Égypte antique, Égypte ancienne
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De Dagi à Dynastie, XIIIe dynastie
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Histoire • Nom propre.Vizir, Haut fonctionnaire, Surintendant de la Pyramide sous le règne de Montouhotep II. Sa tombe à Cheikh Abd el-Gournah porte le numéro TT 103.
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- Imprimer cette entréeDéambulatoire.
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Architecture • Nom commun.Couloir qui entoure le siège vénérable dans un temple. Se dit aussi du passage courant entre les murs du sanctuaire et la colonnade autour de certains mammisi.
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- Imprimer cette entréeDeben.
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Sciences • Nom commun.Unité utilisée pour la mesure de poids. Le deben pèse 13,6 grammes lorsque l'on pèse de l'or, et 27,3 grammes lorsqu'on mesure du cuivre. Au Nouvel Empire, le deben adopte un poids fixe de 91 grammes.ΕLes poids utilisés sont quasiment toujours de pierre ou de bronze. Si certains sont en forme de sphères et d'autres en forme de palets dont la base est aplanie et le sommet bombé, certains poids, surtout au Nouvel Empire et à la Basse Époque, prennent la forme d'animaux.
La collection de poids du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre présente des poids d'un vingtième de deben (4,8 g), 1/10e (10,36 g), 1/5e (17,71 g), 1/2 (45,16 g et 45,2 g, soit 5 kités), 1 deben (97,6 g, 89,12 g ou encore 92,43 g en forme de bouquetin), 3 deben en forme de lièvre (274,7 g), 6 deben en forme de lièvre (532,7 g), 24 ou 25 deben (2,346 g, sous forme de sphère et palets), et un poids de plus de 3 kg.
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- Imprimer cette entréeDecheret, Couronne-decheret.
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Égyptologie • Nom commun.Couronne rouge de la Basse-Égypte, littéralement « La rouge » (dšr.t).
→ Voir aussi : Pschent, pa-sekhemty.
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- Imprimer cette entréeDécubitus dorsal, Position en décubitus dorsal.
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Égyptologie • Nom commun.Expression désignant le corps allongé, en position de repos.
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- Imprimer cette entréeDéfunt, Mise au tombeau du défunt.
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Société • Nom commun.Après l'intervention des embaumeurs, le corps du défunt est remis à la famille qui le place dans un sarcophage. Les nécrotaphes emportent le défunt jusqu'à sa dernière demeure. Des prêtres nommés choachytes procèdent à la cérémonie, et notamment au rite de l'ouverture de la bouche, et aux purifications d'Horus et de Thot. Hérodote, qualifié de « père de l'histoire », nous a transmis — de manière plus ou moins exacte, et parfois fantaisiste — le départ du défunt. « Toutes les femmes de la maison se couvrent de boue (?) la tête ou même le visage ; puis elle laissent le cadavre dans la maison et courent par la ville en se frappant la poitrine et le sein nu, la robe retroussée, retenue par une ceinture ; toutes leurs parentes se joignent à elles. Les hommes se frappent et se lamentent de leur côté, dans une tenue semblable. Cela fait, on emporte le corps pour le faire embaumer. » ΕDans l'ouvrage « Contes populaires de l'Égypte ancienne » rédigé par Gaston Maspero, on retrouve au sein des « Mémoires de Sinouhit » (plus connu aujourd'hui sous le nom de Sinouhé) une description du déroulement des funérailles. Les premières lignes précédant cet extrait précisent que le défunt a parcouru de son vivant « les pays étrangers, sortant de Kadimâ vers Tonou », et que « chaque pays [l]'a passé à l'autre ». Le roi d'Égypte fait volonté que la dépouille soit rapatriée sur la terre pharaonique et que les funérailles se fassent selon leurs rites :
« Quand tu seras venu en Égypte et que tu verras la résidence où tu vivais, prosterne-toi face contre terre devant la Sublime Porte, et joins-toi aux Amis. Car aujourd'hui, voici que tu t'es mis à vieillir; tu as perdu la puissance virile et tu as songé au jour de l'ensevelissement, au passage à la Béatitude éternelle. On t'a assigné des nuits parmi les huiles d'embaumement et les bandelettes, par la main de la déesse Taît. On t'a fait ton convoi au jour de l'enterrement, gaine dorée, tête peinte en bleu, un baldaquin au-dessus de toi ; mis dans le corbillard, des bœufs te tireront, des chanteurs iront devant toi, on exécutera pour toi les danses des bateleurs à la porte de ta syringe; on récitera pour toi les invocations des tables d'offrande, on tuera des victimes pour toi auprès de tes stèles funéraires, et ta pyramide sera bâtie en pierre blanche dans le cercle des Infants royaux. Il ne sera pas que tu meures sur la terre étrangère, ni que des Asiatiques te conduisent au tombeau, et que tu sois mis dans une peau de mouton quand on fera ton caveau ; mais il y aura compensation pour l'oppression que tu as subie sur ton corps, quand tu seras revenu ici. »
La peau de mouton utilisée sur le défunt, quoique dans les rites de certaines civilisations voisines (tels que les Hyksôs), est un affront impitoyable en Égypte, où elle est considérée comme impure et dégradante. Seul le lin est utilisé pour les momies.
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- Imprimer cette entréeDeir.
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Égyptologie • Nom commun.Terme arabe signifiant « couvent ». Après la période pharaonique, certains sites antiques sont devenus peu à peu méconnus. Lorsque les Coptes s'y installèrent, ils renommèrent certains sites selon leur utilisation nouvelle : Deir el-Bahari, le « couvent du nord », pour le site des temples de Montouhotep et d'Hatshepsout ou encore Deir el-Médineh, le « couvent de la ville » pour le village des artisans des tombes royales, l'antique « Place de la Vérité, à l'Ouest de Thèbes ».
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari.
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Géographie • Nom propre.Site situé en Haute-Égypte, sur la rive Ouest du Nil. C'est ici qu'un roi du Moyen Empire, Mentouhotep II, fit édifier en premier son temple funéraire sous la XIe dynastie. Bien plus tard à la XVIIIe dynastie fut construit celui de la reine Hatshepsout. Deir el-Bahari, en prolongement de la plaine thébaine de la rive gauche de Thèbes, est enclavé dans un immense cirque montagneux formé des falaises abruptes de la chaîne libyque, entre la roche de Dra Abou el-Nagga et la colline de l'Assassif. Juste derrière se trouve la Vallée des Rois. Le site tient son nom moderne de l'arabe signifiant « le couvent du Nord » et rappelle l’existence d'un couvent copte construit en ce lieu pour Saint Phoibammon et occupé dans la première moitié du VIIe siècle.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Cachette de Deir el-Bahari.
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Histoire • Nom propre.Le site de Deir el-Bahari avait servi pendant la XIe dynastie de nécropole. Aussi en 1881, l'une des tombes ouvertes révéla ce qu'on appela « la cachette » : à l'intérieur se trouvaient les sarcophages royaux de grands pharaons (Séthy Ier, Aménophis Ier, Thoutmosis II, Ramsès II). L'emplacement de cette tombe avait été révélé par un pilleur de tombes, Mohammed Abdel Rassoul. Sur ses indications, une seconde cachette sera mise au jour dix ans plus tard, renfermant les cercueils et le matériel funéraire du puissant clergé d'Amon, des grands prêtres et des grandes prêtresses d'Amon.
- La découverte des cachettes royales en Égypte au XIXe siècle, inÉgypte, Afrique & Orient, n°38, Paris, Juin 2005.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Découvertes récentes à Deir el-Bahari.
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Égyptologie • Nom propre.Le site de Deir el-Bahari et ses alentours font encore l'objet de fouilles, et l'on y découvre toujours des objets et lieux.ΕEn février 2006, une équipe d'égyptologues dirigée par Francesco Tiradritti, a pénétré dans une tombe jamais explorée auparavant, mais déjà visitée par des pillards.
Au cours des fouilles systématiques des tombes d'Harwa, fonctionnaire important de la XXVe dynastie, vers 750 av. J.-C., la tombe de Ouahibrê-neb-pehty, un prêtre d'Harwa, dont l'entrée se situe le long du côté du portique d'accès à la plus grande tombe d'Harwa, les égyptologues ont déblayé une quantité considérable de déchets. La tombe comporte un mur scellé à l'origine, mais en partie déjà démonté par les pillards, puis un court corridor débouchant sur une salle partagée avec la tombe de Kherouef, découverte précédemment. La salle a révélé des vestiges d'une décoration comportant une tête de veau sacré et la partie postérieure d'un bovin qui prenait place devant lui.
Concernant le contenu de la tombe, deux masques funéraires en bois décoré datés de la période ptolémaïque (vers le IV-III siècle av. J.-C.) ont été exhumés. Leur manufacture révèle un style phénicien, dénoté par la forme des yeux : la découverte est d'importance, puisqu'elle met en lumière le passage des masques classiques de type hiératique des premières dynasties à celui anthropomorphique, notamment connu par les portraits du Fayoum.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Explorations archéologiques à Deir el-Bahari.
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Histoire • Nom propre.Depuis l'antiquité, les vestiges du site de Deir el-Bahari ont servi de matériaux de construction, et ce jusqu'au milieu du XIXe siècle. Il faut attendre les premières visites de scientifiques et les premières fouilles pour voir s'ouvrir des chantiers archéologiques et une exploration systématique du site. Une tour de brique, édifiée pour le monastère de Saint-Phoebammon dans l'angle Sud-Est de la cour haute de Deir el-Bahari, au niveau de la troisième terrasse a par ailleurs subsisté jusqu'à la fin du XIIe siècle.ΕLes premiers travaux de relevés topographiques du site sont à mettre au crédit de l'expédition d'Égypte voulue par Bonaparte en 1798-1801.
Les égyptologues G. Belzoni, H. Beechey, J.-J. Rifaud ainsi que d'autres agents du Service des Antiquités, en quête d'objets et de monuments à revendre, prospecteront sur le site, tandis que de nouvelles recherches à vocation réellement scientifiques commenceront simultanément.
I. Rosellini, accompagnant J.-F. Champollion s'attachera à recopier les textes de l'antichambre du sanctuaire de la barque, tandis que plus tard, l'allemand R. Lepsius emportera plusieurs des blos du sanctuaire, des parois de la cour supérieur et du portique aux obélisques dans son pays natal, pour le compte du musée de Berlin.
Le français Auguste Mariette s'empressa de mettre fin à ces explorations illégales et déclencha trois campagnes de fouilles, menées de 1855 à 1866, et découvrit plusieurs des structures encore inconnue du temple.
Dès lors, les fouilles devinrent systématiques, d'abord par des égyptologues anglais, sous la responsabilité d’un architecte suisse, E. Naville, dépêché par l’Egypt Exploration Fund de 1893 à 1897, puis de 1903 à 1906.
Un peu plus tard, une mission américaine dirigée par H. Winlock de 1911 à 1931, envoyée par le Metropolitan Museum of Art de New York continua les travaux d'exploration, de consignation et de relevés épigraphiques.
Beaucoup de documents nous permettent aujourd'hui d'apprécier le fond textuel et iconographique du site, ceci par le travail commun entrepris par Howard Carter et par les relevés épigraphiques de E. Naville.
L’architecte français E. Baraize, envoyé par le Service des Antiquités de l’Égypte, commença la consolidation et la restauration du site. Par la suite, le Conseil Suprême des Antiquités et le Centre d’archéologie polonais de l’Université de Varsovie conclurent un marché qui déléguait dès 1961 le travail de restauration, de travail archéologique et de consolidation à l'équipe polonaise, qui occupe aujourd'hui toujours les lieux. Financées par l’Égypte, les interventions portèrent avant tout sur la reconstruction du temple. L'équipe polonaise, qui possède un petit bâtiment sur le site même, a également procédé au recensement de toutes les pierres trouvées et stockées dans les magasins du site.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Temple d'Hatshepsout à Deir el-Bahari.
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Géographie • Nom propre.Temple de Millions d'Années élevé sur la rive ouest de Thèbes sous le règne d'Hatshepsout.ΕLe temple est exceptionnel par sa structure et sa forme globale. Un mur d'enceinte, dont il ne reste quasiment rien aujourd'hui, marquait l'entrée. Au pied du temple se trouvaient un jardin, une cour plantée d'arbres et de plantes (dont, semble-t-il, deux acacias sacrés) et des bassins. On peut voir aujourd'hui deux parterres circulaires, cerclés d'une grille et adjoints d'une pancarte « This tree trunk was brought from Punt by Hatshepsut's expedition which is depicted on the temple walls », c'est-à-dire, « Ce tronc d'arbre a été rapporté de Pount par l'expédition d'Hatshepsout qui est dépeinte sur les murs du temple ». Il n'en reste que les racines séchées. Une rampe montante, débutant avec deux effigies léonines gravées sur les flancs, se déroule jusqu'au sommet du temple situé au pied de la falaise, sur la troisième terrasse.
Inspiré par le temple attenant de Mentouhotep, le temple d'Hatshepsout connaît une renommée bien au-delà de son règne. Le Djeser Djeserou, c'est-à-dire le « Sublime des Sublimes » — comme était appelé ce temple — est l'œuvre d'un architecte très proche de la reine, dénommé Senenmout (ou Senmout), « le frère de Mout », « Le frère de la Grande Mère », qui fut Intendant des domaines d'Amon, Maître d'œuvre à Karnak et Deir el-Bahari, et second de la reine. Sans aucune preuve formelle, certains supposent qu'il fut bien plus, et qu'il devint très tôt l'amant de la reine.
Senenmout a de fortes responsabilités, et s'entoure de conseillers et de scribes de haut rang, ainsi que d'une équipe d'artisans et d'artistes talentueux. Un « compte d'exploitation » découvert à Deir el-Bahari nous rapporte que seize charpentiers, dix carriers/tailleurs de pierres ainsi que vingt graveurs travaillaient sur le site.
La première terrasse est ouverte sur trois côtés. Sur le fond, un portique à colonnes fasciculées montre d'impressionnantes représentations divines et des reliefs d'une qualité remarquable. Les deux ailes formées par la rampe centrale comportent chacune deux rangées de onze colonnes, soit au total quarante-quatre colonnes.
La partie à gauche de la rampe présente l'activité d'Hatshepsout en bâtisseuse à Karnak, où elle fait ériger des obélisques. Sur ce « Portique des obélisques », récit est fait de l'extraction de l'obélisque de granit rose monolithique dans les carrières d'Assouan, rapporté jusqu'à Thèbes pour prendre place dans le domaine d'Amon. On y voit le transport par le Nil des aiguilles de pierres par une flotte de navires, et l'accueil triomphal, musical et festif qui leur est rendu à Karnak. Le terrain qui accueillera les deux obélisques est ensuite préparé dans un grand recueillement, tandis que la reine délimite le lieu où ils s'élèveront en procédant à une course rituelle autour de cet espace.
L'aile à droite de la rampe est beaucoup plus symbolique et mythique. Ce « portique de la chasse » montre la reine sous la forme d'un sphinx, écrasant les ennemis désordonnés et paniqués. Une procession de statues royales s'avance tandis que quatre veaux noir, blanc, rouge et tacheté sont offerts comme offrandes du monde animal. Hatshepsout chasse dans les marais les oiseaux des plans d'eau et arrache des plans de papyrus. Les deux scènes de ce même pan de mur paraissent antagonistes, et pourtant elles participent à la célébration de la domination de la reine sur tous les éléments qui composent l'univers. En somme, elle fait régner l'équilibre, la Maât.
La longue rampe qui scinde la première terrasse en deux monte jusqu'à une seconde terrasse. L'architecture y est plus dense. À l'extrémité gauche se trouve la chapelle d'Hathor, et à l'opposé, celle d'Anubis. La deuxième terrasse se compose également d'un « Portique du Pays de Pount » sur l'aile Sud à gauche, et d'un « Portique de la Naissance » au Nord.
Le « Portique du Pays de Pount » raconte la formidable expédition qu'ordonna Hatshepsout vers ce pays recelant de richesses. Si certains le situent au Soudan ou encore sur les côtes de l'actuelle Somalie, certains restent sceptiques et prudents quant à sa position. Néanmoins, on sait que dans ces contrées, les maisons sont bâties sur pilotis, qu'on y trouve une flore extraordinaire et riche (palmiers, palmiers doum, arbres à encens, etc.), ainsi qu'une faune exotique sans pareille (singes, girafes, panthères, rhinocéros). L'une des habitantes du pays de Pount, la souveraine du pays, est représentée sur l'un des murs : certains égyptologues ont suggéré que son surplus graisseux et sa petite taille étaient l'indice d'une malformation (l'éléphantiasis) dont serait atteinte la reine, la rendant imposante. Mais il est plus vraisemblable que la reine eût été forte et que les artistes égyptiens se sont empressés de la caricaturer en forçant les traits de cette dame, accompagnée d'un pauvre âne d'un gabarit bien inférieur, censé la porter ! On trouve aussi sur les terres de Pount de l'encens, indispensable aux rituels égyptiens, de l'or, de l'ébène, des ivoires d'éléphants, et des peaux de fauves.
L'expédition débute après avoir consulté le ciel pour qu'il soit clément. Cinq navires, chargés de cadeaux et de nourriture s'élancent sur le Nil pour rejoindre Pount. Au retour, chacun des bateaux est accueilli dans la liesse. Thoutmosis III offre de l'encens, tandis qu'Hatshepsout relève la mesure de l'encens récolté à l'aide d'un boisseau et que le dieu Thot lui-même note le résultat.
De l'autre côté, Hatshepsout a choisi d'affirmer son essence divine et sa légitimité sur le trône dans la scène du « Portique de la Naissance ». Les murs racontent comment Hatshepsout naquit de l'union de sa mère Ahmès, la belle souveraine, et du puissant dieu Amon incarné en son père. Amon-Rê préside à un conseil réunissant douze dieux, et l'on apprend qu'ils représentent, malgré leur nombre, l'Énnéade, la communauté des neuf dieux qui président le monde. La reine enceinte met au jour une fille, créée par le potier divin Khnoum, et lui donne en nom « Maât-Ka-Rê », « Maât (la Justice, l'équilibre) est le ka de Rê ». Le créateur lui offre deux corps de pharaon, masculin, l'un mortel et qui achèvera son voyage dans la tombe, l'autre immortel animé par son ka. Amon reconnaît Hatshepsout comme son enfant et se réjouit. Quatorze génies (douze mâles et douze femelles) offrent au nouveau Pharaon Hatshepsout tout ce dont elle aura besoin pour régner sur les Deux Terres.
Sur les mêmes reliefs, Hatshepsout reçoit le trône de son père Thoutmosis Ier. Elle effectue les voyages rituels vers le Nord et le Sud pour se présenter aux dieux des cités égyptiennes et obtenir leur faveur et leur approbation.
Une partie des bas-reliefs présentant la reine a été martelée après son règne. Il est encore difficile de savoir pourquoi et par qui ces mutilations ont été ordonnées. Son fils Thoutmosis III fut-il pris soudainement d'une rage destructrice, après avoir été temporairement écarté du trône ? Le doute persiste, puisque Thoutmosis III aurait pu simplement se ré-approprier le temple, où le détruire. Il a cependant décidé de construire le sien juste à côté. Le martelage en lui-même est incomplet, puisqu'il laisse apparaître les silhouettes. Enfin, à certains endroits demeurent des représentations et des cartouches de la reine. On sait aussi que des rois avaient pour habitude d'effacer certaines figurations et certains cartouches pour y apposer les leurs. Or ici ce n'est pas le cas.
Original par sa conception et ses bas-reliefs, le sanctuaire d'Hathor est soutenu par quatre colonnes à l'entrée, douze colonnes dans la première salle, dix dans la seconde, et deux devant le sanctuaire même. S'il est difficile aujourd'hui de faire autrement que de passer par la seconde terrasse, la chapelle était autrefois accessible indépendamment pour y célébrer le culte de la déesse.
À l'extérieur, sur la partie droite, la scène présente le roi assis sur un trône et sous un dais, offrant sa main à la déesse Hathor qui vient la lécher, pour « rassasier le roi avec du lait », suivie d'Anubis.
Les piliers de section carrée supportent des chapiteaux hathoriques remarquables. La salle est couverte de scènes rituelles et réelles. On y trouve des « course à l'oiseau » ainsi que des « course à la rame », que le pharaon doit accomplir pour régénérer son pouvoir et s'affirmer à la tête de l'État.
Sur une autre scène, Hatshepsout se présente agenouillée sous le corps de la vache Hathor et boit le lait à son pis pour se régénérer. La scène, d'une incroyable dimension métaphorique, témoigne de l'attachement de la reine au monde divin. Ce rituel est déjà énoncé par les Textes des pyramides de l'Ancien Empire. Ailleurs, la reine assise sur un trône sous un dais se laisse lécher les doigts par la déesse Hathor, dont le cou porte le sistre hathorique. Le texte associé dit : « Œil dans l'œil, baiser le bras, lécher les chairs divines, emplir le roi de vie et de puissance. »
Sur le mur opposé à la scène d'allaitement d'Hatshepsout se trouve une partie du récit des expéditions au Pays de Pount. On y voit de grands navires ainsi qu'une ribambelle d'Égyptiens portant les étendards, revenant avec des animaux (panthères), certains souriant, d'autres portant une feuille de palme ou l'arbre-tsheret — le saule —, une hache ou un plumeau. Des musiciens utilisent des claquoirs tandis que deux hommes effectuent une danse (rituelle ?) à l'aide de bâtons de lancer.
La polychromie persistante surprendra le visiteur : la chapelle devait être magnifiquement décorée avec du bleu, du vert, du rouge, du jaune, et du blanc.
La chapelle proprement dite est précédée de deux colonnes. Tout comme la première terre émergée du Noun, la partie la plus profonde de la chapelle est surélevée. Il faut franchir deux portes et monter trois marches pour y parvenir. Les « pièces » intermédiaires se réduisent à mesure qu'on avance. Les décorations des deux portes sont agrémentées de reliefs en polychromie : on y trouve les cartouches sur fond rouge, un dais aux poteaux rouges et aux chapiteaux hathoriques soutenant un « toit » d'azur. Des frises viennent encadrer les hiéroglyphes finement colorés. Le disque solaire est orné d'uræi et flanqué de part et d'autre de cobras dont le corps forme des méandres. Au-dessous un second disque solaire déploie deux ailes de vautour peintes en vert et blanc.
Au fond, le relief sur fond bleu présente Hatshepsout à la couronne blanche, encadrée d'Amon et d'Hathor. Elle y justifie sa naissance divine.
Et l'architecte et maître d'œuvre Senenmout est bien présent, au revers de chacun des montants de porte des niches. Personne, sauf Hatshepsout et les dieux, ne pouvait le voir. Le lien entretenu entre Senenmout et Hatshepsout reste mystérieux.
Le plan de la chapelle d'Anubis est en tout point différent de celle d'Hathor. On trouve un portique, puis une salle à colonnes, et un « saint des saints ».
Le portique cache de somptueuses scènes où Hatshepsout se mêle au monde divin. Elle y croise Osiris, Hathor et Anubis, mais aussi Horus, Rê et le dieu funéraire Sokaris. Le plafond au fond bleu est décoré d'étoiles jaunes. Deux niches précèdent le « saint des saints », décorées au fond de figuration d'Anubis faisant face à un relief martelé d'Hatshepsout, et sur le côté gauche de Ouadjet sous sa forme humaine, tout comme Nekhbet sur le côté droit.
Le « saint des saints » est composé d'une voûte en forme d'ogive servant de plafond. Protégée aujourd'hui par une porte grillagée, la petite pièce est percée sur son mur droit d'une petite porte. Sur les deux côtés, une frise de cobras couronnés du disque solaire font face symétriquement à la scène du fond, et sont séparés par des piliers-djed et des croix-ankh surmontant des cartouches ronds. Cette scène est chapeautée par deux ailes de vautour. Au-dessous prennent place symétriquement deux oudjat (les « yeux d'Horus »), puis deux chacals Anubis assis sur un naos, laissant retomber leur queue sur l'extérieur. Derrière chacun d'eux, on retrouve à gauche trois plans de « lys » et à droite trois pieds de papyrus. En diagonale de chacun des deux chacals, des sceptres-ouas tendent chacun le signe ankh vers le milieu de la pièce. Le centre de cette scène est martelé, de même que les cartouches, tout juste perceptibles.
Le registre inférieur est très intéressant. Un second disque ailé se trouve en haut au centre. De part et d'autre des ailes prennent places des inscriptions hiéroglyphiques symétriques. La partie au-dessous à gauche ne présente quasiment plus rien. Il y avait des colonnes de hiéroglyphes, et sans doute une figure humaine (peut-être Hatshepsout). À l'inverse, la partie droite présente une façade de temple avec une corniche colorée. Le fond est d'un jaune d'or, et l'ensemble est entouré d'une frise de couleur alternée de bandes blanches et noires. Dans l'ensemble jaune, une nébride blanche repose sur un poteau blanc. Elle symbolise l'une des peaux de bêtes qui transporta les membres du corps d'Osiris après son démembrement. Le « vieil homme » se débarrasse de son ancienne peau et devient « le nouvel homme ». Un troisième sceptre-ouas traverse l'ensemble.
C'est en partie dans cette salle au rôle initiatique qu'ont été révélés à l'égyptologie moderne les rites qui entouraient Anubis, par exemple le fait qu'un prêtre revêtait un masque de chacal pour officier et pouvait préparer le mort à son dernier voyage vers les « belles routes de l'Occident ».
La deuxième rampe débute avec deux statues de faucons et débouche sur la troisième terrasse. La troisième terrasse se compose elle aussi de piliers à section carrée, mais ils sont précédés d'effigies de la reine, statues osiriaques d'Hatshepsout. Une partie de la polychromie a persisté, notamment sur les visages restés rouges. Notons que cette couleur a une incidence, puisqu'elle est normalement réservée à la carnation des hommes, contrairement à l'ocre jaune de celle des femmes. Les bras croisés sur le torse, les poings maintiennent fermement de la main droite le fouet-nekhakha (flagellum) ainsi qu'un sceptre terminé d'une croix-ankh, et de l'autre main la crosse traditionnelle (le sceptre-heka), mais aussi le sceptre-ouas. La construction originale du site se révèle ici aussi : les colosses font face au soleil, alors que dans les autres temples (ceux de Karnak, Médinet Habou, ou le Ramesseum par exemple) ils entourent une cour sur deux à trois côtés.
Après avoir traversé un portique de granit rose, marqué de hiéroglyphes, on atteint la dernière terrasse, mesurant approximativement 40 mètres de long sur 26 de profondeur. Baignée de soleil, elle comporte deux rangées de colonnes entourant l'ensemble. Ce sont au total quatre-vingt-quatre colonnes qui formaient un portique couvert autour de la cour. La plupart montrent des bas-reliefs de porteurs d'offrandes, des génies nilotiques. Trois sanctuaires sont accessibles depuis cet endroit : à droite, au Nord, un temple solaire, à gauche un temple dédié à Hatshepsout divinisée, et au centre celui de son père divin Amon.
Le fond de la troisième terrasse comporte cinq grandes niches et quatre petites niches de chaque côté de l'entrée du sanctuaire d'Amon, qui étaient destinées à accueillir les statues d'Hatshepsout, les plus grandes mesurant environ trois mètres de haut. Certaines sont encore en place. Les parois sont décorées de scènes d'offrandes. Des boudins entourent ces niches, tandis qu'une corniche décorée repose à leur sommet. Il est possible que ces neuf niches aient un rapport étroit avec la grande Énnéade d'Héliopolis.
Aux deux extrémités de cette paroi percée de niches, on trouve deux petites pièces. L'une d'elle présente le couple divin d'Amon et Amonet.
Le sanctuaire de gauche a été édifié pour Thoutmosis Ier, père d'Hatshepsout, et pour elle-même. Une cour décorée des sept vaches du ciel et du taureau de l'inondation s'ouvre sur deux autres salles : la première présente un plafond voûté illustré des douze heures du jour et des douze heures de la nuit et compose la chapelle d'Hatshepsout divinisée. La seconde est celle de Thoutmosis Ier, où repose une stèle désormais au Louvre, vouée au culte royal du père.
Le temple solaire qui se trouve à l'opposé des deux autres est à ciel ouvert, de toute évidence pour bénéficier des rayons solaires. On y trouve un autel pour le dieu Rê-Horakhty. On accède depuis ce lieu à une petite salle à trois colonnes dédiée à Thoutmosis II, père de Thoutmosis III et époux d'Hatshepsout. Et de l'autre côté, un second vestibule présente dans une niche la seule image non martelée de la reine, attenant à une chapelle bipartite dédiée une nouvelle fois à Anubis. Ce sanctuaire du soleil laisse présager ce qu'il adviendra du culte solaire sous le règne d'Aménophis IV Akhenaton et de sa religion amarnienne.
Le sanctuaire d'Amon est précédé d'une porte formée de six colonnes cylindriques à chapiteaux végétaux. C'est ici que reposait la barque d'Amon lors de la « Belle Fête de la Vallée », qui se déroulait pendant onze jours lors de la nouvelle lune du deuxième mois de la saison chemou. On y voit d'ailleurs sur les reliefs l'adoration de la barque divine par la famille royale. À l'époque ptolémaïque, une chapelle dédiée à Amenhotep fils d'Hapou et Imhotep fut creusée après le sanctuaire d'Amon. L'entrée du sanctuaire d'Amon est marquée de deux montants et d'un linteaux massifs et monolithiques de granit gris, ornés de scènes d'une délicatesse très appréciable, aux couleurs bleu et rouge subsistantes. On y notera la symétrie approximative : au centre sur le linteau deux représentations d'Amon sont dos à dos, tandis que sur les côtés du linteau et sur les montants, ce sont des représentations de Pharaon, portant à droite la couronne « rouge », et à gauche la couronne « blanche ». Précisons que les guillemets pour les mots « rouge » et « blanche », sont dus au fait qu'elles sont clairement identifiables par leur forme, mais non pas par leur couleur, puisqu'elles ont toutes été peintes en bleu ! Le sanctuaire à proprement parler, creusé dans la roche de la falaise, n'est actuellement pas ouvert au public. Il est en cours de restauration par une équipe d'égyptologues polonais qui œuvrent à l'entretien et à la mise en place de moyens pour rendre l'endroit visitable.
- Le culte rendu aux colosses « osiriaques » durant le Nouvel Empire, C. Leblanc, BIFAO, p. 295-311, Le Caire, 1982.
- La Reine Mystérieuse — Hatshepsout, C. Deroches-Noblecourt, Éditions Pygmalion/Gérard Watelet, Paris, 2002.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Temple de Mentouhotep II Nebheteprê.
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Géographie • Nom propre.Vestige d'un temple du Moyen Empire situé sur la rive occidentale de Thèbes, aux côtés des vestiges des temples d'Hatshepsout et de Thoutmosis III.ΕDatant de la XIe dynastie, le temple funéraire dénommé Akh-Setou-Nebheteprê (« Lumineuses sont les places de Nebheteprê ») attribué à Mentouhotep II (le doute persiste avec Mentouhotep Ier) adopte une architecture nouvelle et originale.
L'édifice est aujourd'hui fortement en ruines, mais on en distingue encore les grandes lignes : une longue voie d'accès surélevée part du temple d'accueil de la vallée et rejoint Deir el-Bahari. S'en suit une rampe traversant un vestibule aux piliers octogonaux pour déboucher sur une terrasse à double colonnade sur la façade et les côtés. Ensuite un portail ouvre sur le centre du temple : 140 piliers octogonaux entourent l'espace dédié au dieu Montou — dieu de Thèbes au Moyen Empire —, sur deux rangées dans le fond et trois sur les côtés. Cette salle était supposée être autrefois surmontée d'une pyramide, mais la communauté égyptologique pense désormais plutôt à une forme de mastaba.
Le temple se décline ensuite en une cour étroite pénétrant dans la falaise d'où part un puits funéraire menant jusqu'à une tombe accueillant le ka du roi ou le roi lui-même.
Une seconde salle hypostyle de 80 colonnes prend place à l'arrière. Sanctuaire originellement dévoué au culte funéraire du roi, cette salle hypostyle sera plus tard dédiée à Amon. Le mur du fond du déambulatoire comporte six chapelles consacrées à des princesses.
Par ailleurs, un cénotaphe en forme de galerie porte le nom de « Bab el-Hosan », « la porte du cheval ». Howard Carter le découvrit en 1900, lorsque son cheval trébucha dans l'entrée, et donna ce nom au cénotaphe. On y exhuma un sarcophage vide, une urne au nom de Mentouhotep et une statue. Celle-ci, aujourd'hui conservée au Musée du Caire, présente le roi vêtu du manteau symbolique de la fête-sed et coiffé de la couronne rouge de Basse-Égypte.
Au bas du temple d'Hatshepsout se trouvaient auparavant quelques tombes, anonymes ou non, pourvues d'un matériel funéraire. Datant du Moyen Empire, elles ont été éclipsées lors de l'arasement préparatoire à la construction du temple de la reine.
→ Voir aussi : Dynastie, XIe dynastie.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Temple de Thoutmosis III.
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Géographie • Nom propre.Du temple de Thoutmosis III à Deir el-Bahari, il ne reste aujourd'hui que des ruines. Le temple subit des chutes de pierres à la fin de la XXe dynastie et les blocs furent réutilisés pour d'autres édifices. À l'origine accessible par une longue rampe et surélevé sur une haute terrasse, l'édifice prenait place entre les temple de Mentouhotep et Hatshepsout et comportait une chapelle dédiée à la déesse Hathor. Néanmoins ce temple n'était probablement pas un « temple de millions d'années », puisque celui-ci se situe plus bas dans la vallée, au Nord du Ramesseum. Sans doute dédiée à Amon, la construction a été intentionnellement placée plus haut que les deux autres, et au centre de ceux-ci pour rivaliser de grandeur.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Bahari, Visite de Deir el-Bahari de nos jours.
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Voyage • Nom propre.Le site de Deir el-Bahari est accessible moyennant un ticket d'entrée de vingt livres égyptiennes. Bien que les rampes soient longues et les marches suffisamment larges, la visite est relativement sportive. Prévoir absolument crème solaire, lunettes de soleil et chapeau par beau temps, puisqu'il n'y a quasiment aucun « coin » d'ombre. Pour les plus courageux et les plus sportifs — et ceux qui n'ont pas le vertige ! — un réseau de chemins monte dans les collines et permet d'apprécier de haut le village de Deir el-Médineh, le site de Deir el-Bahari, la Vallée des Reines et celle des Rois. Attention, les points les plus hauts sont vertigineux, et ne sont pas sécurisés par des rambardes ! Le survol de la rive Ouest de Thèbes en montgolfière vaut également le détour.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Médineh, Maisons du village de Deir el-Médineh.
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Société • Nom propre.D'après les premières assises du village encore en place, on a pu établir des plans et reconstitutions du village de Deir el-Médineh, à l'Ouest de Thèbes. La porte d'entrée des maisons est peinte de rouge, et le linteau en corniche est parfois marqué du nom du propriétaire. Le seuil peut être de pierre ou de bois. On descend une ou plusieurs marches pour pénétrer dans la maison. ΕLes maisons, hautes de trois à cinq mètres, sont bâties suivant un plan rectangulaire relativement long, de 40 à 120m² de superficie, dont chaque pièce se succède en enfilade. On les traverse par des portes de bois, placées souvent du même côté de la maison.
Le sol est de terre battue, sauf pour certains propriétaires plus aisés, où l'on trouve par endroit un plancher de bois peint.
Les premières pièces servent de « hall d'entrée », de réception, tandis que dans les suivantes sont installés des hôtels, imitations de naos ou lieux de dévotion aux dieux du village (Meresger, Bès, Hathor, Ptah, Maât, Khnoum, Thot ou Amenhotep I divinisé). On trouve des pièces de taille modeste servant de chambres, où l'on se repose souvent à même le sol sur une natte tressée, en utilisant des appuie-têtes (ou « chevets »).
Au fond de la maison est aménagée une « cuisine » à ciel ouvert, parfois agrémentée d'une tonnelle de feuilles de palmier adossée au mur, où l'on prépare les repas, le pain, la bière, et où l'on fait sécher les autres denrées. On accède également à une petite cave voûtée creusée à même la roche. Certaines des maisons du village possèdent également un sellier où placer les jarres de vin et de bière.
Les plafonds hauts sont parfois percés de lucarnes laissant pénétrer un peu de lumière, et évitant la chaleur accablante de l'extérieur. Des claustras, également de taille réduite, encadrés et traversés de « barreaux » de bois, permettent la ventilation des pièces de la maison.
Soutenu par une charpente de poutres horizontales, le toit repose sur des colonnes de bois, au nombre d'une ou deux par pièce, décorées ou non, souvent peintes d'une seule couleur.
Les toits sont plats, et on peut y accéder via un escalier. Souvent utilisés comme terrasses, certains toits servent de deuxième étage, proposant un coin d'ombre sous les feuilles de palmier, une banquette et un espace de stockage pour d'autres denrées.
On s'éclaire à la lumière de lampes élaborées avec de la graisse ou de la cire et une mèche de lin, déposées dans une coupelle de terre cuite. Pour éviter qu'elles ne fument, on trempe la mèche dans le sel.
Fabriquées en briques crues, les maisons étaient blanchies à l'extérieur à la chaux, tandis que l'intérieur était décoré ou peint uniformément.
- Les artistes de Pharaon — Deir el-Médineh et la Vallée des Rois, Collectif, Catalogue d'exposition sous la direction de G. Andreu, Éditions RMN & Brepols, Paris, 2002.
- La peinture de Deir el-Medineh, G. Andreu, Éditions Hazan Eds, Collection Atelier du Monde, Paris, 2002.
- Pour la jeunesse : Journal d'un enfant en Égypte ancienne, A. Marshall, Éditions Gallimard Jeunesse, Paris, 2004. Les informations fournies derrière l'histoire sont de qualité, et la rédaction est à la hauteur de son auteur. Plus de renseignements sur le blog personnel de l'auteur : Amandine Marshall — Livres et Conférences.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Médineh, Travail des ouvriers de Deir el-Médineh.
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Société • Nom propre.Les ouvriers du village de Deir el-Médineh sont partagés en deux groupes, celui de droite et celui de gauche, toujours dans cet ordre, pour travailler de chaque côté de la tombe, se relayant tous les dix jours (la « semaine » égyptienne antique). On trouve parmi ces ouvriers des carriers, des peintres, des sculpteurs et d'autres castes de métiers.ΕPour la réalisation d'une tombe, lorsque le creusement a débuté, les ouvriers prennent le sentier qui y mène et campent sur place en un lieu appelé « la station du col ». Le campement est beaucoup plus rudimentaire que les maisons du village, mais la proximité de la Vallée des Rois évite de trop nombreux et trop longs déplacements. Le matin, avant de commencer à travailler, un supérieur de la tombe fait l'appel des ouvriers, qu'il consigne soigneusement par écrit. Les semaines de travail durent huit jours, après quoi se succèdent deux jours de repos pendant lesquels les artisans rentrent au village. Les fêtes religieuses et familiales sont fériées.
Il y a en général au minimum trois supérieurs sur place : un scribe de la Tombe, le chef d'équipe du côté droit et celui du gauche, parfois rejoints par le chef des dessinateurs. À l'extérieur, quatre homologues sont administrateurs de la plaine : deux scribes, et les chefs des gendarmes de Thèbes-ouest. Ce groupement de huit personnages a pour charge d'enregistrer les contrats, de régler les litiges entre ouvriers et personnes de l'extérieur. Ils siègent au poste de contrôle de la Tombe, situé en « zone libre », qui garde les archives, les provisions, et sert de sas avec l'extérieur.
On peut aujourd'hui reconstituer l'histoire et la vie des habitants du village de Deir el-Médineh grâce à la multitude d'ostraca et de papyri retrouvés sur le site. Ainsi, les ouvriers du village — rappelons-le, le plus souvent hautement qualifiés — sont payés en fin de mois en nature, en ration de blé ou d'orge, mais également sous d'autres formes alimentaires (poissons, légumes, vin, bière, viande, sel, etc.) ainsi qu'avec des vêtements, des sandales, du bois, des ustensiles. Le logement et l'entretien sont assurés par l'État. Même si on ne connaît pas exactement leur salaire (certains égyptologues suggèrent probablement 4 sacs d'environ 77 litres de céréales), on sait que les chefs gagnent deux fois plus que les ouvriers.
Il arrive que les ouvriers économisent leur rationnement pour pouvoir faire des échanges de biens (objets, animaux) ou de services. Certains ont ainsi pu se faire construire de splendides tombes dans la nécropole de leur village.
La ration donnée comme salaire est mesurée à l'aide d'un boisseau, mais il arrive hélas que celui-ci soit trafiqué, et que les ouvriers se révoltent (en l'an 17 et en l'an 29 du règne de Ramsès III).
- La vie d'un chantier au Nouvel Empire : Les hommes et le chantier, D. Valbelle, in Dossier Histoire et archéologie 265, Éditions Faton, Juillet-Août 2001, Dijon, p.32-39.
- Catalogues des ostraca non littéraires de Deir el-Médineh, P. Grandet, IFAO, Le Caire, 2003.
- Catalogues des ostraca non littéraires de Deir el-Médineh, P. Grandet, IFAO, Le Caire, 2006.
- Les artistes de Pharaon - Deir el-Médineh et la Vallée des Rois, Collectif, Catalogue d'exposition sous la direction de G. Andreu, Éditions RMN & Brepols, Paris, 2002.
- La peinture de Deir el-Medineh, G. Andreu, Éditions Hazan Eds, Collection Atelier du Monde, Paris, 2002.
- Rapports sur les fouilles de Deir el-Médineh, B. Bruyères, FIFAO, Le Caire.
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- Imprimer cette entréeDeir el-Médineh, Village des artisans des tombes royales.
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Géographie • Nom propre.Sous l'impulsion d'Aménophis Ier, un village est créé pour accueillir les artisans et artistes qui creuseront et décoreront les tombes royales dans la Vallée des Rois au Nouvel Empire, de 1500 à 1050 av. J.-C.. Cette « Institution de la Tombe », parfois juste « la Tombe », va réaliser pendant des années les hypogées des grands souverains d'Égypte, et vivre une vie en retrait de celle du reste de l'Égypte. Les matériels qui nous sont parvenus ont permis de reconstituer l'histoire du village de Deir el-Médineh, l'antique village de Set Maât [her imenty wˁset] (« La place de la vérité [à l'occident de Thèbes] »), mais aussi la vie de plusieurs de ses habitants, des plus glorieux, aux plus ingrats.ΕInstitué sous Aménophis Ier, le village encaissé au sein d'un ouadi de la falaise thébaine, au Nord-Ouest de Gournet Mouraï, emprunte une forme quasi rectangulaire de 130 mètres de long sur cinquante de large (environ 5600m2 dans sa configuration définitive). Depuis sa création sous la XVIIIe dynastie, la plus ancienne enceinte — élevée sous le règne de Thoutmosis Ier, comme l'attestent des briques marquées au nom du souverain découvertes sur place — mesure cinq à six mètres de haut. Le village a connu des modifications d'ordre topographique : des aménagements successifs ont été mis en œuvre jusqu'au début de la XIXe dynastie (1293 à 1190 av. J.-C.), date à laquelle Deir el-Médineh atteint sa superficie définitive. Au cours de son histoire, le village comptera en moyenne 30 à 40 ouvriers, même si l'on en compte jusqu'à 129 sous le règne de Ramsès IV.
Sous les règnes des Ptolémées, un temple en l'honneur de la déesse de la nécropole Hathor et de la déesse Maât est édifié à l'extrémité septentrionale du village.
Sous la XVIIIe dynastie, le règne d'Hatshepsout livre les premiers vestiges du village, notamment les premières tombes du cimetière de l'Est, tandis que Thoutmosis III fait agrandir le village du côté septentrional. Le village n'est alors semble-t-il pas sous le contrôle du Vizir, mais sous celui du maire de Thèbes.
La période du règne d'Aménophis III au village de Deir el-Médineh a livré peu d'éléments ; pourtant, la tombe du contremaître Khâ, bien que la chapelle fût pillée, laissa un tombeau intact. On y trouva un double sarcophage, entouré d'une guirlande de fleurs, où reposait toujours Khâ, enveloppé de son suaire. À ses côtés reposait son épouse Meryt. Aujourd'hui tous deux au musée de Turin, l'étude de leurs momies a révélé la présence de bijoux et amulettes.
L'évolution du village cesse sous le règne d'Aménophis IV, qui prendra le nom d'Akhenaton. À cette date les ouvriers de Deir el-Médineh sont transférés dans un village semblable, puisque sous contrôle de l'État, bâti à la hâte au sein d'Akhetaton (« l'horizon d'Aton »), la nouvelle capitale du pharaon « hérétique », en Moyenne-Égypte. L'étude des vestiges archéologiques de ce site aide également à la compréhension du site de Deir el-Médineh.
Une vingtaine d'années plus tard, le général devenu roi Horemheb prend le pouvoir et rapatrie les ouvriers au sein du village. Le maire de Thèbes Djehoutymes (Djoutmosé) participe à la réorganisation du site et à la structuration des activités de l'institution. Le village prend alors sa topographie quasi-définitive, et la communauté se structure peu à peu.
Sous la XIXe dynastie, celle des « grands pharaons », la communauté est bien établie. Sous Sethy Ier, le village est placé sous l'autorité du Vizir, faisant ainsi des artistes et artisans des ouvriers proches de Pharaon. L'organisation des chantiers est efficace et précise : tout est pointé, enregistré et vérifié, puis archivé.
Ramsès II commande la dernière extension au Sud du village. Sous les Ramsès des XIXe et XXe dynasties, le village est à son paroxysme, fortement organisé. Le village compte jusqu'à 120 ouvriers. Et pourtant, les premières grèves éclatent.
L'insécurité croissante venue des peuples étrangers, et notamment les Peuples de la Mer ainsi que le pillage exilent les ouvriers de leur village, se réfugiant dans l'enceinte du grand temple de Ramsès III à Médinet Habou.
Le village s'éteint peu à peu, conservant son aura durant les époques chrétiennes et musulmanes. Des « fouilles modernes » seront entreprises bien plus tard par des pillards ou fellahs désireux de s'enrichir. En 1811, le consul français Drovetti lance sur le site des campagnes de fouilles ambitieuses, désireux de se constituer une collection d'antiquités. À partir de cette période, l'intérêt du site et la richesse des découvertes transforment le village oublié en « trésor » archéologique.
Un mur d'enceinte entoure l'intégralité du village. Le village tout en long ne possède qu'une porte d'entrée gardée par une police (les medjayou). Un long chemin traverse le village depuis cette porte jusqu'à l'autre extrémité, divisant le site en deux. Seules deux rues perpendiculaires permettent l'accès à l'Ouest et à l'Est du Village.
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- Imprimer cette entréeDemeures d'Éternité.
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Égyptologie • Nom commun.Les termes « cimetière », « tombe », ou encore « sarcophage » sont bien loin de la perception qu'avaient les anciens Égyptiens des nécropoles. La Vallée des Rois était au temps pharaonique appelée la « Grande et majestueuse nécropole de millions d'années des rois, Vie, Force et Santé, à l'Ouest de Thèbes ». Les tombes des nobles et des souverains sont des « Demeures d'Éternité », où le défunt devenu Osiris peut renaître éternellement. Ce qu'on traduit communément par « cimetière » ou « nécropole » était pour les anciens Égyptiens « Celle qui est sous les Dieux ».
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- Imprimer cette entréeDémiurge, Dieu démiurge.
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Mythologie • Nom commun.◊ Le démiurge est d'abord, dans la pensée platonicienne, une intelligence à l'origine des choses, qui par sa volonté a créé un monde où les choses sont organisées les unes par rapport aux autres. Dans le Timée, Platon s'attache à expliquer le rôle du démiurge, qui organise les éléments constitutifs du monde, et délègue certaines tâches comme celle de façonner les êtres.
◊ Par extension de langage, le démiurge est le dieu, la divinité créatrice à l'origine du monde. Dans la mythologie égyptienne, ce rôle est délégué à des dieux différents selon les cosmogonies : dans la cosmogonie héliopolitaine, le dieu solaire Atoum s'extrait seul du chaos liquide et se masturbe pour donner naissance à Shou (l'air) et Tefnout (l'humidité) ; dans la cosmogonie memphite, Ptah pense à la création du monde, puis créé le monde par la parole et engendre Atoum ; dans la cosmogonie hermopolitaine, le tertre primordial émerge seul du Noun (le même néant liquide), et dessus repose un œuf, créé par huit forces originelles, Amon et Amonet, Heh et Hehet, Noun et Nounet, Kekou et Keket — quatre femelles serpents et quatre grenouilles mâles —, duquel sortira le dieu Atoum qui prendra place dans le ciel.
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- Imprimer cette entréeDendeni.
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Mythologie • Nom propre.Gardien de la IXe porte de la demeure d'Osiris, dans le Livre des portes et dans le Livre des morts. Dendeni est représenté avec une tête de gazelle, devant la porte qu'il garde, armé de deux couteaux.
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- Imprimer cette entréeDentiste, Dentisterie, Odontologie.
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Sciences • Nom commun.Des médecins étaient spécialisés dans les soins dentaires. Les anciens Égyptiens connaissent quelques anti-douleurs et anesthésiants, tout comme ils sont en mesure de stériliser leurs instruments à l'aide d'une flamme avant intervention.ΕOn a pu constater sur certaines momies la présence de « plombage » constitués de « résine de thérébinthe [pistachier fournissant une résine], terre de Nubie, miel, éclat de meule, collyre vert et parcelle de cuivre. » Il semble aussi qu'on utilisait contre la pyorrhée un bain de bouche mêlant coloquinte, gomme, anis, ainsi que les fruits de sycomore. Pour tonifier les gencives, on les frotte avec un amalgame de cinnamome, miel, gomme et huile. Le céleri est maché pour tonifier la gencive.
L'état de la dentition d'un grand nombre de momies révèle pourtant de sérieux problèmes dentaires et une abrasion excessive due à la présence de poussière, de sable ou de résidus minéraux dans les farines des greniers et meules à céréales. Une mauvaise hygiène buccale entraînait des caries et abcès.
Par exemple, Djedmaâtesânkh, un musicien thébain qui vécut aux alentours de 850 av. J.-C., a souffert de treize abcès de la gencive — une pathologie très répandue — et d'un kyste infecté très important, qui l'ont probablement tué à l'âge de 35 ans.
Faute de preuves, on ne peut pas considérer les prothèses dentaires retrouvées sur certaines momies (un fil d'argent formant un bridge dans une mâchoire d'époque gréco-romaine) comme des soins dentaires. Il se peut qu'elles aient été uniquement ajoutées post-mortem pour redonner à la momie une mâchoire esthétique.
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- Imprimer cette entréeDenwen, Dedwen.
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Mythologie • Nom propre.Dieu anthropomorphe dont le nom est une variation de Dedoun, un dieu nubien qui apparaît déjà dans les Textes des Pyramides. Dedoun est d'ailleurs quasi-exclusivement rattaché à l'épithète « Celui qui préside à la Nubie ».
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- Imprimer cette entréeDescenderie.
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Architecture • Nom commun.Couloir descendant menant à la chambre funéraire d'une pyramide.
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- Imprimer cette entréeDéterminatif.
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Écriture • Nom commun.En écriture hiéroglyphique, signes qui ne se prononcent pas, servant à indiquer, à préciser ce à quoi le groupe de signes hiéroglyphiques qui les précède correspond. Ils donnent en quelque sorte un sens à la prononciation, indique l'idée.
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- Imprimer cette entréeDeuil.
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Société • Nom commun.Lorsque l'homme passe de vie à trépas, le deuil est fortement marqué. Les femmes se couvrent de poussière et laissent couler leur maquillage ; hommes comme femmes oublient esthétique et beauté et cessent pour les uns de se raser, pour les autres de se faire belles. Le deuil dure soixante-dix jours, le temps que les embaumeurs préparent la momie. Des pleureuses professionnelles sont appelées pour pleurer bruyamment le défunt pendant le cortège qui le mènera à sa dernière demeure, avec tout son mobilier funéraire.
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- Imprimer cette entréeDeuxième période intermédiaire, Seconde période intermédiaire.
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Histoire • Nom commun.Période de troubles du pouvoir où se chevauchent et se querellent les dynasties, notamment à cause de la présence d'un peuple venu du Nord-Est, les Hyksôs. La deuxième période intermédiaire s'étend d'environ 1784/1785 av. J.-C. (fin du Moyen Empire) jusqu'aux alentours de 1500/1560 av. J.-C. (début du Nouvel Empire).ΕL'Égypte connaît à la fin du Moyen Empire une période confuse dont on sait encore peu de choses. Alors qu'on eut pu placer la XIIIe dynastie comme première dynastie de la seconde période intermédiaire, ce fut sans compter sur la continuité artistique et politique. Les relations internationales sont solides et une très forte main-d'œuvre venue d'un mouvement migratoire depuis le Nord-Est vers l'Égypte — les « Asiatiques » — garantit la production égyptienne ; conventionnellement, cette phase se présente principalement comme une étape charnière marquée pour certains par la mort de Neferousobek en 1784 ou 1785 av. J.-C. et se terminant environ deux siècles plus tard vers 1500/1560 av. J.-C. avec la prise du pouvoir par Ahmôsis.
Dans une transition floue et imprécise, la passation du pouvoir royal entre la reine-pharaon Neferousobek — XIIe dynastie — et Ougaf Ier (Ouegaf) — le premier pharaon de ce qui deviendra la XIIIe dynastie — se fait sans heurt, et les pouvoirs économiques et administratifs en place restent fiables. C'est en grande partie ce qui fait considérer par certains spécialistes la XIIIe dynastie comme la dernière du Moyen Empire. Notons qu'une partie des égyptologues s'accordent à identifier Sekhemrê-Khoutaoui comme le premier roi de la XIIIe dynastie, et qu'Ougaf n'en serait peut-être que le dixième. A contrario, la succession des souverains du début de la deuxième période intermédiaire semble prouver une instabilité et une contestation du pouvoir en place par les hauts fonctionnaires.
Trente-quatre souverains égyptiens se succèdent au Sud, nous dit Manéthon, régnant de quelques jours à quelques mois, à la recherche d'une légitimité qui ne leur est pas acquise en raison de leurs origines militaires, et cent-soixante-seize rois hyksôs au Nord, pendant 184 ans.
Nombre des souverains égyptiens de la XIIIe dynastie nous sont connus par leur nom, mais l'enchaînement des règnes n'est pour le moment pas établi :
Ougaf Ier (souverain vers 1783 à 1779 av. J.-C.), Amenemhat Senebef, qui succède à Ougaf, accède au trône dans des conditions encore inconnues, et règne jusqu'aux environs de 1780 av. J.-C., Sekhemrê-Khoutaoui, Amenemhat V Sekhemkarê, certains égyptologues supposent qu'il était Amenemhat Senebef, Sehetepibrê, Amenemhat VI Seankhkarê, Hornedjhéritef Hetepibrê, Sebekhotep Ier, Réniseneb, Hor Ier, Amenemhat VII Sedjefakarê, Sésostris IV Seneferibrê, Khendjer (décédé vers 1746 av. J.-C.), Smenkhkarê, Sebekhotep III, Neferhotep Ier, sur le trône pendant onze ans, de 1741 et 1730 av J.-C., Sahathor, Sebekhotep IV, roi de 1730 et 1722 v. J.-C., Sebekhotep V, Aï, ayant régné aux environs de 1704 et 1690 av. J.-C., Neferhotep II, Sekhemka Rê Seankhtaoui Neferhotep III, Iaib, Iy, Ini, Sénebmiou, Dédoumésiou et Montouemsaf.
La plupart s'inscrivent dans la continuité de la XIIe dynastie, avec des constructions éparses et des inscriptions retrouvées sur les grands sites (Abydos, Deir-el-Bahari, Éléphantine, Karnak, Médamoud, etc.).
L'affaissement du pouvoir résulte sans doute de l'importance de la population hyksôs (les heqaou-khasout des Égyptiens, les « chefs des pays étrangers »), arrivés en grand nombre sous le règne d'Amenemhat III pour accroître la main-d'œuvre en Égypte, et qui va peu à peu s'immiscer dans les rouages du pouvoir — notamment en favorisant l'arrivée de migrants asiatiques — jusqu'à en prendre la souveraineté, d'abord par territoires, puis en généralisant sa domination.
Cette « lutte » conduit à un affaiblissement du pouvoir royal, face à des lignées de hauts fonctionnaires toujours puissants : Ankhou, fils de vizir (statue du Musée du Caire, n° inv. CG 42034), lègue sa place à deux autres vizirs (stèle d'Oupouaouthetep, Musée du Caire, n° inv. CG 20690) : Iymerou et Reniseneb. La souveraineté égyptienne est peu à peu entachée, d'abord par la perte de la Nubie, et ensuite par une révolte dans le Delta : cette confrontation mène à la fondation d'une XIVe dynastie implantée dans le Delta à Avaris par Néhésy, « le Nubien », vers 1720 av. J.-C..
Neferhotep Ier, issu d'une famille de prêtres et de militaires, monte sur le trône à la suite de Sobekhotep III : il gouverne pendant onze ans une Égypte allant du Delta jusqu'à Assouan, à l'exception du VIe nome de Basse-Égypte, détenu par la XIVe dynastie parallèle ayant établi sa capitale à Xoïs.
À sa suite, son frère Sobekhotep IV contrôle pendant huit ans un territoire extrêmement réduit.
En parallèle, la XVe dynastie est marquée par les les « grands Hyksôs » : le Hyksôs Salitis Mayeb Rê (Salet, ou Shalek, Charek) est couronné à Memphis, soumettant l'Égypte depuis le Delta jusqu'à Gebelein, dans la Vallée. Pendant vingt ans, allié à la Nubie, il contrôle les routes commerciales d'approvisionnement et gèle l'administration du pays. La capitale est établie à Avaris (Hw.t-wˁr.t, « le château du plateau »), stratégiquement située dans la Delta égyptien, près de l'isthme de Suez et proche du Sud de la Palestine, jusqu'où s'étend la sphère d'influence des Hyksôs. Vient ensuite peut-être un roi nommé Chéchi (Scheschi), même si les égyptologues s'accordent à dire qu'il est Salitis. Au Sud, le royaume ne compte plus que huit nomes, d'Éléphantine à Abydos. Le roi hyksôs Yaqoub-Har Mérouser Rê (Yaqoub-Hel, Iaqoub-Bâal) y règne diplomatiquement pendant dix-huit ans en conservant des relations privilégiées avec Antef V l'Ancien, Antef VI et Sobekemsaf II, trois rois thébains de la XVIIème dynastie. Pendant un demi-siècle, les Hyksôs progressent pacifiquement depuis Avaris jusqu'au Nord d'Héliopolis (ils s'installent dans les cités de Bubastis, Farâcha, Inchâs, Tell el-Sahaba, et Tell el-Yaoudiyeh), calquant leur politique sur le modèle égyptien. Bien qu'ils adoptent l'écriture hiéroglyphique — et notamment les titulatures royales égyptiennes —, leur culture perdure parallèlement, et leur religion emprunte pour partie certains grands dieux égyptiens, tels que Rê et Seth — qui sera assimilé plus tard à Baâl — ainsi qu'Anat-Astarté, une « importation » des asiatiques. Ils apportent le travail du bronze, qui entraîne un perfectionnement des armes et mène à l'apparition et à l'évolution de l'attelage et du char — bien que le cheval arrivât plus tôt en Égypte.
Khyan Séouseren Rê succède à Yaqoub-Hel, suivi par Apophis Ier. À partir de la régence d'Apophis Ier, une partie de la puissance, que Manéthon nomme improprement XVIe dynastie, est placée sous le contrôle d'une délégation hyksôs vassale, tandis que de petits royaumes égyptiens collaborateurs dirigent en Moyenne-Égypte. Le souverain hyksôs Khamdi (Khamoudy) qui dut lui succéder nous est peu connu.
Vient ensuite la XVIe dynastie, une profusion de souverains hyksôs, les « petits Hyksôs », dont certains empruntent des noms parfaitement égyptiens :
Ânat-El, Ouseranat, Semqen, Bebânkh, Seneferankhrê Pépi III, Nebmaâtrê, Nykarê, Meryibrê, Nebouankhrê, Âahoteprê, Sâanetjerrê, Khâouserrê, Seket, Ouadj, Yaqoub-Âmou (« Jacob l'Asiatique ») et Âmou (« l'Asiatique », Ameny-Aamon).
Peu à peu émerge à Thèbes, en parallèle des XVe et XVIe dynasties, une XVIIe dynastie, dont les souverains succèdent à la XIIIe dynastie égyptienne après la conquête des Hyksôs. Le gouverneur de Thèbes devient roi — sous le nom d'Antef V — et assoit son autorité autour de la cité. Il s'allie avec les gouverneurs d'Abydos et de Coptos, puis se rapproche de la cité d'Edfou en épousant Sobekemsaf, fille des nomarques du nome d'Edfou. Les sources, certes lacunaires, laissent entrevoir des liens entre la XVIIe fondée par Antef V et la XIIIe dynastie.
Après un court règne — peut-être trois années — Antef V laisse la place à Râhotep (roi sans descendance, il nous est connu par la restauration qu'il entrepris dans le temple d'Osiris à Abydos, et par la fortification des murailles de la cité), suivi d'Antef VI (Cercueil, Musée du Louvre, n° inv. E 3019 ? ; coffre à canopes, Musée du Louvre, n° inv. E 2538), Sobekemsaf, Djehouty, Montouhotep VII, Nebiryaou Ier, Souserenrê, Sobekemsaf II, Antef VII (Cercueil, Musée du Louvre, n° inv. E 3020) — Apopis Ier au Nord —, Senakhtenrê Taâ Ier (qui eut pour épouse Tetishery, qui lui donna un fils — son successeur — et une fille, Ahhotep) et Seqenenrê Taâ II dit « le Brave » (il lança les premières offensives contre les Hyksôs, tentant la conquête du Delta, alors sous la domination du roi Apophis ; il fut abattu lors d'une bataille).
Dévolu pendant longtemps à verser un tribut imposé par les Hyksôs, les rois de la XVIIe dynastie tentèrent à plusieurs reprises, mais en vain, de défaire l'autorité hyksôs. Il faudra attendre la première guerre menée par Kames, qui ouvrira de nouvelles perspectives nationalistes et la défense de la civilisation égyptienne contre les forces du chaos, pour entrevoir l'éclaircissement de la situation politique et militaire, ainsi que la reprise du pouvoir par les Égyptiens sur leurs terres. Il régna probablement jusqu'en 1580 av. J.-C., chassant les Hyksôs de la Moyenne-Égypte et reprenant le contrôle de Memphis.
À la mort de Kames, c'est son épouse et sœur Ahhotep qui assure pendant un temps la régence, avant que le prince héritier Ahmes ne puisse diriger le pays.
La reconquête du pays est achevée par Ahmes (Ahmosé, Ahmôsis), peut-être le frère de Kames, qui reprend Memphis, Héliopolis, Avaris, la Nubie et le Royaume kouchite de Bouhen et chasse les Hyksôs jusqu'en Asie mineure. Il pourchasse les Hyksôs réfugiés en Palestine et mène le siège de la cité de Sharouhen, qui aurait résisté pendant trois années.
Les exploits de Kames et Ahmes nous sont relatés par la biographie d'Ahmes fils d'Abana dans sa tombe d'El-Kab et par le conte de la Querelle d'Apophis et de Seqenenrê, consigné dans le Papyrus Sallier I daté du Nouvel Empire, au British Museum.
Si l'art de la XIIIe dynastie ne change guère de celui du Moyen Empire, il évolue peu à peu pendant la seconde période intermédiaire. L'art de la deuxième période intermédiaire, tributaire de la monarchie, subit les agitations de son temps : dans la statuaire des particuliers, le modelé des mains et des pieds devient d'abord stylisé, dépourvu de détail ; puis la représentation complète se détache des canons de l'art du Moyen Empire, imposant des personnages disproportionnés, à la ceinture haute et aux hanches larges ; les mains sont grandes, longues et longilignes ; les oreilles sont larges et décollées, la commissure des lèvres descend parfois jusqu'à s'engouffrer dans les joues ; le visage est plat et la tête ronde, les bras allongés le long du corps jusqu'à mi-mollet ; les lapicides gravent avec empressement des hiéroglyphes pour la force du verbe, non pas pour son esthétique. Sur les bas-reliefs, le nez est droit ; l'œil effilé part du nez jusqu'à la perruque.
- Histoire de l'Égypte ancienne, N. Grimal, plusieurs éditions disponibles.
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- Imprimer cette entréeDjaou, Djau.
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Histoire • Nom propre.Vizir sous le règne de Pépy II et Merenrê. Frère des reines Ankhesenenpepy I et II — parfois dénommée Ankhsenmeryrê. Parfois désigné comme l'oncle de Pépy II et Merenrê. Peut-être est-il Idi I ?
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- Imprimer cette entréeDjed, Pilier-Djed.
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Mythologie • Nom commun.Symbole de la stabilité et de la durée, associé aux dieux Osiris (ce serait la colonne vertébrale du dieu défunt), Ptah et Sokar. Les amulettes reproduisant le pilier-djed assurent ces mêmes qualités.
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- Imprimer cette entréeDjen.
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Mythologie • Nom propre.Divinité prenant part à l'assemblée divine de la 21e porte.
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- Imprimer cette entréeDounaouy.
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Mythologie • Nom propre.Dieu dont le nom signifie « celui qui étend les (deux) bras », représenté sous la forme d'un faucon aux ailes déployées, posé sur un pavois. Il remplaça le dieu Douanouni comme étendard du XVIIIe nome.
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- Imprimer cette entréeDromos.
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Architecture • Nom commun.Voie d'accès à un temple ou reliant deux temples entre eux, bordée de sphinx ou de criosphinx.
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- Imprimer cette entréeDynastie.
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Histoire • Nom commun.Succession de rois à la tête de l'Égypte, qui n'ont pas forcément de lien de parenté.ΕOn doit le découpage en trente dynasties de l'histoire pharaonique au prêtre égyptien Manéthon, qui entreprit cet « inventaire » au IIIe siècle avant notre ère. La liste a l'avantage d'exister et de servir de base aux historiens modernes, mais il est difficile d'en connaître toutes les réalités exactes, et d'en extraire une chronologie parfaite.
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- Imprimer cette entréeDynastie, Fin de la XIXe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La fin de la XIXe dynastie est marquée par les règnes relativement cours de quatre rois : Séthy II, pendant environ cinq ans, Amenmès (peut-être 3 ans, puisqu'un an 4 est attesté par les sources), Siptah (5 ans et quelques mois) et Taousert (7 ans et quelques mois, avec un an 8 dans la documentation connue). Ces quatre règnes comptabilisent donc environ vingt années. ΕConcernant le règne de Taousert, on connaît deux documents, dont les interprétations sont sujettes à polémique. Le premier est un fragment de papyrus rédigé sous le règne de Ramsès II, indiquant une nouvelle lune en l'an 52 [de Ramsès II], le deuxième mois de peret, 27e jour ; le second, un graffito dans la tombe de Thotemheb, mentionne l'an 7 [de Taousert], le deuxième mois de shemou, 28e jour, en tant que premier ou deuxième jour du mois lunaire. En utilisant ces deux dates et à l'aide de calculs savants (basés, entre autre, sur un mois lunaire de 29,53 jours en comparaison d'un mois égyptien de 30 jours), Rolf Kraus propose un intervalle de 13261 jours, soit 36,35 années du calendrier julien, qui séparerait l'an 52 de Ramsès II et l'an 7 de Taousert.
Ceci amènerait donc à considérer une corégence entre Séthy II et Amenmès, et à envisager en tant qu'unique règne les deux règnes de Siptah et Taousert. Soit au total 12 ans de Séthy II à Taousert plus 15 ans de Ramsès II + 9 ans de Merenptah, soit trente-six années.
Cette période courte où se suivent de nombreux rois témoigne d'une période de trouble en Égypte antique. La fin de la XIXe dynastie est probablement marquée par des conflits et des tensions grandissantes entre les héritiers de la lignée de la XIXe dynastie, notamment issus des deux clans rivaux de Taousert et Sethnakht.
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- Imprimer cette entréeDynastie, Fin de la XXe dynastie et XXIe dynastie.
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Histoire • Nom commun.Le passage de la XXe à la XXIe dynastie est particulièrement complexe. Ramsès X a régné 20 ans, mais sa tombe KV 18 proche de celle de Séthy Ier dans la Vallée des Rois est restée inachevée. On lui connaît par ailleurs une inscription au bas d'un pylône à Karnak. On ne sait pas s'il est un fils de Ramsès IX, peut-être né de la reine Titi, si on considère qu'elle fut l'épouse de Ramsès IX ; ou peut-être était-il l'époux de Titi.ΕRamsès XI — auparavant nommé Khaemouaset — règne entre 27 et 29 ans, mais on ne connaît aucune source après l'an 19. En cet an 19, on repasse en l'an 1 de l'« ère de la Renaissance » (wḥm ms.wt). Aussi arrive-t-on à l'an 27 de son règne, qui est la huitième année de sa renaissance. Le problème réside dans le fait qu'il existe une stèle d'un particulier, Piankh, daté de l'an 10 de la Renaissance de Ramsès IX, témoignant donc d'un règne probable de 29 années.
Les particuliers de la haute administration, et plus particulièrement les grands prêtres d'Amon, vont occuper un rôle charnière qui va assurer la transition entre le Nouvel Empire et la troisième période intermédiaire, de la XXe à la XXIe dynastie.
On a l'habitude de considérer que ces prêtres d'Amon ont pris le pouvoir après que Ramsès XI se soit proclamé pharaon, notamment en entourant leurs noms d'un cartouche, et que depuis les rois avaient dû s'isoler au Nord et s'installer à Tanis et que pendant la XXIe et XXIIe dynastie il y avait un roi au Nord à Tanis et un roi au Sud à Louxor, qui, lui, est un grand prêtre d'Amon — en tout cas pour ses origines.
Cependant, la chronologie apparaît bien plus complexe, et en y regardant de plus près, ce discours doit être nuancé, voire révisé.
Sous Ramsès IV, le vizir Neferrenpet restera en fonction jusqu'à l'an 6 de Ramsès VI, avant que lui succèdent Nehy, puis Ramsesnakht — sous Ramsès IX. Ce dernier n'est pas le Ramsesnakht, fils de Merybastet, dont la tombe à Louxor est étiquetée TT293, que l'on connaît comme grand prêtre d'Amon sous Ramsès IV, et qui est le père d'Amenhotep (grand prêtre d'Amon de Ramsès IX à XI — jusqu'à l'an 19) et Nebamon (grand prêtre d'Amon après Amenhotep sous Ramsès XI).
Il semble qu'à cette période, le pouvoir est davantage aux mains des particuliers qui conservaient leur place, que dans celles des rois.
Après Nebamon, Hérihor est le premier grand prêtre d'Amon sous Ramsès XI qui inscrit son nom dans un cartouche, ce que fera par la suite Piankh, toujours sous le règne de ce roi.
Ramsesnakht, grand prêtre d'Amon du temple de Karnak, est également représenté dans la tombe de Setaou (le grand prêtre de Nekhbet) à El-Kab, puisqu'il est le gendre de Setaou, l'époux de Aadjedet-Aat. On sait par cette source qu'il a mené différentes expéditions en Nubie et au ouadi Hammamat pour ramener des pierres de construction.
Son fils Amenhotep, premier prophète d'Amon et grand prêtre d'Amon, est également vizir de Ramsès IX jusqu'à l'an 19 de Ramsès XI. Sur le papyrus n° inv. 10053 du British Museum figure une enquête au sujet de pilleurs de tombes, qui a lieu en l'an 9 de Ramsès XI.
Un second papyrus fait allusion à une « guerre » des grands prêtres, une période de troubles au sein de l'administration.
Dans la papyrus Mayera, daté de l'an 1 de la Renaissance de Ramsès XI, est évoquée la disparition d'Amenhotep.
Sur le même papyrus n° inv. 10053 du British Museum est signalé un certain Panéhésy, vice-roi de Koush, cité en l'an 12 à Thèbes. Étrangement, après l'an 19, le nom de Panéhésy reçoit le déterminatif de l'ennemi. Cet an 19, l'an 1 de la Renaissance, marque la fin du conflit, de la guerre civile. Amenhotep fait face à Panéhésy, qui est accompagné d'une armée en arrivant à Thèbes. Amenhotep mort ou destitué, Panéhésy fuit en Nubie.
Un nouveau personnage apparaît, le vizir et premier des grands prêtres d'Amon Hérihor, et rétablit l'ordre à Thèbes, notamment en exilant Panéhésy. Grand prêtre d'Amon pendant 6 ans, Hérihor est d'abord contemporain de Smendès, futur pharaon, avant de devenir lui-même roi au détriment de Ramsès XI. Est-ce le commencement de la XXIe dynastie ? Bien qu'Hérihor s'attribue une titulature royale, il n'apparaît pas dans la liste des rois de Manéthon. Par ailleurs, il n'existe aucune inscription à son nom datée de son règne ; toutes sont replacée dans la chronologie sous l'ère de la Renaissance de Ramsès XI. D'une part, à Karnak, c'est la fonction de grand prêtre d'Amon d'Hérihor qui est inscrite dans un cartouche, non pas son nom ; d'autre part, il semble toujours être vassal de Ramsès XI. On sait qu'il assurera son rôle de grand prêtre d'Amon de l'an 19 de de Ramsès XI (an 1 de la Renaissance), jusqu'à l'an 26 (an 6), et qu'il aura vingt-quatre enfants, filles et garçons.
Le papyrus Pouchkine conservé au Musée des arts figuratifs à Moscou, provenant d'El-Hibeh, mentionne l'an 5, le quatrième mois de chemou d'un roi non indiqué, et donne le nom du grand prêtre d'Amon Hérihor. Egbert propose que le roi soit Smendès, mais alors Hérihor aurait exercé après Piankh, ce qui semble impossible. Aussi est-il plus vraisemblable que l'an 5 soit celui de l'ère de la Renaissance de Ramsès XI. Ce papyrus fait le récit de voyage d'Ounamon, « doyen du portique », un message du temple de Karnak envoyé à Byblos pour en rapporter du bois pour la construction de la barque-ouserhat d'Amon. Si le grand prêtre qui est mentionné est bien Hérihor, son nom n'apparaît pas dans un cartouche. Ounamon se rend à Tanis pour présenter sa mission et rencontrer Smendès, le futur roi, et Tanetamon, son épouse, tous deux appelés « senentyou ta » (snnty.w t3) qu'on pourrait s'aventurer à traduire « fondateurs de la terre ». Aussi se rend-il par la mer à Byblos, mais arrive dépourvu de ses lettres de créances, volées lors d'une attaque en mer ; il reste une année à Byblos, le temps que l'Égypte lui fasse parvenir l'argent nécessaire à l'achat du bois, puis revient en Égypte, affrontant de nouveau des pirates. Cette fiction littéraire fait pourtant preuve d'un réalisme proche de la réalité. Il existe alors un triumvirat, avec un roi à Memphis, un grand prêtre d'Amon à Karnak et un haut-fonctionnaire gouverneur de Tanis.
Succède à Hérihor le dénommé Piankh, dont on ne connaît aucune mention de son nom dans un cartouche, puis Pinnedjem Ier, qui le fera. Piankh arrive très probablement en l'an 25 de Ramsès XI, soit l'an 6 de la Renaissance — à la suite d'Hérihor — mais on ne sait guère s'il régna jusqu'à et au-delà de l'an 29 de Ramsès XI (an 10 de la Renaissance).
À la mort de Ramsès XI, Smendès — le Nesbanebdjedet de Manéthon — devient le roi légitime et marque le début de la XXIe dynastie. Si ses origines restent énigmatiques — est-il fils d'Hérihor ? de Ramsès XI ? —, on sait qu'il règne pendant 26 ans, et épouse Tanetamon. Il est mentionné au Nord comme au Sud, notamment par une stèle décrivant des travaux suite à une inondation à Louxor, et mentionne une résidence royale à Memphis, posant la question de la construction non achevée, à cette période, de Tanis.
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- Imprimer cette entréeDynastie, IXe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La IXe dynastie règne depuis Hiérakonpolis, capitale du XXe nome de Haute-Égypte, à partir de 2160 av. J.-C.. Appuyés par la cité d'Assiout, les princes hiérakonpolites prennent le pouvoir : Méribrê Khéty Ier fonde la dynastie, suivi de Néferkarê VII, Nebkaourê, Méribrê Khéti II et Setout.
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- Imprimer cette entréeDynastie, VIIe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La VIIe dynastie, marquée par l'anarchie régnante de la dissolution du pouvoir centralisé, est constituée de quatre dynasties : selon Manéthon, elle comprend 70 rois ayant régné 70 jours ; il n'en énumère que quelques uns : Néferkarê (le jeune), Néferkarê Neby, Djedkarê Shemaï, Néferkarê Khendou, Mérienhor, Néferkamin, Néferkarê Tereru et Néfeferkahor. Certains n'auraient régné que quelques jours.
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- Imprimer cette entréeDynastie, VIIIe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La VIIIe dynastie, qui débute aux environs de 2173 av. J.-C., compte 17 rois. Cinq d'entre eux — Ouadjkarê Pépisonbe (vers 2173 av. J.-C.), Néferkamin Anou (qui règne environ pendant deux années), Néferkarê (quatre années), Néferkaouhor Kapouibi (une année) et Néferirkarê — prennent le nom de couronnement de Pépi II — Néferkarê —, un roi de l'Ancien Empire ayant probablement régné 90 ans. Ces « roitelets », peut-être descendants de Pépi II, ne contrôlent que la région de Memphis, tandis que les « Asiatiques » envahissent le Delta. Kakarê Ibi, le quatorzième roi de cette dynastie, est le seul qui nous soit réellement connu. Si l'on en croit le Canon des Rois de Turin, la VIIIe dynastie aurait perduré pendant 181 années.
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- Imprimer cette entréeDynastie, Xe dynastie.
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Histoire • Nom commun.À la mort de Setout vers 2120 av. J.-C., les souverains de la Xe dynastie prennent le pouvoir sur la Basse-Égypte en successeurs de la lignée memphite, face à la IXe dynastie qui émerge à Thèbes, en Haute-Égypte. Les textes (dont l'Enseignement à Mérykarê, probablement écrit sous la XIIe dynastie, mais relatant les faits de la Xe dynastie) nous rapportent des heurts entre les nomarques et souverains d'Hiérakonpolis (peut-être Néferkarê VII) et le fondateur de la dynastie thébaine, Antef Ier. La paix est précaire, et les souverains se tiennent tête à distance. Les rois de la Xe dynastie se succèdent jusqu'aux environs de 2060 av. J.-C. : Méri-Hathor, Néferkarê (?), Mérikarê (vers 2095 à 2075 av. J.-C.) et Nebkaou Rê Khéti IV (vers 2075 à 2060 av. J.-C.).
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- Imprimer cette entréeDynastie, XIe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La XIe dynastie est une période charnière de l'Histoire de l'Égypte, qui s'impose d'environ 2134 à 1994 av. J.-C.. Classée d'abord comme une dynastie de la Première Période Intermédiaire, période trouble de crise en Égypte, la XIe dynastie prend le contrôle de la capitale de la Xe dynastie vers 2022 av. J.-C. et est alors considérée comme la première dynastie du Moyen Empire.ΕLa dynastie établie à Thèbes et dans le Sud du Pays va peu à peu s'imposer manu militari sous les rois Antef et détrôner, sous le règne de Montouhotep Ier (« le dieu Montou est satisfait », Montou étant le premier grand dieu — guerrier — thébain du Moyen Empire), la dynastie héracléopolitaine qui gouverne parallèlement au Nord. La réunification du pays est amorcée : les Asiatiques sont chassés du Delta, et la Nubie est à nouveau sous contrôle après l'éradication de tribus locales.
Des choix stratégiques s'imposent : l'administration est réorganisée, et les gouverneurs locaux ne peuvent plus transmettre leurs fonctions à leurs descendants. Le pouvoir est à nouveau centralisé. Le roi fait l'objet d'un culte renforcé où il devient un dieu sur terre, un guide et un conquérant. Image de l'être parfait, un nfr ntjr, il est puissant, fort, courageux, audacieux et sage. Le loyalisme se développe dans cette propagande souveraine.
Le dieu Montou devient le dieu national de l'Égypte, et Thèbes la capitale. Après la Première Période Intermédiaire, Montouhotep engage à nouveau des travaux de constructions. Il se fait édifier un temple à Deir el-Bahari, à côté du futur temple de la reine Hatshepsout et de celui de Thoutmosis III.
Le fait que Montouhotep Ier ait porté durant son règne quatre noms d'Horus a créé une confusion : c'est pourtant lui — et non pas Montouhotep II — qui unifia les Deux Terres. Montouhotep II en renforça l'importance.
Les pharaons de la XIe dynastie : Première Période Intermédiaire — Montouhotep Ier (vers 2134 à 2130 av. J.-C.) ; Antef Ier (vers 2134 à 2118 av. J.-C.) ; Antef II (vers 2118 à 2069 av. J.-C.) ; Antef III (vers 2068 à 2065) ; Moyen Empire — Montouhotep II (vers 2065 à 2014 av. J.-C.) ; Montouhotep III (vers 2014 à 2001 av. J.-C.) ; Montouhotep IV (vers 2001 à 1994 av. J.-C.).
Certains égyptologues rapportent les noms de trois autres rois au Moyen Empire (Antef Kakarê, Iibkhenetrê et Segerseni), mentionnés sur des rochers en Basse Nubie, mais ils ne furent sans doute que d'éphémères souverains locaux.
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- Imprimer cette entréeDynastie, XIIIe dynastie.
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Histoire • Nom commun.La XIIIe dynastie est considérée par certains spécialistes comme la dernière du Moyen Empire, notamment à l'observation de la continuité de la politique, des relations internationales, mais aussi du domaine des arts. Toutefois pour la plupart des égyptologues, la XIIIe dynastie commence lors de la succession du pouvoir entre la reine-pharaon de la XIIe dynastie Neferousobek et le roi Ougaf Ier, ceci aux alentours de 1780 av. J.-C.. C'est avec ce souverain que commence une période très confuse où les rois se succèdent après seulement quelques jours, quelques mois ou quelques années de règne. Si Manéthon nous a fourni la liste de ces régents, nous en connaissons encore bien peu de choses. Parallèlement se met en place un second royaume à Xoïs, la XIVe dynastie, parallèle à la XIIIe, et débutée par Sobekhotep IV. Les Hyksôs arrivés en grand nombre sous le règne d'Amenemhat III tendent à de plus en plus dominer l'Égypte.
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