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Osiris, Symboles associés à Osiris

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31 entrées trouvées.

De Obélisque à Oxyrhynchos, Pa-Medjayou, Per-Medjed

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Obélisque
Pointe de l'obélisque d'Hatshepsout dans le domaine d'Amon à Karnak.

Arts • Nom commun.Très hautes pierres taillées (jusqu'à 32 mètres de haut), monolithiques (jusqu'à 450 tonnes), gravées d'inscriptions hiéroglyphiques. Le sommet forme un angle plus obtenu, qui étaient autrefois recouvert d'or ou d'électrum, chargé de refléter les rayons solaires (tout comme le pyramidion des pyramides).ΕOn suppose que les obélisques symbolisaient la pétrification des rayons solaires touchant la terre, comme le ben-ben d'Héliopolis, le temple solaire, de la même forme globale, mais bien plus large. Cependant, d'autres théories ont été avancées. Il pourrait s'agir en fait d'un stéréotype de la colline primordiale qui aurait émergée du Noun, l'océan chaotique. La forme fortement élancée laisse encore perplexe. La construction débute à Assouan, dans une carrière de granit. Le chef des travaux doit trouver l'endroit idéal dans la roche où sera taillé l'obélisque. La moindre faille dans la roche arrêtera les travaux, et l'on recommencera ailleurs. On aplanit d'abord une surface, qui sera l'un des côtés de l'obélisque. Puis on procède à un travail long et fastidieux de grattage de la roche pour creuser les deux autres faces de l'obélisque. À ce moment, l'obélisque semble être comme soudé à la roche, mais a déjà sa forme grossièrement ébauchée. Le travail est difficile, le soleil chauffe et la place réservée au travail de l'ouvrier est fortement réduite (70 cm de large environ). Vient alors une troisième phase : dégager la dernière face de l'obélisque. On creuse des entailles sous l'obélisque, dans lesquelles on place des coins de bois, enfoncés au maillet. En les arrosant d'eau, et à force de patience, les coins vont gonfler et éclater la roche. Il reste à polir l'obélisque, pour qu'il devienne élégant et parfaitement lisse, à graver les formules hiéroglyphiques et les figurations, et à recouvrir le sommet d'or ou d'électrum. L'obélisque prêt, il reste à le transporter jusqu'à son emplacement final. Convenons-en, 450 tonnes de pierre monolithique restent difficiles à déplacer ! Mais après des mois de travail, une nouvelle période de patience arrive. L'obélisque est d'abord déplacer jusqu'aux abords du Nil à l'aide de rondins de bois. Il est ensuite placé sur une barque plate conçue à cet effet, et l'attente commence : le Nil doit entrer en crue pour venir soulever la barque et permettre le début de la navigation. Selon l'emplacement choisit, le voyage peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois. À l'arrivée, il faut le débarquer de la même manière et l'amener à l'aide des rondins. Une fois sur place, il reste à ériger l'obélisque. Plusieurs théories, dont aucune aujourd'hui n'a trouvé de preuve, ont été formulées par des égyptologues, architectes et ingénieurs. D'une part, la bascule : il s'agit en fait d'amener l'obélisque en haut d'un mont de sable, le faire basculer dans un espace clos, puis de vider le sable au-dessous de la base de l'obélisque. Une méthode longue, mais qui a l'avantage d'être précise quant au positionnement final. L'idée du contrepoids est tout aussi intéressante : l'obélisque est positionné dans une gaine de bois et de paille. On place un porche devant lui. De l'autre côté des hommes ou des animaux tirent des cordes. En prenant appui sur le porche mobile, l'obélisque s'érige rapidement. L'inconvénient majeur de cette hypothèse reste la vitesse d'érection : tiré un peu trop fort et l'obélisque bascule sur les « tireurs » ; tiré insuffisamment et il retombe et se brise. Certains égyptologues ont envisagé l'usage de la poulie, d'un principe pourtant simple, mais aucune preuve de la présence de la poulie n'a été constatée en Égypte. Remonter
Imprimer cette entréeOgdoade.
Mythologie • Nom commun.Collège de huit divinités. On parle principalement d'ogdoade dans l'Égypte antique pour désigner le groupement des huit dieux présents à l'origine du monde dans la légende hermopolitaine : ce sont Amon et son double féminin Amonet, Heh et Hehet, Kek et Keket ainsi que Noun et Nounet. Ces quatre dieux grenouilles masculins et ces quatres déesses serpents féminins façonnent l'œuf cosmique. De cet œuf naîtra Rê, le dieu Soleil, qui montera au ciel pour irradier le monde de ses rayons bienfaiteurs. Remonter
Imprimer cette entréeOldowayen.
Histoire • Nom commun.Période du paléolithique primitif, débutant vers 2 000 000 av. J.-C.. Remonter
Imprimer cette entréeOncial, Système de mesure oncial.
Sciences • Adjectif.Système de mesure basé sur l'unité du pouce (1/12e de coudée), qui sert principalement à la réalisation de la décoration des tombes, temples et palais : d'abord le pouce (2,5 cm), puis le poing (amemet — 10 cm), la coudée sacrée (meh djeser — 3 poings), la canne (nebi — 7 poings) et la brasse (hepet — 18 poings). Remonter
Imprimer cette entréeOpet, Fête d'Opet.
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Opet, Fête d'Opet
La barque d'Amon reposant dans son tabernacle, représentée sur les murs du naos de granit du temple de Karnak.

Mythologie • Nom propre.Une fête grandiose, rapportée sur les murs de Karnak et Louxor, était organisée pour la triade divine Amon-Mout-Khonsou, et se déroulait comme suit. L'une des plus belles représentations, qui portent toujours ses couleurs originelles, se trouve sur un naos de granit du temple de Karnak. Ce naos érigé à la demande de Philippe Arrhidée serait une copie exacte d'un autre édifice reposoir de barque en granit rose, érigé précédemment par Thoutmosis III au même endroit. ΕLe deuxième mois de l'inondation — akhet — débutent 24 jours de grandes fêtes. Le Nil est à son niveau le plus haut et les bateaux ne s'en déplacent que plus facilement. Les Égyptiens viennent voir le grand dieu dynastique Amon prêt à sortir de son sanctuaire de Karnak pour rejoindre son épouse Mout à Louxor. De nombreux commerçants accourent pour faire leurs meilleures affaires et vendre viandes, pains et boissons, fruits et légumes, pour rafraîchir, nourrir, et rassasier la foule venue en masse sur le parvis du grand temple. Dans l'intimité encore préservée du temple, les prêtres avancent en procession, suivant Pharaon à travers la salle hypostyle et les autres salles. Puis la porte du grand temple s'ouvre et le roi apparaît, suivit par le cortège de prêtres transportant sur une barque de bois doré le naos dans lequel Amon est incarné dans sa statue. Une nef sur une embarcation attend patiemment l'arivée du dieu. Un bateau, baptisé « Puissance de proue » (Ousirhat), transportera Amon, ainsi que Mout et Khonsou. À la proue et la poupe de chaque bâteau, une tête de chacun des dieux identifie la barque : celle d'Amon porte la tête de bélier ; celle de Mout, une tête de femme coiffée d'un vautour aux ailes déployées ; celle de Khonsou, un faucon. Les barques s'arrêteront trois kilomètres plus loin, à Louxor. Sur la longue allée des sphinx et cryosphinx, les porteurs avancent jusqu'à Louxor, précédés de musiciens percussionnistes, et de prêtres chantant, encensant de thérébinthe et jetant du sable. Le long du Nil, on tire les longues embarcations d'apparat de 60 mètres, qui ne peuvent se mouvoir seules, dans l'une desquelles se sont assis Pharaon et son épouse. Les bateaux sont accompagnés d'autres navires et barques. La musique est omniprésente : sistres, plaquettes entrechoquées et castagnettes, tambours... Après quelques heures, les porteurs récupèrent les barques qu'ils emmènent au sein du temple, traversant tour à tour la cour de Ramsès II, longeant plusieurs chapelles garnies d'offrandes, puis la grande colonnade, avant d'arriver dans la cour d'Aménophis III. La barque d'Amon est déposée seule dans une petite chapelle, tandis que celles de Mout et Khonsou sont arrêtées avant. Enfin, dans la Salle de la Naissance Divine, où Mout épouse Amon, Khonsou naît de leur union. Par cette naissance, c'est aussi Pharaon qui naît des dieux, comme Khonsou. Amon s'incarne dans le père du roi pour lui donner naissance, afin de conserver son sang divin, et renforcer par la fête d'Opet sa force, sa puissance, et sa capacité à diriger. Les erreurs qui ont pût être commises par Pharaon sont oubliées, et le peuple d'Égypte l'acclame. La formule célèbre le « culte de Pharaon » : « Il a été une fois de plus imprégné de la force divine et de la générosité, source de bonheur et de bien-être pour l'Égypte ». La fête d'Opet était aussi l'occasion pour certains de consulter « l'oracle »: devant la barque, ceux qui le souhaitent posent une question ; si la barque avance, la réponse est oui, si elle recule, la réponse est négative. Comme on le verra plus tard en Grèce, les oracles ne répondant que par « oui » ou « non », certains aléas peuvent survenir de l'interprétation des réponses de l'oracle. Remonter
Imprimer cette entréeOphidien.
Égyptologie • Adjectif.Qui apparaît sous la forme d'un serpent. Remonter
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Ophiocéphale
Deux divinités ophiocéphales porteuses d'offrandes sur les murs du temple de Philae.

Égyptologie • Adjectif.À tête de serpent. Le plus souvent, les dieux et déesses ophiocéphales sont représentés avec l'avant du corps et la tête du cobra. Remonter
Imprimer cette entréeOphtalmologie.
Sciences • Nom commun.L'ophtalmologie est balbutiante en Égypte antique. On ne connaît de l'œil, de sa structure, et de ses pathologies que la pupille (que l'on dénommée « la jeune fille (qui est) dans l'œil » en raison du reflet de la personne qui se voyait dans le noir de l'œil), la sclère (ou sclérotique, c'est-à-dire la membrane opaque qui forme le « blanc » de l'œil) ainsi que les paupières, cils et sourcils. On ignore quasiment tout de la structure interne de l'œil, telle que la rétine, la cornée, l'iris, le cristallin, le corps vitré, la choroïde, etc..ΕCependant, dans le monde antique, l'Égypte jouit d'une réputation sans faille sur les qualités et connaissances des médecins. Hérodote raconte que le roi des Perses Cyrus demanda au roi d'Égypte Ahmes (Amosis) de lui faire envoyer le plus habile médecin oculiste de son royaume. Plusieurs papyrus et inscriptions témoignent des soins apportés aux yeux des ouvriers. Retirer un corps étranger ou soigner une inflammation étaient des interventions communes. Le papyrus Ebers nous cite un exemple : « [...], pour ne pas laisser des cheveux se développer dans l'œil après avoir été retirés : résine de térébinthe. Ils ne se développeront plus de nouveaux. » Le papyrus Ebers traite rapidement des maladies oculaires telles que la conjonctivite catarrhale, la kératite, les hémorragies du globe oculaire, les ecchymoses péri-oculaires, etc. La cécité provoquée par un manque nutritif — l'héméralopie — est traitée par l'absorption de viande rôtie et de foie de bœuf écrasés, viande très riche en vitamine A. La cataracte (une augmentation de l'opacité du cristallin pouvant provoquer la cécité) était appelée « montée des eaux » par les anciens Égyptiens, qui pensaient qu'un liquide provenant du cerveau s'écoulait jusqu'aux yeux et provoquait cette opacification. On tentait de la traiter par un remède mêlant étrangement cerveau de tortue et miel... La première chirurgie de l'œil est attestée très tardivement sous la XXXIe dynastie (époque ptolémaïque) à Alexandrie. En revanche, il ne persiste aujourd'hui aucune preuve de la présence et de l'utilisation de prothèse oculaire. Les maladies oculaires sont nombreuses : blépharite ciliaire ou le trichiasis (tm rˁ rd tmsmjrjt : « quelqu'un dont les yeux ont des paupières qui ne peuvent plus produire de cils » — Papyrus Ebers, LXII, 14) ; le chalazion ou orgelet (pdsjt m mrjtj) ; la conjonctivite avec chémosis, l'inflammation conjonctivale et l'hémorragie conjonctivale ; les granulations trachomateuses (— hetae —) ; le leucome (— sh tˁnou merˁti —), une affection dont aurait été atteinte Nefertiti à l'œil gauche ; le larmoiement, le ptérygion et le xanthélasma ; le strabisme ou l'asthénopie accomodative ; l'amblyopie crépusculaire.
  • The Medical Features of the Papyrus Ebers, C. H. Von Klein, American Medical Association, Chicago, 1905.
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Oreille
Stèle votive de Mahouia, dédiée à Ptah, présentant 44 oreilles. Calcaire, originellement peint. British Museum.

Société • Nom commun.La représentation de l'oreille seule — de manière quasi naturaliste — n'est pas rare en Égypte ancienne. On la retrouve sous la forme de stèles votives, ou encore d'objets votifs. ΕSur une stèle votive en calcaire de Mahouia datant de la XXe dynastie (vers 1186-1069 av. J.-C.) conservée au British Museum (n° inv. EA 1471), ce ne sont pas moins de 44 oreilles qui sont gravées, réparties en deux groupes de 22 de part et d'autres d'une colonne de texte, et sur laquelle on a décelé des traces originelles de rouge et de bleu : l'hymne central s'adresse au propriétaire de ces oreilles, le dieu Ptah : « Prières pour l'esprit de Ptah, seigneur de la Vérité, grand de Force, Celui qui écoute ». « Celui qui écoute » (sdm) est écrit avec le hiéroglyphe d'une oreille animale ainsi qu'avec un complément phonétique m. La ligne qui apparaît au bas de la stèle à l'horizontale indique que c'est le meunier Mahouia qui a fait faire cette stèle, dédiée au dieu Ptah pour l'encourager à écouter ces prières. Le British Museum conserve également une oreille de bois (n° inv. EA 41077), datée de la fin du Nouvel Empire, vers 1200 av. J.-C., et provenant de la chapelle de la déesse Hathor à Deir el-Bahari. Il s'agit ici d'une oreille d'une facture correcte, mais percée vulgairement en son centre. Dédiée à la déesse Hathor, l'oreille a sans doute était réalisée dans un but particulier, mais qu'il nous est aujourd'hui impossible d'interpréter : était-ce une imploration à la déesse Hathor de guérir d'une maladie (ex-voto), ou encore un encouragement à la déesse d'écouter les prières du demandeur ? Remonter
Imprimer cette entréeOsiris.
Mythologie • Nom propre.Dieu des morts, souverain de l'Au-delà, époux d'Isis et père d'Horus.ΕOsiris représente toute la complexité et toute la force des croyances de l'ancienne Égypte. Lié aux cycles perpétuels, à la renaissance, et par extension au culte des morts dont il est devenu l'image absolue de la « renaissance éternelle », le dieu bénéficie de la ferveur d'un culte durant toute l'antiquité. Les mythes qui l'entourent, et les dieux qui lui sont associés l'ont rendu indissociable de la vie quotidienne et du culte funéraire. Osiris est à l'origine un dieu associé à l'agriculture et à la terre, à la vocation modeste. C'est lui qui enseigne aux hommes comment cultiver la terre et se nourrir. Pourtant, ces origines vont tracer les contours d'un devenir bien plus important. Si son nom en ancien égyptien Wsjr reste un mystère à expliquer, l'origine même du dieu est difficilement identifiable : son apparence anthropomorphe a même suggéré à certains qu'il fut un ancien roi divinisé de Busiris (« la demeure d'Osiris », l'antique Dedou dans le IXe nome), une cité située dans le Delta. D'autres proposent que le vrai nom du dieu devait rester caché aux yeux de tous pour préserver Osiris : la graphie de son nom devient alors un « rébus » pour le reconnaître : était-il « le siège de la puissance » comme le hiéroglyphe du trône l'indique, ou simplement « le puissant » ? Les diverses étymologies d'wsjr proposent de traduire le terme par « la résidence du soleil » (en adéquation avec son attachement héliopolitain ?), « le vieux » (puisqu'il est le premier des rois, le plus ancien), « le lieu de la création » (puisqu'en tant que divinité chtonienne et agraire, il fait naître la vie), ou encore « celui qui a établit son trône » (il eut fallu qu'Osiris créa son trône pour régner en premier roi d'Égypte), en témoigne cet extrait des Textes des Pyramides issu de la pyramide d'Ounas : « Assieds-toi sur le trône d'Osiris : ton sceptre-âba dans la main, tu donneras des ordres aux vivants [ici les vivants sont les Occidentaux, c'est-à-dire les morts !]  » Des mentions du dieu Osiris apparaissent déjà dès l'Ancien Empire sous la Ve dynastie, dans les Textes des Pyramides. Les rois présentent leur vœu de renaître en Osiris, et d'avoir une vie cyclique, une vie éternelle, et de parvenir après la mort à une nouvelle vie. C'est par le roi que la requête auprès d'Osiris doit être faite, en usant de la formule htp dj nsw « Puisse le roi donner une offrande à Osiris afin qu'il donne... » [D'après une traduction de Thierry Benderitter] Il faudra néanmoins attendre les troubles des première et seconde périodes intermédiaires pour que le culte d'Osiris devienne « accessible » à tout un chacun. Ces périodes de doute, d'incertitudes, conduisent chaque égyptien à s'interroger sur ce qu'il adviendra de son corps et de son âme après son trépas. Cette idée d'être préservé dans la mort s'immisce au Moyen Empire dans les cercueils : les inscriptions des Textes des sarcophages (Textes des cercueils), directement héritées des Textes des pyramides, veillent à ce que le défunt ne manque de rien et en appelle implicitement ou explicitement à l'indulgence du dieu lors de la psychostasie. Quasi immuable dans le temps, l'apparence d'Osiris est en étroite relation avec la légende qui l'entoure. Le dieu, se tenant debout ou assis, porte une longue gaine, souvent blanche, qui lui donne son apparence momiforme. De ce manteau émergent les deux bras, rabattus sur la poitrine, tenant les insignes du pouvoir pharaonique : la crosse-heka et le fouet-nekhakha. Son visage est vert, couleur de la renaissance, de la fertilité, et de la végétation renaissante après les crues du Nil. Dans un éternel cycle de renaissance, Osiris est associé aux immuables crues qui chaque année reverdissent les plaines d'Égypte. Quand le visage du dieu est noir, il symbolise le limon fertile et garantie la renaissance. Divinité funéraire, son visage noir marque aussi son assimilation au monde sous-terrain, à la mort : les momies ou les âmes sont peintes en noir. Son assimilation au pouvoir royal est aussi marquée par sa barbe postiche, et par sa couronne. La couronne-hedjet blanche de Basse-Égypte, flanquée parfois de deux plumes, coiffe le dieu funéraire, et peut laisser place à une couronne composite, telle que la couronne-atef. À son cou est suspendu le collier-ousekh. Bien que les représentations n'en fassent pas allusion visuellement, Osiris était un dieu très grand puisqu'il mesurait 4,60 mètres, selon la mention qu'en fait une inscription du temple de Dendérah. Dans les premiers temps de son histoire, Osiris est rapproché d'une divinité dénommée Andjty à Busiris. Par syncrétisme, il acquiert des pouvoirs royaux et la possibilité de régner en monarque au tout début du monde. Le syncrétisme se poursuit avec une grande ampleur à Memphis, au Nord, où Osiris va endosser les capacités chthoniennes et funéraires de Sokaris (il devient alors Ptah-Sokar-Osiris). C'est enfin dans son lieu de culte principal, Abydos, qu'Osiris éclipse peu à peu par syncrétisme une divinité plus ancienne, Khentiymentiou (ou Khentamentiou), dieu chacal gardien des nécropoles.
  • Osiris, Souverain de l'Éternité, http://www.osirisnet.net/dieux/osiris/osiris.htm, T. Benderitter

Voir aussi : Nébride. Osiris, Mythes et légendes autour d'Osiris. Osiris, Symboles associés à Osiris.

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Imprimer cette entréeOsiris Ounnefer, Osiris Oun-Nefer, Osiris Ounennefer.
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Osiris Ounnefer, Osiris Oun-Nefer, Osiris Ounennefer
Figuration d'Osiris Ounnefer devant Séthy Ier, dans le temple de Séthy Ier à Abydos.

Mythologie • Nom propre.Osiris est un dieu adulé dans toute l'Égypte : c'est lui qui a apprit aux hommes comment se nourrir en cultivant la terre et en tirant partie des crues du Nil. Il leurs a enseigné les arts et la morale. Par piété populaire, Osiris inspire la pitié, lui qui a été trahit par son propre frère, mais a su renaître par l'amour que lui portait son épouse Isis. Son fils Horus l'a vengé de « l'ennemi » venu semé le trouble. Osiris est alors adoré en tant qu'Ounnefer,  l'être perpétuellement bon . Remonter
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Osiris végétant
Un modèle de moule d'Osiris végétant. Musée du Louvre.

Égyptologie • Nom commun.Moulage en terre, ou morceau de bois sculpté empruntant la forme d'Osiris. On y plaçait des graines qui germaient dans la tombe et symbolisaient la renaissance éternelle. Remonter
Imprimer cette entréeOsiris, Mythes et légendes autour d'Osiris.
Mythologie • Nom propre.La mythologie égyptienne raconte, selon la tradition hélipolitaine qu'Osiris fut le premier des enfants de Geb, le dieu de la terre, et de Nout, la déesse du ciel, la voûte céleste. Il voit le jour en un lieu dénommé Ro-Setaou qui plus tard deviendra avec la propagation de son culte, l'entrée vers le monde d'en-bas. Naquirent ensuite Horus (Haroéris, « Horus l'Ancien »), Seth, Isis, puis Nephthys. Chacun des cinq dieux est associé à un jour épagomène du calendrier de l'Égypte antique, représentant symboliquement leur jour de naissance. De Geb son père, Osiris recevra la terre d'Égypte traversée par le ruban fertile du Nil. A contrario, son frère Seth héritera des terres désolées, stériles et désertiques, la terre rouge (decheret). Osiris s'unira de manière posthume avec sa sœur Isis (le fait n'est pas rare et n'a rien de choquant dans le contexte égyptien). Horus (Harpocrate, qui n'est cette fois-ci pas « l'Ancien ») naîtra de cette union et combattra son oncle Seth, le frère d'Osiris, pour venger son père. Enfin, le dieu funéraire Anubis serait hypothétiquement le fils adultérin d'Osiris et de sa seconde sœur Nephthys, puisque selon la légende, Osiris aurait confondu son épouse Isis avec Nephthys, si physiquement semblables. Cette seconde aurait laissé un collier de mélilot sur le lit nuptial qui aurait inquiété Isis sur ce qui se passa. Dans la tradition héliopolitaine, Osiris rejoint la Grande Énnéade de Rê ; cette place d'importance va conduire à une assimilation des deux dieux, le premier représentant le soleil diurne, le second revêtant l'apparence nocturne du disque. À cette occasion, ses deux sœurs Isis et Nephthys participent chaque matin à sa résurrection et au nouveau lever du soleil.

Voir aussi : Nébride. Osiris. Osiris, Symboles associés à Osiris.

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Imprimer cette entréeOsiris, Symboles associés à Osiris.
Mythologie • Nom commun.Les plantes, les céréales et le raisin sont liés directement à l'aspect agraire d'Osiris. Ce sont des attributs qui rappellent indéniablement ses origines et ses capacités de résurrection. Ces symboles vont de paire avec la couleur verte du visage d'Osiris. Par ailleurs, les chaouabtis et oushebtis, petites figurines funéraires, qui ont évolués avec le temps, en nombre, en qualité, et en finesse, sont l'image du défunt devenu Osiris. Placées dans sa tombe, elles travailleront à sa place dans les champs lorsqu'elles seront symboliquement appelées. Beaucoup porte une inscription du type « Le sehedj, l'Osiris, le roi Khakheperrê aimé-d'Amon, juste de voix. » [Exemple du chaouabti du Musée du Louvre, n° inv. E 7666 - H. : 10,5cm ; l. : 3,6cm ; Prof. : 2cm]. Enfin, le pilier-djed est le symbole de la colonne vertébrale d'Osiris et assure la stabilité, la force, et l'intégrité de l'énergie vitale qui s'écoule dans les corps.

Voir aussi : Nébride. Osiris. Osiris, Mythes et légendes autour d'Osiris.

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Imprimer cette entréeOsorapis.
Mythologie • Nom propre.Dieu taurin issu du syncrétisme des dieux Osiris et Apis, qui donnera plus tard par un nouveau syncrétisme le dieu Sarapis (Sérapis). Remonter
Imprimer cette entréeOstraca, Puits aux ostraca.
Égyptologie • Nom commun.Nom donné à une profonde dépression creusée au nord du village de Deir el-Médineh, après le petit temple ptolémaïque d'Hathor, qui était vouée semble-t-il à la recherche d'eau. La quête du précieux liquide n'ayant pas aboutit, le puits fut utilisé pour y jeter les milliers d'ostraca du village. La découverte de ce puits révéla par la lecture des ostraca des trésors archéologiques : les archives administratives, culturelles, la vie quotidienne, les techniques d'un village d'ouvriers et d'artisans au Nouvel Empire. Remonter
Imprimer cette entréeOstracon, Ostraca.
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Ostracon, Ostraca
Ostracon figurant un babouin jouant de la double-flûte, précédé d'une jeune fille dansant. Calcaire peint. Nouvel Empire. Musée du Louvre.

Écriture • Nom commun.Terme grec (au pluriel ostraca) issu du mot « coquille », désignant un éclat de calcaire ou de pierre ou un tesson de poterie utilisé comme support dans la rédaction de documents administratifs ou commerciaux, d'exercices de scribes, d'esquisses de dessinateurs ou comme brouillon.ΕC'est grâce à la découverte à l'extérieur du village de Deir el-Médineh d'un puits profonds de 52 mètres que les égyptologues ont pu recomposer le puzzle de l'histoire du village et de la vie au quotidien des artisans de l'Institution de la Tombe. Des milliers d'archives d'ostraca avaient été jetés dans ce puits d'époque ptolémaïque qui servait de décharge, et qui — semble-t-il — avaient été creusé dans l'espoir de trouver de l'eau à l'époque pharaonique. Remonter
Imprimer cette entréeOuabou Sekhmet, w3bw skhmt.
Égyptologie • Nom propre.Prêtres médecins sous la tutelle de la déesse lionne Sekhmet, désignés dans les soins prodigués au souverain et ses proches, et usant parfois plus de magie que de médecine pour soigner. Remonter
Imprimer cette entréeOuadi, Wadi, Oued.
Géographie • Nom commun.Terme issu de l'arabe signifiant « rivière » et désignant les lits des cours d'eau temporaires, généralement asséchés et formant une vallée souvent fortement encaissée, dans les régions d'Afrique du Nord et du Proche Orient. Le plus souvent à sec, les ouadis peuvent pourtant déplacer de très grandes quantités d'eau et de boue à la suite de fortes précipitations. Remonter
Imprimer cette entréeOuadjedj.
Mythologie • Nom propre.Divinité ophiocéphale liée aux offrande du grain aux côtés des autres "bons-démons" (agathodaimôn en grec) Âhâ-Nefer, Chaï, Mehen et Néhebkaou. Remonter
Imprimer cette entréeOuas, Sceptre-ouas.
Égyptologie • Nom propre.Autant mis à profit par le pharaon que par les dieux, le sceptre-ouas est littéralement un symbole de pouvoir, de puissance. Le sceptre formant une fourche à son pied remonte en ligne droite jusqu'à une extrémité courbée complétée par un symbole qui semble être une tête animale (chien, chacal, animal sethien ?). Remonter
Imprimer cette entréeOuaset, w3st.
Géographie • Nom propre.Nom antique égyptien de la cité de Thèbes (Thebai) en Haute-Égypte sur la rive Ouest du Nil. Remonter
Imprimer cette entréeOudjat, Œil-oudjat.
Égyptologie • Nom commun.Symbole à valeur protectrice représentant l'œil du dieu faucon Horus. La translittération complète, irt (« œil ») et wd3 (« se préserver », « protection ») retranscrit la notion d'« œil préservé », et par extension de sens l'entièreté, l'intégrité, la santé. Ε À la mort d'Osiris, son fils Horus part à la rencontre de son oncle Seth pour venger son père et récupérer le trône d'Égypte. Après de multiples batailles, Horus triomphe de Seth et monte sur le trône d'Égypte. Toutefois, au cours de l'une de ces batailles, le dieu faucon perd un œil, arraché par Seth. Thot intervient alors pour reconstituer l'œil brisé en six morceaux et le restituer à son propriétaire. L'intégrité retrouvée de l'œil-oudjat est ainsi en quelque sorte le symbole de la victoire du bien sur le mal. Les Égyptiens le portent en amulette protectrice — contre le « mauvais œil », dirait-on. En mathématique, les Égyptiens avaient recourt à la valeur de l'œil-oudjat pour indiquer toutes les valeurs de fractions, de 1/2 à 1/64 (sourcil, partie de la conjonctive, pupille, etc.). Cependant l'addition des six fractions constitutives de l'oudjat ne comptabilise que 63/64. Et c'est encore selon la légende le dieu Thot qui ajouta les 1/64 manquants à l'œil pour le rendre entier. L'oudjat devint alors synonyme de connaissance puisqu'il apportait aux scribes le 1/64 manquant à leurs calculs.

Voir aussi : Cauris.

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Imprimer cette entréeOueni l'Ancien, Ueni l'Ancien.
Histoire • Nom propre.Oueni l'Ancien « au beau nom de Nefer Nekhet Meryrê » exerce la fonction de Juge Suprême et vizir à la fin de sa carrière. Il portait déjà les titres de Gouverneur de Haute-Égypte. Il apparaît dans le texte autobiographique de Oueni l'Ancien. D'après une inscription à Abydos, il serait le fils de Iouou (Iuu), vizir avant lui. Remonter
Imprimer cette entréeOukh.
Mythologie • Nom propre.Divinité tardive dont le nom signifie « colonne », « support ».ΕCertains ont proposé l'apparition d'Oukh dès l'Ancien Empire, notamment à l'observation du hiéroglyphe représentant une colonnette papyriforme terminée par deux plumes et entourée d'une bandelette, figurant sur des objets cultuels de l'Ancien Empire et sur le pont des barques divines du Nouvel Empire. Cependant, le dieu lui-même, et non pas son emblème, n'est attesté qu'à l'époque ptolémaïque, figuré comme un lion dressé sur les pattes arrière et présentant un couteau avec chacune des pattes avant — sur le mammisi du temple d'Horus à Edfou, où l'a découvert Émile Chassinat —, et à l'époque perse, sous les traits d'un lion siégeant sous l'ombelle d'une colonne papyriforme dans le temple d'Hibis. Son origine est encore trouble : issu du XIVe nome de Haute-Égypte, il est le dieu tutélaire de la ville au nom grec de Cusae, l'ancienne capitale égyptienne Qis. Toutefois, les nécropoles associées à la cité — celles de Quseir el-Amarna et de Meir — renferment des tombes nous renseignant par la prosopographie sur le culte divin : une partie des personnages qui y furent inhumés portent des noms associant Hathor et Oukh : Oukh-hotep, Oukh-hotep fils d'Oukh-hotep, etc.. Ce dieu Oukh-ci, attesté aux côtés d'Hathor, prend la forme d'un taureau. Le nom reste énigmatique, et l'interprétation de son rôle se base uniquement sur la graphie, où figure la tige de papyrus : il est, peut-être, l'un des piliers qui supporte le ciel, tel que le laisse supposer une formulation du papyrus Harris, ou un messager qui voyage de la terre à la douat. Par ailleurs, le fétiche identifié par Sir Alan Gardiner sous la référence R16 dans son classement hiéroglyphique est à la fois celui d'Oukh et celui de Nefertoum.
  • Sur une représentation du dieu Oukh, É. Chassinat in BIFAO, IV, pp 103-104. Le Caire, 1904.
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Imprimer cette entréeOukhedou.
Médecine • Nom propre.Dans la pensée égyptienne, les oukhedou sont les mauvais démons qui viennent perturber le fonctionnement du corps et provoque les maladies. Les remèdes à ces maux sont donc à la fois magiques et médicinaux. Remonter
Imprimer cette entréeOur Senou, Our Sounou, wr swnw.
Médecine • Nom propre.Le « grand des médecins », le chef des médecins, en charge d'un groupe de guérisseurs. Remonter
Imprimer cette entréeOureret, Couronne-oureret.
Égyptologie • Nom commun.Mitre blanche complétée de deux larges plumes d'autruche. C'est par essence la couronne du dieu Osiris. Remonter
Imprimer cette entréeOusekh, Collier-ousekh.
Égyptologie • Nom commun.Large collier (son nom égyptien signifie « large » — wsḫ) qui vient reposer sur la poitrine du porteur. Il se termine par deux fermoirs plats au niveau des épaules, souvent décorés de figures de faucon. En dehors des représentations picturales, les colliers-ousekh sont constitués de perles de faïence, de pierres précieuses ou semi-précieuses, organisées en un réseau esthétique. Tout comme le collier-menat, le collier-ousekh est maintenu par un contrepoids qui retombe dans le dos du porteur. Remonter
Imprimer cette entréeOuverture de la bouche, Rituel de l'Ouverture de la bouche.
Société • Nom commun.Rite avant la mise au tombeau du sarcophage, visant à rendre au défunt la possibilité de se nourrir, de boire, de se déplacer, de parler.ΕUne fois la momie réalisée par les embaumeurs au sein de la Place Pure (Ouabet), elle est rendue à la famille. Puis le défunt est placé au sein du sarcophage, à son effigie, dont on a prit soin de reproduire les yeux, la coiffe et la barbe pour les hommes, ainsi que quelques formules « magiques ». Un prêtre, vêtu d'une peau de panthère, et parfois portant un masque d'Anubis, procède devant l'entrée de la tombe à la cérémonie rituelle de « l'ouverture de la bouche ». Assisté de temps à autres par d'autres prêtres ou délégués, il commence par la purification d'Horus (encens our résine brûlant au sein d'un bras de bronze terminé par une tête d'épervier), puis procède à la purification de Thot (versement de liquides symboliques sur le sarcophage, « plaquette aux sept huiles saintes »). Enfin, proférant les formules magiques de protection et redonnant oralement les pouvoirs de voir et de parler, le prêtre vient effleurer la bouche et les yeux du défunt avec une serpette. Il n'est nul besoin de préciser que le déroulement reste symbolique et qu'en aucun cas le sarcophage n'est percé ou incisé.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Egypte, J.-C. Goyon, Le rituel de l'embaumement, le rituel de l'ouverture de la bouche, les livres des respirations, Éditions du Cerf, Paris, 1997.
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Imprimer cette entréeOxyrhynchos, Pa-Medjayou, Per-Medjed.
Géographie • Nom propre.Site archéologique, probablement occupé originellement par une forteresse de Ramsès II, qui devint la capitale du XIXe nome de Haute-Égypte sous Psammétique Ier (dont le cartouche encerclant le nom de Ouahibrê figure dans la tombe n° 1).ΕLe nom grec de cette cité provient de l'oxyrhynque (ou mormyre), poisson vénéré dans le XIXe nome de Haute-Égypte, qui remonte le Nil avec la crue pour s'accoupler. Son nom égyptien, k_ˁ.t, désigne à la fois l'animal et le cadavre momifié qui doit renaître. Cette ville située à environ 200 kilomètres au Sud du Caire et qu'on nomme aujourd'hui Bahnasa est connue dans les textes coptes sous l'appellation Pemdjé. Quant aux Égyptiens de l'Antiquité, ils l'appelaient P(3)-Md3y.w (« Pa-Medjayou », « Celle des Medjaï ») ; l'allusion aux Medjaï fait écho à ce peuple de gardiens chargés par les ramessides d'assurer les frontières du pays. Et plus tardivement, elle devint sous Piankhy Pr-Mdd (« Per-Medjed », « la demeure de la rencontre ? »), peut-être par allusion à la confrontation entre Seth, le dieu de ce nome à la XXVe dynastie, et Horus. Les Grecs y adoraient Athéna, identifiée aux déesses Neith — déesse de la chasse, divinité tutélaire de la ville de Saïs — et Taouret (Touéris). Il y eut sans doute plusieurs sanctuaires dédiés à Taouret, comme en témoigne le papyrus copte du martyre d'Apa Epima, mentionnant un temple de Taouret à proximité du forum et du tétrastyle. Les vestiges de la cité gréco-romaine — les ruines d'une porte monumentale, de bains, d'un hippodrome, d'un théâtre, d'un nilomètre, etc. — sont en partie encore visibles à l'Ouest du site. La ville pouvait compter à la période romaine jusqu'à 3600 habitant. Un autre culte est rendu à Medjaï, une déesse assimilée à Isis, puisqu'elle donne naissance à Dédoun, une forme d'Horus. Des autels à cornes accueillent des libations quotidiennes par l'eau et par le lait, effectuées par une prêtresse d'Isis. On a pu y découvrir de nombreux ex-voto réalisés en bronze, empruntant la forme du poisson emblématique, coiffés d'une couronne hathorique, et frappés d'une formule type pour Taouret : « Touéris qui donne vie à Onnouphris, fils de Sisobek ». En ces lieux, le culte de Touéris répond à l'incarnation de la crue du Nil régénérante et à la renaissance végétale. Plusieurs statues et stèles funéraires de calcaire peint, datées aux environs du IIIe siècle de notre ère, sont aujourd'hui exposées au Musée du Louvre. Les fouilles actuelles menées par une équipe française associée à l'Université du Caire et de celle de Barcelone exploite pour le moment trois zones d'Oxyrhynchos : la ville gréco-romaine, l'osireion et la nécropole haute. La ville gréco-romaine a fait l'objet d'un repérage du plan du site, s'appuyant sur les relevés de Flinders Petrie, sur des relevés réalisés par les équipes actuelles et sur une prospection géophysique. L'osireion a été fouillé suite à une tentative de pillage par des fouilleurs clandestins en un lieu nommé « le temple de Ramsès II ». Cette butte d'environ 3,5 mètres de haut, située à 1,5 kilomètres de la nécropole haute, comportait de nombreux « Osiris végétants », dont on connaissait l'existence, bien que leur provenance demeurait un mystère. La plupart, ithyphalliques ou momiformes, sont des modelages de bitume, d'onguents, de sable et de natron dans lesquels sont placées des graines d'orge ; coiffés d'une couronne d'or et des signes de la royauté, ils sont enveloppés dans des bandelettes de lin. Une nécropole aménagée de chapelles — ou niches — a été creusée dans cette butte de calcaire : un appareil de blocs imposants soutient une voûte qui couvre la galerie. L'une de ces chapelles comportait une statue d'Osiris momiforme, sans doute réalisée pour être tenue allongée, comme en témoigne le dos mal équarri. La colline devait être surmontée de deux acacias (dont les flèches de la déesse Neith sont faites) et d'un jujubier, trois arbres épineux qui, sur un plan pratique, éloignent les animaux, et sur un plan symbolique, évoquent la renaissance d'Osiris.
  • La majorité des informations ici présentes sont basées sur les travaux réalisés sur ce site :
  • Oxyrhynchos, M. Erroux-Morfin, Institut d'Égyptologie François Daumas — Université Paul Valéry — Montpellier III. À découvrir en ligne : Voir le site
  • Le forum L'Égypte de DDChampo a publié un résumé de la conférence tenue par M. Erroux-Morfin à Grenoble le 25 avril 2009 :
  • Oxyrhynchos - M. Morfin - Grenoble le 25 avril, Collectif. À découvrir en ligne : Voir le site
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