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Nécrotaphe

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65 entrées trouvées.

De Maadi et Toura, Cultures de Maadi et Toura à Musique, Ensembles musicaux et formations musicales

Imprimer cette entréeMaadi et Toura, Cultures de Maadi et Toura.
Histoire • Nom commun.Cultures de l'énéolithique et du chalcholithique en Basse-Égypte débutant vers 4 000 av. J.-C., marquées par l'utilisation du cuivre. Remonter
Imprimer cette entréeMaadi, Culture du Maadi.
Histoire • Nom propre.Le complexe de Maadi (à une dizaine de kilomètres au sud du Caire) émerge de part sa forte culture avant la période des Nagada, et donne son nom à la culture prédynastique de Maadi-Bouto. Probablement reliée au Fayoum et à Merimdé (culture datée d'environ 500 ans plus tôt), les cultures sont en plusieurs points semblables. Toutefois, Maadi ne comporte pas la stratification sociale de Merimdé, les activités guerrières et conquérantes, la stratégie d'expansion de Nagada, mais poursuit une forte volonté de développement commercial. ΕLa culture artistique de Maadi est caractérisée par la présence de têtes de massues en forme de disque, de palettes et de vaisselle de pierre, ainsi que quantité de cuivres. Les Maadiens font du commerce l'une de leur force : ils entretiennent des contacts avec la Palestine, la Haute-Égypte et la Lybie. Ils exportent des céréales et importent du cuivre du Sinaï, de la graisse, de l'huile du Levant, des aromates, des lames de lances, etc.. Malgré ses ouvertures « internationales », la culture de Maadi cédera sous la culture gerzéenne, probablement liée elle-même à celle de Nagada, et profitant des accès et routes du commerce de Maadi. On suppose que la culture de Maadi fut contemporaine de la culture amrahtienne mais aussi du début de la culture gerzéenne. Maadi fut abandonnée vers le milieu de Nagada II, mais Tell Fara'in-Bouto, à l'Ouest du Delta, subsista sous la culture de la Basse-Égypte pendant deux siècles jusque Nagada II. Remonter
Imprimer cette entréeMafdet, Maftet.
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Mafdet, Maftet
Sur la partie inférieure, deux genettes sur des tiges de papyrus.

Mythologie • Nom propre.Déesse protectrice et dangereuse, Mafdet, en raison des représentations qu'il nous en reste, a souvent été considéré comme une déesse léopard, guépard, voire lionne. Pourtant, représentée escaladant sur un harpon, ou un « paquetage d'armes » (signe T18 de la Sign List de Gardiner), Mafdet est sans doute une genette, animal se réfugiant pour dormir dans les arbres, et chassant la nuit.ΕCet animal qui n'excède pas 90 centimètres de long vit de nos jours autant en Europe qu'en Afrique. Pourvue d'un corps allongé terminé par une longue queue, la genette est un mammifère omnivore et carnassier utilisant la réceptivité de ses grandes oreilles pour chasser la nuit. Citée dès la Ière dynastie, Mafdet apparaît dans les Textes des pyramides, et notamment dans la pyramide d'Ounas : elle est « Celle qui préside au Château de Vie » (ḥntit hwt-ˁnḫ). Primitivement, la déesse dont le nom signifie « Celle qui court » protégeait le Pharaon contre les attaques des serpents (et notamment, dans la mythologie, les attaques du serpent rrk), des scorpions, de la vermine et des autres animaux du désert. En tout état de cause, la genette défendait les appartements royaux, comme on se débarasse de nos jours des souris avec l'aide de chats. Dans son rôle de dévoreuse de serpent, Mafdet est parfois confondue avec la mangouste, ou ichneumon. Mafdet est devenu l'incarnation de la force destructrice du pharaon lorsque celui-ci se sert d'un harpon — ainsi appelé « les griffes de Mafdet » — ou d'un bâton de jet dans les scènes de chasse. Il semble que peu à peu le rôle de Mafdet ait été annexé au chat, probablement sous la forme de la déesse Bastet. Les papyri de la fin du Nouvel Empire mentionnent parfois Mafdet comme celle qui veille au respect de la justice lors de la pyschostasie dans le Livre des morts.
  • Dents et mâchoires dans les représentations religieuses et la pratique médicale de l'Égypte ancienne, T. Bardinet, Editrice Pontifico Istituto Biblico, Rome, 1990.
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Imprimer cette entréeMahou.
Histoire • Nom propre.Deuxième prophète d'Amon sous le règne d'Hatshepsout dont la tombe à Cheik el-Gournah porte le numéro 120. Remonter
Imprimer cette entréeMammisi, Maison de Naissance.
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Mammisi, Maison de Naissance
Le mammisi du temple d'Horus à Edfou.

Égyptologie • Nom commun.Temple de petites dimensions, à proximité du temple principal, utilisé lors des mystères de la naissance divine.ΕC'est Jean-François Champollion qui donna à ce « lieu de naissance » le nom littéral de mammisi. Durant l'antiquité, un cortège de prêtres portaient les barques abritant les statues des dieux pour les amener sur la voie sacrée jusqu'au mammisi, où devait naître le fils divin (on pensera notamment à Harsomtous — Harsamtaoui —, fils d'Horus et Hathor de Dendérah).
  • Les Mammisis de Dendera, F. Daumas, IFAO, Le Caire, 1959.
  • Les fêtes du Mammisi, E. Louant, in Égypte, Afrique & Orient, n° 32, Décembre 2003, p. 31 à 48.
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Imprimer cette entréeMandjyt, Mndjy.t.
Mythologie • Nom propre.Nom donné à la barque de Rê pendant son voyage diurne. Remonter
Imprimer cette entréeMandoulis, Mandulis, Merour, Mrwr.
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Mandoulis, Mandulis, Merour, Mrwr
Représentation des deux ba de Mandoulis sur le temple de Kalabsha. Photo © A. Guilleux, Une promenade en Égypte.

Mythologie • Nom propre.Dieu aux apparences multiples, d'origine nubienne.ΕMandoulis, dont le nom grec dérive de l'ancien égyptien Mrwr (Mrw, Mrwl, Mrwtr...), est principalement adoré par les peuples de Nubie, et notamment les Blemmyes de Basse-Nubie. On retrouve le dieu dans le grand temple qui lui est consacré en Nubie (temple de Kalabsha), mais également sur l'île de Philae où une chapelle et d'autres constuctions lui sont consacrées, et servirent au culte que rendaient encore les Blemmyes à Mandoulis après la christianisation. Dieu polymorphe, il est le lion puissant, cher aux peuples de Nubie, mais apparaît également sous des formes liées au culte solaire et au culte osiriaque : Mandoulis est l'oiseau à tête d'homme, coiffé de la perruque-ibes, du bandeau-seshed et surmonté de la couronne hemhem, semblable au ba, mais aussi le faucon ou l'homme à tête de faucon, tout comme Horus. Tantôt jeune homme, tantôt enfant (portant la tresse caractéristique, la « mèche de l'enfance »), il est représenté sur une fleur de lotus, incarnant ainsi la renaissance solaire. Dans la conception des cycles, le ba de Mandoulis, dressé sur un cobra se tenant sur le sm3-t3wy et émergeant d'un fourré de lotus incarne le retour de l'inondation marquant le jour de l'an et la renaissance solaire. Mandoulis sera d'abord un fils d'Isis et Osiris, avant de devenir par syncrétisme Horus, le fils même d'Isis et d'Osiris (Zeus) pour les Grecs. Son culte connaît ainsi un essor incroyable à l'époque ptolémaïque et se maintient jusqu'aux environs du VIe ou VIIe siècle. Mandoulis est également associé à la déesse Satet (la Satis des Grecs), déesse de la première cataracte du Nil, ainsi qu'à la déesse cobra de Bouto, Ouadjet.
  • Une promenade en Égypte, A. Guilleux, à découvrir en ligne : Voir le site
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Imprimer cette entréeMastaba.
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Mastaba
Le mastaba de Niankhkhnoum et Khnoumhotep, découvert sous la chaussée d'Ounas à Saqqarah.

Architecture • Nom commun.Nom donné aux tombes de l'Ancien Empire que, par pur privilège pharaonique, les membres de la famille royale et un nombre considérable de hauts dignitaires de l'État se firent construire dans l'entourage de la pyramide du souverain lui-même.ΕIssu de la langue arabe moderne, le terme mastaba définit les banquettes de forme trapézoïdale que l'on peut encore voir de nos jours devant certaines maisons villageoises égyptiennes. C'est ce vocable que l'égyptologue français Auguste Mariette (1821-1881) retint pour qualifier les tombeaux de l'Ancien Empire, tout étonné qu'il fut de la ressemblance entre les deux silhouettes. Bien qu'il y en ait de toute forme et de toute superficie, le mastaba se compose de deux parties importantes et indépendantes l'une par rapport à l'autre : un caveau creusé plus ou moins profondément et aménagé au fond d'un puits vertical dans lequel repose le sarcophage ; et une chapelle, à la surface, souvent richement décorée, accessible à la famille et aux amis afin que puisse être célébré, à des moments bien précis, le culte funéraire, essentiellement alimentaire, que l'on rendait au défunt. Cette chapelle pouvait soit consister en une seule niche dans laquelle une stèle rappelant le défunt avait été déposée, soit en une pièce de dimensions variables. Remonter
Imprimer cette entréeMédecin.
Sciences • Nom commun.L'historien grec Hérodote rapporte dans ses Histoires (datées de 450 av. J.-C.) l'état du système médical en Égypte : « En Égypte, chaque médecin ne soigne qu'une maladie. Aussi sont-ils légions ; il y en a pour les yeux, d'autres pour la tête, les dents, le ventre et d'autres mêmes pour les maladies non localisées. »ΕLes médecins peuvent soigner tout Égyptien, quelque soit son rang. Plusieurs « castes » de médecins existent, exerçant dans des lieux différents, pour des patients différents : le swnwsounou » ; Il existe également les titres de wr swn.w — chefs des médecins —, pour le médecin en charge d'un groupe de guérisseurs), les w3bwouabou »), ou w3b.w sḫm.t, ainsi que les s3.wsaou »). Le classement des opérants dans ces divers profils est moderne. En réalité, il y eut sans doute des médecins officiant aux trois rangs : traiter les maladies, prescrire et préparer les remèdes, et proférer les incantations magiques adéquates.

Voir aussi : Ouabou Sekhmet, w3bw skhmt. Saou, sAw. Sounou, swnw.

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Imprimer cette entréeMédecine.
Sciences • Nom commun.La médecine égyptienne de l'antiquité s'avère très tôt fortement évoluée. Attestée déjà aux alentours de 4000 av. J.-C., les Égyptiens furent parmi les premiers peuples à posséder des médecins, dont sans doute l'un des plus illustres fut Imhotep. Connaissant les remèdes à tous leurs maux quotidiens (piqûres de scorpions et d'abeilles, morsures de serpents, coups de soleil, certaines maladies des yeux, etc.), ils font également appel au dieu Thot, le dieu scribe qui possède la connaissance et sait soigner les blessés au combat. Même s'il est peu fréquent que l'Égyptien ancien meurt de vieillesse, et que bien souvent il décède des causes de maladie ou d'une violence quelconque, guérir et soigner s'avère essentiel pour conserver l'enveloppe corporelle qui doit durer dans l'éternité et permettre au défunt de vivre convenablement dans l'Autre Monde. ΕCependant, même si à chaque maladie, à chaque accident, un médecin peut intervenir, les pathologies et leurs causes restent mystérieuses pour l'ancien Égyptien. On conçoit alors que des mauvais esprits s'insinuent dans les corps et répandent leur poison. On nomme ces mauvais démons oukhedou. Aussi la science médicale est elle intimement liée aux croyances et à la religion : il s'agit de nettoyer le corps de ces mauvais esprits en proférant louanges, incantations et prières aux dieux et déesses (et notamment Sekhmet la déesse lionne), en usant d'amulettes magiques et en injectant diverses préparations médicales odorantes dans les orifices corporels. On sait aussi grâce à diverses sources, parmi lesquelles le Papyrus Insinger, que les anciens Égyptiens avaient conscience de l'importance d'une nourriture variée et équilibrée dans le maintien de leur santé. « La vie d'un homme qui contrôle l'excès est la vie d'un homme au cœur sage. Les légumes et le natron sont les meilleures nourritures qui peuvent être trouvées. La maladie arrive à un homme lorsque que la nourriture lui nuit. Lui qui mange trop de pain souffrira de la maladie. [...] Toutes sortes de maux sont dans les membres à cause de la nourriture en excès. Lui qui est modéré dans sa façon de vivre, sa chair n'est pas dérangé. La maladie ne le brûle pas, lui qui s'est modéré sa nourriture. [...]  ». Traduction du papyrus démotique Insinger Plusieurs haut-lieux de la médecine était réputés dans l'Antiquité : la ville d'Héliopolis (Iounou ou Onou-Iounou), connue pour son importante « faculté » de médecine, la cité de Saïs (Saou) ou encore Thèbes (Ouaset). Remonter
Imprimer cette entréeMédecine, Dieux de la médecine.
Sciences • Nom commun.Les dieux sont nombreux à être invoqués dans la pratique de la médecine : on y retrouve Isis, la première magicienne de l'histoire — mythique — de l'Égypte, qui réussit à réveiller son époux Osiris dépecé par Seth, mais également à être fécondée par le dieu funéraire « par magie ». Leur fils Horus intervient le plus souvent dans les cas de morsures d'animaux (des stèles que l'on nomme aujourd'hui stèles d'Horus aux serpents étaient utilisées pour se prémunir magiquement des piqûres et morsures des animaux du désert), tout comme Selket (ou Serqet, ou Selkis en grec) pour les piqûres et morsures animales.ΕDans l'acte d'accouchement interviennent la déesse hippopotame au ventre imposant Taouret (Touéris), le dieu nain Bès — qui protège aussi le sommeil des dormeurs des mauvais génies — et la déesse vache Hathor, femme par excellence, déesse de l'amour et de l'ivresse. Thot, dieu de la connaissance est aussi patron des oculistes (selon la légende, c'est lui qui aurait remis en place l'œil d'Horus arraché par son oncle Seth, et qui aurait proclamé « Je suis Thot, le guérisseur de l'œil d'Horus. »), tandis que le premier médecin et vizir du roi Djoser, Imhotep (que les grecs de l'Antiquité adoreront en tant qu'Asklépios et les romains Esculape), ainsi qu'Amenhotep fil de Hapou (grand architecte d'Aménophis III) sont également invoqués pour leurs connaissances. Enfin, le dieu quasi omniscient et universel dont le culte est fortement répandu au Nouvel Empire : Amon, « le caché », « Celui qui détruit le mal, chasse la maladie. Le médecin qui guérit l'œil sans user de remèdes. » Remonter
Imprimer cette entréeMédecine, Limite de la médecine et rationalisation.
Sciences • Nom commun.On est en droit de se demander pourquoi une médecine qui nous semble si évoluée, avec des milliers de remèdes, des plantes médicinales par myriades, des diagnostiques parfois réalistes, n'a pas connu un plus grand essor, et s'est parfois arrêtée à une explication mystico-religieuse. On peut en déduire plusieurs raisons : en premier lieu, la constatation d'une mauvaise guérison, ou tout simplement d'aucune guérison, suite à un traitement prodigué par un médecin, qui aurait pourtant suivi les enseignements de ses anciens, amène à douter et à se rabattre sur la solution prophylactique de l'utilisation d'amulettes, d'ex-votos, et de formules magiques. Ensuite, tenter de guérir avec analyse, diagnostic et soins appropriés une maladie revient à écarter la possibilité d'une intervention divine sur la vie des humains : aussi, plus les prêtres-médecins acquièrent de connaissances médicales, plus la légitimité de leur rôle religieux s'efface. Aussi est-il impensable pour un clergé polythéiste d'éloigner de leur raisonnement des dieux qui peuvent à la fois guérir, mais aussi détruire et nuire. Remonter
Imprimer cette entréeMédecine, Médecine et Beauté.
Société • Nom commun.Il est agréable d'être en bonne santé, mais pour l'Égyptien antique, être beau est également une priorité. Les médecins fournissent à leurs patients divers produits pour s'entretenir : fard à joue, onguents divers, kohol pour protéger les yeux, mais également pour se maquiller, diverses préparations pour entretenir une peau douce et ferme... Certains remèdes ont été élaborés pour lutter contre la perte et le grisonnement et blanchiment des cheveux. Remonter
Imprimer cette entréeMédecine, Raisonnement médical et diagnostic.
Sciences • Nom commun.La médecine égyptienne — de même que la médecine babylonienne — s'attache très tôt à utiliser un raisonnement médical. Après un examen du patient comprenant l'inspection générale, la palpation, le test de percussion et la prise de pouls, les symptômes recensés amènent à trois voire quatre propositions : premièrement, la constatation clinique des troubles ressentis par le malade ou diagnostiqués par le médecin, et l'interrogation du malade, de son entourage, et l'enquête sur ces antécédents familiaux. Deuxièmement l'indication d'un diagnostic sur la maladie ou le trouble. Troisièmement, un pronostic sur le suivi de la pathologie (il s'agit de déterminer si la maladie est curable, potentiellement curable moyennant un essai thérapeutique, ou totalement incurable voire fatale : dans dernier ce cas le médecin s'abstiendra de tenter un quelconque traitement et fera la quatrième proposition en enseignant au malade les formules, prières et incantations pour espérer guérir). ΕLa dissection n'est pas pratiquée. Les médecins n'acquièrent de connaissances sur l'anatomie humaine intérieure que par le biais des embaumeurs, chargés d'éviscérer les défunts et de les vider de tous liquides corporels. On ne désigne pas encore clairement le rôle de chaque organe : les poumons semblent plus importants que le foie, tandis que l'on considère que le cœur est le siège de la pensée et de l'esprit. A contrario, on sait que les vaisseaux sanguins irriguent le cœur, puisque la prise du pouls met en exergue leur utilité : « l'endroit où le cœur parle ». Un même mot (mt, mtw au pluriel) sert indifféremment à désigner les veines, les artères, les canaux, les nerfs et les tendons. « Si les prêtres de Sekhmet ou tout autres médecins apposaient leurs mains (ou) leurs doigts sur la tête, sur le derrière de la tête [la nuque], sur le dessus des deux mains, sur l'impulsion (le pouls ?), sur les deux pieds, il mesure (hˁt) le cœur, parce que les vaisseaux sont derrière la tête et dans l'impulsion ; et parce que sa pulsation et dans chaque vaisseau de chaque membre." — Traduction du papyrus Edwin Smith, cas n°1. Remonter
Imprimer cette entréeMédicaux, Ingrédients des remèdes médicaux.
Sciences • Nom commun.La thérapeutique résultait bien souvent de remèdes magico-religieux plutôt que de réels « médicaments ». Dans l'optique d'une maladie provenant d'esprits maléfiques, de mauvais agents dans le corps, les ingrédients peuvent à nos yeux paraître exotiques et farfelus.ΕParmi les substances utilisées, on trouvait des excréments et des éléments dédiés à chasser l'esprit qui a envahi le corps par la répugnance : urines animales, organes génitaux animaux (utérus de chatte, vulve de chienne, pénis d'âne, etc.), eau souillée, fiente, excréments animaux et même humains... D'autres éléments entrant dans la composition des « remèdes » étaient tout aussi étonnants : poil de singe, queue de truie, chair et sang de sauriens, « infusion » de scorpions... La magie médicale pouvait aussi faire usage d'ingrédients traditionnels, souvent comme excipients : bile, viande (cicatrisant), cervelle, graisse et sang d'animaux, miel (antiseptique local), lait animal et lait de femme ayant enfanté un garçon... On a recourt également à des substances minérales : la chaux, le cuivre et l'oxyde de cuivre et de fer, le lapis-lazuli réduit en poudre, le sel (le natron utilisé par les embaumeurs), l'ocre jaune pour les brûlures, le sulfure d'arsenic, et bien d'autres. Enfin, la pharmacopée est riche et variée (le papyrus Ebers recense presque 500 plantes à usage médicinal) : on utilise l'acacia, l'ail, l'aloès, le blé (problèmes de peau), le benjoin, la camomille, la coloquinte, la coriandre (connue pour ses vertus rafraîchissantes, stimulante et digestives. Elle est souvent utilisée pour atténuer l'aspect irritant d'autres épices), la caroube, le cumin (les graines sont considérées comme stimulantes et efficaces contre les flatulences. On l'utilise mélangé à l'eau pour soulager les douleurs arthritiques, et également mêlé à de la graisse ou du saindoux en suppositoire anal pour apaiser les démangeaisons), le cyprès, les dattes, l'ébène, l'encens (contenant comme le hachisch du tétrahydrocannabinol anesthésiant la douleur), le pavot (les médecins devaient avoir une idée relativement bonne des propriétés de cette plante), la mandragore (provenant du pays de Canaan, puis cultivée de manière endémique au Nouvel Empire, elle serait aphrodisiaque et provoquerait des états d'inconscience), la menthe (problèmes digestifs et gastriques, et vertus énergétiques), la rose, le safran, le styrax, le sycomore, l'oignon, l'orge grillé, le mélilot, le lotus, la myrrhe, le pavot à opium (anesthésiant, anti-douleurs, somnifère), la noix, le papyrus... D'autres substances végétales sont sujettes à controverse, puisque le climat antique n'était pas le même qu'aujourd'hui : certaines plantes ont-elles pu exister sur la terre des pharaons ? D'autres plantes aujourd'hui visibles en Égypte étaient-elles présentes dans l'Antiquité ? Le remède est préparé selon un protocole rigoureusement préétabli. L'administration se fait sous toutes les formes : en potions, en mélanges compacts, en pâte, en baumes et en pommades, en collyres appliqués avec une « plume de vautour », par fumigations ou par lavement, par injections vaginales. Pour que le remède puisse être aisément absorbé, on le mêlait à du miel, du lait, de la bière ou du vin. Remonter
Imprimer cette entréeMédicaux, Instruments médicaux.
Sciences • Nom commun.Beaucoup d'instruments de médecine utilisés aujourd'hui étaient déjà en usage dans l'Égypte pharaonique, soit dans une forme moins évoluée, soit parfois à l'identique : scalpels, couteaux divers, pinces, pointes et poinçons, aiguilles et fil à recoudre, compresses, forceps, divers pots et vases pour contenir les remèdes, ingrédients et onguents, balances, cuillers, etc.. Les archéologues ont également mis au jour de nombreuses prothèses, pour les doigts, les mains, sans que l'on soit sûr de leur usage médical. La plupart des instruments tranchants sont d'abord munis d'une lame de pierre, le plus souvent du silex ou de l'obsidienne. Par la suite ils évolueront avec d'abord une lame de bronze, puis une lame de fer. La stérilisation du matériel apparaîtra conjointement avec l'utilisation de ces métaux. La cautérisation du matériel à la flamme permettait également de limiter les saignements lors de l'incision de vaisseaux. Remonter
Imprimer cette entréeMédicaux, papyri médicaux.
Sciences • Nom commun.Les papyri médicaux nous ont révélé comment les anciens Égyptiens percevaient les maladies et comment ils guérissaient. Dans les temples se trouvait une salle appelée « maison de vie » (pr ˁnḫ) où les jeunes médecins pouvaient peaufiner leurs connaissances auprès de grands médecins, et consulter dans les bibliothèques des papyri médicaux, que les scribes recopiaient sans cesse afin de conserver la mémoire de cette science. Un certain nombre de ces papyri sont pour partie ou entièrement dédiés à une spécialité.ΕLe papyrus Ebers traite d'ophtalmologie, des troubles du système digestif, des pathologies de la tête et de la peau, et de maladies spécifiques telle l'ˁ3ˁ, que certains ont identifié comme une sorte de S.I.D.A. antique, mais qui a probablement plutôt été un trouble du conduit urinaire. Il contient également une compilation de travaux tardifs de prescriptions et quelque sept cents « recettes » pharmaceutiques. Trois textes sont destinés à la protection du médecin lui-même qui doit intervenir dans un climat religieusement dangereux (des forces négatives se trouvent dans le corps du malade). Acquis d'abord en 1862 par Edwin Smith, puis cédé à Georg Ebers en 1872, il proviendrait de la rive Ouest de Louxor, probablement de la même tombe que le papyrus Edwin Smith, et est visible actuellement à la Bibliothèqe de l'Université de Leipzig. Plusieurs traductions en ont été faites, notamment celle en anglais du docteur Cyril Brian, d'après une précédente version en allemand du docteur Joachim en 1890 ; une seconde a été faite par le docteur Ebbell, mais certains passages seraient de traduction douteuse. Le papyrus Ebers est daté de 1534 av. J.-C., sous le règne d'Amenhotep I. Il est difficile de suivre le sens du texte, le scribe ayant très certainement mal recopié les remèdes et maux. Le papyrus Edwin Smith, découvert en 1862 par l'égyptologue qui lui a légué son nom, est un traité de pathologies internes et de chirurgie osseuse, long de 4,50 mètres. On y trouve quarante-huit cas de blessures et lésions ainsi que leurs traitements. Il a été traduit en partie par Smith lui-même, puis par Von Daines, Grapon et Westendorf en allemand. Le papyrus comporte 377 lignes sur le recto organisées en 17 pages, et 92 lignes sur 5 pages au verso. Il serait daté aux environs de 1550 av. J.-C. et proviendrait de la tombe d'un médecin. Le papyrus Edwin Smith est l'un des rares papyri médicaux à n'avoir quasiment pas recours aux formules magiques. Le papyrus Hearst reprend plusieurs des recettes que l'on trouve dans le papyrus Ebers. Il est daté du règne de Thoutmosis III, XVIIIe dynastie et est conservé à l'Université de Californie. Le papyrus gynécologique de Kahoun traite surtout de gynécologie. Très fragmentaire, ce papyrus datant du règne d'Amenemhat III, vers 1825 av. J.-C. a été découvert par Flinders Petrie en 1889 et est aujourd'hui conservé à l'University College London. D'autres papyri existent, notamment celui de Berlin ou celui de Londres. Ils contiennent d'autres traités de médecine, des pathologies et des remèdes, mais également des incantations magiques de guérison et de protection. Le papyrus de Chassinat, écrit au IXe siècle av. J.-C. (époque copte) est le dernier papyrus médical égyptien connu et contient des recopies de prescriptions ophtalmologiques sur les affections oculaires. De fait, il est utile à la compréhension de passages complexes d'autres papyri médicaux.
  • Les papyrus médicaux de l'Égypte pharaonique, T. Bardinet, Éditions Fayard, 1995.
  • The Edwin Smith Surgical Papyrus- Published in Facsimilie and Hieroglyphic Transliteration with Translation and Commentary in Two Volumes, J. H. Breasted, The University of Chicago, Chicago, 1930.
  • The Edwin Smith Surgical Papyrus - Volume One, Hieroglyphic Transliteration, Translation and Commentary, J. H. Breasted, The University of Chicago, Chicago, 1930.
  • The Edwin Smith Surgical Papyrus - Volume Two, Facsimilie Plates and Line for Line Hieroglyphic Transliteration, J. H. Breasted, The University of Chicago, Chicago, 1930.
  • The Papyrus Ebers. The Greatest Egyptian Medical Document, B. Ebbell, Levin and Munksgaard, Copenhage, 1937.
  • The Papyrus Ebers, A New English Translation, Commentaries and Glossaries, P. Ghalioungui, Academy of Scientific Research and Technology, Le Caire, 1987.
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Imprimer cette entréeMédinet Habou, Complexe de Médinet Habou.
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Médinet Habou, Complexe de Médinet Habou
L'une des salles du palais royal de Médinet Habou, où le souverain recevait les visiteurs.

Géographie • Nom propre.Situé au sud de la nécropole thébaine et à 1,5 km au sud-ouest du Ramesseum (le « Temple de Millions d'Années » de Ramsès II), le temple de Médinet Habou porte aujourd'hui le nom arabe de ce que les anciens Égyptiens appelaient Djémé et que les Coptes nommaient Djemi. ΕDurant l'époque pharaonique, on accède au « Château » ou « Temple de Millions d'Années » par le Nil en remontant un canal artificiel aujourd'hui ensablé. Les bateaux s'arriment à un débarcadère surélevé, entouré de deux escaliers. Une rampe d'accès remonte du bassin vers le temple. Une première enceinte en pierre de taille et de faible hauteur entoure l'ensemble architectural. Non bastionnée, elle apparaît percée par une porte sur sa face tournée vers l'Est, dans le prolongement du débarcadère. L'enceinte modifie légèrement sa trajectoire à mi-chemin du temple pour éviter un temple funéraire plus ancien, édifié par Ay et Horemheb à la fin de la XVIIIe dynastie. Une seconde enceinte intérieure, à peine distante de quelques mètres de la première, s'enroule sur environ 320 mètres de longueur et 220 mètres de largeur autour du complexe. Atteignant 18 à 20 mètres de hauteur, cette ceinture de briques crues épaisse de 10 mètres s'inspire profondément des modèles asiatiques. Ramsès III côtoye ce style utilisant créneaux, tourelles, portes fortifiées et chemins de ronde durant ses campagnes en Palestine et en Syrie. Tous ces aspects sont présents sur le site de Médinet Habou, y compris les tours de garde, dénommées, selon le terme sémitique, « migdols » : un sur la face avant du temple (vers l'Est) qui est toujours en place aujourd'hui, et probablement un sur la face arrière (vers l'Ouest) dont il ne reste rien. L'emprunt du style n'est en aucun cas un effet de mode de l'époque, mais une volonté affirmée de Ramsès III de prouver sa toute puissance et ses victoires sur les peuples d'Asie : sur les migdols le roi exécute ses ennemis devant les dieux du panthéon égyptien ; une frise représentant sept prisonniers ligotés vient affirmer la puissance triomphale du roi sur les sept ennemis héréditaires de l'Égypte. Tout à l'inverse, une fois que l'on pénètre dans la forteresse sur deux étages, les bas-reliefs présentent un registre iconographique différent : plus de violences, de terreur, de guerres et de batailles, mais le roi qui se restaure, respire des fleurs, joue au senet avec ses filles, etc.. On suppose du fait de ces représentations que le roi venait en séjour dans ce temple pour se distraire, se reposer, et rencontrer les membres de sa famille et les femmes du harem royal. L'une des scènes du migdol est sans doute une métaphore érotique : le roi approche sa main du pubis d'une de ces filles, dans une gestuelle intimiste, tandis qu'en d'autres endroits, il vient effleurer le coup d'une autre. Le paisible État égyptien de l'Ancien Empire a mué en ces temps vers un pouvoir despotique et terrifiant qui justifiera un éclatement de la société, des révoltes locales et la prise du pouvoir par le clergé d'Amon — tandis que la Basse-Égypte se constituera indépendante avec la XXIe dynastie de Tanis. C'est devant ces remparts que des ouvriers du village de Deir el-Medineh de l'Institution de la Tombe, dont le salaire avait été détourné par des fonctionnaires peu scrupuleux, se coucheront et entameront la première grève connue de notre Histoire. Après un large espace non couvert, on accède au premier pylône, large de 75 mètres, témoignant de l'architecture colossale du style ramesside à son apogée. Une première représentation guerrière sur la partie Nord montre Ramsès III devant Rê-Horakhty dans des proportions surhumaines, tenant d'une main les cheveux des captifs qu'il s'apprête à exécuter d'un coup de massue, qu'il tient dans l'autre main. Sur le côté sud, la même scène est reprise, figurant cette fois le roi devant Amon. Une fois le pylône traversé, on accède au temple de Ramsès III, seul édifice construit en belle pierre, centré par rapport à l'ensemble du site, et toujours dans l'axe Est-Ouest. Ces proportions atteignent 160 mètres de long sur 55 mètres de large. Sur la gauche de ce temple, au Sud-Est, se dresse le palais royal, tandis qu'au Sud Ouest ainsi qu'au Nord, sont bâtis les ateliers de confections, les bureaux des fonctionnaires, les magasins voûtés, les volières, les enclos de stockage des céréales, les entrepôts et les réserves. Tout autour du temple, entre l'enceinte du temple où se trouve le pylône et le migdol de l'Est, s'organisent diverses installations cerclées d'une autre muraille, percée d'une porte suivant l'axe du sanctuaire : on y trouve un vaste jardin entourant un lac artificiel, des écuries, et des « hangars » pour stocker les chars royaux, un petit temple construit sous la XVIIIe dynastie, un lac sacré et un abattoir. À proximité subsiste les vestiges d'un nilomètre. En périphérie Nord et Sud, entre l'enceinte intermédiaire et un rempart bastionné de briques crues, sont installées les constructions administratives ainsi que les habitations des prêtres. Durant l'Antiquité, un petit bois d'acacias était planté entre le complexe de Médinet Habou et les colosses de Memnon (qui marquaient l'entrée du grand temple d'Aménophis III). Ce « jardin » apportait un espace de verdure en ce lieu aujourd'hui désolé aux abords de la montagne thébaine. Remonter
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Médinet Habou, Composition du complexe de Médinet Habou
L'architecture du temple peut aujourd'hui être appréciée lors d'un vol en ballon.

Géographie • Nom propre.Ramsès III (XXème dynastie), héritier de l'usurpateur Setnakht, se prévaut de réaliser dans la lignée de Ramsès II, un temple à la démesure d'un grand roi. Pour résister au temps, les hiéroglyphes et bas-reliefs ornant les murs seront incroyablement gravés dans la pierre : on y insert aisément la main ! Le plan est directement inspiré de celui du Ramesseum de Ramsès II, à quelques centaines de mètres plus au Nord. Et pour parvenir à ce but, Ramsès III va dépouiller le Ramesseum de son personnel et de ses terres.ΕLa décision de construire le temple se produit très tôt, en l'an 3 du règne de Ramsès III. Il faut attendre l'attribution de terres pour le fonctionnement du temple en l'an 4 pour voir la construction commencer l'année d'après, en l'an 5. Le temple est édifié et décoré en sept ans, et réellement actif en l'an 12 du règne de Ramsès III. Le complexe de Médinet Habou révèle l'intérêt des ramessides pour un idéal architectural au Nouvel Empire. L'ensemble global est formé par une succession d'enceintes au centre desquelles se trouvent le temple et le « saint des saints ». Cette méthodologie rappelle celle des sarcophages imbriqués. On y ressent également l'idée que les Égyptiens se font de la conception du monde : le temple est la première terre immergée du chaos liquide, le noun, tandis qu'autour de l'enceinte extérieure s'étend cet océan. Ici le temple a une double fonction : c'est tout d'abord un lieu de culte dédié à tout le panthéon égyptien, et par endroit dédié à des dieux spécifiques (Min, Sokar, Amon...) ; c'est aussi le lieu de célébration et de propagande royale. Le temple deviendra un temple funéraire à la mort de Ramsès III, aligné dans l'axe qui pointe vers la Vallée des Rois. Remonter
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Médinet Habou, Double théorie des princes de Médinet Habou
L'un des princes de la « double théorie » de Médinet Habou.

Histoire • Nom propre.La seconde cour du temple de Ramsès III présente sur le mur Ouest une frise de princes . Si l'égyptologue Christian Leblanc y voit une double théorie de princes, la thèse n'est toujours pas appuyée et validée. Sur les 32 personnages représentés, seuls 20 sont clairement identifiés. La frise se découpe en deux parties : celle du mur côté Nord comporte 13 princes ; celle du Sud 19 princes.ΕAu premier registre sur le côté Nord, on trouve dans l'ordre 1. Ramsès IV, 2. Ramsès VI, 3. Ramsès VI, 4. Setherkhepshef (Ramsès VIII), 4b. Sethherkhepshef, 5. Parêherounemef, 6. Montouherkhepshef, 7. Ramsès-Mériatoum, 8. Ramsès-Amonherkhepshef, 10. Ramsès-Meriamon et 11., 12., 13. des princes anonymes. Sur le second registre du mur Sud, on identifie 1. Ramsès IV, 2. Ramsès VI, 3. Ramsès VI, 4. Sethherkhepshef (Ramsès VIII), 4b. Setherkhepshef, 5. Parêherounemef, 6. Montouherkhepshef, 7. Ramsès-Mériatoum, 8. Khâemouaset, 9. Ramsès-Amonherkhepshef, 10. Ramsès-Mériamon et 11. à 19. d'autres princes anonymes. Parmi cette frise princière, on peut distinguer trois « profils » : les princes qui ont accédé au trône, ceux qui ont été princes sans y accéder (probablement décédés avant un possible couronnement) et ceux qui demeurent anonymes. Il est difficile actuellement de dater ces reliefs. Si l'iconographie a bien été exécutée sous le règne de Ramsès III, une partie des cartouches princiers a été apposée ultérieurement. Dans cette profusion de cartouches, on peut remarquer que sur les deux registres (Nord et Sud) on énumère deux fois les noms de Ramsès VI ainsi que de Sethherkhepshef, dont l'une des représentations est associée au nom de Ramsès VIII. L'identité de Ramsès VIII est donc sujette à questions, et on peut se demander pourquoi la figuration du quatrième prince a été modifiée. Concernant le règne de Ramsès VI, on peut considérer que sa double figuration résulte d'une volonté d'asseoir la légitimité du roi dans la frise de princes, par un principe de répétition, comme Ramsès IV l'eut fait auparavant. À l'inverse, la double identification de Sethherkhepshef, dont l'une rattachée au nom de Ramsès VIII, est plus délicate : il serait, selon Christian Leblanc, plausible qu'il y eût deux princes Sethherkhepshef, le premier étant mort avant son couronnement, le second ayant pris le nom de Ramsès VIII à son couronnement. Ce second prince aurait alors effectué la modification de l'iconographie du quatrième prince (le premier Sethherkhepshef) au sein de la frise. Sous le règne de Ramsès IV, son nom se complète, l'identifiant comme fils du roi (Ramsès III). Hormis sa tombe (n° 43 dans la « Vallée des Reines »), on ne connaît rien de ce premier Sethherkhepshef. On suppose qu'il fut le fils aîné. Le second Sethherkhepshef, Ramsès VIII, fut-il alors un fils de Ramsès III ? Sa représentation le laisse supposer, et Nicolas Grimal appuie cette idée dans son « Histoire de l'Égypte ». A contrario, Claude Vandersleyen n'y décrit dans « L'Égypte et la Vallée du Nil » qu'un usurpateur. Si Ramsès VIII fut le fils de Ramsès III, pourquoi le relief a-t-il été modifié ? Christian Leblanc propose une filiation indirecte : Sethherkhepshef II-Ramsès VIII (le second) serait le fils de Sethherkhepshef I (le premier), lui-même fils de Ramsès III. Cette généalogie expliquerait une « assimilation » de Ramsès VIII comme « fils » de Ramsès III (en fait, petit-fils) et sa figuration dans la liste des enfants du roi. Toutefois, Sethherkhepshef II-Ramsès VIII n'aurait régné que quelques mois (peut-être trois), et l'on ne connaît ni sa mère, ni sa tombe, et l'on n'a pas retrouvé ou identifié sa momie. Quelques égyptologues considèrent que sa tombe serait la KV 19 de la Vallée des Rois, dont la construction aurait débuté lorsqu'il n'était encore que prince. Mais la tombe 19 aurait été réattribué à l'un des autres fils de Ramsès III. De même la tombe KV 3 pose un autre souci d'attribution. On y voit peut-être une première tombe de Ramsès IV réalisée lorsqu'il n'était que prince. Quant à Sethherkhepshef I, on se demande pourquoi il n'est pas monté sur le trône à la mort de son père. Est-il mort avant ? A-t-il était mis à l'écart du pouvoir pendant 20 ans ? Nombre de questions subsistent concernant cette partie du temple de Ramsès III : Quand la frise a-t-elle était réalisée ? En combien de temps ? Quels ont été les « remaniements » ? Pourquoi a-t-on modifié l'iconographie et les textes ? Qui sont ces princes restés anonymes à ce jour ? Remonter
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Histoire • Nom propre.Au cours du XVIIIe siècle, la remontée du Nil était encore fort périlleuse. Aussi les personnes qui s'y aventuraient avaient-elles bien souvent choisi de rester à bord du bateau, et d'observer les vestiges des monuments à la lunette. Le Danois F. L. Norden s'y appliqua, et entrevit un jour la porte fortifiée de Médinet Habou, qu'il considéra d'abord comme la porte d'une ville.ΕIl fallut attendre l'expédition napoléonienne de 1801 et le retour en Europe des scientifiques pour obtenir les premières données détaillées sur le complexe de Médinet Habou. Jean-François Champollion vint ensuite y effectuer les copies d'une partie des textes et de l'iconographie du temple, suivi par Lepsius. Quelques années plus tard, en 1859, le français Auguste Mariette entreprit une exploration plus précise du site. M. Bonnefoy, alors inspecteur au Service des Antiquités, eut en charge les premiers travaux et le commandement du premier chantier de fouilles à Médinet Habou entre avril et août 1859. Décédé des complications d'une insolation sur le chantier, il fut remplacé par Gabet l'année suivante, également fonctionnaire au Services des Antiquités. Les travaux de fouilles s'arrêtèrent hélas faute de crédits suffisants en 1863. Dès lors le site fut abandonné aux habitants, jusqu'en 1889. Georges Daressy reprit alors les commandes des fouilles du Service des Antiquités. En 1889 et 1890 fut dégagée une bande de terrain étriquée (du migdol jusqu'au premier pylône), ainsi que la première cour du grand temple. En 1891 Daressy entama les travaux de déblaiement et de reconstruction dans la deuxième cour du temple, où avait été érigée à l'époque copte une église. Les maisons du village copte furent détruites, et on privilégia la mise au jour des bâtiments de pierre plutôt que ceux de brique crue pour favoriser la venue des visiteurs, et l'attrait touristique du lieu. En 1899, les travaux furent à nouveau interrompus, et le site redevint une réserve d'engrais pour les fellahs, et une mine de trésors pour les chercheurs d'antiquités, qui n'hésitèrent pas à piller et éparpiller les œuvres. On vit réapparaître quelques années plus tard sur les marchés d'art des œuvres semble-t-il issues du site de Médinet Habou, et notamment trois papyrus, qui allait nous fournir des informations capitales sur le règne de Ramsès III : le papyrus « judiciaire » de Turin, le papyrus Lee, et le papyrus Rollin. On y apprend une « affaire » de conspiration contre le Roi lui-même, inculpant des membres proches, et notamment des dames du harem royal. Des fouilles clandestines suivirent sur le site, mettant au jour des faïences sur un espace qui sera identifié plus tard comme le palais royal. Certaines des faïences partirent vers de nombreux musées européens et américains, mais furent grâce à Howard Carter, alors inspecteur du Service des Antiquités, récupérées — ou, plus précisément, rachetées — et conservées dès lors au Musée du Caire. Ces dernières découvertes apportèrent un regain d'engouement pour Médinet Habou. Si Daressy avait quitté le site en 1899 pensant que tout avait été découvert, les faïences et le palais royal attisèrent la passion de Gaston Maspero. Il envoya alors Théodore Monroe Davis pour y effectuer des fouilles à la recherche de l'existence éventuelle de d'autres monuments. En 1912, le premier chantier ouvert retira les décombres et les constructions de briques pour dégager les constructions de pierre. On découvrit alors des bases de colonnes, des chambranles de pierre et l'estrade d'un trône, ce qui confirma la présence d'un palais de Ramsès III à cet endroit. Les résultats des fouilles furent trop peu convaincants, et Maspero opta pour l'arrêt des fouilles. Le temple fut une fois encore abandonné. Au début des années 1920, l'égyptologue confirmé James Henry Breasted, s'appuyant sur de longues années d'expérience, démontra la dégradation que subissaient les monuments une fois dévêtus de leur cocon protecteur de sable. Après des millénaires passés sous le sable, les monuments étaient peu à peu attaqués par l'érosion, par le vent, par les conditions météorologiques variables, mais également par le vandalisme et l'insouciance des touristes et fellahs. À son initiative naît l'organisme Reconnaissance épigraphique et architectural de l'Égypte, financé par l'Oriental Institute of Chicago. Le projet prévoit la copie, l'étude et — dans l'hypothèse que ce soit possible — la restauration des textes et contenus iconographiques des temples d'Abydos et de Médinet Habou, ainsi que de quelques autres tombes thébaines et mastabas de Memphis. Le château de million d'années de Ramsès III est alors le premier terrain d'essai du nouvel organisme. En 1924, Breasted obtient l'ouverture d'un chantier à Médinet Habou. La même année commence les travaux de copie et restauration sur les parois extérieures du temple. Épigraphistes, dessinateurs et photographes permettent à quelques archéologues d'explorer dans le secteur durant l'hiver 1926-1927. Les résultats jugés satisfaisants à l'issue de ces missions, les fouilles reprennent à Médinet Habou. On prend alors en compte toutes les constructions de pierre, les enceintes mais aussi, pour la première fois, les constructions de briques. En 1927, l'architecte Uvo Hölscher, qui venait de publier une étude sur les faïences de Médinet Habou, prend la direction des fouilles. Les années qui suivent, on dégage les fondations du complexe, et l'on reconstruit les murs de briques cuites. Il est alors possible d'effectuer le premier relevé complet de l'implantation du temple, et de son plan au sol : on y découvre entre autre que le temple a subit deux phases de construction sous le règne de Ramsès III. En 1930 et 1931, la partie Ouest du site est dégagée. On y découvre les fondations d'un temple érigé sous les règnes de Ay et Horemheb à la fin de la XVIIIe dynastie. De 200 à 400 ouvriers travaillent sur le chantier de fouilles, &olig;uvrant simultanément sur plusieurs secteurs du temple. On étudie notamment les zones où se trouvait la cité copte, mais également un lieu qui révéla la présence d'un bassin d'accostage. On découvre enfin la présence de bâtiments tardifs (époque ptolémaïque), dont deux puits et un lac sacré. Durant la dernière année de fouilles qu'il mena en 1933, Hölscher dresse l'inventaire des découvertes : parmi celles-ci, un certain nombre d'ostraca figurant des informations à caractère administratif, provenant des magasins du temple, et d'un grand intérêt archéologique. On dégagea le site de Médinet Habou en six ans. Le travail des copieurs et photographes se poursuivit, et après recoupement, on publia des planches en couleurs, qui furent par la suite imprimées. En 1970, soit après cinquante années de travail assidu, la Reconnaissance épigraphique et architecturale de l'Égypte publia cinq volumes relatant les fouilles d'Hölscher, et huit volumes rassemblant 660 planches noir et blanc et couleurs, reproduisant de manière remarquable les scènes et textes du temple de Ramsès III, du migdol et du pavillon royal. Ces publications marquèrent la fin de leur travail. Remonter
Imprimer cette entréeMédinet Habou, Personnel du temple de Ramsès III à Médinet Habou.
Géographie • Nom propre.Le papyrus Harris, qui témoigne du règne de Ramsès III et conserve l'historique des grands évènements de cette période, apporte des précisions sur le personnel du temple de millions d'années. ΕEn l'an 4 du règne de Ramsès III, un décret ordonne le recrutement de 64 480 personnes pour travailler au sein du futur grand temple. Ils s'occuperont de l'entretien du temple, de l'exploitation des terres agricoles et du bétail. Parmi ces personnes, seuls cent soixante membres forment le clergé du temple, parmi lesquels le grand chef religieux du temple (le prêtre-sem), cinquante prêtres hem neter (les « serviteurs du dieu », qui prennent en charge le culte du dieu), cent prêtres ouab (les prêtres « purs » qui s'occupent essentiellement du fonctionnement technique et pratique du temple, ainsi que du matériel), et deux prêtres ritualistes, qui s'assurent du respect et du bon déroulement du culte et contrôlent le rationnement des sacrifices animaux. Quelques femmes complètent ce clergé, chanteuses lors des cérémonies. L'administration est vaste et la gestion du temple, des ressources (troupeaux et terres) et du trésor est hiérarchisée : on trouve en premier lieu un Grand Intendant du temple, assistée par son adjoint, un Directeur des travaux, un Directeur du Trésor, un Directeur des artisans, un Chef des gardiens des archives du temple, un Chef des taxes et du bétail, etc.. De nombreuses castes de métiers se retrouvent dans le temple sous la responsabilité de ces hauts personnages : des artisans, boulangers, brasseurs, paysans, jardiniers, cuisiniers, meuniers, blanchisseurs, tisserands, gardiens de troupeaux, policiers, éleveurs... S'ajoutent enfin les garants de l'organisation de cette multitude : les innombrables scribes installés dans des bureaux d'où toute la gestion du temple est administrée. On ne connaît pas en détail l'étendue du domaine, mais Ramsès III offrit 2832,07 kilomètres carrés de terres pour l'ensemble du domaine d'Amon. De même, il fit don sous son règne de quelques 421 362 animaux au grand dieu de Thèbes. On ne sait pas combien de ces bêtes finirent réellement dans le troupeau du dieu, mais le nombre ne fut sans doute pas négligeable : quelques 1 424 gardiens surveillaient le cheptel ! En l'an 5 de son règne, vers 1182 av. J.-C., trois mille hommes partent en expédition vers les carrières du Gebel Silsileh pour apporter à Thèbes la quantité de pierre nécessaire à l'érection de son « Château de Millions d'Années ». En l'an 12, vers 1175 av. J.-C., la construction du temple et sa décoration sont achevées. Démarre alors le rôle économique et administratif de Médinet Habou. Remonter
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Médinet Habou, Temple de millions d'années de Ramsès III à Médinet Habou
Le premier pylône du Temple de millions d'années de Ramsès III à Médinet Habou.

Géographie • Nom propre.L'un des devoirs du souverain envers les dieux est de leur construire un temple. L'extérieur du temple de Ramsès III à Médinet Habou porte les scènes rituelles de la fondation du temple. Ramsès III choisit le terrain, en traces les limites en tirant un cordeau, établit le moment opportun en fonction de l'astrologie sacrée, creuse la première tranchée de fondation, et pose la première brique du temple de ses mains.ΕLe temple adopte un plan semblable à celui du temple de Ramsès II (le Ramesseum) : un pylône d'entrée, suivi de cours et de salles hypostyles qui aboutissent au sanctuaire, lui-même englobant les zones les plus sacrées et secrètes du vaste ensemble. Des chapelles attenantes à un axe conduisant au « saint des saints » sont dédiées aux dieux funéraires ou aux dieux tutélaires. Construites sous les XXVe et XXVIe dynasties, d'autres chapelles dédiées aux Divines Adoratrices d'Amon sont érigées dans le complexe de Médinet Habou : celles d'Amenirdis Iere, de Shepenoupet II et de Nitiqret. La salle hypostyle du temple fut grandement endommagée par un tremblement de terre en 27 av. J.-C.. À l'origine, la grande cour ouvrait sur un certain nombres de salles, mais il n'en reste rien suite à ce tremblement de terre. La composition iconographique est divisée en deux thèmes : d'une part les scènes militaires, décrites avec précisions et détails (victoires, batailles et parades) : campagnes de l'an 8 du règne du roi contre les peuples de la Mer (on dénombre sous le règne de Ramsès III sept tribus : les Péléset, les Tyekker, les Shékélesh, les Sherden, les Denyen, les Weshesh, les Meshouesh et les Teresh) ; compte et archivage par les scribes des mains tranchées des ennemis à la fin de la deuxième campagne de l'an 11 en Libye pour connaître le nombre de pertes ennemies, etc.. Le second thème est religieux : on y voit le roi devant les dieux du panthéon égyptien, ou lors de cérémonies rituelles : la sortie du dieu de la fertilité Min, la fête de Sokaris avec la procession de sa barque, etc.. La fête de Min qui est décrite se déroulait suivant un certain nombre d'étapes rituelles : le sacrifice d'un bœuf, le fauchage symbolique d'un épi de blé, la mise en place dans la cour du temple de statues — choisies — des anciens rois d'Égypte, le lâché de quatre oiseaux volant vers les quatre points cardinaux, etc.. La fête de Sokar présente le roi faisant d'abord un encensement, puis prononçant tous les noms sous lesquels est connu Sokar, le dieu funéraire associé à Ptah de Memphis. On y retrouve la symbolique « barque de Sokar », porteuse de nombreux attributs dont certains nous sont toujours énigmatiques, et dans laquelle se trouve un monticule surmonté d'une tête de faucon. Cette fête est une célébration de la renaissance des morts. Le site de Médinet Habou est à l'origine consacré au culte d'Amon. Par la suite un premier temple dédié au culte de la divinité est édifié sur la « butte de Djémé » par Aménophis Ier durant la XIe dynastie. Ce sanctuaire encore visible mais largement modifié et remanié, est agrandi sous le règne d'Hatshepsout et Thoutmosis III sur cette même butte considérée comme le tertre primordial, la terre qui émergea du noun au matin de la création, lors du « temps de la première fois ». Ce petit temple fait office de reposoir pour la barque d'Amon lors de la « Belle Fête de la Vallée » durant laquelle Amon parcoure les temples de la rive Ouest et la Vallée des Rois. Un grand pylône sera adjoint au sanctuaire à l'époque Ptolémaïque, précédé par une cour commencée sous la domination romaine et qui ne sera jamais achevée. Une église fut plus tard installée par les Coptes au sein du temple. Elle a aujourd'hui disparue, même s'il en reste les traces de fondation. Bien que les Coptes aient délibérément détérioré certains hiéroglyphes et bas-reliefs, leur présence a épargné la perte, la disparition ou le démontage du site. Ils furent chassés du temple lors des invasions arabes. À l'origine blanchis, les murs et les colonnes étaient entièrement peints. Aujourd'hui persiste encore une large palette de couleurs sur les emplacements qui ont été isolés et protégés du temps, des phénomènes météorologiques et du soleil : bleu, vert, (ocre) rouge et ocre jaune, ainsi que le noir par endroit et le blanc. Remonter
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Voyage • Nom propre.Le site est actuellement ouvert à la visite de 7h00 à 17h00. L'entrée est d'environ 12 à 15 livres égyptiennes soit environ 1,85 euros (Notez qu'avec l'inflation, les prix d'accès de tous les sites de la rive Ouest de Thèbes sont de plus en plus tirés vers le haut !). Pour les voyageurs individuels, un hôtel sans prétention mais tout à fait convenable se trouve juste en face du temple, de l'autre côté de la route, tout comme un petit restaurant idéalement situé. Le site de Médinet Habou est correctement aménagé, et mis à part quelques petites rampes d'accès, demeure accessible à tous. Remonter
Imprimer cette entréeMehou, Mehu.
Histoire • Nom propre.Vizir dont la tombe à Saqqarah est datée du règne de Téti Ier. Il est possible qu'il fut un proche de Kagemni. Peut-être marié à Ankhemerirê, son fils se nommait Hetepka. Remonter
Imprimer cette entréeMenat, Collier-menat.
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Menat, Collier-menat
Mout présente les colliers-menat, tandis que Neb-Maât-Rê offre de l'encens à Amon. (Notez le creusement du cartouche de droite, remanié).

Égyptologie • Nom commun.Lourd collier constitué de perles métalliques, s'attachant dans le dos et retenu par un poids. Directement lié à la déesse Hathor, le collier produit par l'entrechoquement de ces perles un léger bruissement sensé rappeler le bruit de la déesse traversant les fourrés de papyrus. Offert le plus souvent par la déesse Hahtor ou par l'épouse du roi, le souverain reçoit le collier-menat en signe de protection, garantissant également sa renaissance par l'association du collier au lait de la déesse vache. Remonter
Imprimer cette entréeMéplats.
Égyptologie • Nom commun.◊ Chacune des surfaces qui compose un objet.
◊ Plan servant de jonction entre deux autres surfaces. Remonter
Imprimer cette entréeMerenptah, Campagnes de Merenptah.
Histoire • Nom propre.Campagnes menées par le pharaon Merenptah.ΕDepuis l'an 10 du règne de Ramsès II, l'Égypte connaît une période de paix, qui dure depuis environ cinquante-sept ans. Les Hittites s'affaiblissent, et leur empire disparaît au début du XIIe siècle av. J.-C. : l'empire assyrien de Salmanazar (aux environs de 1275-1245 av. J.-C., peut-être vers 1264-1235 comme le propose l'historien P. Grandet) monte en puissance, et fait face aux Hittites. Salmanazar Ier prend une partie de la Syrie, probablement jusqu'à la Méditerranée. Les dates de règne de Salamanazar correspondant à des événements du règne de Ramsès II, on peut poser deux hypothèses : Soit, en l'an 5 de Salmanazar, vers 1260 av. J.-C., on se situe en l'an 20 du règne de Ramsès II, ce qui coïncide avec la date du traité de paix égypto-hittite : dans ce cas, les Hittites signent un accord de paix et d'assistance mutuelle avec l'Égypte pour se prémunir des attaques de Salmanazar, même si aucune application de ce traité n'est attestée ; soit l'an 5 de Salmanazar correspond à l'an 40 de Ramsès II, vers 1240 av. J.-C., et correspond à la mort d'Hattoussilli III, ce qui expliquerait une attaque soudaine des Hittites par Salmanazar. Dans ce contexte historico-géographique, plusieurs campagnes de Merenptah nous sont connues, notamment une campagne de l'an 5, datée par un document rédigé à cette date, mais qui aurait sans doute eu lieu bien avant. Il n'est pas exclu que certaines campagnes égyptiennes aient eu lieu, sans que Merenptah y prenne part en personne. À l'Est, en Asie, il mène campagne jusqu'à Canaan. À l'Ouest, il combat sans doute contre les Libyens. Au sud, il affronte Koush. Le premier document attestant d'une bataille est une stèle, dont la seconde face est un document d'Amenhotep III décrivant ses constructions. Cette stèle, la célèbre « stèle d'Israël », porte la première et unique mention connue d'Israël en Égypte. Le texte est daté par la mention : « [...] l'an 5, le troisième mois de Chemou, le troisième jour de Ba-en-Rê Merenptah [...] », et comprend en égyptien hiéroglyphique le nom « Ysiriar », avec le déterminatif du peuple, et non pas du pays. Notons que les Égyptiens ne possédaient pas le son « l » qui termine le mot Israël, et qu'ils usaient du « r » sans doute très « roulé » pour le rendre phonétiquement. Ce document fait le récit des campagnes à l'extérieur du Double Pays, au Nord-Est de l'Égypte. Y sont citées les villes de Yénoam en Palestine, Gezer au Sud de la Palestine (sur une des voies d'accès entre Jaffa et Jérusalem), Isharni (Ascalon), le Tjehenou (ou Tchehenou, à l'Ouest), le peuple d'Israël, et une contrée du « Hatti satisfait » (ou « Hatti en paix », avec la désignation hiéroglyphique htp). À Karnak sont également dépeintes les campagnes de Merenptah, à l'extérieur de la salle hypostyle, où le roi est représenté terrassant les ennemis avec le khepesh, ou encore dans son char prenant la ville d'Ascalon. Nul doute que ces campagnes avaient pour seul but la protection des voies d'accès et voies commerciales. Au Sud, Merenptah réprime le vice-roi de Koush. Viennent ensuite les campagnes contre les « Peuples de la Mer » : les « Lebous » (Rbw, dans le texte égyptien) — probablement les Libyens, accompagnés des Machaouachs (ou Meshweshs), des Loukous (ou loukkos, souvent identifiés aux Lyciens), les Ekoueshs (ou Eqoueshs, c'est-à-dire les Acchéens), les Tereshs (futurs Étrusques ?), les Shardanes (Sardes) et les Shekeleshs (ou Sikala, les futurs Sicules de Sicile). Il s'agit de peuplades venues probablement de l'Ouest, peut-être d'origine mycénienne, cherchant à s'installer en Méditerranée de l'Est. On les nomme « Peuples de la Mer », car leurs noms sont suivis dans les textes des mentions « pa yam » (mot sémitique signifiant « la mer », ou plus vaguement une étendue d'eau de grande importance), et de « ouadj-our », c'est-à-dire en égyptien « le grand vert ». C'est d'ailleurs sur ces deux désignations que se querellent encore les Égyptologues, puisque si pour beaucoup le sens de « ouadj-our » ne fait aucun doute, et qu'il désigne la mer, pour d'autres — notamment C. Vandersleyen — « ouadj-our » ne veut jamais dire la mer, et serait plutôt le Delta et la Vallée du Nil. Si on admet cette seconde version, alors des Shardanes et Shekeleshs sont peut-être déjà installés en Égypte, dans le Delta. Par ailleurs, l'inscription de Karnak nous précisent que les Lebous et les Machaouachs se seraient coalisés avec les « Peuples de la Mer », ce qui n'est pas sans semer le doute dans l'interprétation de leurs origines et de leur implantation géographique. Aujourd'hui, il est donc plutôt raisonnable d'utiliser le terme de « Peuples du Nord », ce sur quoi la grande majorité est d'accord, et d'éviter le sempiternel débat. On pense que Merenptah a combattu à l'Ouest et à l'Est du Delta, face à des Lebous installés sur la côté, en peuplades pastorales, puisque les scènes les présentent en éleveurs de bétail dans les reliefs des cités prises par Merenptah à Karnak. La bataille aurait eu lieu à Perirou, qu'on ne situe pas aujourd'hui, mais qui pouvait se situer sur la branche canopique du Nil. Le problème est que les textes disent que les Lebous viennent du Tjehenou (Tchehenou) et du Tjemehou : on suppose qu'ils ont traversé les deux régions, l'une après l'autre. Les écrits nous décrivent un périple passant par une oasis — celle de Dakhla ? — et par Farafra. Ceci supposerait que les Lebous et les Machaouachs viendraient du Sud-Ouest, et non pas du Nord-Est. Ils auraient ensuite été rejoints par les Peuples de la Mer. Notons que cet exode est peut-être dû à un changement climatique dans leur pays d'origine, tout comme la campagne de Merenptah visant à repousser les Nubiens qui remontaient vers le Nord, sans doute pour les mêmes raisons. L'issue de toutes ces campagnes est favorable à Merenptah : la stèle d'Amada précise que Merenptah a prit Gezer, et anéanti les Lebous. Il devient également un « taureau puissant contre Koush » et contrôle désormais la Nubie. Remonter
Imprimer cette entréeMerenptah, Merneptah, Mineptah.
Histoire • Nom propre.Quatrième pharaon de la XIXe dynastie ayant régné approximativement de 1213 à 1203 av. J.-C.. Treizième fils de Ramsès II, ayant élaboré un grand programme architectural — certes moindre que celui de son illustre père — et ayant repoussé de nombreuses attaques contre l'Égypte.ΕMerenptah est le quatrième enfant d'Isisneferet, troisième fils de la Grande Épouse royale de Ramsès II. Les cartouches de Merenptah sont visibles sur bon nombre de monuments et d'œuvres, sur des œuvres originales ou usurpées. Son nom « Mineptah » que l'on trouve parfois dans la documentation moderne, est une version erronée de Merenptah, qui signifie « aimé de Ptah ». Son nom d'introduction est « ba-en-rê », ou « bélier-de-rê » puisque le bélier remplace l'oiseau-ba dans ses cartouches. Il est également « mery-Imen », « aimé d'Amon », comme beaucoup de ses prédécesseurs. Son nom de naissance complet est « Mer-en-Ptah, Hetep-her-Maât » : « Aimé de Ptah, Celui qui satisfait la Maât ». On doit à Merenptah plusieurs statues, pour certaines réalisées pour lui, pour d'autres des usurpations, dont deux provenant de la cachette de Karnak (l'une exposée au Musée du Caire, la seconde devant le Musée de Louxor). Sur l'une d'elle, on retrouve la princesse Bentanat, que Merenptah aurait peut-être épousé. Ces deux statues ont, pense-t-on, été usurpées à Amenhotep III, tout comme deux autres statues du Metropolitan Museum de New York provenant de Memphis, représentant le roi assis, sous les traits d'Amenhotep III. Merenptah reprendra la plupart des blocs du temple funéraire d'Amenhotep III à Kom el-Hettan pour construire son propre temple de millions d'années. Les cartouches de Merenptah se retrouve également sur le célèbre sphinx d'Amenemhat II qui se trouve au sous-sol du Musée du Louvre et accueille le visiteur dans la collection égyptienne (on y trouve par ailleurs le cartouche de Chechonq Ier, de la XXIIe dynastie). On lui connaît aussi une colonne à Héliopolis, fasciculée et réalisée dans un bloc de grano-diorite, où figure ses cartouches. À Memphis, il fait réaliser un palais dont il ne reste que quelques rares arasements. Le site, fort abîmé, a été fouillé par Petrie, et très peu fouillé par la suite. L'essentiel était construit en brique crue, hormis les seuils, montants et linteaux de portes. Ce palais réservé aux audiences se compose comme un temple, dont quelques uns des six piliers de la salle principale sont aujourd'hui au Musée de Memphis. L'essentiel des vestiges — colonnes polychromes, cadre de porte — est aujourd'hui conservé au PEN Museum de Philadelphie, dans une grande mise en scène muséographique « à l'américaine ». Il est encore difficile de savoir pourquoi Merenptah va succéder à son père, puisqu'il n'est pas le fils aîné, mais le treizième fils de Ramsès II, et le quatrième enfant d'Isisneferet, comme expliqué supra. On suppose généralement que tous les héritiers de Ramsès II plus âgés que Merenptah sont morts avant celui-ci, et que Ramsès a ainsi désigné de son vivant son successeur. Merenptah apparaît dans la documentation entre l'an 5 et l'an 9 de Ramsès II, ne serait-ce que sur la stèle de la bataille de Dapour. Avec un calcul approximatif de son règne basé sur celui de son père, on constate que Merenptah monte sur le trône à un âge avancé — environ 60 ans —, et que son épouse Bentanat aurait ainsi 70 ans ! Cette Bentanat serait sans doute sa sœur, puisqu'elle apparaît sur deux statues de Merenptah : la première, devant le Musée de Louxor, porte des traces d'usurpation : si on considère que la représentation de Bentanat date du règne de Merenptah, il va de soi qu'elle fut l'épouse de Merenptah, puisqu'elle porte simultanément les titres de « fille du roi » — donc fille de Ramsès II —, « sœur du roi » — puisque Bentanat et Merenptah ont le même père — et « grande épouse royale » — en tant qu'épouse de Merenptah. Néanmoins, la représentation a été re-gravée par-dessus une scène précédente : la statue était sans doute celle d'Amenhotep III, usurpée par Ramsès II, puis une nouvelle fois usurpée par Merenptah. Il épouse aussi une dénommée Isisneferet, présente sur une statue dans le temple de Louxor, où figure le nom de Merenptah, ainsi que sur une stèle du Gebel Silsileh. Etonnamment, elle n'est jamais appelée « fille du roi », ce qui laisse penser qu'elle n'est peut-être pas sa sœur — la sixième fille de Ramsès II —, bien qu'elle est pu faire partie de la famille. On sait par ailleurs que Merenptah devient Général en chef vers l'an 40 du règne de Ramsès II, et prend le titre d'jry-pˁt en l'an 55. Ces enfants sont Séthy Merenptah — le futur Séthy II —, Khaemouaset, mentionné par des stèles rupestres, et un hypothétique troisième fils — nommé également Merenptah. Merenptah aurait régné peut-être une dizaine d'années, d'après les documents contemporains mentionnant l'an 10, le deuxième mois d'akhet — donc un règne d'au moins neuf ans, deux mois et treize jours. Manéthon mentionne l'an 19 — au lieu de l'an 9 — d'un Aménophis suivant Ramsès II, sans doute par erreur, ce qui n'est pas rare dans les écrits de l'historien. Deux personnages importants nous sont connus sous son règne : le vizir Houri et le vice-roi de Koush, Messouy (représenté présentant la stèle d'Amada à Merenptah en l'an 5 de son règne, dans le temple d'Amada, à côté de la stèle). Ce dernier fut probablement remplacé à la fin du règne par Khaemteri. Remonter
Imprimer cette entréeMererouka.
Histoire • Nom propre.Vizir de Téti Ier, dont il est le fils, Grand Prêtre de Rê et stoliste de Min. Il était marié à la princesse Sesheshet Ouatetkhetor (Ouatetkhator). Remonter
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Meresger, Meretseger, Merseger, Merit-seger
Ostracon polychrome figurant la déesse Meresger, provenant de Deir el-Médineh.

Mythologie • Nom propre.Déesse serpent.ΕLe culte rendu à la déesse Meresger (que l'on trouvera sous différentes graphies modernes, Méryt-séger, Meretseger...) est bien particulier. En effet, la déesse-serpent, dont le nom signifie littéralement « celle qui aime le silence » est adorée à profusion durant l'époque ramesside (XIIIe-XIIe siècle av. J.-C.) (limitation temporelle), et sur le site de Deir el-Médineh (limitation spatiale). Ses qualificatifs fournissent une explication originale de son existence : Meresger est la représentation animale de la cîme thébaine, l'éperon rocheux surplombant la Vallée des Rois. Elle acquiert tour à tour dans les textes les épithètes de « beau promontoire » (t3 dhn.t nfr.t), de « grand promontoire à l'ouest de Thèbes », de « maîtresse du promontoire », ou de « grande déesse de la nécropole ». Son adoration en ces lieux et temps n'est pas hasardeux : à mi-chemin entre la Vallée des Reines et le village des ouvriers (Deir el-Médineh) se trouve un spéos dédié à la déesse et au dieu Ptah, grotte creusée dans un repli de la montagne, sans construction, et qu'un éperon à la curieuse forme de serpent surmonte. Aujourd'hui, d'autres témoignages d'éperons rocheux en forme de serpent rendent cette possibilité d'assimilation aux dieux et déesses ophidiens possibles. Au sein du village des ouvriers, les rites, cultes et croyances autour de la déesse sont forts. Stèles et inscriptions sont visibles au sein du spéos creusé dans une anfractuosité naturelle, et témoignent de la ferveur passée, tout comme d'autres ostraca, autels personnels, chapelles votives et ex-voto. Un chanteur et un serviteur recruté au sein du village lui sont dévoués. La déesse intègre les deux profils du serpent dans la conception égyptienne : le côté puissant et protecteur (qu'on retrouve en tant que Ouadjet, l'uraeus, cobra royal au front du roi et des dieux) aidant les ouvriers, mais aussi le pouvoir destructeur et juge ; Meresger peut « prendre la vue », puis pardonner, punir, châtier. De nombreuses stèles et quelques ostraca témoignent de ses actions. La stèle de Néferabou au Louvre présente un texte en hiéroglyphes suivi d'une représentation de la déesse Meresger au corps de serpent, et à la tête de femme, de vautour et de serpent ; Néferabou se qualifie lui-même d'homme ne sachant distinguer le bien et le mal. Meresger l'aurait alors puni « comme un lion féroce », mais la stèle ici présente l'aurait apaisée : Néferabou est pardonné. Les représentations sont nombreuses, sur divers supports, essentiellement des ostraca, stèles et statues de taille moyenne. Meresger est représentée généralement sous forme de serpent, sans savoir exactement de qu'elle espèce il s'agit : serpent au cou gonflé, soutenu par une multitude de vipères (de 10 à 18), cobra ou naja (?), vipère à corne. Très souvent, elle porte la couronne rouge, la couronne blanche, voire les deux simultanément, les double-plumes ornées du disque solaire, ou encore les cornes d'Hathor entourant le disque solaire. Sans plus de précision, Guillemette Andreu note au sujet de la « Stèle dédiée par le sculpteur Qen à la déesse Rénénoutet-Meresger » (Catalogue d'exposition Les artistes de Pharaon Édition Brepols, RMN, Paris, 2002) l'assimilation de la déesse Mérseger et de la déesse Rénénoutet (en tant que déesse Rénénoutet-Meresger), également adorée à Deir el-Médineh. Meresger est également associée à la déesse vache Hathor, qui sous d'autres apparences devient serpent. Un temple à l'entrée du site de Deir el-Médineh lui est consacré, en tant que protectrice de Thèbes-Ouest. Remonter
Imprimer cette entréeMérimdé et el-Omari, Cultures de Mérimdé et el-Omari.
Histoire • Nom commun.Cultures du néolithique et du prédynastique en Basse-Égypte apparues vers 4 500 av. J.-C., marquées par l'apparition d'une forme d'agriculture et de techniques de poterie, pierre polie et vannerie. Remonter
Imprimer cette entréeMesektet, Mesktet, mskt.t.
Mythologie • Nom propre.Nom donné à la barque de Rê pendant son voyage nocturne. Dans la barque se trouvent avec Rê le génie Heka — la magie — , Sia — la connaissance — et Hou — le verbe. À la tête de la barque se tient le dieu Seth, qui lutte contre le serpent géant Apep (Apopis, ou Apophis). Dans la Stèle de l'an 400, il devient le grand hurleur : « Salut à toi, Ô Seth, fils de Nout, grand de puissance dans le bateau de millions d'années, à la proue du navire de Rê, Ô le grand hurleur [...] ! ». Remonter
Imprimer cette entréeMeskehenet, Meskhenet, Mskhnt.
Égyptologie • Nom commun.Briques de terres crues allant par quatre, utilisées de manière pratique, rituelle et magique lors des accouchements. Remonter
Imprimer cette entréeMesure, Unités de mesure.
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Mesure, Unités de mesure
Coudée de Maya, ministre des Finances du roi Toutankhamon, mesurant 52,3 cm. Cette coudée en bois datée de la XVIIIe dynastie est divisée en 28 « doigts » dont chacun fait 1,86 cm. Chaque doigt est lui-même divisé de la moitié (9,3 mm — à droite de la coudée) jusqu'au 16e (1,16 mm).

Sciences • Nom commun.Les Égyptiens utilisaient des mesures qui nous sont connues en partie par les textes d'époque tardive. Les plus grandes divisions étaient celle du stade, de l'aroure, du double plèthre et du quart d'aroure. Des subdivisions ou des unités de mesures inférieures sont également évoquées dans les textes, comme le schœnion, l'orgyie, la coudée ou le pied carré. ΕLes petites mesures sont essentiellement calquées sur le corps humain. On utilise donc crescendo : le doigt (djebe), la palme(chesep), la main, la sandale, la double-palme, le petit empan, le grand empan, la coudée sacrée, la coudée-remen, la petite coudée, la grande coudée (ou coudée royale — meh ni-sout) et la corde (khet en-nou). On notera que la valeur de la coudée évolue de l'Ancien Empire (entre 0,534 m et 0,515 m) au Nouvel Empire (environ 0,525 m). Le système oncial se base quant à lui sur l'unité du pouce (1/12e de coudée). Les surfaces sont mesurées avec pour base de 100 coudées la setat. Les volumes sont calculés en heka, soir environ 4,8 litres, équivalents au boisseau de l'Ancien Empire. Les poids sont pesés en regard du deben, unité de mesure dont le poids varie à l'Ancien Empire, puis est figé au Nouvel Empire.
  • Description de l'Égypte — Exposition du système métrique des anciens Égyptiens, E. F. Jomard, à lire en ligne : voir le site
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Imprimer cette entréeMet, Metou, Mt, Mtw.
Égyptologie • Nom commun.Terme égyptien de médecine servant à désigner indifféremment les veines, les artères, les canaux, les nerfs et les tendons. Remonter
Imprimer cette entréeMétempsycose, Métempsychose.
Mythologie • Nom commun.Du latin metempsychosis, hérité du grec signifiant « déplacement de l'âme ». La métempsycose est une croyance selon laquelle l'âme peut passer d'un corps à un autre, qu'il soit humain, animal ou végétal. Remonter
Imprimer cette entréeMétensomatose.
Mythologie • Nom commun.Terme d'origine grecque désignant le passage d'un corps à un autre, et non le voyage de l'âme d'un corps vers un autre corps. Remonter
Imprimer cette entréeMin.
Mythologie • Nom propre.Dieu anthropomorphe et ithyphallique de la fertilité. Amon lui emprunte ses attributs en tant qu'Amon-Min. Remonter
Imprimer cette entréeMinmes.
Histoire • Nom propre.Échanson royal et chef des travaux du roi Thoutmosis III. Remonter
Imprimer cette entréeMinmouariya.
Histoire • Nom propre.Transcription du nom de couronnement d'Amenhotep III. Remonter
Imprimer cette entréeModius, Mortier.
Égyptologie • Nom commun.Terme latin communément utilisé en égyptologie pour désigner le ruban qui vient cercler la base de certaines couronnes. Également appelé mortier. Remonter
Imprimer cette entréeMôle.
Architecture • Nom commun.◊ Jetée en maçonnerie destinée à protéger l'entrée d'un port.
◊ Constructions de part et d'autre de la porte d'entrée d'un pylône de temple. Remonter
Imprimer cette entréeMomie, Confection d'une momie.
Société • Nom commun.Les procédés nous sont rapportés par Hérodote, Porphyre, Diodore de Sicile et Plutarque. Ces étapes ont sans aucun doute varié dans le temps, et c'est ici l'un des déroulements qui nous est connu.ΕDès la IVe dynastie, on trouve un « Supérieur des Mystères » ou « Contrôleur des Mystères », personnage de haut rang présidant à la momification, secondé par le « Chancelier Divin », lui-même assisté par un prêtre lecteur en charge de la lecture des formules incantatoires. Les supérieurs hiérarchiques portent un masque à l'effigie d'Anubis. La famille apporte le défunt aux embaumeurs. Mais même si généralement le corps est rapidement mis à disposition, Hérodote prétend qu'il arrive de manière anecdotique que les corps des femmes soient abusés avant de parvenir aux embaumeurs, surtout si elles sont particulièrement élégantes. Dans la description d'Hérodote, deux jours après le décès, un prêtre organise la cérémonie religieuse, marquant ainsi le début des rites de momification.
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Égypte, J. C. Goyon, Éditions Cerf, Paris, 1972.
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Imprimer cette entréeMomie, Préparation d'une momie.
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Momie, Préparation d'une momie
Couteau en bronze de l'embaumeur Minmésout décoré d'une figure d'Anubis sous forme de canidé. Nouvel Empire, vers 1550-1069 av. J.-C. L. : 3,80 cm, l. : 24,50 cm.

Société • Nom commun.Le corps du défunt subit plusieurs traitement, du lavage, à l'assèchement, suivi de l'emmaillotement. Les paraschistes sont les premiers à intervenir sur le corps : ils ont la charge du nettoyage et du vidage du corps.ΕL'excérébration n'est pas encore répandue durant l'Ancien Empire. Par la suite, on utilise des crochets de bronze (Hérodote parle de « crochet de fer », mais le matériau n'est pas utilisé) introduits par les narines, et perforant l'os ethmoïde. La forme et la longueur des crochets varient (jusqu'à quarante centimètres parfois). On peut supposer par ses nombreuses formes (simple pointe, spirale, ou crochet incurvé) que certains servaient uniquement à pratiquer une ouverture dans l'os ethmoïde, d'autres à « liquéfier » le cerveau, et les derniers à retirer l'organe cérébral. Ensuite la cavité crânienne est enduite de résine, de bitume et d'onguents, et parfois de lin. Une cuiller est utilisée pour pratiquer cet enrobage, munie d'un côté d'un réservoir pour la mixture, et de l'autre de deux tubes introduits dans les narines. Les Égyptiens concevant que la pensée était située dans le cœur, le cerveau n'est alors ni conservé, ni embaumé. Il arrive que l'on referme les narines à l'aide de grains d'aromates (poivre par exemple), et les ouvertures pratiquées à l'aide de résine naturelle. Un prêtre scribe trace la zone où une incision va être réalisée sur le flanc du mort. Les paraschistes pratiquent ensuite une ouverture de huit à quatorze centimètres sur le flan gauche de la dépouille à l'aide d'une grande lame tranchante que l'on nomme communément obsidienne (autrefois pierre d'Éthiopie). « Ensuite, avec une pierre éthiopienne aiguisée, ils fendent le flanc, font sortir tous les intestins de l'abdomen, le lavent avec du vin de palmier, le saupoudrent de parfums broyés et finalement le recousent après l'avoir rempli de myrrhe pure concassée, de cannelle et d'autres parfums, dont l'encens seul est exclu. » [Hérodote, Histoires, II, 86-87] Le choix du côté gauche résulte de deux critères : techniquement, les organes sont plus aisément retirés en pénétrant le bras par ce côté. En second lieu, le côté gauche est pour les anciens Égyptiens le côté positif, en contradiction avec le côté droit. À partir du Nouvel Empire, les organes internes sont prélevés, lavés avec du vin de palme, imprégnés d'onguents (de la myrrhe — commiphora myrrha — le plus souvent) et placés dans les vases canopes. À l'origine, ce sont de simples récipients aux couvercles soit nus et bombés, soit présentant une tête d'homme. C'est au Nouvel Empire qu'apparaissent les têtes des quatre fils d'Horus sur les canopes. Ceux-ci portent l'effigie d'un des fils d'Horus et protège chacun les viscères : Qebehsenouf le faucon protège les intestins, Douamoutef le chien protège l'estomac, Hâpi le babouin protège les poumons, et Amset l'humain protège le foie. Les canopes sont utilisés jusqu'à la IIIe période intermédiaire. Avant et après l'utilisation des canopes, les organes sont souvent emmaillotés dans une bande de lin et replacés à l'intérieur du corps. Interviennent ensuite les taricheutes, en charge de la dessiccation du corps. Les opérants font reposer le corps dans un bain de natron (constitué en proportions variables de carbonate de soude, de bicarbonate de soude, de chlorure de sodium, de sulfate de sodium et de sels minéraux divers — le natron provient du lac Natroum au Nord-Ouest du Caire) en principe durant soixante dix jours. Il convient de considérer le bain de natron comme une hypothèse. Les égyptologues restent partagés sur le fait que le corps fut soit baigné dans une solution de natron, soit posé sur une table et recouvert de natron. De fait on cherche la solution dans le fait que les ongles de certaines momies étaient liés au cadavre par de petits fils noués. Des tests réalisés sur quatre pigeons prouvent peut-être l'utilisation du natron « sec » : les pigeons plongés dans des solutions d'eau et de natron ou de sel se sont décomposés de manière difformes ; les pigeons contenus sous un amas de natron ou de sel ont pris l'aspect des momies égyptiennes. On a retrouvé des petits sachets de lin contenant du natron dans certaines momies, confirmant la volonté de dessécher correctement le corps, y compris de l'intérieur. Ses propriétés antiseptiques et dessicatrices garantissent la bonne conservation du corps. Le natron élimine les corps gras contenus dans les chairs, et sert d'agent purificateur, d'où son caractère sacré et son utilisation dans les cérémonies religieuses. Il est encore utilisé de nos jours pour blanchir le lin. Après 30 à 40 jours dans ce bain salé, le corps est lavé puis parfumé (myrrhe, herbes aromatiques, etc.). Il arrive qu'il soit aussi teint au henné, de couleur rouge pour les hommes, et de couleur jaune pour les femmes. Pour que le corps conserve son aspect et ne s'affaisse, on le remplit, pour les plus riches, de lin de qualité supérieure, de graisse animale, de lichen (momie de Siptah et Ramsès IV), etc., et pour les moins aisés, d'argile, de chiffons, de sciure, voire même de tessons de poteries et de céramiques ! La momie de la reine Nedjmet (Nedjemet), épouse du roi Héri-Hor, à l'origine de la dynastie des rois prêtres, témoigne de la technique poussée à son extrême : elle apparaît avec des joues fortement rondes et exagérées. Une fois l'opération achevée, une plaque de cire ou d'or (voire d'électrum), gravée d'un œil-oudjat garantissant l'intégrité, vient recouvrir l'incision. Les yeux sont souvent retirés, et remplacés par des prothèses réalistes, en verre, en pierre... ou par des oignons !
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Égypte, J. C. Goyon, Éditions Cerf, Paris, 1972.
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Imprimer cette entréeMomies d'enfants, de bébés et de fœtus.
Société • Nom commun.Les enfants royaux peuvent bénéficier d'une momification au même titre que leurs parents. Très peu répandus au Moyen Empire, on en trouve cependant de nombreux exemples au Nouvel Empire. La momification des enfants est beaucoup plus systématisée à l'époque romaine.ΕLa momification des bébés et des fœtus n'est attesté qu'au Nouvel Empire. C'est un point fort important à considérer : momifier une personne, pour les anciens Égyptiens, revient à lui garantir une seconde vie dans l'au-delà. On se pose donc la question de savoir pourquoi un enfant mort-né ou un fœtus qui n'ont pas eu de vie terrestre bénéficieraient d'une seconde vie. Le cimetière du village de Deir el-Médineh est organisé en étages sur le flanc de la colline : tout en haut sont enterrés les adultes, en dessous les adolescents, ensuite les enfants, et enfin les bébés, fœtus et ce que certains nomment tekenou, dont on ne sait pas encore traduire le nom (on a retrouvé des bandelettes, des tissus imbibés de sang, des bouts de viscères, etc.). Deux fœtus ont été retrouvés dans la tombe de Toutankhamon, tous deux contenus dans de petits sarcophages anthropomoïdes. Ces fœtus sont actuellement en cours d'analyse. Le premier avait environ cinq mois, alors que le second était sans doute un enfant mort-né de 8 ou 9 mois. Tandis que le premier ne portait pas de masque funéraire (on l'a retrouvé plus tard à un autre endroit, mais il s'avérait trop petit), le second portait encore le sien. Les deux sarcophages portaient la mention « Osiris », témoignant de la volonté de faire survivre et renaître les deux fœtus. Un troisième fœtus momifié a été retrouvé dans la tombe d'Amonherkhepechef, découvert à l'origine par l'égyptologue Schiaparelli dans une autre tombe et replacé dans celle-ci par la suite. Remonter
Imprimer cette entréeMomies, Disparition des momies.
Société • Nom commun.C'est à partir du IIe siècle ap. J.-C. que l'art de l'embaumement commence son déclin. Des momies coptes existent, mais même si l'on en connaît encore peu de choses, elles ne sont pas éviscérées, et ne portent pas de bandelettes.ΕUn exemple intéressant de momie copte est visible au musée archéologique Léon-Alègre de Bagnols-sur-Cèze. À partir du Xe siècle ap. J.-C., la momification disparaît définitivement de l'Égypte. Le déclin ne s'arrête — hélas — pas là. Au Moyen-Âge, les Européens organisent des ventes et un commerce sérieux et intensif de momies. Celles-ci sont d'abord grattées pour extraire la mumia (terme persan qui signifie « bitume », une sorte de résine provenant du Nord de l'Égypte), rare et chère en Europe, et servant à confectionner des baumes et onguents, dont on prétendait qu'ils apportaient jouvence... En effet la mumia soigne un grand nombre de maux du Moyen-Âge : mal aux oreilles, aux dents, aux reins et à l'estomac, rhumatismes, sciatiques, écrouelles, vermine, goitre... une efficacité contre tout qui explique sa popularité ! Par la suite, les vendeurs allèrent jusqu'à réduire les momies en poudre pour s'épargner le long travail de grattage, faisant disparaître à jamais des témoignages précieux de l'Histoire... Sur ce constat, le philosophe anglais Thomas Brown écrit au XVIIe siècle, non sans un certain humour noir : « [...] le pharaon est vendu sous forme d'onguents ». Plus grave encore, certains allaient jusqu'à faire réaliser de « fausses momies » avec le corps de condamnés à mort de leur temps pour les revendre comme de vraies momies ! On leur retirait cerveau et entrailles, puis on les séchait au four avant de les tremper dans la résine. C'est une trop forte offre des apothicaires face à la demande qui a entraîné le déclin de l'utilisation de momies comme remède. À partir du XVIIe siècle, les princes d'Europe pris de passion par la civilisation égyptienne, et sous l'impulsion nouvelle de la campagne d'Égypte de Napoléon, commencent à investir dans les collections de momies qu'ils exposent à leurs convives, en véritable cabinet des curiosités. Les musées eux-mêmes rivalisent pour être celui qui en possédera le plus grand nombre... et les plus belles. Remonter
Imprimer cette entréeMomies, Emmaillottement des momies.
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Momies, Emmaillottement des momies
Momie d'homme avec bandelettes de lin et cartonnage, datée de l'Époque ptolémaïque (vers 332-30 av. J.-C.). L. : 1,66 m. Musée du Louvre.

Société • Nom commun.Chaque membre du défunt est enveloppé de bandelettes de lin imprégnées de résine naturelle ou de gomme arabique issu de l'acacia, en commençant par les extrémités. ΕSuivant les pratiques, l'embaumeur-emmaillotteur commence par les doigts en remontant le membre supérieur, puis les pieds de la même manière avant de finir par le corps et la tête. Il fallait probablement une quinzaine de jours pour achever le bandelettage. Sous les bandelettes sont placées des amulettes, positionnées sur des points stratégiques du corps, puis peu à peu avec le temps dispersées sans réel emplacement. Les amulettes jouent un rôle primordial : comme « doublons » des organes élémentaires, elles garantissent au défunt de pouvoir voir, entendre, manger, bénéficier de ces pleines capacités. Le scarabée de cœur remplaçait le cœur, siège de l'âme ; le pilier-djed pour la colonne vertébrale (symbole de la stabilité et de la colonne vertébrale d'Osiris), etc.. D'autres amulettes sont préconisées dans la conservation « magique » du défunt : le nœud d'Isis (boucle de ceinture), ou nœud-tit, l'œil-oudjat (l'œil d'Horus arraché par son oncle Seth, laissant s'échapper une larme et une coulée de sang), la colonette-ouadj, le vautour Nekhbet, etc.. Certaines matières utilisées dans la conception des amulettes repoussaient les parasites nécrophages. On remarquera les différences entre les momies précédant la IIIe période intermédiaire (cf. Momie de Ramsès II et Séthy Ier, Nouvel Empire, conservées au Musée du Caire) — ou les bandelettes consistent en un enroulement autour de chacun des membres — et les momies ptolémaïques ou romaines, ou l'enveloppe de bandelettes est effectué très souvent dans un sens vertical et horizontal afin de former des motifs à caractère décoratif : croisillons, chevrons, formes carrées, etc. (cf. momie de Pachery, d'époque ptolémaïque, conservée au Musée du Louvre). Le Musée du Louvre conserve un grand nombre de bandelettes de momie portant les dessins et textes illustrant certains chapitres du « Livre des morts », le « Livre pour sortir au jour ». Derrière l'aspect « fonctionnel » de ces dessins et textes résident aussi un certain « art » dont les bandelettes sont devenues le support. La momie terminée reçoit par la suite un masque de plâtre ou de matière plus noble (l'or, notamment) qui vient recouvrir le visage jusqu'alors sans expression. La plupart du temps cette représentation n'est pas celle du défunt, mais est idéalisée. Pour entrer dans l'autre monde, le défunt veut paraître éternellement jeune et beau. Bien d'autres personnes interviennent à chacune des étapes de la momification, et ont par exemple la charge de la préparation des onguents, du natron, des bandelettes, etc.. Les « Enfants d'Horus » et les « Enfants de Kentyenirty » participent à la veillée funèbre et secondent les prêtres lors de la momification. Remonter
Imprimer cette entréeMomies, Momies animales.
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Momies, Momies animales
Momie de chat, tressée et peinte sur le visage. Elle renferme le squelette recroquevillé du chat. British Museum. H. : 46cm, inv. EA 37348.

Société • Nom commun.Certains scientifiques avaient émis l'idée que la momification animale avait pour seul but la nourriture du défunt dans l'au-delà. Cette théorie a été bien vite écartée avec la découverte de momies d'animaux domestiques et de cimetières de centaines d'animaux. De fait on peut classer les momies animales en deux groupes : celles faites en l'honneur du dieu qu'elles représentent, et celles — comme les animaux domestiques — qui accompagnent le défunt dans sa tombe pour que sa vie soit dans l'au-delà la même que sur terre.ΕÀ la Basse Époque, la momification animale est fortement répandue. On momifie ainsi les animaux pour leur symbolique divine. On a constater que certains des animaux été morts de manière violente, ce qui laisse penser à une offrande volontaire. Les Égyptiens embaument les crocodiles (et parfois leurs œufs) du dieu Sobek, les chats de la déesse Bastet, les ibis de Thot, les faucons d'Horus, les scarabées de Rê-Khépri, les chiens d'Anubis, les taureaux d'Apis... Des momies de deux espèces différentes de gazelles, certaines conservées au Musée du Caire, provenant de Kom-Mereh et Kom-Ombo, étaient consacrées à Isis. Remonter
Imprimer cette entréeMomies, Momies végétales.
Société • Nom commun.Peu d'exemplaires nous sont parvenus, et la pratique était très isolée et datée exclusivement du Nouvel Empire. On trouve des graines, du pain... qui servaient principalement d'offrandes au défunt. Cette offrande de momies végétales joue le même rôle que les stèles de l'offrande de l'Ancien Empire. Remonter
Imprimer cette entréeMomies, Premières momies artificielles.
Société • Nom commun.La plus ancienne trace de momification a été découverte sur un défunt de l'époque de Nagada II vers 3600 av. J.-C. à Hiérakonpolis (l'antique Nekhen). Dans ce cimetière d'ouvriers et de fermiers, on n'a retrouvé que des dépouilles de femmes, dont seules les mains et la mâchoire étaient momifiées. On gardera à l'esprit que le défunt doit pouvoir agir, parler et se nourrir dans sa « seconde vie » dans l'au-delà. Dans la tombe n°71 d'Hiérakonpolis, la dépouille probablement âgée de 20 à 25 ans était recouverte d'un linceul de lin. Les mains et la mâchoire ont été momifiées, et l'étude radiographique ou exploratoire a révélée que les organes internes sont également enveloppés dans une bande de tissu. La conservation des organes internes étaient donc déjà une préoccupation dès la période prédynastique. Dans la tombe n°16, une seconde femme d'environ 30 à 35 ans a des cheveux teins au henné, mais également les premières extensions de cheveux de l'Histoire. La première momie conservée dans un cercueil, et portant des traces de conservation de peau et de résine sur les os, est datée de la Ière dynastie (époque thinite). ΕL'inhumation des défunts au-dessus du niveau du sol, contrairement aux premières momies naturelles, va engendrer la décomposition de certaines d'entre-elles. C'est sans doute ce qui a déclenché la volonté de devoir conserver de manière artificielle les corps, et d'accélérer cette décomposition, puis de la fixer. Durant la période prédynastique et l'Ancien Empire, l'expérimentation balbutiante n'a pas suffit à garantir la conservation des momies, qui se sont peu à peu dégradées. De fait très peu de momies de cette époque nous sont parvenues. La technique de préparation de la momie et de son emaillotement évolue à travers le temps, s'inspirant de ce qui s'est fait auparavant et privliégiant les techniques rapides et efficaces. Il faudra mille ans pour parfaire la technique. C'est au Nouvel Empire que l'art de la momification atteint son apogée. On en maîtrise tous les aspects, et les momies que l'on peut observer aujourd'hui sont incroyablement conservées. En 1881 et 1898, de nombreuses momies royales du Nouvel Empire ont été découvertes au sein de deux cachettes, où elles avaient été déplacées par les prêtres égyptiens trois mille ans auparavant. L'acte de ces prêtres combiné à la qualité du travail des embaumeurs nous permettent aujourd'hui de voir les visages des rois les plus célèbres du Nouvel Empire. La plupart de ces momies royales sont conservées au musée égyptien du Caire, dans la « salle des momies royales ». La momie de Séthy Ier est sans doute la plus belle, au regard noble et élégant. Celle de son fils, Ramsès II, qui est décédé tardivement, est majestueuse et arrogante, en dépit de son vieil âge. À l'époque ptolémaïque, puis romaine, la demande de momification est beaucoup plus large. En parallèle de cela, aucun progrès technique n'est effectué. Les momies finissent par noircir (notamment à cause de l'usage de bitume) ou s'altérer. Ils arrivent parfois que les momies soit fausses : l'embaumeur ayant abîmé — voire égaré ! — le corps, il substitue celui-ci avec des os d'autres défunts, ou tout simplement en modelant la forme de la momie sans aucun corps, avec du lin ou du tissu.
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Égypte, J. C. Goyon, Éditions Cerf, Paris, 1972.
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Imprimer cette entréeMomies, Premières momies naturelles.
Société • Nom commun.Aux balbutiements de la civilisation égyptienne, dès la période prédynastique, les premiers Égyptiens enterrent leurs morts à même le sable. Sous l'action combinée de la chaleur ambiante, de la sécheresse et du sable dessiccateur, la peau se dessèche sans se décomposer, et produit un effet de conservation surprenant. À cette période, on enterre tous les vivants, qu'ils soient hommes ou femmes, enfants, personnes de haut rang ou non, etc.. Les sépultures présentent un dispositif composé de vases et céramiques attenantes à la dépouille, ce qui témoigne déjà d'un rite funéraire, où le défunt aura besoin d'objets usuels de la vie quotidienne dans l'autre vie. ΕDe nombreux cimetières préhistoriques et prédynastiques ont été découverts, dénombrant parfois plusieurs centaines de tombes : Merimdé, Ouadi Bigla, El Omari, Toura (600 tombes), Geiza, Matmar, Badari, Mostagedda, El Amrah (600 tombes), Gebelein, Adaïma, Khomzam, etc.. L'une de ces « momies » avant l'heure, de l'époque de Nagada II, a été surnommée « Ginger » en raison de sa couleur de peau rousse et de ses cheveux, et se trouve actuellement au British Museum, recroquevillée en position fœtale, et entourée d'objets de la même période (vases, couteaux, récipients divers). On peut penser que ce phénomène naturel de conservation à amener les Égyptiens à essayer de le maîtriser, en utilisant des techniques mécaniques et chimiques, et surtout de manière accélérée, peu après la période prédynastique. L'état de conservation du corps laisse croire aux Égyptiens que le défunt vit encore, par delà la mort, puisque son enveloppe charnelle est préservée. Les Égyptiens craignaient la mort comme ils craignaient la décarnation, le démembrement ou la décapitation (les Textes des pyramides y font allusion). Aujourd'hui subsistent des doutes : des corps de l'époque prédynastique découverts récemment montrent des traces de coupure nette des membres. L'une des théories serait que le défunt aurait été enseveli une première fois dans le sable pour être « momifié », puis désensablé, les membres séparés un à un, et à nouveau ensablé démembré pour évoquer les deux morts d'Osiris.
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Égypte, J. C. Goyon, Éditions Cerf, Paris, 1972.
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Imprimer cette entréeMomification, Lieux de momification.
Société • Nom commun.Durant l'Ancien Empire, le défunt est embaumé sous une tente, placée stratégiquement selon deux critères : elle doit être à proximité d'une source d'eau — en l'occurrence le Nil — pour pouvoir procéder aux divers lavages du défunt et au nettoyage du matériel ; elle doit aussi se situer à proximité de la nécropole pour éviter un trop long déplacement pour la mise au tombeau. À la Basse Époque, des constructions de briques, appelées « Place Pure » (Ouâbet, w3bt), isolées et placées du côté des nécropoles, se substituent aux tentes. Remonter
Imprimer cette entréeMomification, Origines de la momification.
Société • Nom commun.La croyance reposait sur la constitution du défunt, qui répondait à sept principes : le khet (le corps), l'ib (le cœur), le ka (« l'énergie vitale individuée »), l'akh (« esprit lumineux, étincelle divine »), le ren (le nom), le shout (l'ombre), et le ba (la « possibilité de l'interface entre le visible et l'invisible, potentialité de manifestation »). Le ka est souvent — à tord ? — appelé « double » du défunt : sa représentation est celle du défunt, dont deux bras se lèvent sur sa tête. Aussi le défunt doit survivre dans son intégrité dans l'autre monde, et donc conserver son corps intact. La conservation unifiée de ces « éléments » semble être une explication de la systématisation progressive de l'emmaillotement. ΕLe rituel de l'embaumement nous est connu aujourd'hui par deux papyrus fragmentaires, le premier étant le Papyrus Boulaq III conservé au Musée du Caire, datant du Ier siècle av. J.-C., et le second conservé au Musée du Louvre, le papyrus n° inv. 5158 conservé au Louvre et datant de la deuxième moitié du Ier siècle av. J.-C.. Ils comportent tous deux onze chapitres divisés en deux parties : d'une part, une sorte de « manuel » à destination des embaumeurs expliquant les techniques et outils, et d'autre part des textes funéraires et liturgiques à prononcer à toutes les étapes de la momification. Bien qu'il faille rester prudent quant aux textes des auteurs classiques grecs, ceux-ci nous témoignent des pratiques qu'ils ont pu observer ou entendre. Bien souvent, on considère que la momification est directement liée à la réalisation, à la concrétisation sur terre du « mythe d'Osiris ». Pourtant, si le mythe d'Osiris, de sa mort et de sa « résurrection », nous rappelle l'importance mythologique de la momification, il semble que la légende n'est été instaurée que pour renforcer l'idée de pratique divine de l'embaumement, mais n'en serait donc pas l'origine. Les sources textuelles du mythe sont diverses et variées, lacunaires, et souvent de période tardives. Le mythe raconte que le dieu Seth, jaloux du pouvoir et de la renommée de son frère Osiris, alors roi d'Égypte, décide de le tuer. Pour se faire, il confectionne un somptueux sarcophage décoré aux strictes mensurations d'Osiris (qu'on disait très grand). Seth propose ainsi, lors d'un banquet, à celui qui rentrerait parfaitement à l'intérieur, de le lui offrir. Tous les convives se prêtent au jeu, mais s'avèrent évidemment trop petits. Dès qu'Osiris prit place dans le sarcophage conçu à ses dimensions, les complices de Seth refermèrent le sarcophage. Le sarcophage est jeté dans le Nil et remonte vers le Nord. Isis, l'épouse et sœur d'Osiris, voit en un songe divin le sarcophage dérivant vers la ville de Byblos. Elle part le retrouver et revient en Égypte. Seth, informé du retour d'Isis et du sarcophage, décide à nouveau d'enlever la dépouille et de la découper en de nombreux morceaux — de 14 à 42 morceaux selon les versions —, puis de disperser les membres dans toute l'Égypte. Une fois encore, Isis retrouve tous les morceaux, sauf le cœur — siège de l'esprit, de l'âme et des sentiments pour l'ancien Égyptien — et le phallus (qu'on dit avalé par un poisson des eaux du Nil, attribué à Seth — l'oxyrhinque), et les remet « en ordre » en utilisant des bandelettes. De sa magie, elle lui rend la vie en déployant ses ailes au-dessus de la dépouille et lui sculpte des organes génitaux sculptés dans la glaise. La première momie était née, et de l'union d'Isis et d'Osiris naîtra le faucon Horus. Certaines versions de la légende ajoutent qu'elle fut aidée par Anubis, de la recherche d'Osiris à la reconstitution de son corps, et serait devenu ainsi dieu de l'embaumement.
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
  • Rituels funéraires de l'ancienne Égypte, J. C. Goyon, Éditions Cerf, Paris, 1972.
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Imprimer cette entréeMomification, Représentations des techniques de momification.
Société • Nom commun.On a cru pendant longtemps que le métier d'embaumeur était répulsif et que de fait on ne représentait pas son métier. Mais trois — maigres — découvertes nous prouvent le contraire.ΕSur le sarcophage de Djedbastetiouefânkh (ḏd-b3stt-iw.f-ˁnkh ; prêtre d'Amon à Karnak. Sarcophage en bois de sycomore recouvert de lin stuqué et peint, d'époque ptolémaïque, conservé au Hildesheim Pelizaeus-Museum, Allemagne) sont représentées cinq scènes des étapes de la momification sur trois registres : 1. le lavage par deux hommes de la momie allongée dans un bain (certainement la déshydratation au natron) ; 2. le lavage par deux autres hommes de la momie debout (purification ? nettoyage du sel ?) ; 3. sans doute un rituel spécifique où deux hommes portant un bandeau suivent un homme à tête de chacal brandissant un ustensile devant la momie, posée la tête sur un chevet et reposant sur un lit à tête et pattes de lions ; 4. la momie entourée de ses bandelettes sur un second lit d'apparence léonine, au dessus des quatre vases canopes ; 5. un personnage anthropomorphe à tête de chacal s'abaissant au dessus du lit où repose la momie (deux objets étranges prennent place sous le lit). On notera qu'avant de porter les bandelettes, le défunt est représenté en noir, couleur de l'au-delà et du mort. La seconde preuve se trouve dans la tombe de Tjay (ou Tchay) : quatre étapes du rite sont représentées. Elles ne sont pas clairement identifiables, faute de textes attenants, mais on peut probablement y discerner dans la partie supérieure gauche la décoration du sarcophage, dans la partie inférieure gauche des hommes déposant des onguents sur le sarcophage, dans la partie supérieure droite le bandelettage, et dans la partie inférieure droite ce qui pourrait être une éviscération. La dernière représentation est située sur le papyrus n° inv. 3074 du Louvre : la momie est en cours d'éviscération. Ces trois exemples nous démontrent donc que la momification n'était pas un sujet tabou, auquel cas les trois défunts ici présentés n'aurait osé en faire des représentations. On en déduit donc que la discipline ne faisait pas partie du protocole ou des thématiques de décoration. De cette conclusion, on se rapprochera du fait qu'aucune représentation de personnages pleurant le défunt, et non pas la momie, n'existe, hormis une représentation d'Aménophis IV Akhenaton et Nefertiti pleurant sur le corps de leur fille Maketaton décédée.
  • Images et rites de la mort dans l'Égypte ancienne, J. Assmann, Éditions Cybèle, Paris, 2000.
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Imprimer cette entréeMonolithe, monolithique.
Architecture • Nom commun.D'un seul tenant, qui a été établi, sculpté et/ou gravé dans un seul et même bloc de pierre, d'une seule pièce. Remonter
Imprimer cette entréeMontant.
Architecture • Nom commun.Parties verticales situées à gauche et à droite d'une porte, souvent pour soutenir le linteau. Remonter
Imprimer cette entréeMontée des eaux, Cataracte, Ahtmt mw mrjtj.
Médecine • Nom commun.Les Égyptiens utilisaient le terme « montée des eaux » pour désigner la cataracte, supposant qu'un liquide venu du cerveau s'écoulait dans les yeux et provoquait l'opacification du cristallin. Remonter
Imprimer cette entréeMontouhotep, Mentouhotep.
Histoire • Nom propre.◊ Nom porté par quatre pharaon du Moyen Empire, pendant les XIe et XIIe dynastie.
◊ Vizir sous le règne de Sésostris Ier. Remonter
Imprimer cette entréeMoyen égyptien.
Littérature • Nom commun.État officiel de la langue en usage en Égypte à partir du Moyen Empire (vers 2000-1700 av. J.-C.). Le moyen égyptien a par la suite était considéré comme la langue classique, perdurant ainsi aux côtés du néo-égyptien et jusqu'à la fin de l'Égypte pharaonique. Gravé sous la forme de textes en hiéroglyphes dans la décoration monumentale, le moyen égyptien est également utilisé sous la forme d'une écriture cursive et simplifiée, le hiératique.
  • Lexique d'égyptien hiéroglyphique, collectif. En cours d'élaboration : Voir le site
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Imprimer cette entréeMusiciens et chanteurs dans les temples.
Arts • Nom commun.ΕUne profusion de « titres » et de « groupes » évoque quelques informations sur l'organisation sociale des musiciens. Parmi eux, les « hnr » chantent, dansent, tapent des mains au sein des temples, des palais et des ensembles funéraires. Cette catégorie de musiciens connaît son apogée vers 2500 à 1500 av. J.-C. et durant la période ramesside. Au départ, ces groupes sont uniquement féminins ; les hommes n'y sont intégrés que durant la Ve dynastie, et formeront au Moyen Empire des groupes uniquement masculins. Les femmes appartenant à la lignée royale ou celles du harem sont fréquemment intégrées à l'un de ces groupes, rattachés aux palais, aux temples et aux lieux funéraires. Ces dames portent des robes claires et des cheveux bouclés et ondulés, auxquels sont suspendues aux extrémités de petites perles. Les hommes portent quant à eux le pagne ou des costumes d'apparat plus complets. Au sein des temples se trouvent également les « chanteuses », souvent rattachées au culte d'Hathor, d'Amon, d'Osiris et d'Isis. La quantité de personnes portant le titre de « Chanteur du Temple » semble indiquer le rôle spécialisé de la musique sacrée. Ces chanteuses exerçaient au quotidien dans les rituels des prêtres, mais aussi lors des grands événements, tels que les fêtes-sed. Les peintures des tombes indiquent la démesure des longues rangées de chanteurs, percussionnistes et danseurs pendant cette fête ; leur musique est appelée « celle qui ouvre les portes du paradis pour que le dieu puisse avancer purifié ». Remonter
Imprimer cette entréeMusique profane.
Arts • Nom commun.ΕLa musique profane est fréquemment jouée lors de réceptions organisées par les notables, et s'avère bien souvent accompagner la danse. Cette musique est interprétée avec bien plus d'instruments que la musique sacrée, parmi lesquels on trouve une grande variété de percussions. La flûte, légère et pratique, accompagne les bergers et enfants, pour passer le temps ou divertir. Dans les travaux des champs, la musique donne du cœur à l'ouvrage ; il en va de même lors des chasses, où l'on effraie les oiseaux ou les gibiers à l'aide de tambourins pour les rabattre ou les faire sortir de leurs fourrés. Par ailleurs, les campagnes militaires et leurs déplacements étaient rythmés par des instruments à faible gamme, destinés à donner le rythme du pas et à motiver les soldats. Remonter
Imprimer cette entréeMusique sacrée.
Arts • Nom commun.ΕLa musique est avant tout un art sacré, dédié principalement aux cultes et rites qui entourent les divinités. Les louanges sont parfois accompagnées musicalement, comme l'atteste la riche iconographie égyptienne. La prêtrise intervient dans les actes sacrés et profanes, d'une part avec prières, louanges et psalmodies accompagnées de chants (a capella ou musicalisés) durant les processions des dieux, la sortie du dieu dans son naos, ou encore durant les trois services quotidiens rendus au dieu, mais également lors des grandes fêtes de réjouissances, célébrant la crue du Nil ou tout autre évènement important. Le culte quotidien du dieu (l'ouverture du naos), était accompagné du chant d'un chœur de prêtres entonnant « l'hymne du réveil », pour réveiller le dieu et célébrer le lever du soleil. Remonter
Imprimer cette entréeMusique, Chironomie et notation.
Arts • Nom commun.Les récentes recherches en musicologie dans l'antiquité ont mis en exergue l'existence possible d'une partition musicale égyptienne en Égypte antique. Il est probable que les Égyptiens utilisaient également des indices marquant les temps et tempo de la musique. Les chironomes, représentés en chanteurs portant une main à l'oreille et l'autre soit à plat, soit le pouce et l'index se rejoignant, semblent marquer un rythme et indiquer des intervalles mélodiques ou des notes musicales.ΕHans Hickmann propose l'interprétation des gestes des chironomes : d'une main le chironome indique une note de la gamme (le ton), et de l' autre une autre note. Lise Manniche (voir supra), dérivant de cette appréciation, propose : « la main gauche, correspondant à la notation des accents sub-linéaires, fait le geste représentant les « tons » de la gamme; la main droite, correspondant à la notation des accents super-linéaires, fait le geste des harmonies (melismas) d'une à trois notes ». d'utres représentations iconographiques suggèrent l'utilisation d'une des mains - souvent la droite - tapant sur la cuisse pour marquer le rythme. » C. Sachs a renoncé à associer des notes aux représentations des chironomes là où L. Manniche s'est attaché à les illustrer. Ses travaux l'ont mené à l'identification de onze « notes » de notre gamme moderne via onze représentations de chironomes, comprenant deux fondamentales et 3 quintes. Toutefois cette recherche conduit à la présentation des temps à marquer, des temps des notes, mais pas des notes jouées elles-mêmes.
  • Music and Musicians in Ancient Egypt, L. Manniche, British Museum Press, Londres, 1991.
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Imprimer cette entréeMusique, Ensembles musicaux et formations musicales.
Arts • Nom commun.La musique et le chant peuvent être pratiqués par un groupement de prêtres dans le cadre du culte au dieu, et notamment en accompagnement des processions et cérémonies. Le nombre de ces prêtres dans les formations musicales varie en fonction de l'importance de la divinité, du lieu de culte, ainsi que de la sacralité de l'évènement. Des femmes portant le titre de « Divines adoratrices d'Amon » sont attachées à chanter et utiliser un sistre lors des processions. Si leur configuration peut changer, les formations de musiciens et chanteurs pour louer le défunt ou pour accompagner les fêtes et réceptions sont plus généralement composées de trois personnes : deux, voire trois musiciens, et un chanteur. Les notables organisent des fêtes animées où l'on mange et boit, accompagnées d'ensemble musicaux.
  • Music and Musicians in Ancient Egypt, L. Manniche, British Museum Press, Londres, 1991.
  • Die Musikintrumente des alten Aegyptens, C. Sachs, Berlin, 1921.
  • Geist und Weren der Musikinstrumente, C. Sachs, Berlin, 1929.
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