agit en faveur du dieu-Nil pour faire revenir la crue, et le pays souffre de faim et sécheresse. Les nobles décident de se faire inhumer à proximité de la capitale de leur nome ; bien que fortement influencé par l'esthétique memphite, l'art devient incertain et grossier, alors que les représentations deviennent originales, laissant place à des touches d'humour non conventionnelles. Toutefois, la crise entraîne une limitation du mécénat et une diminution de la production artistique. La pierre n'est quasiment plus utilisée ; les tombes sont creusées dans la roche et leur parois sont enduites de plâtre. Les textes funéraires sont désormais inscris directement sur les sarcophages, et les particuliers s'approprient les pratiques funéraires des souverains. Les maquettes et la statuaire en bois font leur apparition : les représentations murales des chapelles funéraires de l'Ancien Empire laissent place à des modèles de boucheries, boulangeries, brasseries et groupes de personnages, pour la plupart porteurs d'offrandes. Les statues de bois renvoient pendant cette période de trouble l'image de nomarques puissants et forts. À la lumière des pratiques funéraires, objets, textes et vestiges de l'époque, le thème de la mort traduit une perception changeante de la vie post mortem, motivée par l'insécurité ambiante. A contrario, la littérature de la première période intermédiaire, communément qualifiée de « pessimiste », produit des textes des plus significatifs. Ces textes qui semblent, au premier abord, purement descriptifs et historiques, revêtent un caractère plus profond, laudatif, voire propagandiste. La première période intermédiaire n'a légué que des constructions modestes, bien qu'en grand nombre, fréquemment réalisées en briques crues. Peu avant le deuxième millénaire, vers 2022 av. J.-C., Mentouhotep Nebhepetrê renverse le pouvoir d'Héracléopolis en prenant la capitale rivale et se proclame roi d'un nouveau pouvoir unifié, régissant les Deux Terres. L'Égypte est à l'aube d'une nouvelle ère prospère, le Moyen Empire.
  • La Première période intermédiaire, Collectif, in Égypte, Afrique et Orient, n° 19, Novembre 2000.
Remonter
Imprimer cette entréePrognathe.
Égyptologie • Adjectif.Terme désignant la forme des crânes dont les os maxillaires sont proéminents. Remonter
Imprimer cette entréePronaos.
Architecture • Nom commun.Salle qui précède le naos, le « Saint des Saints » des temples où réside la statue du dieu. Dans certains temples, le pronaos est assimilé à la salle hypostyle, comme c'est le cas dans le temple d'Horus à Edfou, ainsi que dans le temple d'Hathor à Dendérah. Remonter
Imprimer cette entréeProphylactique.
Égyptologie • Adjectif.Objets, attributs ou forces permettant d'éloigner les démons, de se protéger magiquement ou de bénéficier de qualités bénéfiques. Remonter
Imprimer cette entréePropylée.
Architecture • Nom commun.Accès, entrée monumentale. Le propylée marque la scission avec la terre sacrée, l'entrée d'un temple.ΕDurant la période gréco-romaine, le propylée prenait place à l'entrée d'un téménos renfermant le temple principal dédié aux divinités. On peut par ailleurs considérer les migdols du Temple de Millions d'Années de Ramsès III (Médinet Habou) comme étant des propylées. On notera que dans la « Description de l'Égypte » (1821), les auteurs précisent que « le mot de propylées [...], d'après sa composition, signifie avant-porte : il peut par conséquent indiquer tout ce qui se trouve avant la porte d'entrée. [...] on croira facilement que Strabon a voulu indiquer sous le nom de propylées, dans les monuments égyptiens, d'abord les pylônes et les grandes portes isolées, et souvent aussi la réunion de ces derniers édifices avec les colonnades ou les autres constructions formant des cours qu'il fallait traverser avant d'arriver à l'édifice principal. Le palais de Karnak aurait donc, d'après Strabon, au sud, un drome et quatre propylées formés de ces pylônes et de ces cours que nous avons décrits, et à l'ouest, un autre drome et un seul propylée. Le grand temple du sud n'aurait eu qu'un drome et un proprylée, et les ruines du nord offriraient encore les restes d'un drome et de deux propylées. [...] Ainsi, à Edfou, [...], son propylée est dans le plus bel état de conservation. À Denderah, il subsiste encore deux propylées [...] »
  • Description de l'Égypte, Tome deuxième, Antiquités-Descriptions, Collectif, Paris, 1821.
Remonter
Imprimer cette entréeProscynème.
Égyptologie • Nom commun.En archéologie, formules d'adoration, d'offrande ou de louanges qu'on trouve sur les monuments antiques ou sur les stèles. Remonter
Imprimer cette entréeProtomés.
Égyptologie • Nom commun.Partie ou tout d'un objet, représentant uniquement la partie antérieure (tête et buste) d'un homme ou d'un animal. Remonter
Imprimer cette entréePschent, pa-sekhemty.
Égyptologie • Nom commun.Coiffe du roi également appelée double-couronne associant la couronne blanche de Haute-Égypte et la couronne rouge de Basse-Égypte.ΕLa double-couronne, symbolisant l'union de la Haute et Basse-Égypte sous un seul pouvoir pharaonique, se dénomme en égyptien pa-sekhemty. Les Grecs lui donnèrent comme nom pschent. On la retrouve dans les représentations des dieux Horus — auxquels succèdent les pharaons, qui portent en conséquence la même couronne — et Atoum. La couronne-hedjet, couronne blanche de Haute-Égypte, a l'apparence d'une « mitre ». Elle vient cercler le contour du crâne et laisse dépasser deux franges sur les tempes. Le sommet forme une boule. Elle est portée par la déesse vautour Nekhbet de Haute-Égypte. La couronne-desheret, couronne rouge de la Basse-Égypte, a une base circulaire, non fermée, et est terminée sur l'arrière par un haut prolongement, s'évasant légèrement jusqu'à une extrémité droite. Une pièce dorée part du fond de la couronne pour s'élever en une petite spirale. La couronne rouge est portée par le souverain, mais aussi par la déesse cobra Ouadjet (la déesse emblématique de Basse-Égypte), par Amonet (parèdre d'Amon), et par la déesse chasseuse et guerrière Neith. Il nous est impossible aujourd'hui de savoir dans quels matériaux étaient réalisées ces deux couronnes ainsi que la couronne composite, aucun exemplaire ne nous étant parvenu. Remonter
Imprimer cette entréePsychopompe.
Mythologie • Nom commun.Épithète des dieux qui accompagnent et guident dans l'au-delà le défunt, ou l'âme du défunt. C'est le cas notamment d'Anubis dans le Livre des morts. Remonter
Imprimer cette entréePsychostasie.
Cliquez pour agrandir l'image\

Psychostasie
Le Jugement du mort en présence d'Osiris, extrait du papyrus d'Hounefer, découvert à Thèbes. H. 39 cm. XIXe dynastie, vers 1275 av. J.-C. N° inv. EA 9901/3. British Museum.

Mythologie • Nom commun.Terme issus du grec se référant au chapitre 125 du « Livre des Morts ».ΕLe livre des morts apporte au Nouvel Empire une nouvelle dimension au culte du dieu funéraire. Placé dans le cercueil ou à proximité, le rouleau de papyrus indique au défunt quels formules prononcer pour parcourir l'au-delà. C'est au chapitre 125 que le défunt doit faire face à Osiris, le grand souverain qui préside le tribunal divin, dans une scène dénommée psychostasie, ou « pesée de l'âme », et que notre vision moderne a, par raccourci, dénommée « Jugement Dernier ». Guidé par Horus ou par Anubis, le défunt est mené devant une balance. Son cœur, siège de l'âme pour les anciens égyptiens, est pesé en contrepoids de la plume de Maât sur une balance. Thot le scribe des dieux, sous une forme d'ibis ou de babouin, prend note du résultat de la pesée. Si le cœur est trop lourd, celui-ci sera dévoré par « la Grande Dévoreuse », ou Dévorante, animal monstrueux et hybride, que les Égyptiens appellent Ammyt (ou 3ˁmmyt, Aammyt). Le cœur étant dans la pensée égyptienne le siège de l'âme, tout espoir de survie dans l'au-delà s'effondre. Le défunt se présente ainsi devant 42 divinités juges, à qui il devra certifier n'avoir commis aucun crime, avoir respecter la Maât, n'avoir fait preuve d'aucune injustice, etc.. Après la balance, Osiris attend de prononcer son jugement, assis sur un trône sous un dais, entouré d'autres divinités. À l'issue du jugement, l'égyptien espère être déclaré « juste de voix », « justifié ». Remonter
Imprimer cette entréePtahshepses, Ptahchepses.
Histoire • Nom propre.◊ Notable de la Ve dynastie, vers 2400 av. J.-C., né sous le règne de Menkaure (Menkaoure, Mykérinos). Il se maria à la princesse Khamaat et poursuivit sa carrière sous le règne de quatre rois de la Ve dynastie. Sa biographie est dépeinte sur les montants de sa fausse-porte et de son architrave, découvertes à Saqqarah et conservées au British Museum (n° inv. EA 682).
◊ Vizir et cousin du roi Nyouserrê, ayant acquis la position de fils charnel du roi (s3 n(y)-sw.t n(y) ht.f). Il fit édifier son mastaba dans la nécropole royale d'Abousir, et épousa la princesse Khamererenebty. Remonter
Imprimer cette entréePtérophore.
Société • Adjectif.Terme issu du grec signifiant « celui qui porte la plume ».
◊ Objet, être qui porte des ailes. L'épithète est par exemple utilisée en zoologie pour une classification d'insectes.
◊ Épithète de certains prêtres, distingués par leur coiffure, notamment lorsque celle-ci est dotée d'ailes d'épervier. ΕLes prêtres ptérophores, dont le nom égyptien est hry-Hb.t, « celui qui porte le rouleau », ont la charge du déroulement des cérémonies et des cultes, et notamment en exerçant la lecture des livres sacrés pour les dieux et les défunts. Cette connaissance des écrits sacrés fait aussi des prêtres ptérophores de puissants magiciens, tel que le rapporte notamment le papyrus Westcar pour les prêtres Oubaone et Djediâhemonkh (Djadjaemonkh). Remonter
Imprimer cette entréePylône.
Arts • Nom commun.Terme issu du grec désignant les construction de pierres s'élevant en deux môles à pans inclinés de part et d'autre de l'entrée d'un temple.ΕDénommé bḫnt par les anciens Égyptiens, le pylône était pourvu de renfoncements sous forme de rainures verticales destinées à recevoir des oriflammes montées sur des mâts, eux-mêmes maintenus par des pièces de bois. Le pylône est constitué de blocs de pierre superposés, n'utilisant aucun mortier. Le seul poids des pierres assure la stabilité de l'ensemble. Remonter
Imprimer cette entréePyramidion.
Cliquez pour agrandir l'image\

Pyramidion
3/4 gauche et 3/4 droit du pyramidion en calcaire de Piaj (Piaï), sculpteur à Deir el-Médineh sous le règne de Séthy 1er ou Ramsès II. Musée du Louvre.

Égyptologie • Nom commun.Pierre venant couronner les pyramides, de l'Ancien Empire (pyramides du plateau de Guizeh par exemple) jusqu'au Nouvel Empire (pyramides des tombes des artisans dans le village de Deir el-Médineh). Souvent couvert d'électrum (un alliage de métaux), le pyramidion désigne également la pointe des obélisques. Remonter
Remonter en haut de la page • Copyright © 2008-2009 Montoumès. Tous droits réservés.