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A

97 entrées trouvées.

De Aâ à Aÿ, Tombe d'Aÿ dans la Vallée des Rois

Imprimer cette entréeAâ.
Mythologie • Nom propre.Celui dont le nom signifie « le Grand », n'apparaît que dans les représentations du temple d'Horus à Edfou. Avec sept autres divinités — les « chebtyou » — les huit dieux anthropomorphes « enfants de Tatenen » participent à la création du monde. Remonter
Imprimer cette entréeÂa-Senedj.
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Âa-Senedj
Âa-Senedj, à tête de serpent, sur le pylône du temple d'Horus à Edfou.

Mythologie • Nom propre.Dieu ophiocéphale gardien du temple d'Horus d'Edfou. Âa-Senedj, chef de la troisième des quatre compagnies de dieux-gardiens du temple d'Horus à Edfou, est en charge avec les quatorze membres de sa compagnie d'éloigner l'ennemi venant à l'Est du domaine d'Horus. Parfois représenté avec des poignards ou un harpon, Âa-Senedj figure sur la façade du temple d'Horus à Edfou, dans la rainure qui accueillait autrefois l'oriflamme entre Horus et Hathor sur le môle Est. Remonter
Imprimer cette entréeÂabet.
Géographie • Nom commun.Désignation de l'Orient, le lieu où le soleil se lève. Remonter
Imprimer cette entréeAâh, Iâh.
Mythologie • Nom propre.Dieu lunaire à tête d'épervier ou plus rarement d'ibis, coiffé du croissant ou du disque lunaire. Dieu du renouveau, on l'assimile aux autres dieux lunaires Thot, Khonsou et Osiris.

Voir aussi : Thot, Djehouty.

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Imprimer cette entréeÂamou.
Géographie • Nom propre.Ethnie désignant communément les Asiatiques. Remonter
Imprimer cette entréeAbaque.
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Abaque
Colonnes, abaques et linteaux au Ramesseum.

Architecture • Nom commun.Partie supérieure du chapiteau d'une colonne sur laquelle repose le linteau. Remonter
Imprimer cette entréeAbaton, Abatos, Abyton, Abbadon.
Égyptologie • Nom commun.Terme grec signifiant « inaccessible », « interdit ». Dans les sociétés antiques, il s'agit des parties des temples dont l'accès est interdit aux profanes. On retrouve Isis sous les épithètes : « Isis de Philae et de l'Abaton », « Belle Souveraine de l'Abaton » et « Maîtresse de l'Abaton », puisqu'une partie de l'île de Bigeh contenait un sanctuaire où se trouvaient 365 autels, pour effectuer 365 jours d'offrandes.ΕDans la mythologie grecque, le mot abaton désigne également la fosse ou le gouffre. Le dieu grec Apollon dans les périodes tardives prendra l'attribut d'esprit du gouffre : les personnes venaient dans le temple auprès de l'abaton et attendaient pendant la nuit que le dieu délivre ses oracles en songes.
  • Le culte d'Isis dans le bassin oriental de la Méditerranée, F. Dunand, Tome III, Éditions Brill, Paris, 1973
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Imprimer cette entréeAbeille.
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Abeille
Le jonc et l'abeille servant à écrire le nom de Thoutmosis III dans l'akh menou à Karnak.

Égyptologie • Nom commun.L'abeille est le symbole de la Basse-Égypte. Avec le jonc, elle est utilisée dans les hiéroglyphes devant un cartouche, pour définir « Celui du jonc et de l'abeille », couramment traduit par « le roi de Haute et Basse-Égypte ». L'abeille est à la fois le symbole du souverain et du peuple travaillant. La mythologie égyptienne veut que les abeilles soient nées des larmes de Ré tombées sur terre. Remonter
Imprimer cette entréeAbgig.
Géographie • Nom propre.Site archéologique situé dans le Fayoum, non loin de Médinet el-Fayoum. Une stèle brisée en deux et dédiée par Sésostris Ier a été découverte à Abgig. Le souverain y adore les dieux Amon, Montou et Ptah. Cette stèle de granite rouge en forme d'obélisque mesure treize mètres de haut. Elle a été restaurée et est exposée depuis 1971 sur une place de Médinet el-Fayoum. Abgig perdura pendant toute l'Égypte pharaonique grâce aux ressources agricoles. Remonter
Imprimer cette entréeAbou.
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Abou
La mention d'Abou — Éléphantine — sur l'un des murs de la chaussée d'Ounas à Saqqarah.

Géographie • Nom propre.Nom antique de l'actuel Éléphantine (en arabe Gezirèt-Assouan), située sur une île au milieu du Nil, au niveau de la ville moderne d'Assouan, capitale du premier nome de Haute-Égypte. On y adore le dieu bélier Khnoum, mais aussi la déesse Satet (Satis), puisqu'Abou se trouve dans « le pays de l'arc », la terre de Satet. Remonter
Imprimer cette entréeAbou Simbel, Sauvetage des temples d'Abou Simbel.
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Abou Simbel, Sauvetage des temples d'Abou Simbel
Deux des colosses du grand temple de Ramsès II à Abou Simbel. Les traces de découpe sont quasiment invisibles.

Histoire • Nom propre.Aujourd'hui adossés à une colline artificiel, les temples d'Abou Simbel allait disparaître avec la construction d'un barrage, décidée en 1954. Le lac Nasser aurait gagné suffisamment de profondeur pour engloutir à jamais les temples de Ramsès II et Nefertari.ΕCe joyau de l'Égypte antique, véritable héritage d'une grandeur passé des pharaons, a failli disparaître : le gouvernement égyptien fit le choix de faire édifier un immense barrage, juste avant Abou Simbel, menaçant d'engloutir à jamais des centaines de villages actuels et des dizaines de haut lieux historiques, comprenant les temples de Ramsès II en Nubie. Si ce choix paraît à première vue dramatique d'un point de vue archéologique, il faut considérer les ressources qu'a pu apporter cette construction à l'Égypte, valorisant son développement économique et culturel. Si trois projets étaient alors considérés pour sauver les temples, un seul s'imposa comme la meilleure solution. Sous l'impulsion de l'UNESCO, dont l'Égypte et le Soudan avait demandé l'aide, l'initiative fut prise en 1965 d'engager des travaux tout aussi pharaoniques que la construction elle-même des temples : leur découpage, et leur déplacement sur des îles plus hautes, épargnées par la montée des hauts qu'allait engendrer le grand barrage. Le projet secoua pendant longtemps les ingénieurs du monde entier : Allemands, Français, Italiens, Suédois et Égyptiens se lancèrent dans la mise en place de digue provisoire encerclant les sites le temps de leur démontage, dont celle d'Abou Simbel devait atteindre 350 mètres de long ; les temples furent ensuite détachés de la colline à laquelle ils étaient rattachés, avant d'être découpés en plus de mille blocs pesant chacun de dix à trente tonnes. Une coupole de béton fut érigée soixante-cinq mètres plus haut pour accueillir une nouvelle montagne, et y réimplanter les temples, en respectant l'orientation originelle, et en masquant les marques de découpe. Avec plus de quarante-deux millions de dollars, le projet de sauvetage des temples de Nubie s'acheva le 10 mars 1980, tandis que les travaux à Abou Simbel finirent le 22 septembre 1968. Remonter
Imprimer cette entréeAbou Simbel, Temple de Ramsès II à Abou Simbel.
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Abou Simbel, Temple de Ramsès II à Abou Simbel
La façade du grand temple de Ramsès II à Abou Simbel, avec ses quatre colosses et le cryptogramme du nom Ouser-Maât-Rê au-dessus de la porte.

Architecture • Nom propre.Le temple de Ramsès II à Abou Simbel, en apparence originale sur son architecture et son plan, est en fait calqué sur une structure commune à d'autres temples. Seul le gigantisme et la beauté des lieux fait briller dans les yeux de chacun des étincelles d'émerveillement, de mystères et d'interrogations.ΕLe temple fut d'abord redécouvert en 1813, encore ensablé, par un explorateur suisse, dénommé John Lewis Burckhardt. Vingt cinq ans plus tard, l'artiste David Roberts en réalisera une aquarelle qui aujourd'hui est reproduite dans tous les ouvrages qui concerne l'Égypte ancienne. Les temples ont très probablement été construits vers l'an 1 ou l'an 2 de Ramsès II, puisqu'ils pouvaient déjà accueillir en l'an 5 du règne de Ramsès II les reliefs de la bataille de Qadesh. Dans les cartouches originaux apparaissent le « setep-en-rê », mais pas le jonc du nom « Ramessou », laissant présager que le temple fut achevé avant l'an 21 du règne de Ramsès II. Sur la façade du temple, au-dessus de la porte, la statue de Rê tient dans une main le signe « Ouser », et dans l'autre « Maât » : c'est ici l'expression qui fait écho à une statue bien connue de Ramsès II enfant ; il s'agit d'un cryptogramme « écrivant » le nom de Ramsès II sous la forme d'un rébus : « Ouser-Maât-Rê ». Le grand temple de Ramsès II à Abou Simbel est le seul temple rupestre de Nubie. La façade, bien qu'originale dans la forme, est présentée comme un pylône, puisqu'on y retrouve une corniche au sommet, et les « baguettes égyptiennes », les boudins courant tout le long des arêtes de ce pylône. Devant ce pylône adossé à la colline de Méha, les quatre colosses assis dominent le Nil, regardant légèrement vers le Sud. Leur regard penche vers le bas, offrant une impression de supériorité au roi. Ramsès est coiffé du pschent, la double-couronne surmontant le nemes. L'uraeus se dresse sur le front, formant de son corps tortueux deux boucles symétriques. Sur le torse et les épaules sont gravés les cartouches de Ramsès II. Le visage est fin et rond, tandis que le corps est stylisé, sec et massif. Les tétons sont ronds et plats, en « boutons de culotte ». Le génie dans l'architecture et la sculpture des Égyptiens du Nouvel Empire atteint son paroxysme. Les quatre colosses de Ramsès II devant le « pseudo-pylône » du grand temple de Ramsès II ont les oreilles anormalement hautes, placées depuis le bas de l'œil jusqu'aux tempes ; pourtant, à hauteur d'homme, elles semblent parfaitement à la bonne place ! La tête brisée et laissée à terre permet aujourd'hui de se rendre compte des dimensions incroyables de ces colosses. Entre les jambes et sur les côtés prennent place les statues des enfants et épouses de Ramsès II, avec respectivement de gauche à droite : Nebettaouy (une fille de Nefertari), un fils non identifié au centre, Bentanat (fille d'Isisneferet) pour le premier colosse ; Touy, Amonherkhepeshef (fils aîné de Nefertari) et Nefertari elle-même pour le second colosse ; une seconde fois Nefertari, Ramessou (fils aîné d'Isisneferet) au centre et Baketmout à droite ; et pour le dernier colosse, Merytamon, Nefertari II (fille de Nefertari) et Touy. Passé ce pylône, en pénétrant dans le temple, se trouve une première « cour » comportant huit piliers à colosses osiriaques. Elle fait office de « cour à ciel ouvert », comme on en trouve dans les autres temples. À gauche, au Nord, les colosses portent la couronne de Haute et Basse-Égypte ; à droite, au Sud, ils ne sont coiffés que de la couronne de Haute-Égypte. Ils reposent sur des bases rectangulaires marquées des cartouches de Ramsès II. Le pagne plissé retombe jusqu'au-dessous du genou ; le devanteau se termine par une frise d'uraei. Sur les épaules et avant-bras sont tatoués les cartouches adjoint du « setep-en-rê ». Les bras sont repliés sur le torse, tenant en main les insignes royales : la crosse-heka et le flagellum. Sur le mur Nord est dépeint la bataille de Qadesh. Sur le retour Nord-Est de ce mur, Ramsès II terrasse des Asiatiques. De cette salle hypostyle, on accède à six chambres latérales. La salle hypostyle à colosses osiriaques est suivie d'une antichambre soutenue par quatre piliers de section carrée. Elle débouche par trois entrées sur un vestibule ouvrant à gauche et à droite sur deux petites salles, et au centre sur le sanctuaire. Le sanctuaire du grand temple de Ramsès II à Abou Simbel à ceci de particulier qu'il reçoit les trois dieux étatiques — Ptah de Memphis, Amon de Thèbes et Rê-Horakhthy d'Héliopolis — ainsi que la statue de Ramsès II, qui remplace ici Horus et Seth. Ptah, placé tout à gauche, reste en permanence au fond du temple dans l'obscurité, ce qui met Ramsès II au centre de la lumière, au centre de la triade Amon-Ramsès-Rê. Ce qui ne laisse aucun doute sur la vocation solaire du culte rendu en ce temple : Setaou, un haut dignitaire d'origine asiatique, alors vice-roi de Nubie, fit édifié le temple sur un axe permettant que deux fois par an les trois statues étaient frappées par les rayons solaires qui traversaient tout le temple sur son axe Est-Ouest. Aujourd'hui, l'Égypte organise chaque année un festival à Abou Simbel, célébré les 21 octobre et 21 février. Les deux temples de Ramsès II et Nefertari, creusés dans les derniers monticules de la montagne lybique, sont orientés vers l'Est, mais leurs axes ne sont pas parallèles : ils se croisent dans leur prolongement au milieu du Nil, suggérant à certains égyptologues que le temple avait aussi vocation à favoriser les crues, avec un culte nilotique sous-jacent. Remonter
Imprimer cette entréeAbydos, Abydos aujourd'hui.
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Abydos, Abydos aujourd'hui
Le temple de Séthy Ier à Abydos, depuis la première cour du temple.

Voyage • Nom propre.La région où se trouve Abydos est considérée aujourd'hui comme dangereuse en raison de la présence d'intégristes musulmans. La plupart des voyagistes occultent cette visite, qui demande de surcroît un déplacement relativement long. En partant de Louxor, deux convois armés sont nécessaires pour rejoindre d'abord Qena, près du temple de Dendérah, puis Abydos. La visite se fait le plus souvent « au pas de course », sous la vigilance de la police armée, et en 1h30 maximum. Remonter
Imprimer cette entréeAbydos, Cénotaphes royaux d'Abydos.
Géographie • Nom propre.Le complexe d'Abydos comporte plusieurs temples funéraires de moindre importance que ceux de Séthy Ier et de son fils Ramsès II, utilisés pour le culte des pharaons défunts et des divinités populaires. C'est sans doute Sésostris III, pharaon de la XIIe dynastie, qui fit construire pour la première fois ce type de monuments. Les autres édifices alentour sont à mettre en relation avec Ahmes (de son nom hellenisé Amôsis, roi de la XIIIe dynastie), et notamment celui construit pour sa grand-mère Teticheri.
  • Catalogue général des monuments d'Abydos découverts pendant les fouilles de cette ville, A. Mariette, Imprimerie nationale, Paris, 1880.
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Imprimer cette entréeAbydos, Nécropoles animales d'Abydos.
Géographie • Nom propre.Il y avait à Abydos plusieurs nécropoles animales datées de la Basse Époque et de l'époque gréco-romaine, destinées à recevoir les corps momifiés des faucons d'Horus, des chiens d'Oupouaout, ou encore des ibis de Thot.
  • Catalogue général des monuments d'Abydos découverts pendant les fouilles de cette ville, A. Mariette, Imprimerie nationale, Paris, 1880.
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Imprimer cette entréeAbydos, Plan du temple de Ramsès II à Abydos.
Architecture • Nom propre.

Planche : Plan du temple de Ramsès II à Abydos

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Imprimer cette entréeAbydos, Plan du temple de Séthy Ier à Abydos.
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Abydos, Plan du temple de Séthy Ier à Abydos
La chapelle de Rê dans le temple de Séthy Ier à Abydos.

Architecture • Nom propre.
  • Abydos — Le temple de Séti Ier, J. Capart. Éditions Rossignol & Van den Bril. Bruxelles, 1912.

Planche : Plan du temple de Séthy Ier à Abydos

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Imprimer cette entréeAbydos, Temple de Séthy Ier à Abydos.
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Abydos, Temple de Séthy Ier à Abydos
Les claustras du temple restauré imprègnent les lieux de mystère.

Architecture • Nom propre.À Abydos, Séthy Ier fait édifier un temple sur cette terre hautement symbolique où se trouve l'Osireion.ΕComme à Gournah, deux cours marquées par deux pylônes devancent une salle hypostyle. La première cour se termine par un escalier devant un premier portique à piliers carrés. Les murs des cours sont décorés d'une seconde bataille contre Qadesh, puisque réalisés sous le règne de Ramsès II. Le portique est également décoré sous le règne de Ramsès II. Six piliers et les groupes de colonnes correspondants marquent sept voies d'accès jusqu'à sept chapelles au fond du temple. La première salle hypostyle comporte 24 colonnes organisées en deux rangées de six colonnes de part et d'autre de la voie principale. La seconde salle hypostyle est divisée en 36 colonnes réparties en trois rangs de six colonnes de chaque côté de l'axe central. Depuis la seconde salle hypostyle, on accède aux sept chapelles. Chacune d'elles est dédiée à un dieu : de droite à gauche — du Sud au Nord— la chapelle d'Horus, d'Isis, d'Osiris, d'Amon, de Rê-Horakhty, de Ptah et de Séthy Ier lui-même, divinisé. Notons qu'au centre est placé Amon, aux côté des deux autres dieux de la triade dynastique : Ptah et Rê-Horakhty (telle qu'on la retrouvera dans le temple de Ramsès II à Abou Simbel). Les trois dieux à droite de l'axe central forme également une triade, celle d'Osiris-Isis-Horus, qu'on retrouve dans le temple ptolémaïque de Philae. La chapelle d'Horus fait aussi écho à l'opposé à Séthy Ier divinisé, d'une part parce que celui-ci est Horus sur terre, et d'autre part parce qu'il est « celui de Seth », l'opposé d'Horus. Chacune des chapelles est pourvue d'un plafond en voûte : la voûte a été obtenue non pas par l'agencement de bloc en cintre, mais par la pose de bloc à l'horizontal, ensuite creusés pour obtenir la forme arrondie. Dans chaque chapelle se trouvait une statue ; les représentations des chapelles présentent le « manuel du temple » et décrivent le rituel journalier réalisé sur les sept statues : d'abord l'ouverture du naos par Séthy Ier, puis l'éclairage de la statue ; il déshabille ensuite la statue sortie du naos, qui portait les vêtements de la veille, effectue sa toilette, et enfin la replace le soir dans le naos. Au fond de chaque chapelle, une niche accueille le naos de la statue, et une seconde recevait probablement la barque du dieu. La chapelle d'Osiris débouche sur une salle plus petite à dix piliers, ouvrant au Nord sur trois petites chapelles, et au Sud, d'abord sur une salle à quatre colonnes, puis encore sur trois chapelles. Par le côté droit du temple on accède soit à une salle à trois colonnes où se trouvent des représentations de la momification d'Osiris et de sa renaissance, soit sur un couloir fort intéressant : on y voit la célèbre Liste des Rois (ou Table d'Abydos) sur un mur, et un calendrier d'offrandes par Séthy Ier sur le mur opposé. Dans la liste des rois manquent Akhenaton, Semenkarê, Aÿ et Toutankhamon, ainsi que plus loin, Hatshepsout. Un couloir menant vers l'extérieur, vers l'Osireion, est décoré d'une part d'une scène de dieux, et d'autre part de la scène de la capture d'un taureau par Ramsès II et son fils Amonherkhepeshef — cette partie ayant été décoré par Ramsès II après la mort de son père. Le plan en L paraît étrange, mais il résulterait de la position, après le temple de Séthy Ier, de l'Osireion, édifice mystérieux en souterrain (aujourd'hui à ciel ouvert), qui daterait de l'Ancien Empire. On peut d'ailleurs supposer avec conviction que l'espace du temple de Séthy Ier dédié à Osiris, au fond du temple, communique directement avec l'Osireion. Dans le creux du L formé par le temple prenaient place les magasins du temple.
  • Abydos — Le temple de Séti Ier, J. Capart. Éditions Rossignol & Van den Bril. Bruxelles, 1912.

Planche : Diaporama : Temple de Séthy Ier à Abydos

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Imprimer cette entréeAcacia.
Botanique • Nom commun.Dans la mythologie égyptienne, l'acacia est l'arbre de la déesse Saosis, dont le nom grec est celui de Iousaas, divinité aux caractéristiques et à l'iconographie très proche d'Hathor. Réparti pour l'essentiel dans les pays chauds, l'arbre de la famille des légumineuses prend la forme d'arbrisseaux, voire dans certains cas de simples buissons, se déclinant en Égypte en vingt-quatre espèces. Son tronc très irrégulier se couvre d'épines acérées assurant sa protection contre les animaux.ΕCet arbre sacré planté au Nord d'Héliopolis aurait vu naître à ces pieds les dieux du panthéon égyptien. De même, la formule 436 des Textes des pyramides fait naître Horus de cet arbre, tandis que le Livre des Morts lui fait la part belle comme arbre osiriaque et solaire : « Je me suis extrait moi-même de l'acacia des Enfants divins. / Entrer dans la salle de Maati pour prier l'Osiris Khentiymentiou : “Hommage à toi, Ô, Seigneur de l'acacia, dont la barque de Sokar est sur le traîneau, qui tourne le dos au monstre, au malfaiteur, et fait reposer l'Œil de Rê sur le siège.” » Cet arbre à l'origine dédié à la naissance et aux mythes de la théogamie prend, dans les légendes plus tardives, une dimension funéraire. Dans le même Livre des Morts, des enfants guident le défunt vers l'acacia. Dans les Textes des sarcophages, ces enfants demandent à ce que le défunt « presse et broie » le bois de l'acacia sacré de Saosis : ces éléments broyés de l'arbre prennent alors un effet magique de guérison. Dans le conte des deux frères, l'Acacia revêt les mêmes dimensions : « Reste ici jusqu'à l'aube. Quand le disque solaire se lèvera, je plaiderai avec toi devant lui, afin que je [rétablisse] la vérité, car je ne serait plus jamais avec toi, je ne serai plus dans les lieux où tu seras : j'irai au Val de l'Acacia. ». On a d'abord cru à un lieu réel en relation avec la Vallée des Rois où tout autre vallée formée par les ouadi de la montagne thébaine, mais il semble assurément qu'il s'agisse d'un lieu mythique à la destinée heureuse, sans doute un lieu où le défunt peut également « contempler chaque jour Rê, Osiris et Thot », comme le disent d'autres textes. L'acacia intervient dans de nombreux usages de la vie quotidienne des anciens Égyptiens : l'acacia nilotica (Fabaceae), ou « sont » en arabe, sert au travail du bois, d'une part dans la création d'outils au manche de bois, d'autre part dans la confection même des objets : chevilles, pièces rapportées des sarcophages, coffres et coffrets, statuettes... Les cosses de l'acacia nilotica et l'écorce de l'acacia du Sileh étaient également utilisées pour le tannage du cuir. D'autres variétés d'acacia découvertes dans le désert ou à proximité témoignent d'un usage comme pointes de lances. De la plupart des acacias, on extrait une gomme (la gomme dite « arabique ») servant à certaines époques à la réalisation des résines qui vernissent les sarcophages. Il est possible, sans preuve tangible établie pour le moment, que l'acacia est également servi à la teinture de la peau et des cheveux. En médecine, l'acacia s'utilise comme vermifuge, anti-diarrhée, et prévient les inflammations, les hémorragies internes ainsi que les problèmes de peau. Le jus extrait des graines est à la fois astringent et rafraîchissant. Certains auteurs anciens — Pline, Hippocrate, Galien... — suggèrent que cette même huile permet de régler la menstruation et assouplit les membres.
  • La couleur dans la peinture et l'émaillage de l'Égypte ancienne, S. Colinart & M. Menu. Centro Universitario Europeo per I Beni Culturali, Scienze e materiali del patrimonio culturale. Ravello, 1998.
  • Aufzählung und Beschreibung der Acacien-Arten des Nilgebiets, Schweinfurth, in Linnœa, XXXV.
  • Matériaux pour servir à l'établissement d'un dictionnaire d'archéologie égyptienne, G. Jéquier, in BIFAO, XIX, p 1-271. Le Caire, 1922.
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Imprimer cette entréeAch.
Mythologie • Nom propre.Divinité d'origine libyenne assimilée à Seth. Remonter
Imprimer cette entréeAcherou.
Géographie • Nom commun.Nom du domaine de Mout à Karnak à Thèbes (Ouaset) constitué d'un sanctuaire entouré sur trois côtés par un lac.ΕOn retrouve, entre autre, la dénomination « Mout la Grande, dame de l'Achérou » sur une statuette d'Amon et de Mout dédicacée par Mérymaât conservée au Musée du Louvre (XIXe dynastie, vers 1295-1186 av. J.-C. - n° inv. N 3566). Remonter
Imprimer cette entréeAcheuléen.
Histoire • Nom commun.Période du paléolithique ancien — ou paléolithique inférieur —, débutant vers 500 000 av. J.-C., succédant à l'oldowayen. Remonter
Imprimer cette entréeActes de Soupillouliouma.
Littérature • Nom commun.Texte historique hittite. Remonter
Imprimer cette entréeAgeb.
Mythologie • Nom propre.Dieu bélier personnifiant l'inondation bienfaisante du Nil, également présent en tant qu'échanson du soleil dans les Textes des Sarcophages où il fournit au défunt la nourriture nécessaire à sa survie dans l'au-delà. Il est associé à l'époque gréco-romaine aux dieux taurins Apis, Boukhis et Mnevis. Remonter
Imprimer cette entréeAgriculture en Égypte antique.
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Agriculture en Égypte antique
Scènes des champs dans la tombe de Setaou. Thèbes rive Ouest, Vallée des Nobles.

Société • Nom commun.ΕDepuis les terres reculées où il prend sa source jusqu'à la « grande verdure » du Delta, le Nil forme un long ruban vert s'évasant à mesure qu'il s'écoule. Miracle et curiosité de la nature, ce fleuve providentiel mais capricieux d'environ 6 500 kilomètres de long a conditionné la vie en Égypte, rendant cultivable la terre sèche et désolée d'Égypte. Aussi ce limon noir fertile a-t-il été l'origine de celle que les Égyptiens appellent km.t (Kemet), la « terre noire ». Assurément, l'Égypte est « un don du Nil », comme le dit la formule d'Hérodote empruntée à Hécatée de Milet. Marqué par ce phénomène qui semble régit par une force divine, ce mouvement sans cesse répété ne pouvait être symbolisé que par un dieu. Dès les premiers temps de l'Histoire pharaonique, des génies symbolisent les richesses naturelles des Deux Terres : un génie couvert du signe de l'eau pour le Nil ; un autre symbolisant le Delta ; un troisième pour le vent du Nord ; ou encore un génie du grain, npr (Neper). Ce premier génie du Nil devient par la suite un dieu à part entière, que l'on nomme Hâpy, qui bien souvent est représenté avec son double autour du sema-taouy : les deux dieux-Nil serrent un nœud unissant les plantes « héraldiques » de l'Égypte : le « lys » de Haute-Égypte et le papyrus de Basse-Égypte. Le ventre replet et le sein lourd, presqu'androgyne, Hâpy est entouré de toute l'abondance qui caractérise sa bienfaisance : les plantes hautes, les fleurs, les cultures céréalières, les mammifères et oiseaux célèbrent le retour de la vie. Osiris, dieu aux origines agricoles, et dont on sait son rôle dans les cycles de renaissance, apparaît — notamment dans les textes de Plutarque — comme « le Nil qui fécondoit la terre, désignée par Isis [...] Ils appellent le Nil un écoulement d'Osiris ». Osiris est l'eau, Isis la terre. L'eau est en Égypte d'autant plus indispensable qu'elle n'abreuve qu'une partie des terres. En plusieurs endroits le Nil forme des espaces davantage irrigués, qui ont pour la plupart été le lieu d'installation des grandes cités antiques. Pour tirer le meilleur parti de cette manne, les Égyptiens organisent un système d'irrigation, constitué de digues, de canaux et de bassins de rétention, répartissant l'eau au plus loin dans les terres, et autorisant par ailleurs l'irrigation des terres en léger surplomb en raison de la pente douce des rives du fleuve. Le chadouf (apparu au XVIe siècle av. J.-C.) extrait l'eau du fleuve lorsque les berges sont hautes, et sera associé à la noria et à l'hélice de Pythagore (une sorte de vis sans fin) avec l'arrivée des Grecs et Romains. Conscients des dégâts qu'occasionne la brusque montée des eaux, les Égyptiens s'attachent à protéger leurs constructions avec des digues et des remblais, construits en pierre ou en brique. Après chaque décrue, le personnel de l'administration, fonctionnaires et scribes, arpente les terres pour redéfinir les parcelles, dont les limites ont été effacées avec le limon. La prospérité des organes administratif et économique, le rationnement alimentaire, et même la politique du pays dépendent de la bonne gestion des terres et de l'eau. Cette grande civilisation du passé est tributaire des caprices d'un fleuve ô combien facétieux : si l'inondation est insuffisante, la famine guette et les terres asséchées entraînent la prolifération de maladie. Ce fut le cas en 48 av. J.-C. où la mesure atteignit moins de 5 coudées — soit environ 2,20 mètres. A contrario, les crues trop importantes, comme celle rapportée par le Romain Pline (plus de 16 coudées, soit environ 7 mètres), détruisent certains édifices et certaines habitations, et obligent à de longs travaux de reconstruction. Le Nil comme artère vitale du pays a imposé un calendrier basé sur trois saisons, correspondant aux trois périodes des cultures. De mi-juillet à mi-novembre, le Nil entre en crue : c'est la saison akhet, l'inondation. Le niveau de l'eau du Nil monte brutalement, gonflé par les pluies venues du Burundi et d'Éthiopie (les Égyptiens ignoraient alors la source du Nil et l'origine de ses crues). Une grande partie des terres sont inondées. Les paysans se mettent au service de l'administration en creusant les canaux d'irrigation et bassins de rétention qui retiendront les eaux au moment de la décrue. Ils construisent les digues de protection nécessaires aux temples et autres édifices. Les canaux demandent un pénible travail d'entretien et beaucoup de main-d'œuvre. Seules les hautes terres émergent encore, là où sont construits les villages. On se déplace en bateau, on chasse et on pêche. Lors de la montée des eaux du Nil, les processions peuvent joindre Karnak à Deir el-Bahari en barque ! De la mi-novembre à la mi-mars commence avec la décrue la saison nommée peret, celle des labours et des semailles. Le nil est retourné dans son lit et les champs ont été fertilisés par le limon du Nil. À peine secs, on les laboure déjà à l'aide d'araires. Pour ce nourrir, on plante le blé et l'orge, mais aussi les pois chiches, les lentilles, les fèves, les laitues romaines, les oignons, les courgettes, les poireaux, l'ail, les pastèques et bien d'autres légumes et légumineux. Le lin pour les travaux de tissage et le papyrus sont récoltés dans les lieux marécageux. Les arpenteurs dépêchés par le roi viennent redéfinir les limites des champs à l'aide de bornes de pierre gravées au nom du propriétaire et marquées de la superficie de son exploitation. Ensuite vient à la mi-mars le temps des récoltes, Chemou. Les travaux des champs battent leur plein : l'orge et le blé sont moissonnés à l'aide de faucilles en bois à lame de silex. On les coupe très haut : la tige est récupérée comme nourriture pour le bétail. On étale à terre les récoltes, que l'on fait écraser par des bovins, afin de détacher les grains. Le vannage au vent vient ensuite séparer le grain de son enveloppe. Les scribes viennent comptabiliser les récoltes pour évaluer les impôts, à payer en nature sous forme d'une part de cette récolte. Cette part est emmenée dans les silos à grains royaux, souvent implantés près des temples, et sera utilisée pour nourrir les fonctionnaires ; cette réserve fournira aussi la nourriture à la population en cas de famine. On achemine les impôts ainsi prélevés sur de grands bateaux par le Nil. L'agriculture — et surtout la culture du blé — est fortement développée en Égypte, ce qui lui vaut le surnom de « grenier à blé de l'Antiquité ». Elle fait partie intégrante de la conception égyptienne, de la vie à la mort : dans l'au-delà, le défunt se retrouve dans les « champs d'Ialou », où il est chargé de continuer le travail des champs. Notez que les Égyptiens emportaient dans leur tombe des centaines de chaouabtis (ou oushebtis), des serviteurs funéraires de pierre, de « faïence » ou de bois, chargés, comme leur nom l'indique, de répondre à l'appel de leur possesseur et d'effectuer les travaux des champs à leur place. Car il est important de rappeler que la tâche du paysan n'est pas enviable. Son travail fournit la nourriture nécessaire à tout un pays, mais son rôle le place tout en bas de la « hiérarchie » de la société égyptienne ; il travaille sur les terres du temple, sur celles d'un notable ou sur celles de l'administration, et s'affaire à s'assurer d'une productivité garantissant la subsistance de tout un peuple. N'est-il pas de meilleures preuves que sa place dans l'absence de textes qui lui sont dus, et dans l'abondance de scènes agricoles représentées dans les tombes des notables et souverains ? Cette riche iconographie nous présente les outils utilisés pour travailler le sol et récolter. La terre craquelée et sèche ne fait renaître la vie que sous l'action conjuguée du Nil en crue et du travail des paysans, à l'aide d'instruments rudimentaires mais efficaces. L'araire, charrue primitive, est entraîné par des bœufs et tenu par un seul homme pour labourer le terrain. La houe, instrument petit et léger, est utilisé à la main. La faux et la faucille, munies d'un large manche en bois courbe, agrémenté d'une lame en silex, servent à la coupe des céréales. Les femmes, et parfois les enfants, utilisent des paniers d'osier pour apporter les graines à semer pendant les semailles, et pour récolter les céréales pendant la moisson.
  • Fragments peints de la chapelle d'Ounsou, R. Lejeune : avec un œil curieux et attentif, l'auteur vous invite à la découverte des œuvres du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. Ici, il fait parler les scènes agricoles dépeintes sur les fragments de la chapelle d'Ounsou. Voir le site

Voir aussi : Calendrier. Ialou, Champs d'Ialou.

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Imprimer cette entréeAhanakht.
Histoire • Nom propre.Vizir sous le règne de Sésostris Ier. Remonter
Imprimer cette entréeAhnasia, Ihnasya el-Medin, Ahnas el-Medina, Ehnasya el-Medina.
Géographie • Nom propre.Ville située à environ 100 kilomètres au Sud du Caire, dans le gouvernorat actuel de Beni Souef, où ont été découvertes dans une nécropole trois fausses-portes (dont l'une encore polychrome, rouge et bleue) datées de la Première Période Intermédiaire. Ahnasia, dans le XXe nome de Haute-Égypte, près du Fayoum, tient probablement son nom directement de l'ancien égyptien « Henen nysout », le « siège de l'enfant royal », alors que les Grecs la nommèrent Hérakléopolis (Heracleopolis Magna), la cité d'Hercule.ΕAhnasia fut créé par les dirigeants des IXe et Xe dynastie, qui plus tard allaient se confronter aux souverains de la XIe dynastie thébaine. On y adore le dieu à tête de bélier Herishef (Heryshef, « Celui qui est sur son lac » — l'Harsaphes des Grecs) pendant toute l'époque pharaonique, et plus tard par son assimilation à Héraklès. Attesté dès la première dynastie, Herishef était un dieu local de la fertilité, probablement dévoué à un culte de dieu créateur, parfois assimilé à Rê et à Osiris, dont il porte la couronne-atef. Le temple d'Herishef se compose d'une première cour à pièces annexes, entourée de statues colossales de Ramsès II devant les colonnes — la partie basse de l'une de ces statues à récemment été découverte. La cour s'ouvre sur une salle hypostyle à deux rangs de huit colonnes à chapiteaux palmiformes, probablement datées de l'Ancien ou du Moyen Empire. S'en suit une seconde salle à six piliers menant aux salles intérieures du temple. Le temple d'Herishef fut utilisé jusqu'à la Troisième Période Intermédiaire et la Basse-Époque. Le niveau du sol ainsi que le sable rendent difficile l'appréciation du plan du temple, mais une partie des bases des colonnes et des reliefs ramessides donnent une idée du type de temple, qui comporta sans doute un petit lac sacré dévoué au dieu local. Au Sud-Est, un autre temple plus petit dédié à Heryshef, toujours daté du règne de Ramsès II, était érigé à Kom el-Aqarib. Un peu plus au Nord de la nécropole de la Première Période Intermédiaire, également enclavés dans les murs de la cité, une fouille a mis au jour des tombes de pierre et de briques crues des XXIe et XXVIe dynasties. Ces tombes, parfois successivement réutilisées, présentaient pour certaines un corridor reliant les tombes entre-elles. Beaucoup des possesseurs de ces tombes portent des noms de la Troisième Période Intermédiaire, incluant Tanetamon, fils de Smendès, Osorkon, « Chef des Armées et Prêtre d'Heryshef » et Tcherit, fils de Nimlot. Le matériel archéologique découvert a révélé des noms libyens, notamment un saut royal d'Osorkon, témoignant de la présence de grandes figures de l'Histoire pendant cette période peu connue de l'Histoire et d'échanges entre les Ahnasia et Tanis. La nécropole a aussi confirmé les échanges commerciaux avec les Phéniciens pendant cette période. Les premières fouilles du temple ont été entreprises par E. Naville et D'Hulst en 1891, suivi par Sir W. Petrie en 1904, qui découvrit une fabuleuse statue en or d'Herishef, qui portait sur la base une inscription hiéroglyphique portant les noms du roi de la XXIII dynastie Neferkare Peftjaouaybast, mentionné sur la stèle de la victoire du roi nubien Piye. Parmi les vestiges des périodes romaines, byzantines et islamiques qui entouraient le site, Petrie a mis au jour plusieurs maisons, qu'il a répertorié en leur attribuant des lettres. Des pièces de monnaie ont été découvertes dans ces maisons, permettant la datation approximative de ces édifices. Les spécimens les plus tardifs, des pièces de monnaie d'Hercule, datent du VIIe siècle av. J.-C.. Fait fréquent pour des sites occupés à la Basse-Époque et aux époques tardives — notamment romaine — , on y a retrouvé de très nombreuses lampes à huiles, cataloguées par Petrie et d'autres missions archéologiques. En 2008-2009, l'équipe d'égyptologues espagnols ayant découvert les trois fausses-portes, rattachés au Musée de Madrid, a également mis au jour à Ahnasia trois tables d'offrandes ainsi qu'une tombe dans l'ancienne capitale. De précédentes excavations avaient révélé dans la partie Ouest de la nécropole des tombes délibérément brûlées et mises à sac durant l'antiquité, ainsi que des squelettes humains en très mauvais état. Les scientifiques ne savent pas encore si les dommages ont été faits par des militaires conquérants ou des pilleurs de tombes. A contrario, d'autres squelettes en bon état de conservation ont été découverts dans la partie Est du site. Les dernières découvertes offrent de nouveaux éléments pour la compréhension de la Première Période Intermédiaire, encore trop peu connue. D'après Carmen Pérez Díe, responsable des fouilles pour le musée national d'archéologie de Madrid, la nécropole « est un très grand site, dans une ville qui fut très importante en Égypte, mais beaucoup de faits nous restent encore inconnus. [...] En ces lieux, chaque découverte est très importante, et je pense que [nos fouilles] aideront à écrire une nouvelle page de l'histoire de l'Égypte. » — Propos rapportés par la mission au National Geographic. Zahi Hawass d'ajouter : « Lors des travaux de la mission à l'intérieur d'une des salles du temple du dieu Herishef (peut-être daté du Moyen Empire), une stèle d'époque ramesside a été découverte, ainsi qu'une grande pierre sur laquelle sont gravés les différents noms de Ramsès II, en plus de la partie d'une porte. »
  • Une grande partie de la documentation de cette entrée est issue de Egypt Sites, avec l'accord de l'auteur S. Bayfield. Voir en ligne : Voir le site
  • La nécropole de la T. P. I. à Héracléopolis Magna, M. C. Pérez Díe, in Résumés des Communications, Ve Congrès International d'Égyptologie, 1988
  • False Doors for the Dead Among New Egypt Tomb Finds, National Geographic. Pour l'actualité des fouilles sur le site : Voir le site
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Aker
Les deux lions d'Aker encerclent le disque solaire. Musée du Louvre.

Mythologie • Nom propre.Dieu représentant les profondeurs de la terre, par opposition à Geb, qui représente le sol, la surface de la terre. Accueillant le pharaon à l'entrée de l'au-delà, Aker symbolise aussi « les deux horizons » — ceux de l'Orient et de l'Occident — et est ainsi représenté sous la forme de deux bustes de lions se tournant le dos, au creux desquels s'installe un disque solaire. D'après le Livre d'Aker, que l'on retrouve dans la tombe de Ramsès VI et dans quelques documents plus tardifs, son dos est le passage du soleil pendant son voyage nocturne, entre l'Ouest (le coucher du soleil) et l'Est (le lever du soleil). Remonter
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Akh
Ibis à aigrette sur les quais d'Assouan.

Mythologie • Nom commun.Dans la conception égyptienne, l'homme est constitué de plusieurs concepts, dont l'akh, sorte d'esprit lumineux, d'étincelle divine. L'akh est la force spirituelle et surnaturelle qui glorifie le défunt. En écriture hiéroglyphique, l'akh prend la forme d'un oiseau ibis à aigrette. Remonter
Imprimer cette entréeAkhenaton, Tombe d'Aménophis IV-Akhenaton.
Égyptologie • Nom propre.

Planche : Perspective et plan de la tombe d'Aménophis IV-Akhenaton

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Mythologie • Nom propre.◊ Désigne l'horizon, représenté par un disque solaire descendant entre deux collines. Le roi Amenhotep IV-Akhenaton fera édifier une nouvelle capitale sous son règne du nom d'« Akhet-Aton », c'est-à-dire « l'Horizon du disque ».
◊ Vache divine compagne du taureau Mnévis, dont la dénomination se retrouve souvent dans le temple d'Hathor à Dendérah.
◊ L'une des trois saisons du calendrier nilotique. Remonter
Imprimer cette entréeAkhetaton, Akhet-Aton, Akhet-Iten.
Géographie • Nom propre.Nom antique de la capitale d'Amenhotep IV-Akhenaton, aujourd'hui appelée Amarna, de son nom complet « Tell el-Amarna ». L'antique cité que fit ériger Akhénaton en l'an 4 de son règne est aujourd'hui appelée Amarna, ou El-Amarna, du nom des « gens de la tribu d'Amran [ou Amane] » qui occupèrent le site pendant un temps. L'appellation Tell el-Amarna est quant à elle erronée d'un point de vue toponymique. Akhetaton signifie littéralement « l'Horizon d'Aton », un nom tout trouvé pour symboliser le changement religieux et politique de la période amarnienne. Le territoire, situé entre Thèbes et Memphis, est délimité sur trois côtés par un hémicycle de douze kilomètres de falaises (une partie de la chaîne arabique) et sur le dernier côté par le Nil. Quatorze stèles frontières délimitant la cité ont été érigées entre l'an 6 et l'an 8 du règne du pharaon, dont trois se trouvent sur la rive du Nil opposée à la cité.ΕLa notion de « ville nouvelle » est particulièrement importante dans l'étude de la ville d'Akhetaton. En effet, c'est sans doute par la volonté du renforcement du pouvoir et de l'idéologie royale face à un clergé puissant à Karnak qu'Akhénaton a d'abord procédé à des modifications sur le site thébain, avant de délibérément édifier une cité nouvelle en un lieu différent. Le deuxième aspect important est celui de la fondation de la ville et des connaissances que nous en possédons : la ville est née sur un site neutre et désert, et s'est éteinte sans occupation ultérieure, laissant un matériel archéologique vierge de toute transformation ultérieure, à l'instar des autres sites partout ailleurs dans l'Égypte antique. On dispose aujourd'hui de plusieurs sources pour concevoir l'aspect originel de la cité. D'une part les talatat figurant les grands ensembles religieux, administratifs et économiques de la cité antique d'Akhetaton : le grand nombre de ces blocs qui nous sont parvenus et leur richesse descriptive permettent une approche innovante de l'architecture et de la géographie du site. D'autre part, les fouilles sur ce site, certes désolé, mais dont les fondations ont été préservées : on y découvre les bâtiments administratifs, les temples, les maisons et villas des notables, etc.. Enfin, les figurations dans le programme iconographique des tombes des nobles des bâtiments de la ville d'Akhénaton. Cette cité à la particularité de nous montrer une ville totalement nouvelle d'un point de vue archéologique. Bâtie sur un terrain totalement vierge, elle ne comporte en effet aucun matériel archéologique d'une période antérieure. Il reste très peu de vestiges aujourd'hui de la cité. On peut pour autant toujours y voir les fondations des constructions et quelques colonnes remontées, qui laissent entrevoir, certes avec beaucoup d'imagination, ce à quoi pouvait ressembler la cité. Dès l'an 5 du règne d'Akhénaton, le concept de la ville, dont les constructions à Karnak ont sans doute préfiguré la forme finale, va se développer. Les premières stèles sur place témoignent de la décision du pharaon, en l'an 5, le treizième jour du quatrième mois de la saison Peret, de faire construire à cet emplacement la nouvelle capitale. Ces quatorze stèles, dites stèles-frontières, délimitant le périmètre de la ville, sont gravées, pour les trois premiers exemples que nous connaissons, dans la falaise d'Amarna ; onze autres suivront. Toutes parlent de la volonté d'ériger, de construire des édifices dans la nouvelle capitale solaire. Les constructions à Thèbes s'étant achevées en l'an 6 du règne d'Akhénaton, il faut sans doute placer le déplacement final du pouvoir royal de la capitale thébaine vers Akhetaton pendant cette année. Des stèles commémoratives, ainsi que du matériel archéologique retrouvé sur place, confirment en effet cette date. Le dieu Rê-Horakhty (Rê de l'Horizon), dans sa métamorphose finale, est désormais le seul disque solaire, l'Aton ; les constructions ne possèdent plus de toit : la ville entière est inondée par les rayons solaires du disque bienfaisant. Les portes ne sont plus totalement fermées : la corniche est désormais scindée en deux, ne portant plus le disque solaire ailé — l'Aton va directement descendre sur ces constructions, et il n'est donc plus nécessaire de le représenter sur ces parties du temple. Les temples et autres édifices religieux fonctionnent dans un microcosme commun, dans un environnement propice à la propagande royale, dans une idéologie de relation entre le roi et le disque solaire. Les tombeaux des nobles et de la famille royale se trouvaient dans la falaise orientale. Akhetaton sera démontée après la disparition d'Akhenaton, et la plupart des vestiges de la période seront réutilisés dans des constructions ultérieures. Aussi jamais le site ne sera réutilisé.
  • Amarna Project, missions actuelles à Amarna, à voir en ligne : Voir le site

Planche : Plan de la cité d'Akhetaton et emplacement des stèles-frontières

Voir aussi : Amarna. Aton, Iten.

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Imprimer cette entréeAkhetaton, Explorations archéologiques à Akhetaton.
Histoire • Nom propre.Au XIXe siècle, les premiers archéologues, allemands et anglais, retrouvent les vestiges de la cité antique, qu'ils nommeront Tell el-Amarna, puisqu'érigée à proximité d'une montagne (Tell, en arabe). Le nom antique de la cité, Akhetaton, est le reflet du culte amarnien : « l'Horizon d'Aton ». C'est sans aucun doute l'allusion à la forme naturelle en demi-cercle des montagnes environnantes qui a inspiré le nom d'akhet-iten (Akhetaton), métaphore du hiéroglyphe de l'horizon, les deux collines formant une vallée enclavée.ΕUne première carte de l'antique cité d'Akhetaton est établie par l'expédition napoléonienne en 1798/1799 et publié dans la Description de l'Égypte — Antiquités, dans le tome des Planches IV, planche 63.6 (Paris, 1817). Un nouveau plan d'Amarna, dont l'original est aujourd'hui conservé à la Bodleian Library d'Oxford, est établi par John Gardner Wilkison dans les années 1820, après une visite sur le site en 1824 et 1826. Ce relevé topographique réalisé au crayon se focalise sur la zone centrale du site. Il utilise le décompte de ses propres pas pour établir des distances avec une acuité et une précision remarquable. Le premier volume documenté des publications des fouilles sur le site d'Amarna date de 1923, centré essentiellement sur les monuments les plus importants : le grand temple d'Aton, le palais, et d'autres temples importants. Le plan le plus complet d'avant 1900 est celui réalisé par K. R. Lepsius lors de l'expédition prussienne dans les années 1840. L'amélioration principale par rapport à la carte de Wilkison est l'adjonction de la majeure partie des édifices résidentiels au Sud de la ville principale, secteur à peine ébauché par Wilkison. Cette carte est publiée dans le Denkmaeler aus Aegypten und Aethiopien, Abth. I, 64, (Berlin 1849–59) de Lepsius. Dans les années 1970, d'autres fouilles sont engagées, avec cette fois une méthodologie scientifique et archéologique plus élaborée. L'égyptologue Barry Kemp prend la charge de responsable de ces fouilles. Il travaille de manière acharnée sur le village des artisans qui ont travaillé à l'édification du village et des tombes. Le groupe de huit carte qu'il réalise au même titre que Salvatore Garfi est publié par l'Egypt Exploration Society en 1993 sous le titre A survey of the ancient city of El-Amarna. Depuis 2001, un travail préliminaire donnant un aperçu de certaines zones du site est précisé par des explorations sur des emplacements jusqu'à là quasiment ignorés. De vastes zones ont pu ainsi être repérées à l'aide de système de géolocalisation (GPS), notamment pour les tombeaux du Nord, les autels du désert, etc.. Un ballon à hélium télécommandé muni d'un appareil photo permet aujourd'hui la photographie très élaborée du site et l'élaboration de carte topographique d'une précision inégalée. À l'occasion d'une exposition exceptionnelle au Musée des Beaux-Arts de Boston, une première maquette a été réalisée, sur la base des relevés topographiques. Une reconstituation virtuelle en trois dimensions a également été élaborée en 2008 par le C.N.R.S, Université de Bordeaux, à l'occasion de l'exposition Akhénaton et Néfertiti — Soleil et ombres des pharaons, installée temporairement à Genève, puis bientôt à Turin.
  • Amarna Project, missions actuelles à Amarna, à voir en ligne : Voir le site
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Imprimer cette entréeAkhethetep, Akhethotep, Akhet-Hotep.
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Akhethetep, Akhethotep, Akhet-Hotep
Akhethetep, tel qu'il figure à l'entrée de sa chapelle funéraire, aujourd'hui au Musée du Louvre

Histoire • Nom propre.Dignitaire de haut rang dans l'Égypte de l'Ancien Empire auquel un pharaon de la Ve dynastie (Niouserrê ou Djedkarê Isesi ?) accorda le privilège royal de faire construire son mastaba dans la nécropole de Saqqarah.ΕL'analyse, par la méthode du carbone-14, d'une poutre placée sous son sarcophage permit de déterminer qu'il vécut approximativement entre 2870 et 2500 av. J.-C.. Grâce à l'énorme architrave couronnant la façade de sa chapelle funéraire exposée dans la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes, aile Sully du Musée du Louvre, à Paris, on peut en connaître un peu plus sur la personnalité d'Akhethetep : s'y trouvent en effet gravées trois formules d'offrandes dans lesquelles sont énoncés ses titres religieux et auliques. C'est ainsi que l'on apprend qu'il était tout à la fois « Bienheureux auprès du grand dieu, Ami unique, Prêtre ritualiste, Prêtre de Khnoum, Prêtre d'Horus, Grand des dizaines du Sud, Directeur des deux trônes, Supérieur des chefs, et Secrétaire de la maison du matin ». Tous ces titres portés par Akhethetep, toutes ces épithètes pour la plupart relativement rares (mais que l'on retrouve néanmoins chez quelques vizirs de l'Ancien Empire, tel Mérérouka, par exemple), correspondent vraisemblablement à certaines de ses prêtrises, en étroite correspondance très probablement aussi avec le monde médical dont faisaient partie ses deux fils. En outre, ces appellations prouvent qu'il appartenait à l'entourage proche de Pharaon dont il avait même peut-être pour mission d'en protéger la personne.

Voir aussi : Akhethetep, Chapelle d'Akhethetep. Akhethetep, Mastaba d'Akhethetep.

— R. L.

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Akhethetep, Chapelle d'Akhethetep
À bord d'une frêle embarcation, deux personnages tentent d'éloigner des hippopotames.

Architecture • Nom propre.Monument funéraire vendu au Louvre en 1903 par le Gouvernement égyptien et extrait par Georges Bénédite (1857-1926), alors Conservateur du Département des Antiquités égyptiennes, du mastaba qu'un pharaon de la Ve dynastie (Niouserrê ou Djedkarê Isesi ?) permit à un de ses hauts dignitaires de faire construire dans la nécropole de Saqqara.ΕActuellement exposée dans la salle 4 de ce même département, cette chapelle de relativement petites dimensions, construite en calcaire fin des carrières de Toura, à 18 kilomètres au sud du Caire, sur la rive droite du Nil, présente la particularité d'être remarquablement décorée de scènes gravées en registres (avec encore certaines traces de peinture), d'une valeur symbolique avérée, puisque destinées à assurer, par la magie de l'image et celle du texte, l'approvisionnement en offrandes, essentiellement alimentaires, permettant ainsi la survie d'Akhethetep dans l'au-delà. Ces scènes de chasse, de pêche, d'élevage et de travaux des champs, si elles font partie d'un corpus déjà devenu classique à la Ve dynastie, confèrent néanmoins, grâce à quelques détails dus à la personnalité propre, voire à l'humour de l'un ou l'autre, une valeur telle que ce monument peut être considéré comme un des joyaux incontestés du Louvre, toutes sections confondues. À Saqqarah, l'entrée de cette chapelle était tournée vers l'est, vers la vallée du Nil, vers le soleil levant. À l'intérieur proprement dit, sur le mur qui lui fait face, avaient été aménagées deux niches monumentales peintes en jaune qui constituent en fait la représentation de deux portes encadrées de redans et surmontées d'un rouleau semblable à celui de l'entrée : ce sont les stèles « fausses-portes » qui permettent symboliquement à l'âme d'Akhethetep le passage entre le monde des vivants et celui des morts car, dans la réalité géographique, derrière ce mur ouest, il y avait le désert, la nécropole. De chaque côté de ces immenses fausses-portes s'organise tout le reste du décor de la chapelle funéraire : c'est vers elles en effet que processions et animaux vont se diriger, c'est près d'elles que figurent les scènes en relation directe avec le culte qui était rendu au défunt.

Voir aussi : Akhethetep, Akhethotep, Akhet-Hotep. Akhethetep, Mastaba d'Akhethetep.

— R. L.

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Akhethetep, Mastaba d'Akhethetep
L'entrée de la chapelle du mastaba d'Akhethetep au Musée du Louvre.

Architecture • Nom propre.Situé dans la nécropole de Saqqara, au nord de la chaussée qui, du temple bas au bord du Nil menait au temple haut de la pyramide d'Ounas, pharaon de la Ve dynastie, ce tombeau fut sommairement fouillé au tout début du XXe siècle.ΕIl doit sa célébrité à la chapelle funéraire vendue à la France en 1903 par le Gouvernement égyptien, exposée actuellement salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes, aile Sully du Musée du Louvre, à Paris. Jusqu'à la fin du XXe siècle, on ne disposait d'aucun document concernant son plan et sa position exacte dans la nécropole. Ces lacunes ajoutées au fait que depuis près d'un siècle, sable et déblais accumulés en avaient effacé la trace et que n'existait aucun rapport des fouilles de l'époque, convainquirent une équipe scientifique du Louvre d'entamer, à partir d'avril 1991, sous la direction de Mme Christiane Ziegler, alors Conservatrice du département, une série de missions archéologiques in situ, d'un mois chacune. C'est à l'automne 1996, lors de la sixième campagne de recherches, que furent mis au jour les vestiges de cet immense mastaba de calcaire blanc d'où provenait la chapelle funéraire d'Akhethetep ; chapelle qui constituait le point véritablement central d'un vaste complexe funéraire aux très nombreuses chambres dont les murs sont actuellement conservés sur une hauteur de plus ou moins cinq mètres. D'après les mesures prises, le mastaba présentait une façade de quelque 32 mètres de longueur pour 16 mètres de côté. C'est à l'arrière que se trouvait le puits funéraire : quand le sable en fut retiré, on s'avisa qu'il était de plan carré (2,16 m), et profond de près de 21 mètres. Il donnait bien évidemment accès au caveau proprement dit, plus ou moins rectangulaire (5,10 x 4,80 m), de seulement 1,85 m de haut dans lequel se trouvait toujours la cuve du sarcophage en granit d'Akhethetep.

Voir aussi : Akhethetep, Akhethotep, Akhet-Hotep. Akhethetep, Chapelle d'Akhethetep.

— R. L.

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Akhethetep, Table d'offrandes d'Akhethetep
Table d'offrandes du mastaba d'Akhethetep. Granit, environ 2 tonnes. Provenance : Saqqarah. Musée du Louvre, n° inv. E10958 (D).

Architecture • Nom propre.Monument du culte funéraire d'Akhethetep en granit rose, conservé au Musée du Louvre.ΕTaillé dans un monolithe de granit rose, approximativement rectangulaire dans la mesure où les contours, aujourd'hui irréguliers, ont fortement été érodés, l'imposante table d'offrandes d'Akhethetep, de quelque deux tonnes, mesure, dans ses dimensions maximales, 167 cm de long et 107 de large. Comme le plateau supérieur gravé présente la particularité d'être incliné, afin très probablement de permettre une évacuation des libations qui y étaient déposées, le monument a une hauteur de 58 centimètres à l'arrière et de 46 centimètres à l'avant. Les emplacements des objets contenant les offrandes sont sculptés en relief saillant dans la masse de granit : on y reconnaît un bassin à libations rectangulaire creusé d'une cavité aux parois obliques ; un signe htp (« hétep » ou « hotep », selon les égyptologues), gravé à l'envers par rapport à nous, constitué d'une natte sur laquelle un pain a été déposé, et qui exprime l'offrande ; une aiguière munie d'un bec verseur et sa bassine circulaire, représentées en plan ; une grande assiette plate et enfin douze coupes également figurées en plan, suggérées par de simples cercles concentriques disposés sur tout le pourtour du plateau. Sur la tranche antérieure, on distingue le profil de trois d'entre elles, aux formes évasées, ainsi que le support concave sur lequel ces céramiques étaient habituellement enfouies dans la tombe.

— R. L.

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Imprimer cette entréeAkhmîm, Akhmim, Akhmîn, Akhmin.
Géographie • Nom propre.Ville située sur la rive Est du Nil, face à la ville de Sohag, à environ 130 kilomètres au Sud d'Assiout, connue sous le nom d'Ipou (Ipu). Cette cité était également dénommée Khent-Min pendant la période pharaonique, dont dérive le nom actuel d'Akhmîm. Le site prend une importance grandissante pendant le règne d'Akhénaton et de quelques-uns de ses successeurs, et notamment par l'action de sa mère Tiyi.ΕDurant l'époque ptolémaïque, Akhmîm devient la capitale du neuvième nome de Haute-Égypte, que Plutarque nomme Chemmis — Panopolis (la cité de Pan) pour les Grecs — puis plus tard Khmin par les Coptes. La plupart des édifices ont été démontés pour être réutilisés aux périodes tardives, et peu de constructions subsistent aujourd'hui. Cependant, en 1891 a été mise au jour une partie du temple et de sa porte monumentale, datées de la période greco-romaine. Des fragments de statues de Ramsès II ont ainsi été découverts pendant les fouilles, ainsi qu'une magnifique statue colossale haute de onze mètres de Meritamon — également prêtresse de Min —, aujourd'hui à nouveau dressée au centre du site archéologique. Elle porte le diadème surmonté des deux plumes d'autruche ; son bras droit longe le corps et tient une clé de vie, tandis que le bras gauche, ramené sur la poitrine, sert fermement une fleur de papyrus retombant sur le bras gauche. D'une facture fine et détaillée, la perruque tripartite encercle un visage serein et sérieux et dégage de petites oreilles. Le temple d'époque greco-romaine était quant à lui consacré aux dieux Min et Triphis (Repet, ou Repyt), une déesse locale associée à Min. Le plan, apparenté à celui, plus connu, d'Edfou, semble avoir été encore en bon état au XIVe siècle de notre ère, avant d'avoir été démantelé pour servir de matériau de construction. Des blocs et des statues colossales du temple de Min ont été découverts, d'une bonne facture, et déjà mentionnés par Hérodote dans ses « Histoires ». Les excavations les plus récentes de la cité ont mis au jour un autre temple, proche du temple greco-romain, et proche du cimetière moderne. Ces découvertes ajoutent un nouveau temple au règne de Ramsès II, peut-être le plus grand de son règne ! Une statue colossale en triste état, dont ne persiste que le visage sans bouche et sans nez, a été retrouvée au pied de ce qui pourrait être l'entrée de ce temple, déjà connu sous le nom de « Birba » dans la littérature copte et arabe. Le gouvernement égyptien a concédé un budget de cinq millions de livres égyptiennes pour opérer des fouilles systématiques et organisées, en déportant le cimetière musulman un peu plus loin, celui-ci couvrant déjà partiellement le site. La nécropole antique d'Akhmîm n'a pas encore été correctement fouillée, bien que de récentes découvertes, incluant cinq tombes de l'Ancien Empire contenant de nombreux sarcophages et plaques, aient été faites. Pendant la période islamique, Akhmîm devient la capitale provinciale sous Fatïmid caliph al-Mustansir (XIe siècle ap. J.-C.), avant d'être incorporé au XVIIIe siècle à la province de Jirjā (Girga). La ville fut saccagée pendant les guerres civiles des Mamelouks. Au Nord-Est d'Akhmîm se trouve les tombes rupestres décorées d'el-Haouaouish (el-Hawawish), aussi connu sous le nom de Beit el-Médineh (Beit el-Medina). Datées de la fin de la IVe dynastie jusqu'au début de la XIIe dynastie, elles furent fouillées par Percy Newberry à partir de 1912, et appartenaient à de hauts fonctionnaires et officiels de la ville, ainsi qu'à des nomarques du nome de Panopolis au Moyen Empire. Dans les années 1990, la plupart des fouilles ont été menées par l'équipe australienne du Centre for Egyptology Studies, dirigée par Naguib Kanawati. Au Nord-Ouest d'Akhmîm, d'autres tombes rupestres, datées de l'époque ptolémaïque, ont été découvertes à el-Salamouni (el-Salamuni), pour certaines décorées de plafonds zodiacaux. Notons aussi qu'il s'y trouve une chapelle du Nouvel Empire, rupestre, dédiée à Min, et décorée par Nakhtmin, le « Premier des Prêtres de Min » sous le règne d'Aÿ. On y voit autant des représentations de Thoutmosis III que des scènes d'Aÿ et de son épouse royale Tiyi, face aux dieux locaux. La chapelle fut plus tard restaurée, recevant un décor additionnel de la main de Harma-Kherou, un autre « Premier des Prêtres de Min » sous le règne tardif de Ptolémée II Philadelphe. On trouve également des cimetières antiques au Nord d'Akhmîm à Nag el-Kilabat et el-Sawara. Des stèles dont le contenu reste somme toute standardisé ont été découvertes à Akhmîm, telle que la stèle n° inv. C55 du Musée du Louvre, consacrées par un certain Minnakht, chef des prêtres d'Akhmîm. M. de Rochemonteix y a également mis au jour la momie de Djedhor, « Grand Habilleur de Min », datée de la première moitié du troisième siècle av. J.-C.. Cette momie, aujourd'hui au Musée du Berry (n° inv. 1906.3.1 ; puis n° inv. B 2666), n'est pas anodine, puisqu'elle nous offre dans les textes hiéroglyphiques qui la composent la généalogie de Djedhor remontant jusqu'à son arrière-arrière-arrière-grand-père. Toutes ces constructions d'Akhmîm et de sa région, très étalées dans le temps, laissent transparaître l'importance du site à toutes les époques. La ville moderne d'Akhmîm est également connue pour ses tissages et tapisseries, l'une des industries les plus anciennes d'Égypte. C'est aussi un marché important pour les céréales, la canne à sucre, les dattes et le coton. En 1907, la ville comptait 23 795 habitants, dont un tiers étaient coptes. On y trouve toujours deux églises coptes et de nombreuses mosquées. À ce sujet a été découvert en 1896 un texte en copte sur papyrus, appelé aujourd'hui « codex de Berlin », contenant cinquante-six textes complets ou partiels datés du IVe ou Ve siècle ap. J.-C., dont un extrait de l'Évangile de Marie. Remonter
Imprimer cette entréeAkhtoy.
Histoire • Nom propre.Chancelier sous le règne de Montouhotep II. Remonter
Imprimer cette entréeAlashiya.
Géographie • Nom propre.Nom antique de l'actuelle Chypre. Remonter
Imprimer cette entréeAltérien et Awarien.
Histoire • Nom commun.Période du paléolithique supérieur, débutant vers 40 000 av. J.-C., succédant au levalloisien. Remonter
Imprimer cette entréeAmada.
Géographie • Nom propre.Site archéologique de Nubie. Remonter
Imprimer cette entréeAmarna.
Géographie • Nom propre.Nom moderne de l'antique capitale d'Amenhotep IV-Akhenaton, « Akhet-Aton ».

Voir aussi : Akhetaton, Akhet-Aton, Akhet-Iten.

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Amarnien
Buste d'Akhénaton osiriaque. Musée du Caire.

Histoire • Adjectif.Qui se rapporte à la période amarnienne, c'est-à-dire au règne d'Aménophis IV-Akhénaton. Amarna est le nom arabe moderne de l'antique capitale fondée par Akhénaton : Akhetaton, l'« Horizon d'Aton ». Remonter
Imprimer cette entréeAmenemhat Ier, Amenhemat Ier, Ammenemes Ier, Amenemes Ier.
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Amenemhat Ier, Amenhemat Ier, Ammenemes Ier, Amenemes Ier
Vestiges de l'une des pyramides d'Amenemhat Ier à Licht.

Histoire • Nom propre.Premier pharaon de la XIIe dynastie, ayant régné aux environs de 1963 à 1934 av. J.-C.. Les dynasties fragiles vont laisser place à une reprise du pouvoir, à un contrôle du pays et à une réorganisation globale des ressources de l'Égypte.ΕL'avènement de la XIe dynastie va être marquée par la volonté des Antef et Montouhotep de réunifier le pays qui avait été morcelé en d'innombrables chefferies et principautés autonomes. Un mystère entoure Montouhotep IV Nebtaouyrê, le dernier des Montouhotep, qui semble-t-il règne environ sept ou huit ans, bien que certaines listes royales n'y font pas allusion. Et pourtant, une source archéologique — des inscriptions du Ouadi Hammamat — nous apprend qu'une expédition vers le Sinaï entraînant 10 000 hommes venus de Haute-Égypte et 3 000 hommes de Basse-Égypte part à la recherche des meilleures roches pour réaliser des statues royales et un sarcophage. Cette expédition sous-entend une organisation sans faille de la logistique et de l'administration, menée de main de maître par — nous disent les textes — « le prince, le confident du roi, le vizir Amenemhat». Et celui-ci ne va pas manquer d'éloges envers son roi, en précisant qu'une gazelle avait amené les hommes jusqu'à la pierre parfaite qui servirait pour le sarcophage du roi, ayant d'ailleurs mis bas à cet endroit, puis ayant fait pleuvoir jusqu'à remplir les puits jusqu'à présent à sec : « [le roi] pour qui il accomplit chaque jour ce qu'il désire». Pourtant, Montouhotep IV disparaît pendant environ cinq ans de toute la documentation dont on dispose à ce jour : était-ce un damnatio memoriae qu'aurait subit le roi suite à un évènement qui nous reste inconnu ? Y'a-t-il eu une confrontation avec les nomarques qui avaient gagné en pouvoir et en autonomie ? Une maladie a-t-elle pu écarter le roi de la vie politique ? Toujours est-il qu'un certain Amenemhat monte sur le trône après ces cinq années, vers le début du second millénaire av. J.-C.. Est-il le vizir de Montouhotep IV, qui n'aurait alors pas eu de fils légitime pour prendre sa suite ? C'est ce que pense la majorité des historiens et égyptologues, s'appuyant sur les grandes connaissances en matière de gestion du pays et des hommes que possédaient le vizir. Amenemhat le vizir a-t-il usurpé le trône pour devenir roi ? Probablement pas, comme l'atteste un tesson montrant conjointement les cartouches de Montouhotep et Amenemhat, ce qui écarte la prisé de pouvoir par la force. D'ailleurs, pour appuyer ce propos, Manéthon cite Amenemhat comme le dernier roi de la XIe dynatie. Toujours est-il qu'Amenemhat régnera pendant une trentaine d'années. Son nom, contrairement à celui de ces prédecesseurs, intègre le dieu Amon : « Amon-est-en-avant », dont le diminutif Ameny ou Imeny se retrouve dans la « Prophétie de Neferty ». Ce document, qu'on veut rédigé sous le règne « du bon roi Snéfrou », n'est en fait qu'une invention prophétique pour légitimer un retour à l'équilibre des Deux-Terres ; le roi prophétique va sortir le pays du chaos, de l'isefet — la Première Période Intermédiaire — et lui faire suivre la maât : « Je te décris le pays à la manière d'un malade, car ce qui n'aurait jamais dû arriver est arrivé. On prendra les armes, et le pays vivra dans le trouble. [...] Alors un roi viendra du Sud : Imeny — juste de voix —, fils d'une dame de Ta-Séty née dans Khen-Nekhen. Il prendra la couronne blanche, et il portera la couronne rouge ; ainsi il unira les Deux Puissances et satisfera les deux seigneurs, Horus et Seth, selon leurs désirs. » Il persiste deux doutes sur ce document : d'une part toutes les versions que nous en connaissons datent précisément du règne d'Amenemhat, et d'autre part, il nous est impossible de savoir si le roi a fait adapter un texte plus ancien pour y faire entrer ses noms et origine. Cependant, le texte nous précise que la famille du roi est originaire de Haute-Égypte, d'une ville nommée Khen-Nekhen située dans le premier nome d'Éléphantine, et que sa mère vient de Ta-Séty, une cité de l'actuelle Nubie égyptienne, le « Pays de l'Arc ». Amenemhat né de Sésostris (Senousret) et de Neferet (Nofret), qui est mentionnée dans le temple funéraire d'Amenemhat. Nul doute que la « Prophétie de Neferty » fait directement écho au programme politique et à la mise en place de nouvelles bases pour effectuer un changement du pouvoir radical, qui transparaît dans la titulature royale d'Amenemhat : Sehetepibtaouy (« Celui qui apaise le cœur des Deux-Terres »), Semataouy (« Celui qui unit les Deux-Terres »), Sehetepibrê (« Celui qui apaise le cœur de Rê ») et Ouhemmesout, c'est-à-dire « Celui qui renouvelle les naissances ». Amenemhat veille à la formation des scribes, qui assure la propagande royale et la diffusion des volontés royales ; les différentes missions dépêchées à travers le pays visent à l'apaisement des tensions et au contrôle des nomarques devenus trop indépendants. L'armée est réorganisée, et garantit la consolidation des frontières et des pays conquis ; l'Égypte se munit de forts sur son front oriental, notamment « les murs du Prince », ainsi qu'une forteresse en Nubie pour contrôler la frontière méridionale. Dans le Fayoum, dans la cité de Shedet, Amenemhat fait édifier un temple à Sobek, garantissant l'exploitation de ces terres jusque là réservée au roi. Dernière mesure, mais pas des moindres : il fait déplacer la capitale après l'an 10 de son règne près de l'actuelle Lisht, dans un nouveau lieu qu'il nomme « Amenhemat-qui-contrôle-les-Deux-Terres », [Imenemhat]Ikytaouy. Ce nouveau centre de contrôle va rapprocher la capitale du Pays des frontières qui jusqu'à là avait susciter plusieurs interventions militaires ; il devient plus aisé, s'il y a lieu, de contrôler les attaques ou les immigrations venant de la mer ou des pays du Nord-Est. La forteresse en Nubie, proche de Thèbes, devrait suffire à contenir les attaques du Sud. Dans la grande tradition des pharaons, Amenemhat va faire ériger un temple funéraire et une pyramide au Nord du pays, malheureusement aujourd'hui en très mauvais état, ruinée, inondée et inaccessible. En l'an 29 de son règne, Amenemhat débute les préparatifs de sa fête-sed. C'est aussi à cette date que le roi va connaître un complot du harem, amenant directement à son assassinat. C'est à travers le Conte de Sinouhé et L'enseignement d'Amenemhat, deux œuvres majeures de la littérature égyptienne, que l'on apprend les circonstances de cet évènement. Nous ne savons pas si cet ouvrage était également considéré comme un chef-d'œuvre par les Égyptiens eux-mêmes, mais il a inspiré Mika Waltari dans l'écriture de son roman Sinouhé l'Égyptien, qu'il replace au Nouvel Empire sous le règne d'Akhénaton. Plusieurs sources existent concernant le Conte de Sinouhé : des ostraca et plusieurs exemplaires sur papyrus (l'un daté de la XIIe dynastie, plutôt complet, hormis le début ; le second, au Musée de Berlin, découvert en 1896 au Ramesseum, complet pour le début, et daté de la XIIIe dynastie). Le document porte une mention de date, et malgré les citations parfois peu explicites, il fut sans doute correctement compris par les contemporains de l'époque d'Amenemhat : « L'an 30, le troisième mois d'Akhet, jour 7. Le dieu pénétra dans son horizon[-akhet]. Le Roi de Haute et Basse-Égypte Sehetpibrê fut élevé au ciel, enveloppé dans l'astre solaire, la chaire du dieu se fondant en celui qui l'engendra. » Nous apprenons ici la mort d'Amenemhat, qui selon les grandes traditions mythologiques, rejoint le dieux. « Le faucon s'envola avec ses chemsou [les suivants, ici le corps d'élite qui protège et encadre le roi] sans faire savoir cela à son armée. » Nous voici en présence d'une phrase en apparence étrange, mais qui ne fait que préciser que l'Horus sur Terre, le roi Amenemhat, s'envole en faucon, et que l'armée menée par le fils du roi, Sésostris, n'en a pas été informée, combattant à cet instant sur le front Ouest de l'Égypte ; de même, le vizir d'Amenemhat est dépêché en mission dans le Sud du Pays, loin du roi. Sinouhé apparaît dans le récit aux lignes 23 à 27 : « Le noble prince, l'administrateur des districts du Souverain dans les terres des Sététyou, le courtisan royal véritable, celui qu'il aimait, le chemsou Sinouhé ». Le récit se poursuit par le retour de Sésostris, qui s'assure des funérailles de son père, mais aussi de monter sur le trône pour prendre sa succession. L'enseignement d'Amenemhat, récit fait par le roi qui rapporte son propre assassinat, nous raconte comment il se trouva seul dans le palais, en vérité seul dans la pièce qu'il occupait, comment il fut assassiné lâchement, et comment le pays entier le pleura : « La Résidence Royale était dans le silence ; les cœurs étaient dans l’affliction ; la Double Porte du Palais demeruait close. Les courtisans étaient prostrés [...] et le peuple poussait des cris de lamentation. » Ce style de document original dans le récit — un mort raconte son assassinat dans un document qui se veut autobiographique — apporte une intensité et une morale qui lui valent bien le nom d'Enseignement : « Il [Amnemhat] parle en dévoilant des choses véridiques à son fils, le Maître de l'Univers [Sésostris, dont le titre ci-avant est d'ordinaire réservé à Rê]. » Sur l'assassinat d'Amenemhat, digne d'un drame shakespearien, Sésostris, le brave fils qu'Amenemhat, amer, amène à se méfier de quiconque, revient en Égypte et s'assied sur le trône. Ici la fiction rejoint l'Histoire.
  • La Prophétie de Néferty, S. Vreese. Mémoire en langue et littératures orientales de l'UCL. Louvain, 2005.
  • Die Lehre Amenemhats I für seinen Sohn, W. Helck & O. Harrassowitz. Wiesbaden.
  • Die Prophezeiung des Nfr-ty, W. Helck & O. Harrassowitz. Wiesbaden.
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Imprimer cette entréeAmenemhat, Amenhemat.
Histoire • Nom propre.Nom porté par quatre pharaons de la XIIe dynastie au Moyen Empire. L'un d'eux, vizir sous le règne de Montouhotep IV Nebtaouyrê, prendra le trône d'Égypte à la succession de Montouhotep IV, sous le nom d'Amenhemat Ier. Remonter
Imprimer cette entréeAmeny, Améni, Amény, Imeny.
Histoire • Nom propre.Vizir sous le règne d'Amenemhat II. Remonter
Imprimer cette entréeAmetou, Amosis dit Ametou.
Histoire • Nom propre.Vizir — probablement de la Haute-Égypte — durant le règne d'Hatshepsout, exerçant en tant que juge, prince et père divin, « Bouche de Nekhen », préfet de la ville mais également prêtre de Maât et Chef des Secrets de la Maison Royale. Son nom et ses vertus figurent dans le cénotaphe de son fils Ouser (ou Ouseramon) au Gebel Silsileh. Remonter
Imprimer cette entréeAmon.
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Amon
Magnifique figuration d'Amon dans un cartouche de Ramsès II, gravée sur les montants de porte de son temple à Abydos.

Mythologie • Nom propre.Au sein du temple de Karnak, le puissant Amon a pour épouse la déesse mère Mout, et pour fils le dieu lunaire Khonsou. Démiurge à Thèbes, Amon devient un dieu dynastique dès le Moyen Empire. Pourtant, rien ne prédestinait Amon à devenir le « Roi des Dieux », le « Seigneur des Dieux » mentionné par les textes.ΕLes origines du dieu demeurent mystérieuses : probablement dieu local en Moyenne Égypte ou à Thèbes, il est associé à l'atmosphère, au vent et aux bateliers — ce qui expliquerait les plumes qui se dressent sur sa couronne ; il est déjà mentionné dans les Textes des pyramides, aux côtés de sa parèdre Amonet, notamment sous le règne d'Ounas (IVe dynastie) ; il apparaît aussi aux côtés de sept autres divinités dans l'ogdoade de la cosmogonie d'Hermopolis. Le culte du dieu prend son essor au cours du Moyen Empire avec la prise du pouvoir par des princes thébains et l'expulsion des Hyksôs. Amon supplante le dieu guerrier Montou, dieu du nome de Thèbes, et devient prépondérant sous la XIIe dynastie. Avec le temps, il s'accapare les propriétés d'autres divinités, et devient au Nouvel Empire un puissant dieu créateur à l'échelle nationale. Rê lui transmet ses capacités solaires et ses fonctions universelles ; le dieu devient solaire sous sa forme d'Amon-Rê—roi—des—dieux, Amonrasonther. Premier des dieux au panthéon égyptien, le clergé décide de lui attribuer une théologie nouvelle. Cette cosmogonie combine celles d'Hermopolis, d'Héliopolis et de Memphis, et y adjoint de nouveaux éléments : À l'aube de toute vie, le serpent Kematef, « celui qui accomplit son temps », émerge pour la première fois de l'océan primordial, le Noun, à l'emplacement de la ville de Thèbes. Il débute le processus de création, puis engendre Irta, « celui qui a fait la terre », qui lui-même amorce la création de l'univers. Irta crée la terre et les huit dieux primordiaux qui donnent naissance respectivement à Rê (le soleil), Ptah et Atoum dans les cités d'Hermopolis, Memphis et Héliopolis. Les huit dieux, épuisés, ainsi que Kematef et Irta, s'endormirent ensuite à jamais. C'est alors qu'Amon, le ba de Kematef, se manifeste à sa place sur terre en dieu créateur. Sous sa forme d'Amon-Min ithyphallique (Min étant le dieu de Coptos), il est le symbole de la fécondité. Sous la forme d'un homme debout ou assis sur un trône, Amon, « le caché » (le verbe imn signifie littéralement « cacher ») est coiffé d'une couronne flanquée de deux grandes plumes ; son menton est prolongé par la barbe postiche. Sa peau est bleue, couleur de la voûte céleste où il demeure, mais aussi couleur du lapis-lazuli, pierre aux riches connotations sacrées pour l'ancien Égyptien. L'essence divine du dieu est impénétrable ; son vrai nom est caché, et on l'appelle « asha renou », « le riche de noms » : une épithète qui dénote l'impossibilité de le désigner et de savoir qui il est réellement. Certaines représentations du dieu sont complétées par des épithètes telles que « d'aspect secret » ou « de forme mystérieuse » pour appuyer l'incapacité de le représenter tel qu'il est en vérité. Le bélier-sft (ovis longipes aegyptiaca) est l'une des formes animales choisies par le dieu pour ne pas révéler sa vraie nature. Une longue voie bordée de criosphinx (le dromos) s'étend d'ailleurs face au temple d'Amon à Karnak. L'oie était également associée à Amon, peut-être en relation avec le mythe de la création et l'œuf originel, avec semble-t-il au Nouvel Empire un élevage à Karnak. Amon est un amalgame de concepts royaux et divins, parfois difficiles à discerner, sorte d'incarnation du pouvoir royal, principalement voués à l'exaltation du roi. Au Nouvel Empire, le souverain devient le fils direct du dieu Amon. Le dieu s'est incarné en un homme pour s'unir à la mère du roi, et ainsi lui donner naissance et justifier sa lignée divine. Les constructions glorifient la toute puissance du dieu : à Karnak, le complexe de temples le plus grand d'Égypte, un naos de granit érigé à la demande de Philippe Arrhidée — et édifié à l'emplacement d'un précédent reposoir de barque en granit rose construit sous le règne de Thoutmosis III — accueillait la barque sacrée d'Amon-Rê lors de la grande fête d'Opet. Une chapelle d'Amon, de Maât et de l'Ennéade est construite à côté de l'akh-menou de Thoutmosis III. Plus tard, Séthy II établit à l'entrée du temple d'Amon un temple reposoir de barques, divisé en trois chapelles pour la triade divine Amon-Mout-Khonsou. À Médinet Habou, un premier temple élevé par Aménophis Ier sous la XVIIIe dynastie en l'honneur d'Amon, sur la butte de Djemé, est remanié par Hatshepsout et Thoutmosis III. Ce temple de petites dimensions accueillait la barque d'Amon lors de la « Belle Fête de la Vallée » ; les Ptolémées y ajouteront plus tard un grand pylône précédé d'une cour, restée inachevée. À Deir el-Bahari, Hatshepsout (« aimée d'Amon, qui règne dans le Djeser Djeserou ») dédie une cour intérieure et un sanctuaire à Amon, au plus haut point du château de millions d'années. Dans la théogamie de la reine dépeinte sur les murs de son temple, Amon s'unit à Ahmès-Nefertari pour lui donner naissance. À Louxor, il est Amon d'Opet, seigneur du temple d'Ipet-Resit, « le harem du Sud ». Le culte voué à Amon étend considérablement l'éventail des métiers du temple : le clergé est composé en partie de femmes, tantôt chanteuses (sistre de la chanteuse d'Amon et d'Isis, Hénouttaouy, au Musée du Louvre — n° inv. E 11201), épouses du dieu (ḥm.t ntr), divines adoratrices (dw3t-ntr — statue de la divine adoratrice d'Amon, Karomama, au Musée du Louvre — n° inv. N 500) ou encore chanteuses en son nom — c'est le cas, par exemple, de Taahouty, chanteuse d'Amon vers 980 av. J.-C., dont le sarcophage en bois peint daté de la XXIe dynastie de Tanis est conservé au British Museum. Les divines adoratrices accomplissent les rites du temple de Karnak et « éveillent la pulsion sexuelle » d'Amon ; comme dans le rite d'apaiser Sekhmet, elles agitent leur sistre pour l'apaiser et le distraire. D'autres castes agissent au nom du dieu dynastique : des musiciens, bien entendu (stèle du musicien Djedkhonsouiouefânkh-ânkh jouant de la harpe devant le dieu Rê-Horakhty, au Musée du Louvre — n° inv. N 3657), mais aussi des barbiers, comme Ânkhpakhéred, chargés de raser entièrement les prêtres du temple (cartonnage d'Ânkhpakhéred, daté de la XXIIe dynastie vers 945-715 av. J.-C., au Musée du Louvre — n° inv. N 2622), des portiers, des gardiens, des comptables, comme celui des greniers d'Amon, Nespaqachouty, dont nous est parvenu un livre d'images mythologiques (Musée du Louvre — n° inv. E 17401)... Mais paradoxalement, le dieu dynastique de la XVIIIe dynastie, symbole de la royauté et protecteur du roi, est aussi le refuge des humbles, « Amon qui écoute les prières », et connaît une dévotion populaire inégalée. Les fidèlent lui adressent des prières, louant sa toute puissance et implorant parfois sa protection. Au début de la Troisième Période Intermédiaire, le clergé d'Amon est riche et puissant, et la Haute-Égypte est dominée par un régime devenu théocratique : Amon, par le truchement du Grand Prêtre à son service, et plus tard par l'intermédiaire de sa Divine Adoratrice, définit et gère les affaires terrestres ; le roi ne règne plus que sur le Delta. Les divines adoratrices sont désormais des vierges, choisies par « adoption » et non pas par hérédité, et s'organisent en une véritable caste sacerdotale exclusivement vouée au dieu. Cette fonction disparaît sous la domination perse, après 525 av. J.-C.. Amon reste longtemps un dieu important, comme en témoignent les béliers de granit accompagnés du roi Taharqa, sous la XXVe dynastie des rois « kouchites », vers 690-664 av. J.-C.. De Méroé nous sont parvenus des exemplaires de bronze à l'effigie du dieu, ainsi que des béliers, images d'Amon. Avec l'arrivée des Grecs et des Romains en Égypte, Amon devient Zeus, et son fils Khonsou Héraklès (Hercule). Le culte d'Amon s'amoindrit au profit des divinités funéraires, telles qu'Osiris, Isis, Horus ou Anubis. Remonter
Imprimer cette entréeAmon, Bouquet d'Amon.
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Amon, Bouquet d'Amon
Ramsès offre des plantes en bouquets à Atoum. Médinet Habou.

Mythologie • Nom propre.Bouquet symbolique, pouvant être offert dans les scènes par les rois aux dieux, par les dieux eux-mêmes, ou par des membres de la famille royale (princes, princesses) ou même par des particuliers. Attesté semble-t-il uniquement à partir du Nouvel Empire, ce bouquet se compose essentiellement de fleurs de lotus et plants de papyrus, tantôt liés, tantôt détachés. Empreint d'une forte symbolique, il est difficile d'en discerner le sens absolu, et de pouvoir en détacher la forme exacte — à condition que celle-ci fût figée dans le temps.ΕOn en connaît de très nombreuses représentations, notamment dans les scènes d'offrandes du mur Sud de Karnak, édifié sous Ramsès II. Par exemple, le roi coiffé du khepresh offre à Amon-Rê quatre petits vases, tandis qu'entre deux prend place un guéridon haut et évasé, sur lequel repose un vase à libation, et surmonté d'un bouquet, lié à la base de la tête des fleurs. Le sens du bouquet est difficile à percevoir dans cette scène, puisqu'aucune allusion n'y est faite — à moins qu'elle ne soit sous-jacente, métaphorique — : « Amon-Rê, le primordial, qui écoute les prières des dieux et des hommes » (Jmn-Rˁ p3wtj [sdm] nḥ.wt n ntr.w rmt) ; « Faire une purification avec quatre boules de natron afin qu’il fasse une offrande de vie » (ir.t wˁb m 4 t3.w n bd ir.f di-ˁnḫ ) ; « Je te donne le trône de Geb et la rôle d’Atoum » (di.n.(i) n.k ns.t gb i3w.t tm). Sur d'autres scènes du même mur, Ramsès II fait offrande de ce bouquet à d'autres divinités. Y a-t-il un rapport avec la notion de parfum — l'éveil sensoriel des qualités olfactives, qui témoigne de la présence du dieu dans le temple — ? Faut-il y voir plutôt le don des plantes « héraldiques » des Deux Terres ? Ou faut-il y percevoir l'image de la naissance/renaissance perpétuelle, des plantes qui poussent inlassablement, du pouvoir que possède l'Osiris, ou l'Amon-Rê seigneur des dieux ? Peut-on aussi y voir une relation avec le bouquet souvent représenté aux côtés d'Amon-Min, constitué d'une salade « romaine », appuyant alors le rôle nourricier et régénérateur du bouquet ? Ce bouquet est-il inlassablement le même à travers les scènes du Nouvel Empire ? Car en effet, on le trouve aussi dans des scènes des tombes thébaines : c'est le cas d'une représentation de la tombe TT56 d'Ouserhat sur la rive Ouest de Thèbes : on y voit Ouserhat, suivi de son épouse devant une grande quantité d'offrandes. Dans sa longue robe blanche, l'épouse est suivie d'un très haut bouquet de fleurs de lotus et d'ombelles de papyrus, qui la dépasse en hauteur. Elle tient par ailleurs dans la main droite un bouquet, et dans la main gauche une laitue. Dans ce corridor d'entrée se trouvent trois représentations distinctes d'offrandes de bouquets de papyrus et de lotus : celle de prêtres au couple défunt (autour d'une représentation de stèle fausse-porte), celle du défunt au roi Amenhotep III (le roi est sous un dais, portant la couronne-tjeni, tandis qu'Ouserhat est à l'extérieur de ce dais), et celle du défunt à Osiris (dans une mise en scène d'une fausse stèle cintrée peinte, à l'intérieur et à l'extérieur de laquelle est représenté le défunt). On pensera tout autant aux représentations de la tombe de Nakht, en se remémorant les nombreuses représentations d'offrandes de bouquets de papyrus et lotus, tantôt tenus dans une main, tantôt séparés chacun dans une main, tantôt déposés en une boucle serrée sur une table d'offrandes devant le défunt et son épouse. Dans le cortège funéraire de la tombe de Ramose à Thèbes, pourquoi l'un des derniers porteurs se charge-t-il de plants de papyrus, de lotus et d'oiseaux ? Les représentations, comme on l'a dit précédemment, ne manque pas. Parmi le mobilier funéraire de la tombe de Toutankhamon se trouve un coffret décoré où l'on peut voir Ankhsenamon offrir à son époux appuyé sur une canne un bouquet exubérant de lotus et de papyrus. Par ailleurs, les vignettes du Livre des Morts ou qui en sont inspirées présentent fréquemment la déesse Hathor sous forme de vache sortant de la montagne de l'Ouest, et précédée soit d'attributs hathoriques communs, soit d'un bouquet en partie composé de papyrus. Y a-t-il une relation avec le bouquet d'Amon ? Ce bouquet d'Amon, s'il est le même pour tous ces cas de figure, n'est-il pas un bouquet divin, sans être clairement celui du dieu thébain ? Ou y a-t-il une conjonction symbolique qui fait d'Hathor la lointaine, fille de Rê, et donc par syncrétisme, fille d'Amon-Rê lui-même, ce qui expliquerait la présence de ce bouquet d'« Amon » ? N'oublions pas que le site de Deir el-Bahari était au Nouvel Empire la terre consacrée à Hathor, face à celle de la triade thébaine sur l'autre rive, à Karnak. Lors de la Belle Fête de la Vallée, la barque d'Amon s'arrêtait en ces lieux pendant la « nuit de la conception de la crue », et que c'est aussi à ce moment qu'était organisée une veillée liée à l'Offrande de l'Ivresse, indissociable du Mythe de la Lointaine et d'Hathor. L. Manniche précise que lors de la Belle Fête de la Vallée la barque d'Amon passait devant les tombes d'où devaient sortir les défunts pour adorer le dieu thébain. Après quoi, le défunt retournait dans sa tombe pour « tenir un rôle passif en recevant le bouquet d'Amon qui lui était apporté par son fils. ». Remonter
Imprimer cette entréeAmon, Oies d'Amon.
Mythologie • Nom propre.Amon fut incarné dès l'Ancien Empire par l'oie (chemalopex). Devenant ainsi le « Grand glousseur », il est celui qui pond l'Œuf Primordial, l'œuf d'où naquit le monde. Il prit aussi l'apparence d'un serpent et féconda l'œuf cosmique façonné par l'ogdoade d'Hermopolis. Un élevage d'oies exista sans doute à proximité du temple de Karnak.ΕL'une des particularités de l'oie est son rapprochement linguistique et graphique dans l'écriture hiéroglyphique : l'oie se dit smn et s'écrit à l'aide du vêtement plié (Gardiner : S29), du damier (ou jeu de sénet, Gardiner : Y5) et d'un filet d'eau (ou vague, Gardiner : N35), et complété par le déterminatif de l'oie (Gardiner : G38, voire G39) ; le nom du dieu Amon, imn, s'écrit à peu de chose près à l'identique, en remplaçant le vêtement plié par le roseau (graphiquement quelque peu symétrique !), et cette fois-ci avec le déterminatif du dieu. Notons aussi qu'en remplaçant le déterminatif de smn par les deux pieds liés à hauteur de genoux (jambes avançant, Gardiner : D55), on forme la notion de « se retirer » qui pourrait se rapprocher d'Amon « le caché », et du terme imn lui-même, « se cacher ». Enfin, la titulature royale comporte le nom de « fils de Rê », sa-Ra, où le hiéroglyphe de l'oie se traduit par « fils de ». Remonter
Imprimer cette entréeAmonet, Imenet.
Mythologie • Nom propre.Forme féminisée d'Amon de Karnak, qui intègre l'ogdoade avec Amon à la Basse Époque. Femme coiffée de la couronne rouge, Amonet est au départ la parèdre d'Amon, et non pas son épouse. Remonter
Imprimer cette entréeAmonienne, Couronne amonienne.
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Amonienne, Couronne amonienne
Séthy Ier présente un encensoir et des bandelettes à Amon. Temple de Séthy Ier à Abydos.

Égyptologie • Nom commun.Couronne souvent rouge ou jaune portée par le dieu Amon et les dieux qui en dérivent (Amon-Rê, Amon-Min...), surmontée de deux grandes plumes d'autruche, auxquelles vient parfois s'ajouter un disque solaire. Remonter
Imprimer cette entréeAmourrou.
Géographie • Nom propre.Région antique couvrant globalement la Syrie et le Liban actuels. Remonter
Imprimer cette entréeAmphorisque.
Arts • Nom commun.Amphore d'origine grecque de petite taille, pourvue de deux anses latérales, reposant sur un petit pied ou dépourvue de pied. Proche du modèle panathénaïque, le corps s'évase sur le haut tandis que le col est étroit. L'amphorisque se destine à contenir principalement, du fait de sa petite taille, des onguents et parfums.
  • Les vases de toilettes et les boîtes, T. Frétard, La céramique grecque et italique, à voir en ligne : Voir le site
  • Typologie de la céramique grecque, in Wikipédia, à voir en ligne : Voir le site
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Imprimer cette entréeAmset, Imsty.
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Amset, Imsty
Les quatre canopes des fils d'Horus, avec Amset à gauche.

Mythologie • Nom propre.Dieu anthropomorphe dont le lieu de culte principal se trouvait à Bouto et associé au vase canope contenant le foie, aux côtés des trois autres fils d'Horus : Hâpy, Douamoutef et Qebesenouf. Remonter
Imprimer cette entréeAmulette.
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Amulette
Quelques amulettes du British Museum : 9. schen, cartouche ; 10. couronne rouge et blanche ; 11. sceptre-ouas ; 12. plume d'oie des couronnes d'amon ; 13. colonnettes-ouadj ; 14. colonettes-ouadj avec effigies ; 15. piliers-djed (celui à droite porte une couronne).

Égyptologie • Nom commun.Objets à forte valeur spirituelle et apotropaïque, les amulettes protégeant du mauvais œil ou garantissant les fonctions vitales, les coiffes et les bijoux (colliers, bracelets, parure, etc.) se déclinent à l'aide de symboles récurrents de l'art égyptien : le disque solaire, l'œil-oudjat (l'œil d'Horus), le pilier-djed, la colonnette-ouadj, le scarabée de cœur, etc. La plupart de ces éléments sont également intégrés aux momies pour redonner les fonctions vitales au défunt. Les vivants les portent souvent en collier autour du cou. Remonter
Imprimer cette entréeAnachorèse.
Société • Nom commun.En Égypte antique, exode rural volontaire, sous-jacent à un malaise de la population et qui atteint son paroxisme sous les Ptolémées. La pression fiscale perpétrée par les Lagides, la pratique abusive de l'affermage, ainsi que le problème de l'identité entre les Grecs minoritaires installés en Égypte et les égyptiens eux-mêmes conduisent à une diminution de la production agricole et donc des revenus de l'État. En 107 av. J.-C., le serment de Tebtynis impose aux paysans égyptiens de rester sur leur terre et de rendre des comptes à l'État — sans recours possible. Remonter
Imprimer cette entréeAnastylose.
Égyptologie • Nom commun.Reconstruction, remontage de colonnes, de murs ou d'autres éléments architecturaux, identique à l'original. Remonter
Imprimer cette entréeAnat.
Mythologie • Nom propre.Déesse phénicienne (sans doute une forme d'Ishtar) apparue en Égypte avec l'arrivée des Hyksôs durant la Seconde Période Intermédiaire. Divinité anthropomorphe guerrière qui veille sur le roi au combat, Anat fait l'objet d'un culte au sein d'un temple à Tanis dans le Delta. Au Nouvel Empire Anat devient par syncrétisme l'une des formes que peut revêtir Hathor. Plus tard, elle devient mère divine du pharaon, et sœur d'Astarté en tant que fille de Rê et épouse de Seth. Anat est coiffée d'une mitre décorée de deux plumes, et tient d'une main une massue et de l'autre une lance et un bouclier. Remonter
Imprimer cette entréeAndj.
Mythologie • Nom propre.Dieu gardien de la 21e porte du Livre des portes. Remonter
Imprimer cette entréeAndjety, Andjty.
Mythologie • Nom propre.Divinité anthropomorphe qui fut peut-être pasteur avant de devenir le premier roi sur terre. C'est sans doute de cette divinité qu'est issu, plus tard, Osiris. Adoré dans le Delta, et notamment à Busiris (9e nome du Delta), Andjety est représenté sous les traits d'un homme qui porte le sceptre-heka et le flagellum, insignes de la royauté. Remonter
Imprimer cette entréeAnépigraphe.
Égyptologie • Adjectif.Dépourvu de texte. Remonter
Imprimer cette entréeAnhor.
Mythologie • Nom propre.Dieu épervier, ersatz d'Horus, incorporé à la petite ennéade d'Héliopolis. Remonter
Imprimer cette entréeAniconique.
Égyptologie • Adjectif.Terme de racine grecque, souvent utilisé en égyptologie pour désigner les représentations non figurées et symboliques du dieu Amon, le « caché ». Remonter
Imprimer cette entréeAnimales, Cimetières de momies animales.
Société • Nom commun.La plupart des cimetières d'animaux n'étaient réservés qu'à un seul animal. Dans la cité de Bubastis, à quatre-vingts kilomètres au nord du Caire actuel, le centre religieux est consacré à la déesse chatte Bastet. Des centaines de momies de chats y ont été retrouvées. À El-Deir a été mise au jour une nécropole de chiens d'époque ptolémaïque. Découverte en janvier 2005, cette nécropole a livrée environ 150 momies de chiens, dont certaines sont fausses (sans ossement) et sans doute réalisées par les embaumeurs pour servir d'ex-voto. Celles qui renferment les restes de chiens portent des indices de mort violente et volontaire, provoquée par les mêmes embaumeurs. Un site de momies mixtes existe à Abydos, également daté de l'époque ptolémaïque : six vases comportant chacun vingt-cinq momies de faucons, et des sarcophages de serpents, de musaraignes, etc. ont été découverts. Les insectes bénéficiaient aussi de sarcophages de petite taille, notamment les scarabées, symbole du soleil naissant. Remonter
Imprimer cette entréeAnkh-Taouy, Ankhtaouy.
Géographie • Nom propre.Région de Memphis. Remonter
Imprimer cette entréeAnkh, Croix de vie ankh.
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Ankh, Croix de vie ankh
Amenhotep III tient en main la vie, tandis qu'Amon lui offre des millions d'années. Entrepôts modernes du temple de Merenptah, Louxor, Rive Ouest.

Mythologie • Nom commun.Aussi célèbre soit-il, ce symbole fort de l'Égypte qu'on dénomme à tort « clé de vie », pour simplifier sa prononciation « ânkh » (ˁnḫ), suscite beaucoup d'interprétations, des plus extravagantes aux plus plausibles. La simple dénomination « croix de vie » nous ramène à l'époque où les Coptes y virent une expression de la croix du Christ, notamment pour en justifier la présence dans toute l'Égypte. Si les guides égyptiens s'hasarderont à considérer que cette croix de vie est le symbole de la géographie de l'Égypte, avec pour boucle le Delta du Nil avec ses deux bras comme deux confluents, et pour hampe la Vallée du Nil, les archéologues, égyptologues ou épigraphes optent quant à eux pour une identification plus simple, celle par exemple du licol (ou licou), la courroie de cuir attachée autour du cou des chevaux pour les mener. Plusieurs hiéroglyphes s'en font d'ailleurs l'écho : c'est le cas du hiéroglyphe E31 (sˁḥ) de la « Sign List » de Sir Allan Gardiner, représentant une chèvre autour du cou de laquelle est attachée une courroie (S20) se terminant sur le devant par un élément fermant la boucle, et ressemblant fortement à la croix-ankh. D'ailleurs, Gardiner identifie la croix de vie (S34) comme une courroie également, destinée cette fois-ci aux sandales. L'égyptologue J.-P. Corteggiani veut aussi y voir le pourtour du col et l'ouverture du col sur le devant des vêtements de l'antiquité. Ce symbole chargé de sens que l'on retrouve partout, puisque synonyme littéralement de vie, ne doit pas être confondu avec le nœud d'Isis, ou nœud-tit. Remonter
Imprimer cette entréeAnkhmahor, Ankhmaher, Sesi.
Histoire • Nom propre.Vizir, Surintendant de la Grande Demeure, Premier après le Roi, vers la moitié du règne de Pépi Ier. Il fut inhumé à Saqqarah, dans une tombe improprement connue comme étant celle d'un physicien. Remonter
Imprimer cette entréeAnkhnesneferibre, Ankh-Nes-Nefer-Ib-Rê.
Histoire • Nom propre.Dernière femme à avoir porté le titre d'« épouse du dieu Amon » avant la conquête Perse de 525 av. J.-C.. Son sarcophage de schiste noir — découvert à Thèbes, daté de la XXVIe dynastie, vers 530 av. J.-C., et conservé au British Museum — a été par la suite réutilisé sous la domination romaine par un prêtre dénommé Amenhotep-Pimentou, qui ajouta une inscription autour de l'angle supérieur du sarcophage. Le prêtre s'appliqua aussi à inscrire son nom dans les cartouches de la princesse, et à remplacer dans le texte tous les pronoms. Remonter
Imprimer cette entréeAnkhou, Ankhu, Ânkhou.
Histoire • Nom propre.Vizir sous le roi Ouserkarê Khendjer, à la XIIIe dynastie. Ankhou était vizir sous Sobekhotep III et Sobekhotep IV lorsque les Hyksôs envahirent l'Égypte. Un vizir du nom d'Ankhou nous est connu par une stèle du Musée du Caire (la stèle n° inv. CG 20690), dont le texte mentionne son épouse Mereryet et deux de ses fils, Ressoneb et Iymerou, ainsi qu'un certain Oupouaouthotep, à qui appartient la stèle : si ce Ankhou est le même que la statue du Musée du Caire n° inv. 42034, alors Ankhou est le fils d'un autre vizir et d'une mère appelée Henouetipou (Henwetipu). Remonter
Imprimer cette entréeAnthropoïde.
Égyptologie • Adjectif.

Voir aussi : Anthropomorphe.

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Imprimer cette entréeAnthropomorphe.
Égyptologie • Adjectif.De forme humaine, qui est semblable à l'homme. Remonter
Imprimer cette entréeAnthroponyme.
Société • Nom commun.Nom donné à une personne. Les anthroponymes en Égypte suivent des « modes » éphémères à travers le temps, ou prospèrent durant toute l'antiquité. L'étude de certains d'entre eux permet de déterminer une utilisation à une période donnée, et même en une région précise. Remonter
Imprimer cette entréeAntigraphe.
Histoire • Nom commun.Sous les Ptolémées, inspecteur en chef en charge des ressources agricoles et des productions des ateliers royaux du nome qui lui est attribué. Remonter
Imprimer cette entréeAnubis, Inepou, Inpou.
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Anubis, Inepou, Inpou
Anubis procède à la pesée de l'âme du défunt, représenté par son cœur sur le plateau de la balance. Musée du Louvre.

Mythologie • Nom propre.Dieu le plus souvent à tête de chacal ou de chien sauvage pouvant être représenté assis ou debout. Anubis est assimilé au culte funéraire, notamment par son rôle dans la confection de la momie d'Osiris. Ses origines restent confuses, même si beaucoup s'accordent à dire qu'il est fils incestueux d'Osiris et de sa sœur Nephtys. Pour les anciens égyptiens, il est Inpou ou Inepou. Il est parfois représenté entièrement anthropomorphe, comme par exemple dans le temple de Ramsès II à Abydos.ΕAnubis, dieu principal du XVIIe nome de Haute-Égypte, est le dieu patron des embaumeurs. Ses épithètes nous décrivent le rôle qu'il joue dans la momification, mais aussi dans la protection du défunt. Il est notamment « préposé à la bandelette » et défend corps et âme, armé de couteaux ou d'un arc, l'Osiris défunt. Le canidé étendu sur le ventre, la tête droite et les pattes tenant un sceptre-sekhem, accueille le défunt dans l'au-delà, le guide, et veille sur lui. La tradition osiriaque le désigne comme fils d'Osiris et d'Isis, alors que le papyrus Jumilhac le désigne comme fils d'Hesat ; d'autres sources en font le fils d'Osiris et de Sekhmet sous sa forme syncrétique isiaque, ou, à la Basse Époque, le fils d'Osiris-Sérapis et d'Isis. Anubis perdure dans l'Égypte hellénistique, fort de sa présence dans le cercle des dieux rattachés au culte d'Isis. Il est l'Hermès romain, et devient un légionnaire guerrier, parfois même en tenue d'imperator. Remonter
Imprimer cette entréeApax, Hapax.
Littérature • Nom commun.Abrégé du grec hapax legomenon signifiant « (dit) une seule fois ». Mot utilisé une seule et unique fois dans un texte ou un corpus de textes. Dans la littérature antique, le recours à l'apax peut rendre difficile la traduction de ce terme, puisqu'unique, sans aucun équivalent existant pour comprendre le sens de la phrase. Ces apax peuvent par ailleurs être des créations de l'esprit de l'auteur ! Remonter
Imprimer cette entréeApieion.
Géographie • Nom propre.Sanctuaire du taureau sacré Apis. Remonter
Imprimer cette entréeApis, Taureaux Apis.
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Apis, Taureaux Apis
Taureau Apis en calcaire, autrefois peint. Règne de Nectanébo Ier ? Provenance : Sérapéum de Saqqarah. Musée du Louvre, n° inv. N390.

Société • Nom propre.L'incarnation des dieux en taureaux sur terre était l'objet d'un culte particulièrement fort, entraînant un rituel du choix de l'animal, puis de sa momification. On embaume le taureau Boukhis à Ermant, le taureau Mnévis à Héliopolis, le taureau Kemour à Athribis, et le taureau Apis à Memphis.ΕIncarnation animale du dieu Ptah, le taureau Apis devait répondre à plusieurs critères physiques : « Le taureau qui reçoit le nom d'Apis possède les marques suivantes : il est noir avec un triangle blanc sur le front, un signe en forme d'aigle sur le dos, les poils de la queue doubles et un signe en forme de scarabée sous la langue. » [Hérodote]. Une fois décédé, le taureau bénéficie de funérailles somptueuses et d'un embaumement très important. Les prêtres se lancent alors à la recherche d'un veau qui portera les mêmes signes distinctifs. Une stèle conservée au Musée du Louvre (Stèle commémorative. N° inv. : N406. XXVIe dynastie, règne d'Amasis, 547 av. J.-C.. Découverte dans le Sérapéum de Saqqarah. Calcaire. H. : 107 cm ; L. : 63,5 ; Prof. : 35 cm.) témoigne de la ferveur envers le taureau Apis : « Amener le dieu (Apis défunt), en paix, vers le bel Occident, le faire reposer en son caveau dans le cimetière. / dans le caveau que Sa Majesté a créé pour lui, dont jamais le semblable n'avait été créé depuis l'origine, après / avoir accompli en sa faveur tout ce qui doit être accompli dans la salle pure [salle de momification]... Voilà que Sa Majesté s'était souvenue de lui comme avait fait Horus pour son père Osiris en créant un grand sarcophage de granite, car Sa Majesté avait constaté / qu'il n'en avait pas été fait en pierre dure par aucun roi d'aucune époque. » La sépulture des taureaux de Saqqarah est mise au jour par l'égyptologue français Auguste Mariette en 1851. On y retrouve de grandes salles occupées par 24 cuves, la plupart de granit noir, d'une taille moyenne de quatre mètres de long par deux mètres cinquante de large sur trois mètres de haut, contenant toutes les taureaux Apis momifiés avec leur mère.
  • La voix des hiéroglyphes, C. Barbotin, Éditions Khéops/Musée du Louvre, Novembre 2006, Paris.
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Imprimer cette entréeApocryphe.
Littérature • Nom commun.Terme issu du grec désignant des textes dont la véracité des propos et l'authenticité ne sont pas avérées. Il peut s'agir, par exemple, d'autobiographies dans les tombes des nobles, ou encore des récits de batailles des souverains. Remonter
Imprimer cette entréeApopis, Apophis.
Mythologie • Nom propre.Serpent gigantesque ennemi de Rê, dont il tente de faire chavirer la barque chaque nuit dans les textes funéraires. Remonter
Imprimer cette entréeApotropaïque.
Égyptologie • Adjectif.Qui écarte le danger, qui détourne les risques. Dans la culture égyptienne, certaines plantes sont utilisées à des fins apotropaïques, tout comme les amulettes. Remonter
Imprimer cette entréeArchinéocores, Archinacores, Néocores, Zacores .
Égyptologie • Nom commun.Termes issus du grec désignant dès l'époque ptolémaïque le personnel en charge de la garde du temple. Il existe sans doute une hiérarchie au sein de cette caste, puisque seuls certains sont mentionnés dans les temples grecs, et que les autres demeurent anonymes, à la fin des listes du personnel du temple. Remonter
Imprimer cette entréeArchitrave.
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Architrave
Colonnes, abaques, architraves, et claustras dans la grande salle hypostyle du temple de Karnak.

Architecture • Nom propre.Partie principale de l'entablement entre la frise et le chapiteau d'une colonne. Remonter
Imprimer cette entréeArcs, Neuf Arcs.
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Arcs, Neuf Arcs
Horus dans son naos, porté par les âmes de Nekhen et de Pê, au-dessus des neuf arcs.

Mythologie • Nom commun.Expression métaphorique désignant les neuf ennemis symboliques de l'Égypte, placés par les dieux « sous les sandales » du roi pour signifier sa mainmise sur ceux-ci. Il n'existe par à proprement parler une liste de ces neuf ethnies ennemies, et l'on sait que cette acception s'est appliquée à des groupements de populations ou de pays différents au fil du temps. Les « neuf arcs » sont souvent représentés en trois groupes de trois, chiffre symbolique marquant le pluriel dans l'écriture hiéroglyphique, et de fait la pluralité des possibles, les ennemis qui sont ou qui seront. Ces ennemis symboliques de l'Égypte ont pu à travers le temps revêtir les traits de personnages des peuples ennemis (la mèche et la barbe lybienne, le nubien au crâne en partie rasé, etc.). Que ce soient les dieux ou les rois, les représentations ne manquent pas : dans la statuaire et le mobilier, les neufs arcs, sous la forme exacte d'arcs ou sous la forme de prisonniers dont les bras sont liés dans le dos, décorent le sol que foule le protagoniste (on prendra comme exemple le repose-pied découvert dans la tombe de Toutankhamon, en ébène, ivoire, faïence et or).
  • Les neufs arcs : l'Égyptien et les étrangers, de la préhistoire à la conquête d'Alexandre, D. Valbelle. Éditions Armand Colin, Paris, 1990.
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Imprimer cette entréeArétalogies, Arétologies, Arétologies isiaques.
Littérature • Nom commun.Textes dont la particularité est le récit par un dieu (Isis pour les arétalogies isiaques) de toutes ses vertus et de ses pouvoirs, des choses extraordinaires ou surnaturelles qu'il fait, et usant de formules telles que « Je suis Isis » pour décrire ses actions. Les arétologies isiaques ont fortement circulé dans le monde grec entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle apr. J.-C.. Remonter
Imprimer cette entréeAroure, setat.
Sciences • Nom commun.Unité de mesure de surface basée probablement sur un carré de cent coudées royales de côté, soit une surface de 2134 m2, 2735,29 m2 ou 2756,25 m2 suivant la valeur admise pour la coudée par les égyptologues. C'est Hérodote qui nous apprend que l'aroure (appelée st3.tsetat — par les Égyptiens) mesure cent coudées royales de côté — ou dix mille coudées carrées de côté — soit « l'espace de terre qu'une paire de bœufs laboure dans un jour ».ΕL'utilisation de l'aroure est particulièrement importante, puisqu'après la décrue du Nil, les arpenteurs utilisent cette mesure pour définir à nouveau les marques cadastrales. Les Égyptiens décomposaient la setat en moitié (rmnRemen), en quart (ḥsbheseb ou ḥstheset) et en huitième (sa). Le centième de setat est défini par la coudée de terre (mḥmeh), large de 100 coudées de long, soit 1/100e de la surface de la setat. Dans la Description de l'Égypte (« Exposition du système métrique des anciens Égyptiens », par E. Jomard), l'aroure est décrite en fonction des connaissances de l'époque, à l'appui des témoignages d'Hérodote et des mesures grecques et romaines. On apprend ainsi que l'aroure peut être divisée en trois parties, appelées demi-acænes ou ampelos, équivalentes au pas égyptien de cinq pieds. Une aroure est donc équivalente à quinze fois l'acæne de dix pieds (décapode) et à trente fois la demi-acæne. Remonter
Imprimer cette entréeArt et architecture dans l'Égypte antique, Généralités.
Architecture • Nom commun.La civilisation égyptienne est régie par des critères sociaux-religieux essentiellement basés sur les croyances polythéistes, la place du roi et l'influence de la nature.ΕLa conception même du temps est indissociable de celle d'éternité, pour laquelle les Égyptiens avaient deux mots : djet (d.t) et neheh (nḥḥ). Le roi est d'essence divine, successeur d'Horus sur terre, et peut être divinisé après sa mort. L'art et l'architecture n'échappent pas à cette règle : les constructions jouent un rôle avant tout religieux avant d'être esthétiques ; leur existence réside dans leur fonction. Le symbolisme s'applique comme une contrainte de l'artiste, de l'artisan ou de l'ouvrier ; des « canons » sous-jacents et quasi-immuables définissent les proportions « parfaites » des personnages, des monuments, de la faune et de la flore représentés. Cette même symbolique induit une valeur magique des représentations : les choses naissent par le verbe et l'image. L'architecture s'appuie sur des matériaux de constructions propre à la civilisation pharaonique :d'une par la présence du Nil fournit, par sa terre argileuse, de la boue pour les briques de terre crue, mais aussi du calcaire, du granite, du grès, etc.. Le climat désertique ne permet pas la pousse de forêts et de bois, qui est donc rare, et le plus souvent importé du Liban ou de Nubie. Si la brique crue est utilisée dès la période de Nagada et le sera pendant toute l'Histoire pharaonique, la pierre appareillée de petite taille est attestée dès la période thinite, tandis que la pierre taillée de grande taille n'est attestée qu'à partir de l'Ancien Empire, sous la IVe dynastie. La voûte est d'abord obtenu par la pose de blocs rectangulaires, décaissés ensuite pour obtenir le creux (voir les chapelles du temple de Séthy Ier à Abydos). La voûte telle qu'on la connaît vraiment — l'adjonction de blocs formant une croube suivant un échaffaudage cintré — n'apparaît qu'avec les romains (voir les constructions romaines de l'île de Philae). A contrario, les Égyptiens font usage d'une autre technique de décharge : les pierres sont posées avec un encorbellement successif, formant un « escalier » inversé, tel qu'on le voit dans la grande galerie de la pyramide de Khéops. Par ailleurs, ils font usage de proto-voûte, où des blocs intermédiaire de plafond supporte des blocs de murs de plus en plus rapproché (voir la « chambre » de la pyramide de Khéops. Les temples sont dans les premiers temps composés de piliers de section carrée, avant d'accueillir des colonnes fasciculées, protodoriques. Avec le temps, le rôle à la fois décoratif et symbolique de ces colonnes va les transformer, en apportant d'abord un chapiteau : palmiforme (dont le sommet s'évase en feuille de palmier), lotiforme, papyriforme, campaniforme, hathorique, et enfin composites avec l'arrivée des lagides en Égypte (chapiteaus imposants, très chargés, souvent tous différents dans une même salle). Les architraves sont immuablement monolithes. Les petites constructions, comme les maisons, sont faites de brique de terre crue, de tronc de palmier (pour le toit et les piliers) et de roseaux. Un enduit est appliqué sur les murs, et ils sont parfois peints. Les maisons ne comportent généralement qu'un étage et une terrasse. Certaines d'entre-elles ont un cellier aménagé au fond d'une cour, ou creusé dans la roche, tandis que d'autres sont aggrémentées de jardins, « greniers » et dépendances pour les serviteurs. Les palais royaux et maisons des nomarques sont réalisés de la même manière, mais bénéficient de colonne de bois supportant le toit, de seuils et de linteaux en pierre. Les murs sont souvent décorées de motifs floraux ou géométriques. Les mastabas apparaissent au cours de la période thinite. Ils se présentent sous une forme trapézoïdale, d'abord réalisés en briques crues, puis ultérieurement constitués de blocs de petite taille. À la fin de cette même époque se développent le concept de nécropoles royales, comportant à la fois des tombes royales — pour la plupart monumentales : pyramides —, des tombes de dignitaires et des temples. Sous la IIIe dynastie, le roi Djoser (Djéser) fait ériger par son architecte Imhotep un édifice innovant, qui se compose à la base d'un mastaba, d'abord agrandit, puis d'une superstructure en escalier réalisée à partir de lits déversés, depuis un noyeau à base étroite atteignant le sommet, jusqu'à la base plus large : une pyramide à degrés, que certains acceptent comme le prototype des pyramides lisses. La pyramide de Meïdoum attribuée à Snéfrou comportait à l'origine sept degrés, dont aujourd'hui ne subsistent que trois étages. Très probablement régulière et lisse à l'origine, le revêtement extérieur qui s'appuyait sur des assises n'a pas survécu au temps. À Dahshour, une autre pyramide fut érigée par Snéfrou, suivant une première pente forte, suivie d'une pente plus douce, formant ainsi une « pyramide rhomboïdale », dont le revêtement extérieur s'appuie sur des assises. À Guizeh, les trois pyramides de Khufu (Khéops), Khafrê (Khéphren) et Menkaourê (Mykérinos) adoptent un modèle de pyramide parfaite, lisse, dont la structure est faite de blocs de grand appareil, et pourtant remblayée de l'intérieur par des gravats et blocs non dégrossis. C'est la consécration du modèle pyramidal, avec une forme sans faille s'élevant vers le ciel, attirant aujourd'hui des milliers de férus d'égyptologie, égyptophiles, égyptomaniaques ou scientifiques. La construction de tels ouvrages reste toujours une énigme, et si certains vont chercher bien loin une explication totalement farfelues, d'autres s'appuient sur les recherches de leurs confrères pour élaborer la méthode idéale... supposée d'édification des pyramides. Les dernières pyramides accueillant des rois datent du Moyen Empire, avec celle de Sésostris Ier, Sésostris II et Sésostris III. Le temple de Montouhotep à Deir el-Bahari pose toujours la question de l'existence d'une superstructure pyramidale, ou en forme de mastaba, ou totalement autre. Au Nouvel Empire, les tombes des rois deviennent des hypogées, creusés dans la montagne de la région de Thèbes. Ces tombes suivent trois plans types selon les dynasties : coudé, rectiligne ou avec un décrochement. Néanmoins, la tombe « communique » toujours avec un temple séparé, comme c'était déjà le cas avec les pyramides de l'Ancien Empire. Les dignitaires et les membres de leurs familles ont également droit à une tombe creusée. Les temples consacrés aux dieux répondent à des caractéristiques quasi inchangées à travers le temps. Une allée bordée de sphinx, le dromos, mène au temple, qui débute par une cour où se trouve des obélisques placés devant un pylône d'entrée. La modénature des pylônes est toujours la même : une gorge au sommet terminée à la base par des corniches et baguettes égyptiennes (ou « boudin »). Vient ensuite une cour péristyle, suivi d'une ou deux salles hypostyles, menant à des salles attenantes au « saint des saints », le naos qui renferme la statue du dieu. Au fur et à mesure que l'on avance dans le temple, le sol est de plus en plus élevé, tandis que le plafond s'affaisse peu à peu, créant une intimité et un lieu mystérieux au plus profond du domaine du dieu. Certains temples sont rupestres, laissant à l'extérieur le pylône et la première cour, avant de commencer dans la roche par une salle hypostyle. Remonter
Imprimer cette entréeAryballe.
Arts • Nom commun.Vase grec d'origine grecque destiné aux onguents et parfums. La panse globulaire, piriforme ou ovoïde est principalement remplie d'huiles parfumées utilisées par les athlètes.
  • Typologie de la céramique grecque, in Wikipédia, à voir en ligne : Voir le site
  • Aryballe , in Wikipédia, à voir en ligne : Voir le site
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Imprimer cette entréeAskos.
Égyptologie • Nom commun.Terme grec signifiant « tube » désignant une petite poterie pourvue d'une anse, utilisée essentiellement dans le versement d'huile ou de vin dans un contexte cultuel. L'askos est particulièrement reconnaissable à sa surface supérieure plate ainsi qu'au bec verseur situé à l'une ou aux deux extrémités de l'anse. On y stockait également l'huile servant aux lampes. Remonter
Imprimer cette entréeAssouan, Obélisque inachevé d'Assouan.
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Assouan, Obélisque inachevé d'Assouan
L'obélisque inachevé d'Assouan, vu depuis sa « base ».

Arts • Nom propre.Comment connaît-on les méthodes de construction des obélisques ? Aucun papyrus nous est parvenu sur ce sujet. Mais par chance, un obélisque de la carrière d'Assouan est resté inachevé : pendant les travaux, une longue fissure à traversé l'obélisque, le rendant inutilisable, et intransportable. Ç'aurait été le plus haut obélisque d'Égypte. Dans la carrière, on peut aujourd'hui encore l'observer, toujours rattaché par l'un des flancs à la carrière de granit. Les traces de grattage sur les côtés sont toujours visibles. Un peu plus bas dans la carrière, on aperçoit les restes de « découpe » d'autres blocs ou obélisques, à l'aide des coins de bois qui furent insérés dans la roche. Remonter
Imprimer cette entréeAstarté.
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Astarté
Ramsès II offre de l'encens et des papyrus à Astarté. Calcaire. Musée du Louvre, n° inv. E26017.

Mythologie • Nom propre.Déesse phénicienne guerrière, également associée à la fécondité. Tout comme Anat, Astarté fait surtout l'objet d'un culte dans le Nord du Pays, notamment à Memphis à l'époque ramesside, et est aussi fille de Rê (ou de Ptah), épouse de Seth (ou Baâl). Elle chevauche un fauve ou un cheval, ou prend place dans un char, coiffée d'une couronne flanquée de deux grandes plumes et entourée d'animaux. Remonter
Imprimer cette entréeAtef, Couronne-atef.
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Atef, Couronne-atef
Double figuration d'Osiris portant la couronne-atef. Tombe de Khaemouaset, XXe dynastie, Vallée des Reines.

Égyptologie • Nom commun.Couronne composite reprenant la mitre blanche ou rayée de la couronne-hedjet complétée de deux larges plumes d'autruche. Un bandeau vient cercler le pourtour de la base pour maintenir la couronne sur la tête. Des cornes de bélier, torsadées et horizontales, sont parfois adjointes aux couronnes-atef portées par les dieux. Remonter
Imprimer cette entréeAton, Iten.
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Aton, Iten
Détail du sarcophage d'Akhénaton. Notez l'uraeus au devant du globe solaire. Musée du Caire.

Mythologie • Nom propre.Le terme « aton », ou plus précisément itn, désigne à l'origine le disque solaire, sans notion préétablie de divinité propre. Le disque est mis à contribution pour désigner un aspect du soleil, un aspect de Rê-Horakhty, « Rê-Horus-dans-l'Horizon ». Aton est le disque que les divinités portent sur la tête, la couronne qui les relie à l'astre solaire. ΕLa mention itn se retrouve dans de nombreux textes avant même le règne d'Akhénaton, et notamment sur une statue de quartzite rouge d'Amenhotep III conservée au Musée de Louxor. Mais sous le règne d'Amenhotep IV-Akhénaton, les représentations évoluent : Akhénaton seul, ou accompagné de sa Grande Épouse Royale Nefertiti et de ses filles, se place sous le disque solaire (alors que conventionnellement le roi faisait auparavant face aux divinités) et reçoit du disque solaire les rayons bienfaiteurs qui apposent leurs multiples mains sur le roi et la famille royale. Au bout de ses rayons, des mains tiennent aussi la croix de vie ankh (‘nkh) qu'Aton dispense sur terre. Sous le règne d'Amenhotep IV-Akhénaton, le disque solaire qui, selon les règles de l'aspective de l'image égyptienne, était toujours présenté à plat avec l'uraeus présentant sa tête d'un côté et sa queue de l'autre, est désormais vu de face, et en relief. Il prend une forme plus sphérique, bombée, et l'uraeus se présente désormais en avant de celui-ci, de face, regardant le spectateur.
  • Le culte d'Aton sous la XVIIIe dynastie avant le schisme amarnien, M. Doresse, Journal Asiatique, 1941-1942, p. 181-199.

Voir aussi : Akhetaton, Akhet-Aton, Akhet-Iten.

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Imprimer cette entréeAulique.
Société • Adjectif.Du latin aula. Désigne ce qui a rapport ou appartient à la Cour du souverain, qui est proche du roi. Remonter
Imprimer cette entréeAÿ, Ay, Aï, Eje.
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Aÿ, Ay, Aï, Eje
La statue usurpée de Toutankhamon, retrouvée dans le temple d'Aÿ et Horemheb

Histoire • Nom propre.Pharaon de la XVIIIe dynastie ayant régné de 1327 à 1323 av. J.-C..ΕL'Histoire reste encore obscure, bien que bon nombre de spécialistes aient leur théorie sur les successions jusqu'au règne des Ramessides. Un dénommé Aÿ, qui va accumulé les nombreuses fonctions prestigieuses de scribe royal, supérieur de la charrerie, intendant de tous les chevaux du roi, chef des proches du roi et flabellifère à droite du roi, va peu à peu s'imposer comme le successeur légitime de Toutankhamon pour diriger les Deux Terres. Ankhsenpaaton (future Ankhsenpaamon, ou Ankhsenamon), demeure l'épouse de Toutankhamon pendant les dix ans de règne de celui-ci, mais des égyptologues, basant leurs travaux sur une bague décorée des cartouches d'Ankhsenpaaton et d'Aÿ, proposent qu'elle fut également épouse d'Aÿ. Cependant, on connaît déjà une grande épouse royale sous le règne d'Aÿ, une certaine Tiyi, que nous nommerons Tiyi II pour ne pas la confondre avec la grande Tiyi épouse d'Amenhotep III. Ankhsenpaaton n'est d'ailleurs plus attestée une fois Aÿ sur le trône. Cette Tiyi II apparaît dans la tombe d'Aÿ à Akhetaton, où elle est désignée par le titre de nourrice royale de Nefertiti, l'illustre épouse d'Akhénaton, rôle qu'elle portait sans doute déjà à l'époque d'Amenhotep III. Ce qui laisse déjà présager l'arrivée d'Aÿ et de Tiyi sous le règne d'Amenhotep III. Aÿ est, comme Touya et Youya, parents de Nefertiti, originaire de la région d'Akhmîm. Il serait probablement le frère de Tiyi, épouse d'Amenhotep III. Certains proposent de faire de Nefertiti la fille de Aÿ et Tiyi II, ce qui est probablement a exclure, si l'on considère le titre de nourrice de Tiyi II, et non pas d'épouse royale. Dans cet imbroglio historique, d'autres noms nous sont connus, tel que celui de Moutnedjemet, sœur de Nefertiti, apparaissant dans les représentations des tombes d'Amarna. Une femme portant le même nom est attesté, épouse d'Horemheb dans le règne qui suit, mais peu d'égyptologues pensent que ce fut une seule et même personne. La « damnation » d'Akhénaton et des traces de son règne supposé hérétique n'est en rien avéré, puisqu'Aÿ, même s'il n'appartient pas à la lignée d'Ahmosis, fait partie d'une famille intimement liée à la lignée du grand roi. De même, l'art est étrangement toujours empreint de détails et de techniques qui sont indissociable des canons amarniens. Après le règne de Toutankhamon, Aÿ monte sur le trône en tant que « père divin Aÿ » (it ntr), titre qu'il conserve dans son nom de naissance. Intronisé sous le nom de Kheperkheperourê, Aÿ possède la tombe n°25 d'Amarna découverte à la fin du XXe siècle, connue pour être la plus grande du site, et renfermant le nom moins célèbre « hymne à Aton ». Attesté comme porte-étendard du roi et chef de la cavalerie sous le règne d'Akhénaton, Aÿ apparaît comme vizir sous le règne de Toutankhamon sur la « stèle de la restauration », ainsi que sous les traits du prêtre-sem dans la tombe du jeune roi — il porte le khepresh à l'uraeus spiralé, la pardalide caractéristique et avance le signe setep (stp) pour l'ouverture de la bouche de la mome de Toutankhamon. Dans la Vallée des Singes, Aÿ se fait creuser un hypogée portant le numéro moderne 23, dans le même ouadi que la tombe d'Amenhotep III. La tombe découverte en 1816 par Giovanni Battista Belzoni présente pour la dernière fois le Livre de l'Amdouat. D'autres constructions lui sont attribuées, telle que la mise en chantier d'un temple funéraire, le men-menou — du même nom que la chapelle d'albâtre d'Amenhotep Ier à Karnak — juste aux côtés du temple plus tardif de Médinet Habou. Ce château de millions d'années sera réutilisé et agrandit par Horemheb. On y a découvert les dépôts de fondations d'Aÿ. C'est dans ce temple qu'on a mis au jour des statues colossales, et notamment celles de Toutankhamon conservées aujourd'hui au Musée du Caire ; cependant, le nom gravé est celui d'Horemheb, qui aurait lui-même usurpé les statues à Aÿ. Soit Aÿ avait déjà martelé les cartouches de Toutankhamon, soit les statues étaient anépigraphes sous le règne de Toutankhamon. L'une de ces statues est aujourd'hui à l'Université de Chicago, entière, et où le cartouche a également été martelé. Aÿ fait aussi édifier un temple rupestre pour Min à Akhmîm. Manéthon mentionne un certain Acherres, qui serait Aÿ, au règne de quatre ans et un mois. La stèle de Nakhtmin (« min est puissant ») mentionne l'an 4 d'Aÿ. Notons que le nom de la cité de Nakhtmin fait allusion au dieu Min, celui-la même de la région d'Akhmîm (l'antique cité d'Ipou), d'où provient Aÿ. On connaît à ce sujet trois personnages qui portaient le nom d'Akhmîm : un général dont la tête de la statue avec son épouse est conservée au Musée de Louxor (fils d'Aÿ ?), un architecte qui réalisa le temple d'Aÿ — le men-menou —, et un dernier qui fut prêtre sous son règne. Dans le second pylône du temple de Karnak, celui du règne d'Horemheb, on a découvert des blocs portant les cartouches d'Aÿ martelés, ainsi que des blocs marqués des cartouches de Toutankhamon, mais intacts ! Ce martelage des figurations d'Aÿ et de ses cartouches, que l'on retrouve en plusieurs lieux de l'Égypte antique, est sans doute du au fait qu'Aÿ monta sur le trône des Deux Terres à la place d'Horemheb. Une damnatio memoriae indiscutable.

Voir aussi : Aÿ, Tombe d'Aÿ dans la Vallée des Rois.

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Imprimer cette entréeAÿ, Tombe d'Aÿ dans la Vallée des Rois.
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Aÿ, Tombe d'Aÿ dans la Vallée des Rois
Le général Aÿ et son épouse reçoivent l'or de la récompense. H. : 26 cm ; l. 54 cm ; Ép. 8 cm. Calcaire. Musée égyptien du Caire, n° inv. TR 10/11/26/1.

Égyptologie • Nom propre.Dans sa tombe KV23 de la Vallée des Singes, proche de celle d'Amenhotep III, Aÿ est dépeint en pharaon effectuant des chasses rituelles dans les marais. La tombe fut découverte en 1816 par Giovanni Battista Belzoni. Les visages et cartouches ont été martelés, sans doute sous le règne d'Horemheb. On retrouve dans cette tombe la dernière attestation du Livre de l'Amdouat. Son plan rectiligne est celui propre à la dynastie à laquelle il appartient. Longue de 60,16 mètres, la hauteur maximum atteint 5,44 mètres.ΕUn premier escalier mène à un corridor — on y trouve des perforations dans le mur, utilisées pour faciliter la descente du sarcophage —, lui-même débouchant sur un escalier plus long. Un second couloir ouvre sur une première petite salle, — qui fait office de puits, selon le modèle habituel de ces tombes, bien qu'elle n'ait jamais été creusée —, puis sur la salle du sarcophage, annexée d'une seconde pièce finale — peut-être pour y conserver les canopes et l'équipement funéraire. Le mur Est dépeint des scènes de chasse dans les marais, Aÿ capturant des oiseaux et levant son bâton de jet. Des fourrés de papyrus s'envolent les canards. Sur le mur Nord de la chambre funéraire, on retrouve les babouins des scènes de l'Amdouat, cela même représentés à l'identique dans la tombe de Toutankhamon. Sur le mur Ouest, Aÿ et son ka, dont les visages et cartouches ont été martelés, sont menés par Hathor déesse de l'Occident. Le roi coiffé du nemes est également présenté devant Osiris au visage noir, coiffé de la couronne-atef et siégeant sur son trône. Sur ce même mur sont représentés en face à face les quatre fils d'Horus, tous à visage humain. Gainés du vêtement blanc et portant à gauche la couronne blanche — Qebehsenouf et Douamoutef —, et à droite la couronne rouge — Hapy et Amset —, ils représentent les rois de Haute et Basse-Égypte déifiés. Au centre leur est présentée une table d'offrandes de pains, de viande et de plantes. Enfin, le mur Sud est décoré du voyage de la barque solaire et d'extraits du Livre des Morts. Le sarcophage de pierre, naophore, est semblable à celui de Toutankhamon. Les quatre déesses Isis, Nephtys, Selqet et Neith déploient leurs ailes sur les quatre angles du sarcophage. Toujours en place, le sarcophage au couvercle bombé, bien qu'ayant gardé une orientation conforme, a été retourné (!), plaçant les quatre divinités à des points cardinaux différents. Les extraits sont ceux du Livre des Morts. Une copie des textes en hiéroglyphes et d'une partie des scènes a été effectuée très tôt par E. Weidenbach (Grab des Königs, Ai. Sarcophag.) tandis qu'Émile Prisse d'Avennes en avait proposé une reconstitution dans les années 1830-1840.

Voir aussi : Aÿ, Ay, Aï, Eje.

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